Grand succès public et critique, " le nom de la rose" (1986), fait l'objet d'une ressortie opportune en salle.
Cette adaptation d'un roman du sémiologue italien Umberto Eco, repose sur une enquête qui se déroule au sein d'une abbaye de bénédictins en 1327 dans l'Italie du moyen âge. Des morts s'y succèdent, un franciscain tente de percer à jour le mystère.
Réflexion sur un fondement de la religion utilisé pour asseoir son pouvoir sur les hommes : la peur. Son antidote le rire sera donc ici combattu.
Le titre du film est volontairement obscur, sans doute pour illustrer les aspects cachés de la thématique abordée.
Avec le temps, cette réalisation de JJ Annaud a tout de même pris un coup de vieux ( selon moi) mais reste néanmoins un classique à connaître.
Annaud est un metteur en scène éclectique mais peu prolixe. Quand il s’empare d’un sujet, il le traite à fond, s’investit dans des recherches titanesques et cherche à reconstituer le décor le plus crédible pour tourner le sujet qu’il a identifié. Ce fut une nouvelle fois le cas ici, et il raconte que ce n’est qu’à la dix-septième version du scénario qu’il a considéré être prêt à tourner! Une préparation maniaque et fouillée, comparable à celles de Stanley Kubrick. Le roman éponyme d’Umberto Eco, qui est déjà en lui-même un cocktail original et unique dans son genre, ne pouvait certainement trouver meilleur réalisateur pour être porté à l’écran.
La qualité intrinsèque d’un livre ne garantit pas non plus la réussite à l’écran. Ici Eco n’a pas à rougir de la transposition qu’il a autorisée. Annaud a absorbé avec délice la mixture ésotérique concoctée par Eco : une enquête policière au milieu d’une querelle religieuse entre dominicains, adeptes de la pauvreté, et bénédictins, repus et issus de grandes familles, le tout situé dans une abbaye inquiétante, mélange de puissance, de jouissance réprimée, dans l’environnement obscurantiste du moyen-âge.
Déjà rien qu’avec un tel titre, joli mais abscons, on ne sait pas sur quel pied danser.
Le diable montre sa queue et envahit l’esprit des protagonistes au fur et à mesure que les morts violentes se succèdent dans ce monde clos. Avant que l’espoir n’arrive fugacement sous la forme de l’envoyé de la Sainte Inquisition, dont les méthodes d’interrogation n’ont rien à envier à celles des armées les plus cruelles.
Jésus était-il pauvre, quelle question incongrue ! Faut-il interdire le rire, car il offense Dieu ? Le thème reste d’une modernité hallucinante, quand on songe aux interdictions diverses pratiquées aujourd’hui par les musulmans intégristes… La connaissance est enfermée à clef dans le labyrinthe-bibliothèque, le désir sexuel réduit à des copulations mercantiles.
Sean Connery – choix inattendu- est à son habitude remarquable. Autour de lui s’agitent en catimini une brochette de «gueules» que Fellini n’aurait pas renié. Le froid glace les corps sous la bure, les paysans sont relégués avec les cochons, le silence règne dans le réfectoire, l’ordre papal est sauf. La Renaissance et encore plus le siècle des Lumières sont encore bien loin. On frissonne avec délice, tout en suivant des débats théologiques de cette époque troublée.
PS : D’habitude inconditionnel des VO, je reconnais que la version originale en anglais peut déranger au début puis l’atmosphère envoutante du monastère reprend rapidement le dessus. La version française fonctionne aussi bien avec la distribution internationale d’acteurs.
Mars 2016 -TV vo octobre 2023 - GE restauré
Même vu partiellement, même en TV ca reste magiquement envoutant...oups attention l'inquisition veille! Mai 2010
Ambiance médievale mais ambiance thriller pas poussiéreuse pour un sou! Sean Connery formidable et pas dénu d'humour, voila un film divertissant certes mais aussi qui propose une certaine reflexion sur la connaissance et les livres...
Le nom de la rose est un très bon film de Jean-Jacques Annaud. La mise en scène du réalisateur est irréprochable, le scénario est travaillé, les sujets traités sont intéressants, le film est captivant du début à la fin et les acteurs comme Sean Connery, Christian Slater ou encore Valentina Vargas sont très convaincants dans leurs rôles. Bref, c’est à voir…
Doté d'un excellent scénario, "Le Nom de la Rose" entraîne le spectateur dans une histoire haletante à l'époque des moines et de l'Inquisition. En effet, l'enquête des protagonistes nous tient en haleine grâce à une réalisation réussie dans sa mise en scène. Quant aux acteurs, ils sont extrêmements convainquants, mention particulière à un Ron Perlman bluffant ! Ainsi, le film est d'une grande qualité et l'oeuvre nous captive jusqu'au bout.
Que dire sur ce film de Jean Jacques Annaud à part que c'est un film culte. Il montre parfaitement l'absolutisme de l'Eglise au XIII ème siècle ainsi que la cruauté et l'injustice de l'Inquisition. Tout ça orchestré par un duo d'acteur, Sean Connery déjà confirmé par son interprétation de James Bond par exemple et le jeune Christian Slater qui se révèle dans ce film. Ce film est tout simplement parfait.
Le nom de la rose est un excellent film de sean connery, une histoire, un scénario bien fait, une enquete bien menée. A voir, ce film est devenu, je pense, un classique à voir.
Ah un film de Jean-Jacques Annaud. Je n’ai toujours pas vu son premier « grand » film mais celui-là confirme déjà une parfaite maîtrise de son métier. Le nom de la rose, je ne comprends pas pourquoi ce titre mais c’est comme si j’avais l’impression qu’il ne pouvait pas s’appelait autrement. Il faut dire que j’ai vu ce film il y a bien longtemps. L’intrigue peut paraître banale mais bon des moines qui disparaissent ça peut être sympa. De plus que l’intrigue est bien menée, bien construite, on n’oublie pas de résoudre une seule énigme, parfois anecdotiques. Un script donc bien écrit, et surtout bien interprété. Engager Sean Connery dans un thriller moyenâgeux n’a pas dû être facile mais je l’aime beaucoup dans ces contextes (comme dans Robin des Bois prince des voleurs). Après sa carrière d’espion dans les James Bond c’est plutôt sympa de le voir dans un tout autre décor. Quant au jeune Christian Slater, à l’époque, il tient aussi le rôle parfait et se montre doué pour cette déjà prometteuse carrière. Il a su jouer parfaitement dans toutes les situations (scène d’amour plutôt très érotique ou encore la scène de l’incendie ou ça n’a pas du être évident à gérer). Bref, vous regroupez tout ceci dans un long-métrage d’un peu plus de deux heures, réalisateur contrôlant parfaitement le sujet ainsi que des acteurs brillant (comme pourrait-on également oublier ce cher Ron Perlman). Voilà je ne peux que vous souhaiter un bon visionnage si vous ne l’avez pas encore découvert, même si il vieillit quelque peu et si on aurait aimé un peu plus de rebondissements.