D’une durée conséquente voir pharaonique de 4h, ce péplum monumental des années 60 mettant en scène l'Egypte la Rome antique possède si bien ses immenses qualités que ses gros défauts (comme de coutume dans le genre). Une qualité visuelle indiscutable si bien pour les décors, costumes et accessoires quelque soit le pays, un réel contre balancement comme il n'en existe simplement plus aujourd'hui à l'heure des effets numériques, nous rappelant combien le travail acharner et monumental des artisans décorateurs livraient ce qui se faisait de mieux en therme d’esthétisme visuel. Autres fait remarquable, les figurants par milliers qui aujourd’hui sont remplacer par leur doublure numérique, la volonté d’économies à tenir. « Les 10 Commandements », « Ben-hur », Quo Vadis » et celui-ci sont une preuve implacable de ce qu’était Hollywood à l’heure des vrais show visuels.
Un récit clairement divisé en 2 parties ou dans temp 1, la relation entre les 2 souverains se montre parfaitement, une complicité connue depuis des siècles qui n'avait fait que déchaîner les craintes et hantises chez les Romains (surtout le Sénat voyant en Cléopâtre bien plus qu’une rivale politique mais bien une « sorcière » envoutant César pour mieux le manipuler. C’est du moins ce que la classe politique d’époque se persuadait). Un jeu théâtral pas si détestable entre nos tourtereaux, Elizabeth Taylor & Rex Harisson (« My Fair Lady »…) sont d’une complicité mordante et l’humour d’Harisson en Julius sonne parfaitement bien. La simplicité mais bonne autorité de Taylor fait d’elle une souveraine bien dans ses talons avec la sensualité théâtrale qui font le zèle des sixties. Pour une fois donc les échanges ne sont presque pas larmoyants, s'il est vrai qu'au bout d'un moment, il est assez drôle de voir comment les jeux sont inchangés malgré les changements radicaux de scènes, par moments très bons et par d’autres assez légers. Une relation sentimentale unique qui conduit à la seconde partie bien plus risquée mais surtout romanesque (et là, c’est le drame) ou la reine des reines se voit constamment être dans le viseur du Sénat. La seconde relation avec Richard Burton fait de ce nouveau duo une romance trop prononcée, fini les échanges limite comique avec César et regard espiègles, place aux longs phrasés et musiques émouvantes pour un malheureux retour aux sources. Sur le fond, il est une morale assez puissante qui s’avère d’une évidence, une cheffe d'état, même en se montrant volontiers alliée et « signant un pacte » d’alliance restait une menace pour un empire éternellement dirigé par la puissance masculine. Les comparaisons par contre à Alexandre Le Grand sont par ailleurs d’un lassant profond, se comparer au souverain Macédonien alors qu’on se trouve en Italie est déplacer. Un sénat intégralement machiste ne supportant pas l'idée qu'une femme, une "catin", une "croqueuse d'homme" puisse affaiblir et conquérir à elle seul le plus grand empire d'Europe
. Un récit très long, un cast d'exception, un ensemble visuel et sonore majestueux, le point d'orgue reste en tout point la démesurée arrivée de notre reine à Rome. Nombre de faits accomplis prouvant l’incapacité d’aujourd’hui à reproduire cette folie magistrale. Un péplum culte qui ne se sera pas uniquement contenté de mettre en avant une reine mais bien 2 empires pour 2 puis une 3ème personnalité, l’ensemble dans un long récit sincère puis théâtrale qui d'une certaine manière, restera à jamais immanquable.