La Favorite
Note moyenne
3,8
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419 critiques spectateurs

5
47 critiques
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144 critiques
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103 critiques
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73 critiques
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31 critiques
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21 critiques
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 3 avril 2019
Pas fane de la réalisation que je trouve pleine d'intentions ratées avec des effets visiuels parfois très réussis et parfois qui frôlent le ridicule. Si on fait abstraction de ça le film est plutôt bien avec une histoire interessante malgré quelques longueures et des decors et costumes de qualités. Les trois actrices, elles, sont excellentes.
Michael R
Michael R

138 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 avril 2019
Il y a quelque chose de pourri dans ce royaume dirigé par des femmes ... Si le film brille par son interprétation, sa photographie, son scénario, son ton mi-comique, mi-feroce, il faut reconnaître qu'il finit par lasser (effets de caméra redondants, une intrigue qui piétine à mi-parcours, une fin décevante) et le résultat se révèle donc mi-figue, mi-raisin.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 31 mars 2019
Superbe ambiance, de merveilleux moments de portraits percutants, costumes superbes, bref un cinéma qui vaut son nom ... à revoir
FlecheDeFer ..
FlecheDeFer ..

50 abonnés 383 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mars 2019
Un film étrange, qui m'a laissé perplexe mais qui est quand même très bon, même si inabouti à mon sens. Le film repose évidemment sur son trio d'actrices, qui auraient toutes trois mérité l'Oscar, et qui livrent un récital assez incroyable car joué à trois, ce genre de performances étant plutôt en général réservées à un solo visant à porter un film. Ce qui est raconté est également intéressant, plutôt surprenant, souvent drôle, parfois acerbe, bien monté et superbement mis en scène. Toutefois, je persiste à penser qu'on est passé à côté du chef-d'oeuvre parce que le scénario manque d'une âme véritable. A aucun moment dans ces jeux de cour on ne ressent vraiment d'émotion, et pourtant celle-ci était à portée de main avec l'amour sincère que se portent la Reine et Lady Sarah, amour finalement contrarié mais surtout presque inutile quand le film fait l'erreur de faire "gagner" Miss Hill, ce qui a pour effet de faire que tout le monde est en réalité perdant, mais sans non plus insister dessus ce qui fait que cette fin n'est pas non plus aussi dramatique qu'elle le devrait... et n'est en définitive satisfaisante ni d'un coté ni de l'autre. En clair, le film rate sa sortie, et malheureusement rate son histoire du même coup car au final rien n'est raconté ici sauf les machinations d'une intrigante de cour motivée par un simple souci de se mettre matériellement à l'abri et qui obtient gain de cause au détriment des sentiments, fussent-ils beaux ou tristes... Mais alors, à quo bon tout ceci? Dommage, dommage, il en reste un écrin magnifique mais glacé, alors que tout était en place pour toucher le spectateur au plus profond.
CaMéo Gironde
CaMéo Gironde

5 abonnés 74 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2019
Couronnée meilleure actrice lors de la dernière cérémonie des Oscars, Olivia Colman incarne dans La Favorite, la reine Anne d’Angleterre : un personnage naïf et tout en contradiction.
Chef de file de la « Greek Weird Wave », le cinéaste Yórgos Lánthimos nous raconte la rivalité entre la duchesse Sarah et sa cousine Abigail, toutes les deux en lice pour devenir la confidente favorite de la reine.
Dans cette satire de la cour d’Angleterre en plein conflit avec la France, le trio féminin ne cesse de nous surprendre et plus particulièrement la sournoise prétendante campée par Emma Stone, qui va vite prendre goût au pouvoir.
L’esthétique baroque du film accompagnée par une superbe lumière naturelle et des angles de caméra toujours plus audacieux donne naissance à des plans d’une grande picturalité.
Vous avez eu du mal à adhérer à la mise en scène plutôt chirurgicale des deux derniers films (La mise à mort du cerf sacré, The lobster) du cinéaste grec ? La touche d’humour qui se dégage de La Favorite vous réconciliera sûrement avec l’extravagance de Yórgos Lánthimos.
Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mars 2019
L’époque de la Renaissance s’est souvent prêtée à merveille aux histoires mêlant conspirations, trahisons, drames passionnels et instants de débauche au cinéma. Un constat que l'on peut appliquer une fois encore dans La Favorite, nouvelle production anglophone du cinéaste grec Yorgos Lanthimos. Réalisateur qui nous a précédemment habitués à l’abstrait et à l’absurde, le virtuose hellénique a également fait preuve d'une certaine créativité formelle appréciable à bien des égards. Ce projet de renouvellement du film d'époque était prometteur sur le papier donc, bien que les différents extraits parus jusqu'à sa sortie nous préparaient à un film plus sage qu’à l’accoutumée. Qu’en est-il finalement ? Roulements de tambour et verdict un petit peu plus bas.

Nous voici plongés dans l’Angleterre du début du XVIIIème siècle. La reine Anne, à la santé physique et mentale fragile, peine à régner sur un royaume alors en guerre contre son ennemi héréditaire d’Outre-Manche. Son amie Lady de Marlborough gère plus ou moins les affaires du pays quand débarque Abigail, cousine de cette dernière, aux racines nobles mais à la condition sociale précaire. Nouvelle menace pour la favorite de la reine ? Tel est le sel de l’intrigue qui sera déroulée pendant deux heures sur un sujet librement inspiré des faits réels qui ont animé la Cour de l’époque.

L'introduction du film donne le ton avec des enjeux limpides et un développement assez long qui fera la part belle à la mise en place des personnages. On assiste dès lors à un véritable jeu de manipulations entre ces trois femmes aux liens ambigus dans une Cour totalement déconnectée de la réalité de la population et où la débauche règne en maître. Lanthimos a le don de rendre ses personnages principaux intrigants tant leurs intentions se dessinent petit à petit en fonction des opportunités et obstacles qui se présentent face à eux. Chacune dispose de suffisamment de personnalité, ce qui fait que l’on peut prendre un malin plaisir à les voir évoluer dans ce milieu impitoyable. C’est ce qui fait la force et l’intérêt majeur de ce film, le fait de voir des personnages tentant par tous les moyens de parvenir à leurs fins et ne reculant devant rien. Le tout dans une atmosphère teintée de noirceur humaine, d'érotisme dérangeant et de magouilles politiques.

Le personnage d’Abigail (incarnée par Emma Stone) n’est pas sans rappeler l’arriviste Eve dans le film éponyme de Joseph Mankiewicz. De la même manière que le thème et l’époque nous font penser au chef d’œuvre Barry Lyndon de Stanley Kubrick. La Favorite emprunte d’ailleurs l’esthétique de ce dernier mais dispose néanmoins de son identité formelle propre qui est plaisante sur certains moments et plus agaçante sur d’autres. Il est dommage que la sobriété générale du film soit régulièrement brisée par les expérimentations visuelles appuyées de Lanthimos. Les plans de grands angles assez récurrents ont souvent tendance à nous rappeler qu’il y a une caméra derrière tout ça, ce qui rend cette mise en scène assez superficielle en fin de compte.

Si les expérimentations formelles créatives se prêtaient bien au dérangeant Canine du même réalisateur, je les trouve moins adaptées sur un récit historique plus terre-à-terre dans ses enjeux. Cette esthétique est écrasante, l'artifice trop visible. On notera toutefois une photographie réussie aussi bien dans les plans extérieurs qu’intérieurs dont on reconnaîtra bien sûr l’influence de Barry Lyndon, notamment au niveau de l’éclairage. La rétine a tout de même le droit à sa dose de régalade et c'est tant mieux.

Quant au reste, je dois dire que je m’attendais à plus corrosif et plus fou de la part du réalisateur. On retiendra bien sûr le personnage de la reine Anne, figure dramatique désolée et manipulée, symbole d’une fragilité intime malmenée par les affres du pouvoir. Olivia Colman n'a d'ailleurs pas du tout volé son oscar pour son interprétation du rôle le plus étoffé du film, celui d'une femme qui passe par tous les états et ne se remettra jamais de ses 17 grossesses ratées (!). Mais il manque toujours un petit quelque chose pour rendre le film plus palpitant, plus profond. Le bât blesse finalement plutôt au niveau du rythme. Le film a l’art de dresser des personnalités, surtout féminines, fortes et cruelles mais il ressemble davantage à une succession de scènes qui n’ont pas toutes la même envergure.

L’ensemble se fait toujours en cohérence avec un fil narratif clair et une ironie satirique appréciable mais des passages plus marquants se mêlent à d’autres séquences plus longues et anodines. Il y a d'un côté un réel plaisir à suivre ces intrigues de cour mais il y a aussi un certain manque d’intensité qui se ressent au fur et à mesure que le récit avance. Et c’est bien dommage vu le matériau de base qui pouvait nous laissait croire à un film plus percutant que ça. C'est une oeuvre qui a ses qualités et qui est intéressante dans l'ensemble, ce qui fait qu'elle se suit avec plaisir, mais la prétention de la mise en scène ne plaide pas toujours en sa faveur. En conclusion un film baroque qui ose sur bien des aspects, qui sait filmer le dégueulasse et le débordement mais qui manque cependant cruellement de finesse.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 27 mars 2019
Hyper déçue par ce film. C'est vulgaire, glauque sans scénario! Bref à éviter! Comme il y avait eu beaucoup de nominations aux oscars je m'attendais a bien mieux!
Aulanius
Aulanius

227 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 mars 2019
Le talent du grec n'est plus à démontrer et une fois de plus, il ne déçoit pas. Alors ok, c'est assez long et répétitif mais je pense que c'est nécessaire pour bien détailler les liens présents entre tous les protagonistes. Les actrices sont au top du top et le duo (voire le trio) est très sympa. Le gros point important du film est la bande son qui est omniprésente. Je crois qu'il n'y a pas une seule minute sans le son. Les plans sont très originaux pour certains et ça apporte une originalité au sujet et à une période qui ne le sont pas particulièrement. Ceci dit l'époque est bien retranscrite, les décors sont jolis et les costumes bien réalisés. Après, comme je l'ai déjà dit, j'ai trouvé le temps un peu long. Aussi le fait que la fin soit un peu ... bof bof. Je m'attendais à un autre dénouement. Mais dans l'ensemble, j'ai passé un bon moment et je le recommande. 12/20.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 26 mars 2019
Franchement j'ai été très très déçu. D'abord il faut le reconnaître, nous connaissons mal l'histoire du Royaume Uni, et personnellement j'ignorais tout de cette reine Anne et de ses amies...
La première chose que j'ai fait en rentrant chez moi, ça été de consulter Wikipedia pour essayer de comprendre quelque choses à ce film. Malheureusement cela n'a fait que tout m'embrouiller, car cette période est particulièrement compliquée. Pour en revenir au film, les trois principales actrices ne m'ont pas boulversé malgré leur nominations aux Oscars...
Donc désolé mais je ne vous conseille pas ce film, qui en plus a quelques longueurs.
Jojo213
Jojo213

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 mars 2019
Trop de clichés sur les femmes homosexuelles ou bi. On se lace vite et je ne comprends toujours pas pourquoi Colman a eu l oscar de la meilleure actrice pour ce rôle qui reste banal ! Seul point positif le côté complètent décalé.
domit64
domit64

74 abonnés 369 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 mars 2019
2h d’ennui... Scénario cousu de fil blanc, la blondinette au visage d’ange se révélera la plus perverse. Musique lancinante, insupportable. Pour le reste, sexe, vulgarité et hystérie sont mis à l’honneur. Probablement révélateur de ce qui se passait réellement à la cour à cette époque mais le film est lourd, pesant, long.
Olivua Coleman et Rachel Weiz tirent leur épingle du jeu, Emma Stone a toujours ce regard inexpressif qui fait que je n’arrive pas à croire en son personnage.
Déçue par ce film.
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mars 2019
Plus proche de la farce que du film historique où 2 lointaines cousines se disputent les faveurs de la dernière héritière de la lignée des Stuart, « La Favorite » est portée par un trio des plus notables : Rachel Weisz, Emma Stone et surtout Olivia Colmar, distinguée à plusieurs reprises pour son incroyable interprétation de la Reine Anne. Le style Yórgos Lànthimos déstabilise quelque peu mais donne une manifeste disparité à un film drôle et incongru sur le pouvoir mais au scénario pas toujours fertile, un peu long et miné par une musique qui n’a jamais cessé de m’irriter deux heures durant.
Caine78

7 756 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 mars 2019
S'il y a bien quelque chose qu'on ne peut pas reprocher à « La Favorite », c'est de laisser indifférent. La première source d'inspiration de Yórgos Lánthimos semble à ce titre clairement « Barry Lyndon », ce qui est évidemment très ambitieux mais oblige aussi à une grande rigueur et maîtrise dans le développement. Heureusement, c'est manifestement le cas du réalisateur. Sans forcément adhérer à tous ses choix ni totalement à son style, celui-ci a un sens de la narration, du cadre, du découpage qui, s'il peut déconcerter, n'en est pas moins réelle et parfois saisissant. C'est vraiment le contraire de l'eau tiède : cinglant, ironique, légèrement décadent sans jamais être vulgaire, « La Favorite » fait preuve d'audace et d'originalité pour dépoussiérer le film historique, genre très souvent guindé, pour ne pas dire franchement académique. J'avoue, quand même, que si j'ai globalement apprécié le spectacle, le ton et la direction vers laquelle Lánthimos semble dirige l'œuvre, que je n'ai pas pour autant ressenti de jubilation, d'enivrement particulier : est-ce dû à l'époque, l'histoire, aux enjeux ? Peut-être un peu tout à la fois, les dernières minutes m'ayant même paru assez longues, comme si le cinéaste ne savait pas exactement comment conclure. Toutefois, ne vous y trompez pas : à une époque où le cinéma est devenu un art de plus en plus aseptisé, rongé par le politiquement correct, voici une œuvre faisant parler la poudre, faussement suave et en disant long sur l'ambition des hommes (et des femmes, en l'occurrence), prêts à toutes les manigances pour se rapprocher le plus possible du pouvoir. « Play dirty », OK, mais toujours avec style, élégance. À ce jeu, Emma Stone et Rachel Weisz livrent un affrontement de haute volée, « arbitré » par une Olivia Colman aussi saisissante qu'inattendue. Au passage, j'avoue toutefois être très surpris par le choix de l'Académie des Oscar de nommer les deux premières comme seconds rôles et la première comme meilleure actrice : l'inverse aurait été plus logique voire les trois dans la même catégorie mais là, je ne comprends pas bien, même si la victoire de cette dernière (la seule sur dix nominations) se défend largement. Bref, sans être extatique, voici une production sachant faire preuve d'ambition et de culot, que ce soit par sa description sans fard (et toujours autant d'actualité) de la « politique » et son insolence : assurément l'un des titres phares de ce début d'année.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mars 2019
Yorgos Lanthimos met en boite son premier film accessible après des films d’auteurs hyper pointus tous primés à Cannes quoi que très absconds. Un film en costume quoi de mieux pour toucher le grand public. On pourrait penser cela, mais le réalisateur grec ne se départi pas, même lorsqu’il cotoie le cinéma de genre comme ici, d’un regard radical et décalé. Il revisite et dépoussière sérieusement le genre avec ce film ; même si on pourrait le taxer de quelques boursufflures stylistiques. Boursufflures critiquées par certains mais si utiles ; comme l’utilisation fréquentes du Fish-Eye (cher à Kubrick) pointant la vacuité du pouvoir, l’isolement des puissants via un œil voyeuriste extérieur bien conscient des faiblesses du pouvoir. Et c’est toujours autant d’actualité.
Et l’histoire là dedans. "La Favorite" repose sur un socle historique solide en mettant en scène les rapports entre la reine Anne (1695-1714, montée sur le trône en 1702) avec sa Première dame, Sarah Churchill, dont elle était très proche, mais avec laquelle elle avait un différend politique. Le film invente en revanche le personnage d’Abigaïl Hill qui va mettre le feu aux poudres entre elles, alors que la guerre fait rage entre l’Angleterre, l’Espagne et la France. Issue d’une famille aristocratique déchue, Abigaïl Hill (Emma Stone) est introduite par Sarah Churchill (Rachel Weisz), sa cousine, comme servante à la cour de la reine Anne (Olivia Colman). Alors que la préférée de la souveraine gère le pays à sa place en raison d’une santé fragile, Abigaïl s’attire les faveurs d’Anne au détriment de ce qui devient sa rivale, en influençant à son tour la reine.
Et qu’à voulu monter Lanthimos via cette histoire ancienne ; il le dit en interview : « Ce qui m’intéressait, c’était la manière dont le comportement d’une poignée de gens peut transformer le déroulement d’une guerre et influer sur le destin d’un pays », explique le réalisateur pour qui les choses ne sont guère différentes aujourd’hui. À ce marivaudage cynique et glaçant, dont les hommes ont été exclus, Yórgos Lánthimos, ajoute sa touche personnelle, mélange de grotesque et de noirceur absolu.
La cour emperruquée et poudrée à l’excès passe son temps dans des distractions aussi vaines qu’absurdes, comme une course de canards ou un lancer d’oranges sur cible vivante ; les domestiques y sont aussi cruels que les puissants ; le premier ministre, Lord Godolphin, et son principal opposant, parfaitement ridicules. Et plus largement, c’est le rôle ce que l’on apelle aujourd’hui les spin doctor qui est l’un des cœurs du film ; le film étant si riche de thématique.
La relation dominant – dominé dans un ballet perpétuel pour avoir les faverus de la Reine est glaçant. Et jusqu’à la scène finale ou la nouvelle favorite devient le lapin de la Reine ; elle se fait écraser alors qu’elle pensait avoir pris le pouvoir par un même geste d’écrasement et de domination. Et donc à la fin tout finit par reprendre sa place, comme si c’était immuable.
Et sur Culturopoing : « C’est d’abord un diptyque monstrueux que le film donne à voir, en faisant le portrait de la reine Anne, personnage sans envergure qui régna en Angleterre de 1702 à 1714, et de sa favorite Lady Sarah, respectivement interprétées par Olivia Colman et Rachel Weisz. Cette amitié est attestée par les historiens mais les scénaristes ont avoué avoir pris une certaine liberté vis-à-vis des faits réels. La reine est dépeinte de manière grotesque : sans jugement, geignarde, presque répugnante, elle suscite d’abord le dégoût du spectateur, consterné de voir un personnage si mal assorti à sa fonction. La multiplication des gros plans sur le visage boudeur de la reine ainsi que son maquillage outrancier contribuent à faire d’elle une marionnette sans épaisseur que semble manipuler Lady Sarah. Pour autant, le film ne tombe pas dans un manichéisme facile et propose une représentation contrastée de ce couple étonnant. Le talent de Yórgos Lánthimos est d’autant plus manifeste que ce dernier parvient progressivement à adoucir le regard du spectateur sur un personnage qui a d’abord fait office de repoussoir. Si la reine reste foncièrement ridicule, elle gagne en complexité et devient touchante dans son malheur et sa mélancolie.
Ce mélange des registres est également présent dans la peinture de la cour, tout à la fois satire impitoyable des courtisans et méditation empreinte de gravité sur la politique. Les divertissements de cour contrastent avec la situation difficile du pays, épuisé par la guerre contre la France et par la révolte des paysans surtaxés. Une des premières séquences du film, particulièrement brillante, met en scène une course de canards organisée par les Grands du royaume au sein du château. Filmée au ralenti et en contre-plongée, la séquence met en lumière la décadence et la puérilité des aristocrates. Par un retournement baroque, ce sont les courtisans qui font figure d’animaux sauvages en regard de la docilité des animaux. Ainsi, l’enfantillage des courtisans n’a d’égal que leur inconscience.
Mais la véritable guerre, celle qui oppose Lady Sarah à sa cousine Abigail Hill, a lieu dans l’enceinte même du château, où les deux femmes se disputent les faveurs de la reine. C’est certainement l’aspect le plus passionnant du film, celui qui consiste à décliner au féminin une réflexion sur l’ambition, l’opportunisme, et les rapports de domination. Dans cette course au pouvoir, la difficulté consiste à savoir rester à sa place tout en essayant de mettre tout en œuvre pour obtenir la confiance de la souveraine. Monter dans les échelons de la société de cour s’accompagne paradoxalement pour ces femmes d’une forme d’abaissement, comme si la quête de la gloire entraînait aussi le sacrifice des valeurs morales. C’est un jeu pervers où tous les coups sont permis mais où l’on ne peut gagner sur tous les tableaux.

La représentation de la course au pouvoir chez Lady Sarah et sa lointaine cousine s’accompagne d’une virilisation des héroïnes à travers les vêtements, l’attitude et la parole. Maîtresse-femme, la confidente de la reine sait manier les armes avec dextérité, se plaît à s’habiller en homme quand les circonstances l’autorisent, et fait montre d’une éloquence exceptionnelle. Les scènes où celle-ci mouche Lord Harley, alors Premier ministre du royaume, reviennent comme un leit-motiv comique, et soulignent l’impuissance de ce dernier. Si les femmes sont virilisées, de même, les hommes sont systématiquement féminisés et leurs perruques abondantes, leurs parures et leur maquillage extravagant font signe vers un retournement des valeurs, une inversion de l’ordre patriarcal. Le réalisateur se plaît aussi à dissimuler l’obscénité des personnages sous leurs costumes, infamie qui réapparaît ici et là involontairement. Yórgos Lánthimos parsème son film d’images métaphoriques de la souillure et de la tâche – une robe pleine de boue, un visage défiguré, une giclée de sang-, comme pour dévoiler les impostures. Il organise un fascinant jeu de va-et-vient entre le pur et l’impur. La sexualité subit le même traitement, dévoilant les secrets d’alcôve, le scabreux derrière la porte.
La Favorite rend hommage à cet autre cinéaste conceptuel qu’est Peter Greenaway, avec un goût tout aussi prononcé pour la trivialité et le grotesque que les beaux atours peinent à dissimuler. Derrière la beauté de ses habits, l’individu est bien sale. Aussi l’ombre de Meurtre dans un jardin anglais ne cesse de roder autour de cette autre demeure. Plus que de le revisiter, Lanthimos lui applique la stylisation de sa propre mise en scène, à la fois élégante et coupante, où la déformation du grand angle sert les vertiges de la perception. Yórgos Lánthimos excelle à utiliser toutes les ressources du langage cinématographique pour représenter ses personnages. Il travaille notamment leur rapport à l’espace pour symboliser leur état, leur fragilité ou leurs aspirations. Le réalisateur se plaît à filmer de manière répétée les allées et venues des personnages dans une galerie d’une longueur qui semble infinie, comme pour signaler la lourdeur du protocole et des usages de cour. Les pièces immenses dans lesquelles évolue la souveraine semblent également révélatrices d’une certaine incompétence. L’ouverture du film est à cet égard éloquente. On y découvre la reine de dos, dans une vaste pièce lambrissée. La longueur de sa traîne pourrait ici matérialiser la charge que représente l’exercice du pouvoir. Dans cette séquence d’ouverture, le montage alterné nous fait aussi découvrir le personnage d’Emma Stone, coincée entre les passagers trop nombreux d’une diligence. L’exiguïté du véhicule et la promiscuité qu’il impose tendent ici à suggérer la déchéance sociale de la jeune femme, bloquée au sens propre comme au sens figuré.

Si l’on peut être frappé par la perfidie des héroïnes de La Favorite, celles-ci n’agissent pas pour autant gratuitement ou par pure perversion, contrairement aux personnages de libertins ou de roués qu’on retrouve chez Choderlos de Laclos. Le tempérament froid et calculateur du personnage incarné par Emma Stone trouve d’une certaine manière son explication dans la mention d’un passé traumatique. C’est parce qu’elle a vécu l’horreur de la chute, qu’elle a subi l’inconséquence d’un père endetté et peu consciencieux qu’elle intrigue. Sa connaissance intime de la brutalité masculine, d’autant plus usuelle que les hommes sont nobles, témoigne en outre d’une expérience et d’une lucidité exemplaires. Ainsi, quand l’opportunisme dicte aux héroïnes leur attitude, c’est davantage par pragmatisme que par noirceur. La médaille a d’ailleurs son revers et la puissance de ces femmes semble par moments bien précaire. En cela, ces favorites, quoique dissemblables, frappent surtout par leur humanité tant elles ont partagent la quête angoissée d’une autonomie, d’une indépendance utopique »

Un film à voir plusieurs fois pour capter toute la richesse des situations et du propos.
tout-un-cinema.blogspot.com
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 20 mars 2019
J’ai beaucoup de choses à dire sur le film. Le grand point noir pour moi étant les erreurs historiques. Qui m’ont rendue malade et dont personne ne parle. Mais commençons par le début: le film est très long à regarder, j’ai jeté plusieurs fois un coup d’oeil à ma montre, de base j’ai pas trouvé l’intrigue si prenante que ça. Ça m’a rappelé les disputes de filles au lycée. Et il est vulgaire, personnellement les accès de vulgarité déplacés des personnages m’ont plusieurs fois sortie du film. Beaucoup de choix de mise en scène m’ont également étonnée, l’utilisation abusive des fish-eye et des travellings par exemple. La musique est parfois très crispante. Pour le casting, rien à dire, les trois actrices principales jouent leur rôle à la perfection, Emma Stone en intriguante de salon impeccable.

Maintenant, mon souci, et j’ai l’impression d’être littéralement la seule à faire la remarque, c’est pour ça que je rédige cet avis... c’est que c’est faux. Alors peut être que tout le monde s’en fout, des films historiques approximatifs mixés à la sauce anti-royaliste américaine , Hollywood ne fait que ça, et a priori ça fait des années que ça va à tout le monde. Mais là c’est juste que Lánthimos a complètement réécrit les personnages et pas mal d’évènements pour créer une intrigue.

Le film apparaît basé sur les mémoires de la comtesse de Marlborough. Sauf que depuis la deuxième partie du XXeme siècle, on s’est rendu compte que cette comtesse, qui était pas contente d’être virée de la Cour, a fait exprès de dépeindre la reine Anne de façon peu reluisante (c’est le moins que l’on puisse dire) pour se venger d’elle dans la postérité. Elle faisait écrire des pamphlets haineux sur sa laideur, son obésité, et sur sa prétendue homosexualité avec sa nouvelle femme de chambre (Abigail en l’occurence). Sauf que: globalement tous les historiens s’accordent pour dire que c’est de la diffamation. La reine Anne était une femme de caractère, qui a régné 12 ans, elle était travailleuse et elle a maintenu tout le long de son règne un bel équilibre des pouvoirs, c’est elle qui a permis l’unification de l’Angleterre et l’Écosse sous le drapeau Grande Bretagne. Et elle était assez populaire auprès de son peuple, car elle succédait à son père et sa sœur Mary ( son mari Guillaume) catholiques en tant que fervente anglicane, et les anglais aimaient ça. Elle s’occupait des affaires de son pays et elle était assidue avec les réunions du gouvernement, etc. La seule chose vraie: elle avait des problèmes de santé qui la rendaient souvent indisposée, et le gouvernement pèse de ce fait de plus en plus lourd dans la balance. Ce n’était pas du tout une cinglée dépressive qui joue à la dînette avec ses lapins remplaçant ses enfants morts-nés (elle a effectivement été enceinte dix-sept fois, dont 12 fausses-couches, et le plus vieux de ses enfants a vécu 11ans).

À citer également: à l’époque où Lady Sarah perd la cote: le mari de la reine Anne Georges du Danemark est encore parfaitement vivant. Et, malheur, c’est un couple uni et à priori fidèle (zut). La reine étant une fervente croyante, les historiens s’accordent pour dire qu’elle donnait beaucoup à son mariage, et que les soupçons d’homosexualité sont surtout basés sur les médisances de la comtesse de Marlborough dans ses mémoires, qui sont globalement un tas de calomnies vengeresses.

Bref sinon: la disgrâce de Lady Sarah a commencé dès le début du règne de la reine Anne (1702) pas avec l’arrivée d’Abigail (qui était d’ailleurs là depuis le début de son règne aussi). Pourquoi? Pour cause de divergences politiques. La reine et Sarah, qui sont amies d’enfance, ne soutenaient pas les mêmes partis (c’était déjà le même principe de système bipartiste sauf qu’à l’époque c’était les Tories et les Whigs). Sarah mettait tout le temps la pression à la reine pour qu’elle place les ministres qu’elle voulait, et comme la reine n’était pas une pauvre folle influençable, ça l’agaçait beaucoup qu’on lui dise quoi faire. Dès 1704, Anne dira à un de ces conseillers qu’elle ne pourrait plus être vraiment amie avec Sarah. Et à cette époque Abigail n’est pas encore dans les bonnes grâces de la reine.

Par la suite, dans un laps de temps s’étirant sur plusieurs années, Abigail supplante Sarah, en tant que femme de chambre puis comme gardienne de la bourse privée en 1710 (donc on voit que l’intrigue se déroule sur une décennie quasiment, et qu’il n’y a pas de lien de cause à effet entre la disgrâce de Lady Sarah qui sera renvoyée de la cour en 1710, et la présence d’Abigail. Sarah s’est débrouillée toute seule pour se mettre la reine à dos, par exemple en lui disant publiquement de se taire sur le parvis de Saint Paul). Et je reviens sur le fait que pendant quasiment tout ce temps-là, le mari d’Anne était bien vivant.

Je ne parlerai même pas du fait que la guerre de Succession d’Espagne a été transformée en France VS Angleterre parce que c’est sûrement la seule chose que les américains ont retenu sur les conflits européens de cette époque.

Comprenez bien: si historiquement, les personnages sont des affreux, malhonnêtes ou fous, qu’ils soient retranscrits comme tels! Mais réécrire l’Histoire, les personnages, la temporalité des événements, et spoiler: ajouter une touche d’homosexualité parce que ça fait bien aujourd’hui, surtout quand on veut être oscarisable (des personnages historiques gays, y en a plein, pourquoi ne pas faire un film sur eux?
)... tout cela pour créer une intrigue qui n’a jamais existé entre des personnages dix fois plus odieux et bêtes que ce qu’ils n’étaient dans la réalité, moi je dis non.

C’est le tableau des monarchies que les scénaristes et réalisateurs faisant des films « historiques » dressent de manière récurrente, et moi ça m’agace. Parce que les gens croient voir un film basé sur des faits historiques, et on les abuse. Après, chacun a le droit de ne pas s’arrêter sur les erreurs et les approximations. Mais quand tout le scénario est basé dessus, j’estime qu’il est temps de rétablir quelques vérité.

Personnellement, je ne trouve pas que ce soit un film de femmes fortes, encore moins un film féministe. Le film essaie de faire passer un message contemporain (et donc anachronique) dans ses scènes. Le « girl empowerment » est représenté par une femme (Sarah) autoritaire et dominatrice qui passe son temps à rabaisser son amie fragile psychologiquement en la critiquant voire en l’insultant pour l’isoler dans son coin et diriger à sa place, et par une femme (Abigail) qui spoiler: drague à coups de pied dans les testicules mais qui en fin de compte couche quand même pour réussir
. La troisième personnage féminin est faible, dominée, et allumée. Je ne trouve pas que ce film rende justice à la complexité de la psychologie féminine, tous les personnages étant grossiers, caricaturaux et vulgaires (personnages masculins compris

Merci à ceux qui liront jusqu’au bout et bonne journée à vous.
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