Il est difficile de jongler entre comédie et désespoir. Or, Victoria y parvient avec un certain talent, aidé par l’alchimie de ses deux acteurs principaux. Virginie Efira et Vincent Lacoste forment un duo comique assez dément – n’ayons pas peur des mots – qui, à lui seul, parvient à pallier les lourdeurs et les longueurs du film. Leur couple fonctionne sur la base de la confusion : les situations terribles s’enchaînent jusqu’à engendrer un tissu opaque où tragique et absurde se rassemblent. Un meilleur ami soupçonné d’agression, un chien témoin... Le monde marche sur la tête, et pourtant c’est de ce grotesque ambiant que naît la poésie, que vient la cohérence d’une existence en lien direct avec la folie sociétale. En levant les barrières qu’elle posait autour d’elle, Victoria libère une énergie folle qui court-circuite aussitôt la mollesse du personnage de Samuel. De ces considérations physiques découle un équilibre, seul à même de construire un vivre-ensemble. Car Victoria, de la dépression qu’elle arbore longtemps, ne cède pas à la facilité du mal ambiant et perce dans la noirceur des îlots de lumière salvateurs. Pour le mettre en scène, Justine Triet a le sens du rythme et orchestre ses dialogues de façon efficace, si bien qu’elle réalise un long-métrage un peu long à démarrer et parfois trop appuyé, mais original et doté du brillant tandem Efira-Lacoste.
Entre désespoir et comédie, entre cinéma d’auteur et populaire, Victoria ne tranche donc pas, et procède, avec un naturel désarmant, comme si la question de ce choix ne s’était jamais posée dans le cinéma français.
Justine Triet arrive à tourner la dépression à la comédie. Le jeu d'actrice de Virgine Efira permet de nous transmettre le malaise de sa vie. La mise en scène et l'histoire même nous met dans un chaos le plus total. Un sujet abordé traité en profondeur en y ajoutant une petite légèreté.
Le film hésite en permanence entre comédie et drame. Finalement, s'il n'a vraiment rien d'hilarant, les acteurs (très bien dirigés semble-t-il), tous au top (mention spéciale à Virginie Effira), font qu'on le regarde sans ennui. Difficile cependant d'être réellement captivé tant l'ensemble manque terriblement d'ampleur. Il y avait pourtant là matière à créer de l'émotion intense, mais le scénario nous maintient dans une sorte de contemplation molle qui ne débouche sur rien de très excitant. Une occasion ratée, certainement.
Un grand ennui. Ce flm qui devait s'avérer une comédie m'a profondément ennuyée et je n'y ai trouvé aucun intérêt. Bref passez votre chemin, vous ne raterez rien !
Très joli film mêlant intrigue juridique et romance. Le jeu de Virgine Effira et Vincent Lacoste, si différents mais en cela complémentaires, est un régal. Vraiment une comédie française qui fait passer un bon moment.
Sentiments partagés en regardant “Victoria“ qui se démarque des comédies populaires françaises par une approche auteuriste de son humour (belles répliques et écritures) et une touche dramatique assez poussée. Le problème est que le mélange des genres fonctionne ici moyennement bien. La comédie ne manque pas d’esprit, la vie borderline du personnage principal ne manque pas de piquants, mais on ne sait jamais dire si ce film est drôle ou si ce film est dramatique, l’aspect amusant nuit constamment à l’aspect sérieux, et inversement. C’est d’autant plus regrettable que, dans chacun de ses abords individuellement bien menés (drôle ou dramatique), le film ne bascule jamais vraiment dans la caricature. Le seul point dont on sera convaincu, c’est sur l’interprétation de V.Efira, qui jongle adroitement avec les multiples facettes que son rôle implique et elle le fait excellemment bien. C’est moins le cas avec les rôles masculins (V.Lacoste, M.Poupaud) moins denses et maladroitement joués. Trop sérieux pour être drôle, trop amusant pour être grave: “Victoria“ prend le parti audacieux de mélanger les genres, mais se noie dans une confusion malheureuse.
Alors que le premier long-métrage de Justine Triet laissait transparaître une vraie sensibilité pour décrire des personnages borderline dans un environnement fortement politisé, cette nouvelle comédie dramatique semble évacuer toute profondeur sociétale pour se concentrer uniquement sur le portrait d’une femme aveuglée par sa propre réussite professionnelle. Visiblement autocentrée, l’héroïne reste sympathique grâce à l’interprétation de Virginie Efira, et ceci même si son personnage peut s’avérer irritant à la longue. Face à elle, Vincent Lacoste creuse encore son emploi de gentil garçon attentionné qui cherche pourtant à séduire la dame de ses rêves par tous les moyens. On est satisfait que la réalisatrice ne succombe pas aux codes basiques de la comédie romantique, livrant une galerie de portraits plus nuancée. Pour autant, tout ceci n’arrive pas à dépasser le stade de l’anecdotique.
Une peur du vide manifeste dans ce film. Chaque scène est enchâssée à l'autre, motivée par un timing du "soit dit en passant, je décadre et recadre dans une ambiance foutraque". Un condensé commercial qui semble se complaire dans le marchandising déstructuré des pulsions. Moins clanique que La Bataille de Solferino mais tout aussi vide, il semble se projeter dans un cinéma français moderne correspondant à l'air du temps...On se sent affligé face à cette ascension. A oublier pour ma part, et ne plus y prêter attention.
Le scénario est original, avec de nombreuses idées intéressantes, c’est bien interprété mais que cela manque de rythme ! On sourit souvent mais on ne rit pas vraiment. « Victoria » est peut-être mieux perçu si l’on peut s’identifier à cette mère célibataire active, ce qui n’est pas mon cas.
Le film n'a pas vraiment d'intérêt. Comédie? Comédie dramatique? Ni l'un , ni l'autre! Le scénario est construit autour du personnage de Virginie Efira qui malgré toute sa bonne volonté ne réussit pas à nous embarquer dans sa vie de galère. Le scénario est un sac de nœuds, mélange de scènes ennuyeuses à souhait. Si l'on excepte la séquence du tribunal avec le singe, quelques bonnes répliques de Laurent Poitrenaux et le jeu faussement indolent de Vincent Lacoste il n'y a pas grand chose à sauver !
Franchement, on se demande comment ce genre de film peut trouver quelqu'un pour le produire. Une histoire sans intérêt ni crédibilité. Tout est invraisemblable et sans humour. Ce film se veut dans l'air du temps, rencontre Tinder, smartphone et tablettes, c'est juste déjà daté, déjà vieux. Une sorte de "Bridget Jones" triste et ennuyeux. Comment Melvil Poupaud et Vincent Lacoste ont pu s'égarer dans ce navet?
Je dois dire que je partais plutôt avec un bon a priori sur ce film, vu les prestations habituelles de Virginie Efira que j'estimais franchement bonnes. Hélas, trois fois hélas, il semble que les mauvais choix de films n'épargnent personne, et celui-ci en est un: ça n'a pas pris un quart d'heure avant de se demander où je venais d'atterrir, tellement tout paraît lourd et emprunté, aussi bien dans la mise en scène que dans les dialogues. L'histoire en elle-même n'est pas folichonne et, malheureusement pour eux, les comédiens n'ont pas vraiment de quoi se raccrocher aux branches et espérer sauver ce qui pourrait l'être. Ni drôle ni prenant, ni inventif ni puissant, c'est un peu morne plaine comme dans un téléfilm du service public, un mauvais téléfilm...
Un bon film dans son genre, c'est à dire des personnages tous plus déséquilibrés et perdus les uns que les autres qui cherchent, sans aucun repère, comment donner du sel à leur vie. C'est une caricature de notre société française contemporains, peinture d'hommes et de femmes profondément désespérés comme des bateaux sans boussole ; mais c'est une caricature réussie.