Fais de beaux rêves
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 décembre 2016
Le noyau familial, les racines, la construction identitaire, la candeur, le deuil précoce, la douleur inexplicable, le mensonge "par protection", la perte de l'innocence, la colère, le déni, les souvenirs, la confrontation, "l'aptitude à survivre à cette perte incompréhensible"... autant de thèmes que Marco Bellocchio (La Belle endormie, Le Sourire de ma mère) abordent avec pudeur et simplicité dans l'adaptation du best-seller Fais de beaux rêves, mon enfant de Massimo Gramellini.
A travers une mise en scène soignée ponctuée de flash-backs habilement amenés, le récit se construit au gré des souvenirs de Massimo : les lieux qui ont marqué son enfance ou qui ont déterminé son avenir, les jeux complices avec sa mère et déjà, l'angoisse de l'abandon, révélée au cours d'une partie de cache-cache sans fin. [...]
L'Info Tout Court

465 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 décembre 2016
Un film simple, intelligent et tortueux. Le long-métrage de Bellochio est sans conteste dans la lignée des grands films italiens qui se questionnent sans cesse sur la vie. On s’émeut constamment de la relation entre Massimo et sa mère pour ensuite dédramatiser par le rire cette tragédie intime. Chaque moment se fait écho grâce à des souvenirs, à des gestes, et permet de comprendre ce que ressent le protagoniste. Marco Bellochio joue ici les funambules en proposant un film léger tout en restant grave.
traversay1

4 502 abonnés 5 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 décembre 2016
Les blessures de l'enfance demeurent une vie durant. Accessoirement, elles sont une nourriture inégalable pour la dramaturgie cinématographique. Vincere était le sommet de l'oeuvre de Marco Bellocchio dans un style épique et politique, Fais de beaux rêves est son contrepoint idéal dans le romanesque et le tragique, comme une résurgence du grand cinéma italien. Situé à 3 époques de l'existence de son héros, le film est admirable pour sa fluidité narrative, pour sa mise en scène somptueuse d'une grande richesse esthétique et, in fine, pour son exacerbation des sentiments dans des moments vibrants qui attirent les larmes le plus naturellement du monde. Le film n'a pas besoin de surligner la trajectoire de ce journaliste meurtri au plus profond de lui par la disparition de sa mère dès ses plus jeunes années. On a rarement vu au cinéma ellipses aussi splendides, flashbacks aussi gracieux et clins d'oeil d'humour aussi touchants. Sans parler de deux scènes de danse, l'une au début du film, l'autre à la fin, comme de sublimes parenthèses. Valerio Mastandrea et les garçons qui jouent son personnage enfant sont au diapason, justes et incroyablement poignants. Une merveille.
Jonathan P
Jonathan P

73 abonnés 395 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 septembre 2018
Turin 1969 , Massimo un jeune garçon de neuf ans, perd sa mère dans des circonstances mystérieuses.

Voilà l’intrigue du nouveau film de Bellocchio, une histoire familiale forte et puissante.

On fait croire à Massimo que sa maman emprise d’amour pour son fils vient de décédée subitement en pleine nuit d’un infarctus foudroyant. …
Le jeune enfant va se chercher, se coupant de sa
velocio

1 543 abonnés 3 519 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 décembre 2016
A bientôt 77 ans, plus de 50 ans après "Les poings dans les poches", le film avec lequel le public international avait fait sa connaissance, Marco Bellocchio est une figure incontournable du cinéma italien. "Fais de beaux rêves" est l’adaptation au cinéma de "Fais de beaux rêves, mon enfant", roman autobiographique de Massimo Gramellini. Massimo, on le rencontre à l’âge de 9 ans, au moment où sa mère, à laquelle il voue une affection sans borne, décède dans des circonstances qui ne vont cesser de rester troubles pour le gamin. Toute sa vie, le souvenir de cette mère aimante et aimée va le hanter. C’est ainsi qu’on le retrouve adolescent, affirmant à ses meilleurs amis que sa mère vit aux Etats-Unis, puis adulte, devenu journaliste, d’abord dans le sport, puis dans le reportage de guerre, enfin dans les réponses au courrier des lecteurs. Avec une durée de 2 h 14, "Fais de beaux rêves" fait partie des films, trop nombreux malheureusement, qui auraient gagné à être raccourcis de deux bonnes dizaines de minutes. On y trouve des scènes d’une très grande force, dégageant une grande émotion, mais, un peu trop souvent, cette émotion retombe lors de la scène qui suit, soit parce qu’elle est trop longue, soit parce qu’elle nage un peu trop dans le pathos. A noter que ce film, a fait l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2016
"Fai bei sogni" est un film curieux, qui commence d'abord par un flashforward avant d'établir une construction en flashsbacks, car c'est bien Massimo (Valerio Mastandrea formidable) vidant son appartement en 1999 qui se souvient de son enfance trente ans plus tôt. À cette époque, il est un petit garçon fantasque qui choisit comme protecteur le fantôme Belphégor, qu'il regarde dans une série tous les soirs avec sa mère malade, dont la mort restera longtemps un mystère pour cet homme qui n'a pas su se construire, à cause de mensonges et d'un rapport compliqué avec son père, distant, parfois autoritaire mais surtout incapable de comprendre son enfant. Le regard que pose Bellocchio sur l'innocence est d'une grande justesse et donne au film ses scènes les plus émouvantes dans ce Turin des années 60; moins touchant mais traversé par de belles fulgurances quand il s'agit de filmer le personnage adulte, "Fai bei sogni" est progressivement gagné par une mélancolie qui doit aux correspondances établies entre passé et présent : quand Massimo regarde Elisa (Bérénice Bejo étincelante) plonger à la piscine, c'est subtilement le souvenir de l'enfant qui resurgit, quand celui-ci mimait sur son canapé les plongeurs olympiques qu'il regardait à la télévision; ou quand le couple danse lors d'une réception sur "Surfin Bird" des Trashmen, c'est la scène d'ouverture qui nous vient immédiatement à l'esprit et ce moment où Massimo et sa mère se laissent aller au rythme d'une musique entraînante. Capable de changer de tonalités à plusieurs reprises au sein d'une même scène, le film de Bellocchio évite sans cesse les écueils de l'académisme pour finalement s'imprégner d'une originalité bienveillante et d'une douceur infinie, à l'instar d'une séquence finale magistrale.
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