Drame réalisé par Marc Webb, Mary est un très beau film malgré son aspect cousu de fil blanc. L'histoire se déroule en Floride et nous fait suivre Frank, qui vit avec sa nièce Mary, une petite fille de sept ans, génie des mathématiques. Son oncle est convaincu que Mary devrait fréquenter une école primaire ordinaire pour avoir une enfance normale. Mais la petite fille a du mal à s'intégrer à cet univers tant son avance est importante. Suite à un incident, la directrice de l'établissement contacte Evelyn, la grand-mère maternelle de Mary, ancienne mathématicienne, tout comme sa mère qui s'est suicidée alors qu'elle tentait de résoudre le problème de Navier-Stokes, l'un des problèmes non résolus du Prix du Millénaire. C'est alors qu'Evelyn, qui estime que Mary doit recevoir un enseignement spécial, poursuit en justice son fils pour obtenir la garde complète de l'enfant. Ce scénario s'avère particulièrement prenant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue certes prévisible et remplies de bon sentiments, mais ce récit parvient tellement à être touchant que l'on en fait abstraction. Celui-ci nous fait suivre la lutte d'un homme pour pouvoir rester avec sa nièce tant aimée malgré les difficultés du quotidien du à son génie. Il traite de nombreux thèmes comme des difficultés familiales, de l'enfant surdoué, d'amour en implémentant une romance, et nous fait vivre le déroulement d'un procès. Tous ces sujets ainsi mêlés donnent lieu à des très belles scènes tantôt drôles, tantôt tristes. Ce ton oscillant constamment entre moments de joie et moments dramatiques procure beaucoup de sentiments. D'autant plus que l'ensemble est porté par des personnages fortement appréciables et attachants. Des rôles superbement interprétés par une distribution adorable comprenant Chris Evans et la juvénile Mckenna Grace qui forment ce binôme lié par le sang. À eux se greffent Jenny Slate en professeure, Octavia Spencer en voisine, Lindsay Duncan, John M. Jackson, Glenne Plummer ou encore John Finn, sans oublier la défunte mère dont la présence est palpable au milieu de ces êtres vivants malgré son absence corporelle. Toutes ces âmes en peine entretiennent des relations tourmentées dans le dessein d'offrir le meilleur pour la petite au cœur de ces tourments. Ces relations sont à la fois tendres, mignonnes et poignantes. Des échanges soutenus par des dialogues très bien écrits, d'une formidable justesse. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut qualitative. Sa mise en scène est assez simple, s’effaçant afin de mettre en valeur son propos. Celle-ci évolue dans des environnements appréciables. Ce visuel à la photographie lumineuse est accompagné par une bande originale aux titres doux et tire-larmes, sans que cela soit péjoratif, collant très bien à l'atmosphère du métrage. Reste une fin attendue mais tout de même à la hauteur de l'ensemble du récit, venant ainsi mettre un terme à Mary qui, en conclusion, est un très joli film émouvant méritant grandement d'être découvert.