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On a longtemps critiqué et on critiquera longtemps encore le producteur Darryl Zanuck, d’avoir charcuté le film de Joseph Mankiewicz en tentant de faire tenir Cléopâtre en trois heures. La nouvelle version du film, longue de 4h, et en deux parties, ne permet pas de démentir Zanuck. Au visionnage de la première partie, le sentiment d’ennuie commence très tôt, avant même la première demi heure. Le rythme de l’action semble constamment rompu par la profusion des dialogues. Ni tension, ni tragique, ne pointe à aucun moment. L’erreur ne vient-elle pas, d’ailleurs, de Mankiewicz lui-même qui jusqu’à la scène fatale pour César, nous prive encore de réalisme et d’action en nous montrant la tuerie seulement à travers la « vision » de Cléopâtre ? En outre si le sourire permanent, et le persiflage spirituel de Rex Harrison étaient parfaits dans My Fair Lady, ils étaient inappropriés, presque hors sujet, dans le rôle de César dont la grandeur et le magnétisme semblent toujours éteints. La deuxième partie concernant Antoine est tout à l’opposé de la première. Chaque minute de pellicule est précieuse. Et, ce n’est pas l’histoire d’amour réelle naissante enflammant Burton et Taylor qui fait que les scènes sont grandioses. Certes, la réalité de la vie ajoute du panache au talent qui se déploie sur le plateau. Mais, c’est surtout que le génie de l’actrice trouve enfin un acteur à sa mesure. Burton est tout à la fois flamboyant, fougueux, fragile, pitoyable, et sublime, bref, il EST Antoine, alors que Harrison JOUAIT César. Zanuck n’a certes pas été le grand créateur qu’a été Mankiewicz, mais l’analyse dépassionnée montre bien qu’il s’est montré sans doute plus visionnaire pour Cléopâtre que Mankiewicz.
un très grand film. des décors incroyables, un scénario fouillé, une réalisation qui n'a pas pris une seule ride, une elisabeth taylor excellente...un moment d'anthologie.
Un peu déçu par ce film, je m'attendais à voir une grande bataille et un peu plus de développement des personnages.
Mais j'ai surtout du mal les 44 millions de dollars de l'époque à l'écran...ils ont quand même pas utilisé du vrai or pour la robe d'or de cléopatre et pour recouvrir les murs du palais, hein...?
Mais j'ai surtout du mal les 44 millions de dollars de l'époque à l'écran...ils ont quand même pas utilisé du vrai or pour la robe d'or de cléopatre et pour recouvrir les murs du palais, hein...?
Dans le même genre que "La Chute de l'empire romain" d'Anthony Mann produit la même année, nous avons là un très long film fortement marqué par le style hollywoodien de l'époque classique. Il en comporte en effet tous les stigmates : une lourdeur tant dans la forme que dans le fond (longues séquences et plans fixes) et surtout une narration hachée et taillée à coup de serpe avec certains revirements de situation peu crédibles. Bien sûr, nous avons également droit aux phrases sentencieuses et à la dimension psychologique des personnages.
Un péplum d'une autre époque? Pas seulement... "Cléopatre" nous offre des acteurs géants, des intrigues intelligentes, des scènes mythiques, et je pèse mes mots...Aucun péplum moderne et prétentieux, bardé d'effets spéciaux ne lui arrive à la cheville...Pas mal pour un film des 60's aux décors en carton pâte...
En tenant compte de l'inflation, "Cléopâtre" reste et restera pour longtemps encore, le film le plus cher du cinéma. Du budget initial de 2 millions de dollars, le film en aura finalement couté 44! (soit environ 450 millions actuel). Après une série d'échec commerciaux la Fox décide pour renflouer ses caisses de mettre en production le remake de leur "Cléopâtre" de 1917 qui avait eut un énorme succès à l'époque. Au lieu de sauver le studio, le film va au contraire le mettre à genoux. En fait "Cléopâtre" est le genre de film dont le mythe est plus interessant que le film lui-même. Le désir de Mankiewicz était de faire de l'oeuvre 2 films de 3 heures. Mais pour des raisons commerciales lié à la romance qu'avait noué Elizabeth Taylor et Richard Burton, Zanuck ordonna qu'il n'en ai qu'un. Beaucoup de scènes d'exterieurs resterent sur le sol de la salle de montage. Cela eut pour conséquence de rendre le film lourd et pesant, car les 4 heures restante ne sont quasiment que des scènes d'interieures bavardes sur les intrigues entre les personnages. Il n'y a guère que la mythique scène de l'entrée de Cléopâtre à Rome à sauver de ce desastre. A sa sortie, le studio persuadé et conforté par les bonnes critiques d'avoir réalisé un chef d'oeuvre déchanta rapidement devant le mauvais bouche à oreille des spectateurs et alla jusqu'à remonter une deuxième fois le film en le réduisant encore à 3h15. Heureusement la Fox connue par la suite une série de gros succès, mais l'ardoise de "Cléopâtre" ne fut épongée qu'à la fin de la décennie.
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