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Requiemovies
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3,0
Publiée le 10 août 2017
Le thriller ibérique n’a pas perdu de sa superbe avec ce polar de Rodrigo Sorogoyen qui par sa mise en scène nous fait oublier les parenthèses que l’on peut émettre sur les gros détours d’un scénario un peu convenu (malgré un final réjouissant). Reste une âpreté et une mise en abîme parfaite d’où jaillit une atmosphère oppressante qui font de « Que Dios Nos Perdone » un captivant thriller espagnol. Rien que pour le talent déployé à filmer une poursuite dans les rues de Madrid, le film mérite d’être découvert ; pourtant noir et très pessimiste.
Après la longue liste des polars de Pedro Almodovar, d’Alejandro Amenàbar, d’Alberto Rodriguez, d’Alex De La Iglesia, arrivent ceux d’Oriol Paulo, et d’un autre nouveau maître du genre, Rodrigo Sorogoyen. Comme toutes les œuvres de ses compatriotes pré-cités, ce film de Sorogoyen a des qualités et une portée universelles, tout en étant très représentatif du génie du cinéma espagnol. D’abord, l’humour (à condition, évidemment, de savourer, en VO, toutes ces répliques qui claquent), et puis aussi, les thèmes omniprésents dans la psyché espagnole : l’impact du catholicisme dans la culture, dans la famille, voire même dans l’actualité, [visite du Pape à Madrid] ; l’imprégnation de la mentalité machiste dans les relations conjugales, dans le monde du travail, ou encore l’homosexualité, toujours refoulée, ou fortement censurée. Outre cette richesse culturelle, le scénario que met en scène Rodrigo Sorogoyen, est à la fois palpitant, émouvant, et plein de rebondissements, dont une fin qui ébranle même les plus solides. Réalisant tout cela avec une main de maître, il parvient, avec fluidité, à marier dynamisme, léthargie, et symbolisme, tout en n‘hésitant pas à risquer des scènes longues en espaces exigus, alternées de scènes courtes en vastes espaces. Ce représentant du génie espagnol ne serait pas autant perceptible sans l’exceptionnel talent et la multiplicité de tous ces acteurs et actrices Espagnols. Ce polar est une nouvelle baffe dans la gueule à ceux qui pérorent encore béatement que notre cinéma est le meilleur d’Europe. Car cela fait bien deux décennies que le cinéma Français n’a pas produit de polar de cette qualité.
Un polar qui évolue au fur et à mesure du récit, se complexifiant et s'étoffant quant à ses niveaux de lecture puisque le thriller se mâtine d'une lucide réflexion politico-sociétale de laquelle personne ne sort indemne tout en questionnant l'humanité des personnages ainsi que leurs motivations. Portée par une mise en scène dynamique et un casting excellent, cette enquête sombre, poisseuse même ne saurait laisser indifférent. Un violent appel à la remise en cause.
Deux flics à la marge, limite un peu tarés mais chacun dans leur genre, enquêtent sur des meurtres et viols de vieilles bigotes dans un Madrid écrasé par la chaleur. Sans ces deux flics hargneux, ces affaires auraient tout pour devenir des « cold case ». Deux flics lancés à la recherche d’un serial killer au profil psychologique atypique, ce polar espagnol à tous les atours du thriller fincherien type « Zodiac ». Surtout qu’aux manettes Rodrigo Sorogoyen ne nous laisse jamais respirer, une grande maitrise de la mise en scène et du montage qui fait de lui une référence européenne voire plus. Il sait créer une atmosphère glauque, lourde, glaçante et tendue. L’intrigue est oppressante et tenue par un scénario quoi que classique mais sans trop de faille, si ce ne sont les deux flics aux traits de caractères trop prononcés pour être totalement crédible. On comprend très vite pourquoi ce choix ; Sorogoyen veut montrer trois personnages (les 2 flics + le tueur de mamies) partageant une frustration sexuelle qui les poussent à interroger leur virilités respectives. C’est ce tiroir qui rend aussi son film plus attractif qu’un banal polar. Un très polar à ne pas louper surtout qu’il est porté par un metteur en scène de grand talent. tout-un-cinema.blogspot.com
Le cinéma US a déserté ce genre depuis 15 ans, le cinéma français ne s'y intéresse que rarement, c'est en Espagne qu'on le retrouve plus régulièrement. Des meurtres de vieilles dames, des flics usés, perturbés et solitaires. Un contexte social tendu. Tous les éléments du thriller sont bien là. Le réalisateur filme tout ça de façon suffisamment nerveuse pour nous accrocher. Ce n'est pas original dans le propos, ça aurait eu de la gueule dans les 90s, mais ne chipotons pas c'est quand même bien vu.
Voilà un sacré polar espagnol, peu connu pour ce genre de production — mis à part « La isla minima » récent — et qui envoie au placard des séries B nombre films US… et français aussi hélas ! Une histoire qu’un résumé succinct classerait dans les polars banals : seria killer insaisissable, duo de flics dépareillés et détestés des « bons flics » et des « chefs » qui exigent rigueur et surtout obéissance aveugle. Apparence vite détrompée : des personnalités secrètes mais que l’on devine droites et fortes, des fausses pistes et des rebondissements, une enquête de terrain mais intelligente, avec doutes et intuitions, et une atmosphère digne des plus grands. Dialogues vivants et drôles, acteurs inspirés, rythme et ellipses bien faites, cadrages et mise en scène très habiles : tout y est pour un polar d’exception qui vous colle au siège du début à la fin, sans pétarade infantile et superflics à mourir de bêtise. À ne pas louper bien qu’il soit évidemment peu présent dans les distributions « blockbusters et popcorns ». Trouvez-le, il vaut vraiment la peine.
Sorrogoyen s'attache aux caractères des deux flics que tout oppose. Antonio de la Torre excellent a un petit coté Dustin Hoffman dans Rain man. En revanche, l'intrigue reste parfois décousue voire incomplète. Reste un film d'ambiance au sein d'une police décatie. On a beaucoup parlé de l'ambiance de Madrid (visite du pape, nuit debout) à propos de ce film, la ville est de mon point de vue peu présente, du moins sur petit écran. TV1 vo - mai 21
Un bon polar qui suit un duo d'enqueteurs atypiques aux trousses d'un tueurs de vieilles dame dans l'ambiance surchauffée de Madrid. Les personnages sont particulièrement bien construits et l'intrigue est plutôt bien construite.
Très bon film de genre Espagnol. Après l'avoir visionné de nouveau il y a quelques jours, mon avis n'a pas changé comparé à la première fois lors du festival du film policier de Beaune en 2017. Les amoureux du polar à ambiance seront conquis car c'est le point fort du long-métrage : en effet, cette enquête sur un tueur de vieilles dames se déroule dans le vieux Madrid et ses beaux immeubles bourgeois (l'équivalent sûrement de nos bâtiments Haussmanniens) tandis qu'une canicule sévit et que des troubles à l'ordre public accompagnent la visite du pape. Cette atmosphère glauque et poisseuse vous colle à la peau et vous prend aux tripes ! Le réalisateur réussit l'alliance entre un polar classique (problème Freudien, institution policière dure) tout en ancrant l'histoire dans la réalité (été 2011 lors de la visite du pape dans le cadre de la "jmj") et un polar contemporain en incluant des débats modernes (ultra violence de la société, patriarcat en perte d'hégémonie, débat sur la laïcité ou encore haine envers la police ?). De mon côté, j'ai particulièrement apprécié la manière de tourner (au début en caméra au point, façon "scope" puis par la suite de façon classique) et le jeu des acteurs très spontané et très réaliste. La conclusion du film laisse cependant un peu pantois de part sa longueur, elle a été un peu trop vite expédiée à mon goût. J'ai enfin noté de jolis passages de Fado Portugais (pour un film Espagnol) sur la bande originale. A regarde en version originale évidemment, pour un peu plus d'immersion dans l'atmosphère.
Un polar espagnol qui instaure un climat glauque et tendu à une intrigue sordide mais qui pêche par un récit parfois mal tenu. Mais la réalisation est très soignée et les personnages bien écrits.
ce film est un ovni très peu diffusé dans les grandes salles. et pourtant il vaut vraiment le coup, l'histoire est prenante, l'ambiance du film nous tient en haleine. excellent thriller à conseiller
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3,5
Publiée le 28 février 2017
Les inspecteurs Velarde et Alfaro enquêtent sur une série de meurtres de vieilles dames qui ont été violées avant d'être violemment assassinées. Une histoire bien sordide, mais un film qui ne l'est pas puisque c'est très peu violent et le réalisateur ne tombe pas dans le voyeurisme malsain même si certains plans sont de trop. Dans son film, Rodrigo Sorogoyen met l'accent sur la psychologie du tueur que les deux policiers essaient de trouver en rassemblant les éléments, mais aussi la personnalité de ces deux hommes que tout oppose et que l'on apprend à connaitre à travers de courtes scènes sur leur vie privée. La canicule de 2011, la visite du Pape ou encore le contexte social difficile servent parfaitement de cadre, mais aussi d'éléments à part entière puisque cela influe parfois dans le déroulement de l'enquête. La construction de l'intrigue est classique, mais le fait de changer souvent de point de vue apporte ce petit truc en plus qui permet d'avoir une histoire complète à tous les niveaux. Ce thriller policier ne révolutionne pas le genre, mais c'est un très bon film qui tient en haleine du début à la fin grâce à une histoire parfaitement menée et un rythme soutenu à défaut d'être trop rapide.