Fai bei sogni témoigne, une fois encore, de l’attachement de Marco Bellochio à la thématique de l’emprise et des mensonges qu’il fait germer dans l’esprit d’un enfant – entendu comme jeune mais aussi comme être dépourvu de parole, incapable de s’exprimer parce qu’il lui manque connaissance et rationalité – contre lesquels se dresse l’unique et absolue « vérité », objet de quête et de reconquête deux heures durant. Le titre contient un paradoxe intéressant : articuler la bonté d’une formule rassurante censée faciliter le sommeil (« faire de beaux rêves ») et l’endormissement de l’esprit causé par des obscurantismes : religieux évidemment, familiaux plus généralement, idéologiques en somme, que seule détricote la science, incarnée par Elisa (Bérénice Bejo). La mise en scène et la construction narrative adoptent comme principe esthétique commun le jeu de cache-cache final entre mère et fils qui spoiler: passe de l’amusement aux larmes et traumatismes , caisse de résonance des sautes d’humeur maternelles et des égarements filiaux : l’on saute d’une époque à l’autre, superposée par le même plan sur un couloir d’entrée, l’on parcourt une galerie d’orphelins engagés chacun dans une représentation de leur condition afin de détourner le regard et apprendre à survivre spoiler: (le jeu vidéo, la publication d’une note dans un journal, le sens des affaires synonyme de prises de risques…) . L’amour et la guerre se confondent suivant une dynamique de passion et de haine, de fusion et d’incompréhension que Marco Bellochio restitue avec pudeur et puissance. Une belle réussite.
Un film lourd , pesant, et très compliqué ; beaucoup de flash back qui s’emmêlent pour essayer de remonter à la source du mal être de ce jeune homme, fils unique et qui adorait sa mère décéder trop tôt . On est souvent perdu dans ce labyrinthe de situations et de sentiments, pas toujours crédibles . Le scénario est mal fagoté, alors que le sujet était intéressant, on ne sait plus trop par où aborder le sujet. Tout cela s’emmêle. Les acteurs surjouent ou sont à côté de la plaque . C’est très lent, un peu pompeux.
Et bien c'était pas gagné mais au final j'ai beaucoup aimé ce film... il m'a fallu du temps pour entrer dedans, surtout la première heure où j'ai failli jeter l'éponge mais quelque chose me retenait, sans doute la qualité de la réalisation et du jeu des acteurs. Le rythme est très lent mais la profondeur nous retient. Ensuite au fur et à mesure que le personnage principal adulte se révèle à lui-même, cela devient beaucoup plus clair et intéressant, et tout se met en place comme un puzzle. En fait c'est un film psychologique sur la résilience, et sur l'amour spoiler: (la rencontre amoureuse avec Bérénice Béjo, qui est le début de la guérison), mais je ne l'ai compris que dans la dernière demi-heure et je comprends que cela en ait rebuté plus d'un. C'est un film sur le deuil, le secret familial, le non-dit, le trauma, la guérison, la quête de la vérité, le courage, l'amour, la foi... Le passage cathartique de la lettre (je n'en dis pas plus) est poignant.
Cela montre aussi les coups de pouce du destin avec d'autres personnages (la doctoresse, le chef au travail...) qui aident Massimo à sortir de sa souffrance par la compréhension des angoisses existentielles et la transcendance par l'écriture cathartique, sans avoir à passer par un psy.
En tant que thérapeute ça m'a donc parlé mais je comprends que certains n'aient pas adhéré ni vu l'intérêt car tout est très subtil. J'ai même révisionné le début du film pour voir la genèse du drame avec une autre compréhension.
Niveau réalisation c'est impeccable quoiqu'un peu plombant car très sombre et gris. Les effets clair-obscur sont magnifiques. Il y a des passages pas très gais comme les reportages de guerre à Sarajevo. Mais tous ces événements ont un sens dans la vie de Massimo et le renvoie à ses propres blessures. A voir sans être pressé. Le débat philosophique sur la question "Doit-on aimer sa mère à tout prix car on en a qu'une" est aussi passionnant. Le passage de Simon avec sa mère est un extraordinaire moment de cinéma, tout en non dits.
Un très beau sujet mais le scénario est confus. Il ouvre des pistes comme celle de son ami et de sa mère incarnée par Emanuelle Devos sans aller au bout et l’exploiter. L’incursion au Kosovo n’importe pas grand chose au récit. Bien donc mais frustrant.
Fais de beaux rêves, on a tous le souvenir étant petit les paroles de notre mère pour nous border, juste avant de s endormir. Pour massimo, ce sont les dernières paroles de sa mère avant de mourir. Marco bellochio signe un très grand film qui parle du deuil douloureux, impossible, en convoquant les fantômes, en effet massimo face au silence de son père convoque belphegor, son ami imaginaire pour surmonter sa douleur, qui ne va cesser de le poursuivre même étant adulte. Bellochio realise une très belle mise en scène touchante et signe un très beau film. J ai toujours en mémoire cette dernière scène du film qui nous fait comprendre son comportement lors de la découverte du cercueil de sa mère lors de son enterrement, qui est tellement déchirante que j en ai versé des larmes. Grand film
Un traumatisme dans l'enfance, la mort de sa mère alors qu'il a neuf ans, perturbe encore, trente ans plus tard, la vie d'un homme adulte, journaliste à succès. Le film va et vient entre le présent et le passé pour montrer l'attachement fort qui reliait cet enfant sensible à sa mère. Pas mal mais un peu trop long pour ce qu'il donne à voir.
Portrait intimiste sensible et pudique d’un homme hanté par le trauma causé par le deuil de sa mère lors de son enfance, traversé de scènes poignantes mais terni par un récit trop fragmenté et par son acteur principal assez neutre.
Oui et non... Un sujet intéressant, mais un traitement un peu languissant et un acteur principal un peu pâle. Comme le chantait Jean Ferrat, "nul ne guérit de son enfance". Cet enfant perd sa mère avec laquelle il entretenait une relation fusionnelle. Mais Bellochio refuse les facilités du pathos. Il a peut-être eu tort. Peut-être... Le film manque d'émotion, de chaleur. En même temps, on nous évite (ou à peu près!) les scènes larmoyantes qui auraient été faciles à insérer dans un film au sujet perturbant pour tout le monde... En résumé, un film pas assez fort mais respectable.
C'est un film qui, bien que n'étant pas foncièrement mauvais, est maladroitement déconstruit et pâtit fortement de sa tendance à s'éparpiller dans des scènes totalement inutiles. Cela affaiblit le propos, fait pencher en faveur d'un vide scénaristique qui pousserait au remplissage et, lorsque survient ce qui se veut être une révélation, on se surprend à avoir tout compris depuis le début et à trouver l'ensemble d'une inutilité assez surprenante.
Une bien belle surprise que ce film Italien. L'interêt majeur du film tient à l'attente à un dénouement , une réponse, qui arrive en toute fin de ce long métrage. Une histoire donc bien contée et remarquablement interprétée.
Marco Bellocchio a souvent fait le portrait de familles éclatées par des non-dits, vecteurs de drames intimes au long cours. Le cinéaste italien a trouvé dans Fais de beaux rêves, mon enfant, roman autobiographique du journaliste turinois Massimo Gramellini, matière à prolonger le traitement de ses thématiques favorites que sont les conflits familiaux, les rapports mère-fils, l’absence d’un être aimé et les questionnements intimes. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
"Fais de beaux rêves" est un film intéressant par bien des aspects mais qui m'a personnellement totalement laissé en dehors. J'étais pourtant très attiré par ce film mais je ne suis jamais parvenu à m’impliquer au sien de ce long-métrage qui n'a jamais vraiment démarré. L'idée de représenter la dureté du deuil mêlée à un certain complexe d’œdipe me plaisait mais je ne me suis jamais attaché aux personnages. Tant dans le déroulement de l'histoire que dans le message qu'il renvoie, le film est convenu du début à la fin et ne m'a jamais surpris. Plutôt que d'étendre son propos pour tendre à l'universalité, Bellocchio livre une oeuvre très personnelle dans laquelle il est difficile de s'identifier. Le cinéaste italien apporte lui même les réponses et ne laisse aucun élément en suspens ou à la libre interprétation du spectateur. J'ai eu l'impression d'embarquer au sein d'un long-métrage qui me prenait la main pour m'embarquer dans un récit qui accumule les évidences et les passages obligés en alternant gauchement passé et présent. Le casting est pourtant judicieux et certaines scènes sont brillamment mises en scènes, mais ces dernières restent trop anecdotiques au sein d'une oeuvre de plus de deux heures. Pas de quoi crier au ratage complet mais je reste très déçu par ce film dont j'attendais beaucoup plus.
je dois dire que je n’ai pas été vraiment touché par cette histoire, même si l’ensemble est vraiment intéressant et réussi. Question de sensibilité, peut-être juste du moment. Trop long pour une histoire simple.
Magnifique épopée dramatique venue d'Italie, ce qui le rend encore plus belle, malgré sa durée et ses multiples péripéties, je n'en reviens pas d'une telle histoire, l'enfant grandi sans sa mère tragiquement disparue sans raison cherche la vérité et le découvrira par un dénouement profondément émouvant, l'interprétation des acteurs le sont aussi.
Un film très fort et touchant, avec de acteurs d'une grande justesse. Une relation fusionnelle entre un enfant et sa mère prend fin et laisse l’enfant dans le désarroi, lui qui faisait preuve d’une si forte joie de vivre. La logique dramatique est posée d'emblée. Mais l'enfant ne se laisse pas abattre pour autant, son tempérament rebelle et son caractère lui permettent de rebondir. Pour s’en convaincre il suffit de voir son air buté de gamin qui n’a pas eu ce qu’il voulait, avec son regard noir inoubliable. Le film montre très bien le temps qui passe, puisqu'on est vite projeté dans le futur. Devenu reporter de guerre en Yougoslavie dans les années 1990, il reste tourmenté par le souvenir de cette mère, et se fait aider par un médecin joué par Bérénice Béjo, qui fait le job elle aussi. Ce film n’a pas eu une grande résonance dans les médias français, alors qu’il traite d’un sujet quelque peu similaire à Manchster by the Sea, à savoir les tourments suite à la perte d’êtres aimés. A l’inverse du film de Bellocchio, le film de Kenneth Lonergan fit l’objet d’un véritable matraquage médiatique, certains parlant même du meilleur film de l’année ! Personnellement je trouve ce film très surfait, quelque chose ne fonctionne pas, il y a une lenteur, une retenue mal gérée, presque classique dans un certain cinéma contemporain, et qui vire à l’ennui, en plus le film est trop long, alors que le film de Bellocchio, qui a la même durée, contient quelque chose d’émouvant et ce peu importe qu’il s’agisse de l’enfant ou de celui-ci devenu adulte, bref c’est une question de dosage, sur laquelle même les meilleurs techniciens et acteurs peuvent se ramasser. Bref, un des meilleurs films de 2016, comme vous pouvez le voir dans mon classement des meilleurs films de l'année sur mon blog, où se trouvent également des critiques (illustrées et avec quelques extraits) sur quelques uns des films de l'année : 7emeart.wordpress