Claire Denis signe une expérience de Cinema profonde où se mêle découvertes astrophysiques et questionnements humains. Le visuel est superbe, les sujets abordés passionnants, les symbolismes puissants, et les références à Kubrick, notamment 2001 subtiles, malheureusement High Life est une ballade terriblement lente qui devrait en laisser pas mal sur la piste de décollage.
J'aime beaucoup le cinéma de Claire Denis qui a la particularité dans quelques uns de ses films à arriver à être vraiment malsain et poisseux, je pense notamment à Trouble Every Day ou bien à Les Salauds. Ici on est un peu dans la même veine. Ici on sent à chaque plan que quelque chose ne va pas, que tous ces gens sont dérangés, qu'ils ont des problèmes irrésolus... Ce qui rend le plus réellement troublant, dérangeant et enivrant.
Disons que ce n'est pas un film agréable, loin de là, tout ça est assez étrange, on peut avoir du mal à comprendre où le film veut en venir, mais finalement l'expérience est réellement gratifiante. Disons qu'on a un final de toute beauté et une musique de fin chantée par Robert Pattinson lui-même qui vaut clairement le détour et récompense le spectateur pour tout ce qu'il vient d'endurer.
Néanmoins je dois dire que le film pue le manque de budget, on commence Pattinson est dans l'espace en train de parler à sa famille avec une sorte de baby phone de l'espace. Il laisse tomber une clé à molette dans le vide et... ben... elle tombe... idem lorsqu'il jette des corps dans l'espace, ça semble tomber. Il y a un vrai problème avec la gravité. Surtout qu'on se retrouve avec une porte qui mène aux espaces infinis qui semble être une porte normale... pas particulièrement sécurisée... Et le fait que les astronautes ne portent pas de bouteilles d'oxygènes et la légèreté de leur combi n'aide pas à rendre le tout crédible.
Le pire étant que le vaisseau spatial de l'intérieur ressemble à des appartements de l'URSS, mais pas à un vaisseau spatial.
Mais une fois qu'on a réussi à entrer dans cet univers de SF un peu particulier on apprécie le réalisme scientifique. Je veux dire qu'un trou noir ressemble à un vrai trou noir, que le vaisseau voyage à 99% de la vitesse de la lumière et que par conséquent le temps "ralentit" pour les gens dans le vaisseau comparé aux gens sur Terre, etc. Ce qui donne d'ailleurs lieu à de très belles séquences oniriques.
Le film est extrêmement sensoriel et la musique éthérée renforce cette impression de planer. Le film semble avoir un gros problème avec le sexe, le viol, l'insémination artificielle, les fluides corporels, l'orgasme... puisque tous ces prisonniers de l'espace participent à une expérience étrange à base d'insémination artificielle, se masturbent dans une pièce étrange... et ne peuvent résister à leurs pulsions sexuelles.
Tout ça rend la relation entre Pattinson et sa fille extrêmement ambigüe. On voit que la fille veut rester seule avec son père, c'est malsain au possible. Et en même temps on est plongé au cœur de l'univers dans cet espace infini... enfermant pour l'éternité les deux personnages ensemble. Il y a un côté freudien qui côtoie quelque chose d'extrêmement métaphysique qui donne au film toute sa beauté.
Et puis comme dit... la fin... la fin est juste formidable, une pure expérience visuelle et sensorielle de cinéma. Quelque part elle m'a rappelée un peu la tendresse infinie qui se dégageait de la fin de 4h44 dernier jour sur Terre. On y sent l'aventure, quelque chose qui nous dépasse et une certaine forme de beauté et d'amour. C'est grandiose.
Je ne sais pas si High Life est un film aimable, mais c'est un bon film, qui tourmente son spectateur par ses choix, son ambiance et même par son esthétique un peu fauchée qui contribue au sentiment de malaise évident.
Ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais c'est un petit film intéressant à voir. D'abord la mise en scène est aboutie. Certes on devine le manque de moyens techniques, mais Claire Denis réussit à faire un film à l'atmosphère particulièrement étrange. Elle crée avec la scène des chiens un moment inquiétant. On peut pallier l'absence de monstres et provoquer néanmoins l'appréhension et la peur chez le spectateur. On peut noter aussi la place fantastique (surnaturelle) des liquides biologiques expulsés du corps humains : le sang, le lait, le sperme. C'est tout à fait captivant. Finalement pour Claire Denis, le véritable inconnu c'est le corps humain. Nous ne savons pas vraiment qui nous sommes, et dans le film, cet échantillon d'humains en proie à la violence et à d'incroyables pulsions sexuelles fantomatiques, est difficile à cerner. Le mystère c'est donc l'être humain pour Claire Denis. Robert Pattinson se démarque une nouvelle fois de Twilight, comme quoi grâce à Robert Pattinson et Claire Denis, le genre n'est pas uniquement capté par un unique format colossal qui élimine tout sur son passage. Le rêve, l'imagination ont encore leur place dans les films de science-fiction. Et de se demander comment sera son interprétation de Batman ? Son rôle dans High Life lui aura-t-il servi pour aller au delà de l'acteur qui cabotine dans une superproduction ?
Quand Claire Denis se prend pour stanley kubrick ca donne ce navet qui est mal réalisdé avec une juliette binoche à la limite de la drolerie en doctoresse limite pornocrate : c'est mal réalisé. Quant au message : il est simpliste voire grotesque.. Sans intérêt.
Que dire... Ce film n'inspire que l'ennui et ne me donne à réfléchir que sur le temps perdu à regarder ce dernier. Toujours et encore une idée intéressante mais qui se noie dans un marasme faussement psychologique dans une ambiance cheap qui nous emmène encore plus en dehors de tout intérêt.
C'est toujours appréciable de regarder un film qui n'a pas froid aux yeux et qui va où il souhaite aller à un moment donné de l'Histoire scientifique et humaine. Même si quelques références sont un peu trop voyantes et inscrites dans celle du cinéma, quelques scènes sont renversantes, surtout celles avec Mia Goth qui reste à mes yeux la figure majeure de ce long-métrage. Le reste de la distribution ne réussit pas à pénétrer cette diégèse de haute facture. Un peu décousu mais cohérent, cette œuvre reste un peu tristement dans un mainstream commercial, celui du film d'acteurs. Mais transpose néanmoins des essais plastiques hautement appréciable. La singularité reste en suspend, reste des questionnements rébarbatifs, et c'est un peu dommage. Sauf que l'on comprend la radicalité des rapports humains.
J'espérais retrouver le kiff ressenti face à un Interstellar et c'est finalement une énorme daube philosophique sur le sex, la procréation et l'évolution de la vie sous ses differentes formes lors de voyages cosmiques. Quelle purge intellectuelle ce film, et surtout quelle perte de temps... Laissez l'espace à la physique sérieusement, la philosophie n'a rien à y faire !! Ça plaira à tous ceux qui arrivent à s'extasier 3h sur une toile blanche avec un point noir au milieu, pour les autres qui cherchent une résonance intellectuelle (au sens scientifique) ou juste un bon divertissement de SF, passez votre tour ce film ne vaut RIEN
Un groupe de criminels est envoyé dans l'espace pour extraire l'énergie rotationnelle d'un trou noir (qui a compris ce que cela signifiait ?) et pour subir des méthodes de reproduction originales : ce pitch pourrait être porteur d'un certain nombre d'idées, lesquelles transparaissent ça et là mais se voient finalement presque toujours reléguées à l'arrière-plan. C'est que Claire Denis a autre chose à faire que de raconter une histoire, que de construire des personnages et de porter un discours intelligible : son intérêt est ailleurs, il faut mettre en scène. On peut aisément affirmer que la cinéaste ne sait pas très bien ce qu'elle veut dire de ces transformations et divers recyclages de fluides (sperme, lait, eau, etc) tant elle décide volontairement de ne pas organiser ces éléments mais de s'en servir comme une pure toile de fond, un vague repère pour le spectateur qui risquerait sinon d'être vite désorienté. "High life" ne tient donc à pas grand chose, si ce n'est à une atmosphère tantôt planante tantôt oppressante, à des mouvements de caméras souples et des flashbacks à l'esthétique tarkovskienne, au visage de Robert Pattinson qui fascine indéniablement Claire Denis. Proche de n'être qu'un brillant exercice de style sur l'alternance entre statisme (regards fermés des comédiens, corps immobiles précisément disposés dans le cadre) et brutalité du mouvement inscrite dans des scènes intenses et provocatrices (Juliette Binoche dans la fuck box, la tentative de viol, Mia Goth seule dans le vaisseau), le film finit par se centrer sur l'intime. Si ce dernier segment est si émouvant, c'est d'abord parce que le spectateur est surpris de voir à l'écran une relation aussi tendre et concrète déborder l'expérience sensorielle et aussi car ce lien entre un père et sa fille (c'est aussi l'ouverture du film) donne l'impression d'assister à la survie des derniers êtres de notre monde – alors que l'action se déroule dans l'espace. Au final, on ne sait pas vraiment ce que l'on a compris ni ce qu'il y avait à comprendre; mais peu importe, tant dans sa prétention assumée de ne proposer "qu'une" mise en scène puissante et hypnotique, "High Life" aura procuré un mélange rare d'inconfort et d'envoûtement, au risque de laisser pas mal de spectateurs sur le bas-côté.
Claire Denis a sans doute voulu s'inspirer de Stanley Kubrik, mais High Life est plus proche de Mulloland Drive que de 2001... c'est à dire en grande partie incompréhensible. Quel(s) messahge(s) a-t-elle voulu faire passer ? Pourtant, avec de tels acteurs, il aurait été possible de faire de belles choses. Dommage, c'est un ratage complet.
Amis cinéphiles, c’est le film à voir cette semaine ! Oubliez les critiques fades et galvaudées d’une partie de la presse mi-aveugle mi-sourde. Immersion garantie au cœur de la bande à Robert. Ses pertinences philosophiques vous laisseront en apesanteur. Mention spéciale au travail du son.
On a beau être en apesanteur, le poids des êtres et des corps aura rarement été aussi prégnant que dans ce nouveau film de Claire Denis. Un poids dont il faudra évidemment se délester au maximum (à un moment donné). High Life est aux antipodes du space opera auquel la science fiction nous a habitué (et même à l’opposé d’un Gravity par exemple). Il faut faire l’effort (d’imagination et d’introspection) pour se laisser aller à cette idée, assez vertigineuse, d’une vie humaine en dehors de toutes contingences (ou presque). Réduit au minimum, un vaisseau boîte, quelques combinaisons, un ersatz de nature terrestre sous brumisateur, nous voilà plongé dans le néant absolu, coincés comme des animaux en cage. Un questionnement lucide et sans concession sur la nature humaine, ses pulsions, ses humeurs, son devenir. Le casting est somptueux, la musique de Stuart Staples intrigante, et la photo de Yorick Lesaux singulière. Du grand Claire Denis. Du (très) beau travail !
Un film de science-fiction sans effet spéciaux, qui propose d'aller à la découverte d'une singularité de l'univers, là où même la lumière ne saurait s'échapper et qui commence par un plan plus que rare, sur un bébé dans un vaisseau spatial, voilà qui était de bon augure. Ce voyage intersidéral mené par des repris de justice condamné sur terre et portés à soutenir les progrès de la science en guise de rédemption, ne pouvait être sans doute de tout repos.
Malheureusement si la violence brute ne nous est pas épargnée et son corollaire l'amour pour sa progéniture traité pourquoi pas à contre-pied, si la lenteur du périple, faute d'action cohérente, nous est bien fait sentir, si l’appréciation du temps, non pas qui passe mais pour ce qu'il est peut-être vraiment, nous est esquissé par une suite de flashbacks, si l'ambition est là, le résultat est décevant, ennuyeux, d'un verbiage quasi muet. L'aventure était à tenter, elle a échoué dommage !
regarder ce film c'est se plonger dans le vide intersidéral... ah non pas parce que c'est censé se passer dans l'espace mais parce que le scénario est d'un vide abyssal. Il ne se passe rien dans ce film! C'est d'un ennui!
C'est un film de contemplation fumeuse avec des scènes racoleuses. Je comprends que les salles se vidaient pendant les présentations. Si tu forces, tu rejoins le fameux trou noir en t'endormant.