Cléopâtre
Note moyenne
3,9
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109 critiques spectateurs

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chrischambers86

16 164 abonnés 13 117 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juillet 2019
Un monument du 7ème art qui coûta la bagatelle de 37 millions de dollars en mettant en pèriple la Twentieth Century Fox! Elizabeth Taylor et Richard Burton, inoubliables monstres sacrès du cinèma hollywoodien, en un de leurs affrontements amicaux et cinèmatographiques : "Cleopatra" de Joseph L. Mankiewicz, superproduction conçue comme une grande machine à spectacle! La lègende veut que Liz empocha un million de dollars par jour pour tourner ce film mythique qui parvient à surpasser les deux versions prècèdentes! Ce fut en tout cas une oeuvre difficile, avec des milliers de figurants et des tournages successifs à Londres, à Cinecittà et en Espagne! Deux ans de tournage pour 243 minutes de film et des millions de dollars dèpensès! Ce qui amènera son rèalisateur à dèclarer que "Cleopatra" ètait l'un des films les plus durs qu'il ait jamais tournès! Et les cinèphiles de proclamer : "Cleopatra" ou le triomphe de l'excès (l'entrèe de la fameuse Reine d'Egypte dans Rome dèpasse tout). 4 Oscars...
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 décembre 2022
Le film aujourd’hui vaut presque plus pour l’histoire de son tournage que pour lui-même. Chaque cinéphile sait que cette production était censée surpasser le “Ben Hur” de William Wyler et ainsi sauver la Fox d’une faillite annoncée. On sait ce qui s’ensuivit, un budget explosé à cause des choix ridicules de la production (comment peut-on imaginer tourner un peplum dans les studios londoniens de Pinewood ?), et les caprices d’une star qui mirent au supplice Joseph Mankiewicz. Pour toutes ces raisons, le film est resté dans l’histoire. Cette longue saga de plus de 4 heures centrée sur les liaisons successives de Cléopâtre avec César puis Marc Antoine s’avère moins indigeste que l’on pouvait le supposer mais sans jamais atteindre la force épique de « Ben Hur ». Mankiewicz était un cinéaste intellectuel qui prenait plaisir à diriger ses acteurs en leur imposant de longs dialogues. Lui confier un péplum n’était sans doute pas la meilleure idée qui fut quand on songe à la lourdeur de son “Jules César” réalisé dix ans plus tôt avec Marlon Brando dans le rôle de Marc Antoine. Quoique les décors et les costumes soient sublimes, Mankiewicz n’arrive jamais à insuffler le souffle épique qui caractérise un Cecil B.DeMille ou un Michael Curtiz. Ce qui intéresse Mankiewicz ce sont les rapports qu’entretient Cléopâtre avec ses deux amants et la façon dont elle use de ses charmes pour tenter de préserver son influence sur les rives africaines de la Méditerranée, n’ayant jamais renoncé à la grandeur de l’Égypte. C’est aussi le portrait de deux hommes opposés qui motive Mankiewicz. Un pro consul vieillissant dans la première partie qui s’est lassé du pouvoir et qui sentant sa fin proche songe à organiser sans illusion sa descendance. Un chef de guerre indécis dans la deuxième partie, peu enclin aux manœuvres politiques et qui par son reconcement pour conserver l’amour de la reine d’Egypte précipite la fin de la période expansionniste de Rome. Cette seconde partie est rendue cocasse quand on sait la passion naissante entre Liz Taylor et Richard Burton. Le tout joué par des acteurs anglo-saxons laisse parfois perplexe, mais reconnaissons qu’il est très difficile d’avoir de trop grandes exigeances de véracité quand on aborde ces périodes incertaines. Mankiewicz en a bien conscience qui préfère relater en deux actes la vie amoureuse d’une icône de l’amour fort bien représentée par une Liz Taylor dont la beauté inonde l’écran et que Mankiewicz prend un réel plaisir à parer de tenues extravagantes . A noter l’excellente prestation de Roddy Mac Dowell dans le rôle d’Octavius le rival de Marc Antoine.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 mai 2012
Le film hollywoodien par excellence, dans toute sa démesure. Jamais l'expression de « décors pharaoniques » n'a été aussi justifiée qu'ici, tant au sens propre qu'au figuré. Film de tous les excès, long de plus de 4 heures, extrêmement coûteux (peut-être le film le plus cher jamais réalisé), avec des milliers de figurants, des cachets de stars exhorbitants, ayant rencontré des difficultés innombrables,... malgré tous ces aspects extrêmes «Cléopâtre» est long métrage qui tient la route, solidement interprété et scénaristiquement abouti. Certes il est parfois alourdi par quelques longueurs et d'incessants bavardages, mais dans l'ensemble on n'a guère le temps de s'ennuyer tant l'intrigue s'avère fournie et l'histoire passionnante. Le trio d'acteurs Taylor-Harrison-Burton est remarquable et toute une galerie de personnages secondaires du même acabit contribue de la même façon à l'excellence de l'interprétation. Il faut dire que contrairement à «Ben-Hur» ou «Les Dix Commandements», ce péplum monumental s'attarde plus sur les passions amoureuses et les intrigues de palais qu'aux scènes d'action pure et dure et de batailles. En effet «Cléopâtre» aurait presque pu avoir été écrit par Shakespeare ou Racine tant il constitue un drame ardent et intense, où amour et trahison font rage. A cette frénésie des protagonistes répond la froide grandeur des décors : les personnages se révélent être de simples mortels évoluant dans des temples ou des palais trops grands pour eux. Bien qu'anachroniques de temps en temps, les décors somptueux participent grandement de l'impression majestueuse qui émane du long métrage. Richement embellis, comme les costumes (le nombre de robes différentes portées par Liz Taylor!), ils impressionnent et par leur taille et par leur beauté. Au final, du grand spectacle parfois pesant mais toujours de qualité, bref un ostensible témoignage de la toute-puissance d'Hollywood à l'époque. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2014
Longue fresque Hollywoodienne de quatre heures autour de la vie de Cléopâtre. Enfin pas toute sa vie, son enfance et sa jeunesse ne sont pas évoqués on s’intéresse surtout à ses relations avec deux grandes figures de l’empire Romain, Jules César dans la première partie puis Marc-Antoine dans la seconde. La complexité et la richesse du scénario évitent tout ennuie, « Cléopâtre » s’avère captivant et même fascinant de bout en bout. Malgré que ce soit une très grosse et couteuse production, Mankiewicz dresse un portrait intimiste de la plus célèbre des reines d’Egypte, notamment dans les relations qu’elle entretiendra avec les deux romains, ses ambitions politiques ainsi que ses manipulations. L'œuvre n'est pas dénuée de tout sentiment, et nous réservera une belle fin. Par contre je ne suis pas sûr que la réalité historique soit totalement respecté, dans mes souvenirs Cléopâtre avait eu des enfants avec Marc-Antoine, mais ce n’est pas non plus un obstacle tant l’œuvre est captivante. La reconstitution et les décors sont aussi pharaonique que la production, c’est vraiment grandiose, tout comme les scènes d’actions qui sont bien réussi. Elizabeth Taylor crève l’écran, notamment par son charme et sa sensualité, Richard Burton, Rex Harrison ou encore Martin Landau sont impeccable. Un grand film, une grosse production plus profonde qu’elle ne pouvait laisser penser. Un très bon film.
Angela Ki La
Angela Ki La

65 abonnés 586 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 décembre 2013
Modèle du genre, surtout pour les millions dépensés. Des milliers et des milliers de figurants en arrière-plan, des décors pharaoniques, une durée marathonienne, (les 4 heures, faut se le payer quand même). Une mise en scène classique, voire quasi théâtrale, un jeu d’acteur ampoulé, plus théâtral tu meurs ! La surenchère des décors qui font antique et des costumes qui coutent cher. Mais est-ce que le péplum en lui-même tient la route ? Entre véracité historique, et romance à l’ancienne, chacun va trouver à boire et à manger. La première partie pourrait illustrer un cours sur la conquête de l’Egypte par Jules César, et de César par Cléopâtre. La deuxième, ça coince un peu. J’ai eut l’impression de voir une longue scène de ménage entre Richard Burton et Liz Taylor. Je ne sais pas s’ils étaient déjà en couple ces deux là, mais ça crève les yeux que le réalisateur abandonne l’histoire et ne tourne plus qu’autour de son couple vedette, en oubliant le reste. Le drame devient une romance contrariée par le contexte historique, on a une bataille navale tronquée, et des seconds-rôles papiers-peints, et ça pour le plus grand malheur de l’Egypte. Après, on ne sait si c’est un mélo qui finit par une relecture de Roméo et Juliette en orient, et ça manque un peu de crédibilité. Les fans de Liz vont quand même se régaler, elle assure comme une lionne dans le rôle titre.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 849 abonnés 8 167 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 février 2009
Maintes fois adapté pour le grand écran, cette version de Cléopâtre obtient rapidement ses galons de film épique, fastueux et de tous les excès, dû à son très grand nombre de problèmes rencontrés sur le tournage.
Au départ, il y a eu Rouben Mamoulian à la réalisation aux côtés d’Elizabeth Taylor, Peter Finch et Stephen Boyd à la distribution, mais après de nombreux désaccords, le tournage est annulé.
C’est alors Joseph L. Mankiewicz qui a la lourde tâche de remettre sur pied ce blockbuster titanesque qui a déjà coûté un maximum d’argent à la 20th Century Fox. Avec un nouveau réalisateur, c’est aussi une nouvelle distribution qu’il faut annoncer, avec Rex Harrison & Richard Burton, seule Elizabeth Taylor est toujours de la partie.
Cléopâtre (1963), c’est LE plus gros budget de l’Histoire du cinéma au XXème siècle, 10 mois de tournage, 2 ans de pré-production, des déconvenues, des retards à la pelle, bref, une perte colossale en matière d’argent qui faillit faire sombrer la 20th Century Fox dans la faillite, comme cela avait été le cas avec La Porte du paradis (1981) de Michael Cimino, qui est l'un des plus gros gouffres financiers de l'Histoire du cinéma et entraîna la faillite de United Artists !
Sauvé in extremis par Mankiewicz, le film, d’une durée de 4h00 (le Director’s Cut avoisine quant à lui plus de 5h !) est un blockbuster digne de ce nom, avec des décors titanesques, des figurants par milliers, de très beaux costumes, des SFX en grands nombres, un tournage pharaonique pour une fresque assez réussie dans son ensemble, ce qui lui à tout de même valut 9 nominations aux Oscars et en a remporté 4 !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 30 septembre 2014
J'ai vu le film à sa sortie, en 63, j'avais alors sept ans: je me rappelle que mes parents ont demandé à l'ouvreuse s'il n'y avait pas de scènes trop "osées" pour le petit! C'était au cinéma Le Rex de Tananarive, une grande salle à balcons et fauteuils de velours rouge datant des années 30, avec un grand écran de surcroît, adapté au Cinémascope, le rêve, en somme!... Je me souviens précisément de cette scène de bataille navale (ce doit être vers la fin) ou Liz Taylor suit de sa galère le déroulement des évènements, sanglée dans une étonnante robe jaune au décolleté torride, de quoi faire perdre leur latin (ou leur égyptien) aux assaillants! Un des grands rôles de cette artiste insurpassable, et un de mes grands souvenirs de cinéma, peut-être le premier que je puisse me rappeler.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 septembre 2014
10 ans après le trop théâtral "Jules César", Joseph L. Mankiewicz réalise de nouveau un film historique, en centrant cette fois son histoire autour de la Reine Cléopâtre. En s'appuyant sur une reconstitution impeccable car jamais appuyée et sur une interprétation de grande qualité (principalement Richard Burton et la sublime Elizabeth Taylor), le film possède un certain intérêt. Toutefois, il manque à la première partie le lyrisme qui domine la seconde. En effet, Mankiewicz s'attarde trop sur la dimension historique et ne réussit pas totalement à émouvoir quand il traite de la relation entre César et la Reine. La suite est, elle, beaucoup plus convaincante en faisant ressentir un sens évident du spectaculaire et de la tragédie. Au final, le portait de Cléopâtre est celui d'une femme complexe, tant dans les rapports de force instaurés avec les hommes (domination, trahison) que dans ses sentiments éprouvés et mis en scène de façon subtile et énigmatique par un cinéaste passionné.
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 30 juillet 2007
J'ai beau adorer les péplums et les films de ce genre (les films longs), je trouve que ce "Cléopatre" est vraiment idicule. Trop long (3h40), et rempli d'idioties. Par exemple, comment se fait-il que les Romains mangent assis à une table alors qu'à l'époque où le premier Astérix fut publié (autrment dit, bien avant la sortie de ce film), on savait déjà qu'ils mangeaient allongés ?
Budget pharaonique, mais résultat calamiteux, le film sera un bide, et on entend encore le cri de douleur du producteur qui a posé ses bibilles dans le projet. On parle beaucoup plus du film à cause de la love story tumultueuse entre Richard Burton et Elizabeth Taylor (ce qui fera dire à Mankiewitz : 'c'est faux, Burton n'est pas avec Taylor, il est avc moi, en fait !') qu'à cause des quelques grandioses scènes qu'il contient - notamment l'arrivée à Rome de Cléopatre, sur son immense char...Pas un film à oublier (quand meme), mais, en fin de compte, un péplum vachement mineur. 1 étoile me semble sévère, après coup, mais assez juste. Me tapez quand meme pas trop sur la tete, hein !
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 septembre 2014
La vie de Cléopâtre a été tellement dense que même un film de quatre heures s'avère insuffisant pour la relater en un récit efficace malgré la démesure de la production. Le contexte et les enjeux historiques s'avèrent peu explicites, Mankiewicz ayant fait le choix d'un récit sentimental lourd et manichéen.
Ykarpathakis157

6 188 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 juin 2021
Nous prenons plusieurs acteurs célèbres dont certains sont vraiment bons comme Burton et Harrison. Nous prenons autant d'argent que nous voulons pour construire des décors des accessoires et tout le reste qui montre une richesse imposante. Nous prenons une actrice incroyablement mauvaise dont le seul travail consiste à faire de grands yeux ainsi qu'à apparaître à moitié nue puis à prononcer des dialogues dans une intonation incroyablement fausse. Nous prenons des événements semi historiques nous ajoutons un mélodrame profond quelques scènes de bataille, une histoire d'amour, des moments tragiques, des rebondissements stupides, des changements d'intrigue hautement prévisibles des danseurs à moitié habillés, des batailles navales très mal mises en scène avec des pierres qui flottent soudainement au lieu de couler comme le font habituellement les pierres. Et qu'est ce que nous obtenons Cléopâtre un gaspillage inutile de temps pour le spectateur, d'argent, de talents et d'idées. Nous regardons cette dinde et essayons de trouver au moins une chose pour attirer notre attention. Mais elle glisse et n'est jamais attirée par quoi que ce soit. Tous les efforts sont totalement vains nous n'avons qu'un méli-mélo creux et pseudo-exact dans un seul pot. Un scénario incroyablement pauvre et le plus insipide de tous Liz Taylor comme incarnation du mauvais jeu d'actrice...
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 février 2011
Le péplum de tous les excès,qui est entré dans la légende du 7ème art pour ses à côtés.Budget pharaonique.Milliers de figurants.5 heures de bobines dans sa version intégrale.Remplacement du réalisateur initial par Joseph L.Wankiewicz.Naissance de l'idylle tumultueuse entre les 2 mégastars Elizabeth Taylor et Richard Burton.Pré-production de 2 ans..."Cléopâtre"(1963),de par son ampleur historique et son faste imagé,reste un péplum apprécié et impressionnant.Elizabeth Taylor y est magnifique,enivrante en Reine d'Egypte.Je crois n'avoir jamais vu une femme à la beauté pareille.Cléopâtre ensorcelera rien moins que le mégalomane Jules César et le chef dépressif de l'armée romaine Marc-Antoine.Par amour pour cette créature ensorcelante et divine,ils seront trahis par une conspiration intestine et une bataille navale perdue d'avançe.Quand amour et pouvoir ne font pas bon ménage...La véracité des évènements est avérée dans sa majorité.L'opulence des décors et costumes laisse franchement sans voix.Les interprètes sont magistraux,Taylor bien sûr,mais aussi Rex Harrison en César épileptique et déclinant,et Richard Burton aveuglé par son amour égyptien.Le film est bien trop long,notamment dans des longues scènes figées en intérieur,et il manque certainement de subtilité.C'est tout de même une colossale expérience à vivre,ne serait-ce que pour être transporté dans le destin tragique de cette Reine égoïste,ambitieuse et entière.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 décembre 2022
D’une fluidité remarquable en dépit de la complexité de ses enjeux dynastiques et géopolitiques, Cleopatra est le parfait exemple du grand spectacle intelligent capable de faire vivre à son spectateur une expérience totale. Celle-ci repose d’abord sur une défiance à l’égard des statues, dont les regards sont, comme le répète César, dépourvus de vie, pour préférer l’incarnation : les dialogues associent la poéticité d’une langue raffinée proche des vers de Racine et le naturel nécessaire à la conversation – avec quelques familiarités en prime, ce qui, loin de rendre l’anachronisme saillant, donnent l’illusion de réel – qu’animent d’excellents acteurs ; les décors et les costumes somptueux articulent l’historique et l’exotisme orientalisant, teinté d’une influence Art déco bienvenue.

L’art de Joseph L. Mankiewicz consiste à dévoiler dès les premières minutes l’artificialité congénitale de son spectacle pour inviter le public à ne pas chercher là une authenticité quelconque : César et ses troupes refusent les armes pour se faire acteurs le temps de traverser le marché extérieur et rejoindre le frère de Cléopâtre ; un peu plus tard, la reine d’Égypte fait son apparition cachée dans un tapis enroulé, suivant les codes de la comédie. Ainsi, le cinéaste place au premier plan ses personnages, et les acteurs qui les campent, qui deviennent aussi impressionnants par les dilemmes qui les travaillent que la magnificence de la reconstitution physique de l’Antiquité ; ceux-ci sont acteurs de l’Histoire, ils pèsent sur ce que nous savons de cette période, ils influencent un récit à la linéarité constamment déjouée, appelée « destin ». Il repousse alors en clausule la panthéonisation de Cléopâtre pour représenter, pendant presque quatre heures, la femme : amante et endeuillée, puissante et fragile, séductrice et soucieuse des traditions de sa culture, elle resplendit dans son ambivalence fondamentale, anime les images figées que nous avons d’elle, brise les statues en son hommage pour se mettre à nu, comme le dit Antoine. Mankiewicz s’intéresse aux passions à l’œuvre dans un corps et un esprit : il signe une mise en scène d’une précision rare captant à merveille les rapports de pouvoir et les relations troubles qui unissent les personnages, chacun saisi dans ses obsessions ; il choisit pour cela le symbole de l’œil, celui de la reine qui espionne derrière une mosaïque, celui d’Antoine qui la voit partir au loin en pensant qu’elle le trahit etc.

Un chef-d’œuvre d’une densité folle qui rappelle que l’essentiel dans le grand spectacle n’est pas tant la somme des artifices déployés que l’épaisseur humaine qui y vit – leçon à transmettre aux blockbusters contemporains.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 29 novembre 2018
Décors pharaoniques (c'est le cas de le dire...) mais à part ça....rien. D'un ennui mortel. Liz Taylor joue les starlettes et se prend plus pour la reine d'Hollywood que la reine d'Egypte. Elle minaude et joue comme un pied des dialogues ridicules. Les deux acteurs masculins s'en sortent mieux mais n'évitent pas l'académisme exacerbée de cette bouillie peplumesque.
Housecoat
Housecoat

139 abonnés 393 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 janvier 2019
Probablement l'un des plus grands fleuves d'Hollywood. Joseph Mankiewicz a explosé le budget (l’euphémisme du siècle) pour l'oeuvre la plus ambitieuse jamais proposée et l'effet s'en ressent dans chaque plan mais surtout dans le fond. La démesure des moyens nous font saisir l'ampleur des enjeux. Tous les éléments narratifs de cette longue fresque sont aiguillés de façon à ce que plus aucune d'entre-eux ne soient dissociés dans toutes les prises de décisions des protagonistes, que ce soit les sentiments ou le pragmatisme politique qui conduisent inévitablement à des frictions. Cette tragédie ne se détache jamais des ambitions de grandeur de son triangle de personnages principaux, tout est cadré de façon à nous faire perdre le sens de la réalité, le genre de grandiloquence qui nous fait douter, au même titre que la population, si ce ne sont pas des dieux qui se disputent le pouvoir devant nous. Mankiewicz a recours à plusieurs tricheries pour rendre le film que plus expressif là où le budget n'exprime qu'un spectacle extérieur. La bluffante prestation des acteurs relèvent du plus grand théâtre tant ceux-ci sont enfermés dans l'une des plus grandes histoires jamais écrites. Ce qui en fait l'un des plus grands moments dramaturgiques comme l'une des plus grandes vagues filmiques.
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