Mafia, corruption, politique... une plongée hallucinante dans ce monde sans pitié. Le scénario est complexe et malin, la BO fantastique, l'interprétation particulièrement intense et la réalisation magistrale. Formidable !
Grand fan de la série Gomorra j'ai été moyennement emballé par le deuxième long-métrage de Stefano Sollima. Tous les clichés sont là: la jeune mafia trop ambitieuse, la mafia "old school" sur le déclin, le politique corrompu et on à même droit au prêtre véreux. Je me questionne encore sur l'utilité du personnage du Pape, certes cela rajoute un côté spirituel à l'action, ça ancre également le personnage du prêtre corrompu dans l'histoire mais je ne suis pas convaincu que ce soit un réelle valeur ajoutée. Ensuite pourquoi annoncer dès le début du film son dénouement? spoiler: Le découpage en "journées avant l'Apocalypse" ne me semble pas pertinent. Déjà ça spoil la fin du film. Puis la symbolique de l'image (le Déluge) et la symbolique des actions [spoiler](renonciation du pape, la mort politique ou physique des protagonistes ) est bien assez forte pour l'évoquer. [/spoiler] Côté image c'est beau rien à dire, Stefano Sollima maîtrise son sujet. Il trouve toujours des endroits tellement authentiques pour filmer, entre architecture baroque du Vatican et maison de mafieux rococo-animaux-dorure à l'excès. Néanmoins la photographie est parfois trop surchargé, trop d'information, trop de couleur, comme l'illustre la maison des Tziganes. Le film manque de plans fixes, contemplatifs pour contrebalancer le rythme très soutenue du film. Très déçu par la bande son, dans Gomorra (la série) on a toujours droit à de la musique italienne mais là profusion de M83 pour teenagers à l'excès. Parfois cela rajoute de la profondeur à l'intrigue, à ce que l'image nous fait ressentir mais trop c'est trop, dommage. Bref un film noir, percutant, plutôt esthétique mais à l'image parfois trop surchargé, voir clinquant.
Le hasard a voulu que je voie ce film quelques jours seulement après avoir vu Gomorra, la plongée dans la mafia napolitaine qui avait fait couler beaucoup d'encre. J'ai trouvé dans Suburra ce qui me manquait dans Gomorra, à savoir de la mise en scène et du vrai cinoche. C'est très sombre, cynique, il y a un côté fuite en avant vers des voies sans issues que j'ai adoré. C'est très bien joué, le casting propose une galerie de vraies gueules : du politicien véreux, au parrain de la mafia romaine en passant par les petites frappes, tous sont plus crédibles les uns que les autres évoluant dans cette sphère ou le pouvoir et l'argent donnent un sentiment d'impunité totale lui aussi très crédible. C'est bien rythmé, bien écrit, c'est excellent.
Un thriller de haut vol, d'une très grande qualité scénaristique, un film qui mélange les thèmes des Mafias italiennes,de la religion, des "familles" de truands, de la politique corrompue, Profond et réfléchi, ce film possède d’excellents acteurs, une réalisation parfaite. Réalisé par celui qui a créer le magnifique Gomorra (dans la lignée ), Suburra détonne, en impose par un scénario excellent, une musique à couper le souffle, une totale immersion avec un polar moderne d'une extrême "intelligence", interdit au moins de 16 ans, la mafia ne pardonne jamais...
Une succession d’images choc, de qualité exceptionnelle pour cette histoire de mafia qui vous tient en haleine jusqu’à son terme. À noter pour une fois des personnages nuancés avec un tortionnaire gentil Papa et le parrain bon fiston.
La bande-annonce de ce long-métrage italien m’avait vraiment attiré et c’est donc avec une certaine impatience que je me suis mis devant. Le film fini, je dois dire que je n’ai pas été déçu. Sur un fond tout à fait crédible : la puissance de la mafia romaine et ses collusions avec le pouvoir financier, politique et, même, religieux, le film construit une intrigue chorale très prenante, qui en fait un thriller absolument passionnant. On sent que derrière le scénario a été placé dans les mains de deux écrivains. Un rappel, s’il en était besoins, qu’un bon film c’est avant tout une bonne histoire ! Ici, les familles de la mafia romaine ont mis en place un énorme projet de “Las Vegas” à Ostie (banlieue de Rome) avec la complicité du monde financier, politique et religieux (tout le monde en croque donc). Las, alors que le gouvernement est sur le point de tomber (et qu’une loi nécessaire au projet n’est toujours pas votée), une prostituée mineure meurt d’overdose en compagnie d’un homme politique influent ; le grain de sable qui va enrayer cette belle machine si bien huilée et entraîner une suite de règlements de comptes sanglants. Si le film bénéficie donc d’une intrigue extrêmement bien ouvragée, la réalisation est elle aussi un pur bijou avec des morceaux de bravoure comme cette fusillade dans un supermarché où ces nombreux passages où la musique noie l’action rendant ces séquences dignes de clips musicaux. La bande-on est à ce propos incroyablement riche et fait vraiment honte aux musiques de films des longs-métrages français, bien ternes en comparaison. L'interprétation est elle aussi à la mesure du reste du film, forte, sans concessions, mais sans outrance. Un film en provenance de l’autre côté des Alpes qu’il faut absolument voir. Je ne saurais trop chaudement le recommander.
Sexe, magouilles et politique, avec un intervenant inhabituel dans la configuration mafieuse, le haut du clergé. Ne vous attendez pas à une relecture de Saint-Augustin par la mafia, le tout éclairé par Hitchcock et Tarentino: le Vatican fait de la figuration. Un bon résumé du film serait: beaucoup de bruit pour rien. Enfin, beaucoup de sexe et de sang, donc il y a de l'accroche pour les amateurs mais pas plus. L'intrigue prometteuse est finalement peu exploitée et surtout peu développée. Les acteurs ont de la présence, une belle gueule aussi pour certains, les plans sont travaillés et on reste sur l'impression de séquences purement esthétiques. Postures, attitudes, clichés...dommage.
J'ai du mal à comprendre les notes si élevées... Le début laisse perplexe et met un certain à démarrer. On ne sait pas trop ou l'on va et cela manque clairement de lien. Si c'est fait exprès et que cette construction se veut énigmatique, je n'ai simplement pas accroché. Il m'a clairement manqué quelque-chose. Sinon ça reste un bon drame sur fond de vengeance.
Suburra dans la Rome antique, était un village plébéien et infâme où régnait la criminalité. Pour le film de Stefano Sollima, le village c'est Rome. Suburra raconte quelques jours en Novembre 2011. L'histoire est basée sur la démission de Silvio Berlusconi. Au même moment le pape Benoît XVI se questionne sur une éventuelle renonciation, qui interviendra en fait bien plus tard, le 11 février 2013. Le gouvernement va s'effondrer à cause d'un sordide scandale de corruption avec la transformation du quartier d'Ostia en une sorte de Las Vegas italien avec casinos et hôtels de luxe. Cela implique la collusion entre politiciens véreux et des mafieux cruels et brutaux auxquels le réalisateur donne une image vraiment détestable. Ce qui frappant dans le film ce sont les "abandons paternels" avec Sebastiano (Elio Germano) homme d'affaire mondain et veule, dont le père endetté se suicide, et avec le mafieux, numéro 8 (Alessandro Borghi) qui veut lui dépasser et surpasser l'image d'un père décédé.
Film ennuyeux, ou téléfilm on pourrait dire. Beaucoup d'incohérences et décousu. Seul quelques jeux d'acteurs de qualité et une bande correcte relève le niveau.
Film plutôt sympa. Ce film aurait pu être une série, car il est assez haché, et parfois long! Les fans de la série Gomorra s'y retrouveront, les parfais ingrédient d'une histoire de mafia Italienne. A voir, je ne me suis pas ennuyé!
Face à sa sa propre mort chacun se défile sans aucun état d’âme. Toutes les familles: politique, mafieuse ou Vaticane ne sont épargnées dans ce film. L'Italie est gangrénée par la corruption
« Suburra » c’est violent, différent et résolument moderne. Le nouveau cinéma Italien est en marche avec un savoureux mélange de Brian de Palma et David Fincher mais avec une sauce très relevée. Alors on déguste en clignant les yeux tellement ça pique. La trahison guette chacun, pour un avenir meilleur, pour un Las Vegas à l’italienne, pour un projet immobilier juteux, tout le monde vend tout le monde sans pitié ni remord. Certaines scènes sont d’une extrême violence mais filmé sans aucune vulgarité.
Des acteurs diablement bons (bonus pour Pierfrancesco Favino et Greta Scarano). Un scénario de qualité écrit à quatre mains et adapté de l’oeuvre de Carlo Bonini, une photo haut de gamme, Rome sous la pluie brille de mille feux.
Une réalisation élégante, parfois clinquante mais définitivement maîtrisée. La peste se répand sur six jours pour nous laisser un champs de cadavres, une fin qui ressemble à un sale retour de bâton.