Coup de chaud est un film qui m'a transporté dans un petit village du Sud de la France par une belle journée d'été. C'est un village relativement paisible où tous les voisins se connaissent, où le maire essaye d'adoucir les petites animosités, et où la presque pénurie d'eau va faire monter la tension du village d'un cran. Le film met du temps à se mettre en place, bon c'est normal, il faut présenter les différents personnages du village, leurs état d'esprit, leurs liens. Toute l'histoire se déroule autour d'un jeune homme un peu simplet et donc les sentiments sont anarchiques. Il fait rire, peur, en fait quelque chose est vraiment dérangeant, un sentiment de malaise s'installe au fur et à mesure que le film progresse et on finit comme tous les habitants par haïr vraiment ce personnage de Josef Bousou (incarné magnifiquement par Karim Leklou!). Mais on s'y attache aussi, car on voit qu'il n'est pas aidé comme il le devrait.. alors quand la fin arrive on verse une larme. Je suis ressortie chamboulée par ce film, par sa justesse de jeux d'acteurs et de réalisation, par l'histoire (partie d'un fait réel), par ces sentiments que l'on développe.. ce film ne vous laissera pas indifférent. et vous hantera pendant plusieurs jours!
Un film subtil et déroutant. Tous sont humains dans leurs facettes complexes mais le syndrome du bouc émissaire transforme ce microcosme et le spectateur est pris au jeu.
Ce film est appréciable sous ses divers aspects : tout à la fois l'intrigue, la mise en scène, la photographie et ce que l'on pourrait appeler l' impact suggestif. Cet impact, placé comme en arrière-plan, présente une opposition, ou à tout le moins une distinction, entre la "débilité débonnaire et affective" de Josef et la débilité (faiblesse, fragilité, selon l'étymologie) de la plupart de ceux qui l'entourent (sans posséder le qualificatif de "débonnaire", ni laisser transparaître une "affectivité" élémentaire dans leurs jugements ou leurs comportements). En somme, sont confrontées ici, d'une part à une débilité "extra-ordinaire", pourrait-on dire(celle de Josef), et d'autre part à la débilité "ordinaire", sous des formes variées, qui affecte la majorité de ces villageois prisonniers de leurs fantasmes, aliénés par la réduction du champ de conscience psychologique et morale qui les pousse à accuser sans preuves, à instrumentaliser le faible, le stigmatisé, le marginal, ou encore à ridiculiser ses élans affectueux les plus nobles, notamment l'expression de son amour à Manon. Et ce qui fait la beauté de ce film, c'est d'avoir, sans que cela soit ostentatoire, mis en exergue la particularité de ces blessés de la vie que sont les handicapés du type de Josef, dont la déficience intellectuelle s'accompagne d'une hypertrophie de la dimension affective. Et quand cet amour, donné avec une vive puissance, vient à être déçu, contrarié et comme trahi, Josef perd pied et sa trajectoire de vie chemine alors inéluctablement vers le drame.
J'ai beaucoup aimé ce film. Il montre avec subtilité comment se construit un bouc émissaire dans un petit village. Tous les habitants ont des problèmes, différents, les uns agriculteurs, avec leurs exploitations, la sécheresse, les autres dans leur couple, d'autres croulant sous les dettes.Ils trouvent un débouché à leurs angoisses et leurs malaises dans la méfiance puis la haine à l'égard d'un jeune homme un peu simplet et, de plus appartenant à une famille tsigane. De rumeur en rumeur, on lui attribue tout ce qui ne va pas dans le village jusqu'au drame final. Daroussin, le maire, essaie d'empêcher l'engrenage. Il est remarquable. A notre époque si troublée où l'on voit partout émerger des boucs émissaires de nos difficultés (étrangers, pauvres, roms ...), c'est un film très utile car il nous met en garde contre ces dérives.