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Jmartine
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4,0
Publiée le 12 octobre 2016
Un film âpre, nerveux, très prenant…certes on n’apprend pas grand-chose de neuf sur la vie des quartiers nord de Marseille. L’excellente enquête documentaire de Frédéric Ploquin ( Les gangsters et la République) , présentée cette semaine sur France 5, montrait dans un de ses volets, la situation de ces quartiers, gangrénés par le commerce du cannabis, véritable économie parallèle qui faisait vivre une partie de la population, et non seulement les jeunes…on voit dans le film une mère qui n’hésite pas à demander à son fils petit trafiquant, l’argent de la cantine de la petite sœur, et celui de la facture EDF…on y voit des policiers ripoux qui viennent toucher leur enveloppe, des politiques qui achètent la paix social en fermant les yeux sur les trafics…Le réalisateur Karim Dridi a construit une histoire autour du jeune Sofiane qui a quitté ces quartiers pour des études en école de commerce à Lyon…alors qu’il revient parmi les siens, son frère Slim, second du réseau local dirigé par Reda, est exécuté au bas de son immeuble…Sofiane veut connaitre la cause de cette exécution et le venger…alors que tous y compris les trafiquants amis de son frère, l’incite à retourner à ses études, il s’incruste et comme le Michael Corléone du Parrain, il va jusqu’à utiliser ses connaissances de gestionnaire pour faire évoluer le trafic…le réalisateur a fait appel à des habitants de ces cités et les a préparés pendant deux ans au métier d’acteur. Le résultat est stupéfiant, ils manient une langue drue, crue et parfois obscure, au débit précipité qui mériterait parfois un sous-titrage…plus encore que le personnage de Sofiane, c’est celui de Reda , interprété par l’impressionnant Foued Nabba, qui crève l’écran, colosse à la voix douce même quand il prononce un arrêt de mort…drogue, armes de guerre, vies foudroyées, tout y passe…y compris la référence à Farid Berrahama, dit le rôtisseur, dans la façon de faire disparaitre les corps…le film allie âpreté documentaire et noirceur d’un polar ..C’est efficace, réaliste et quasiment sans espoir !!!
Vu hier soir à Rennes en avant-première en présence du réalisateur Karim Dridi, j'ai adoré !
Jamais un film ne m'a autant plongé à ce point dans la vie quotidienne de trafiquants de drogue et de guetteurs de quartiers. Le réalisateur nous a révélé être allé à la rencontre d'habitants des quartiers Nord marseillais, et ça se sent du début à la fin : probablement aucun cliché (je ne connais pas les quartiers Nord de Marseille, mais j'ai eu l'impression d'être immergé dans la vrai vie de jeunes délinquants de la cité phocéenne), filmé sur les lieux même de l'histoire, et le « parler marseillais » omniprésent (qui peut être difficile à comprendre pour un spectateur qui n'est pas du Sud, même si on comprend (ou du moins on apprend à comprendre) au fur et à mesure chaque expression marseillaise).
Quant à la violence, elle est très explicite, presque jamais cachée ou sous-entendue, afin de montrer de façon la plus crédible possible la violence qui règne dans les quartiers Nord, tout en montrant un grand plus par rapport aux médias : l'humanité de chaque gangster, qui est un humain à part entière avec son histoire, sa vie en dehors du grand banditisme, sa famille et ses amis ; la violence bien que très présente (et ce de plus en plus au fur et à mesure que l'intrigue avance) n'est donc jamais gratuite mais toujours expliquée, avec ses causes et ses conséquences.
Enfin, certaines scènes sont à mes yeux magnifiques, comme la scène d'ouverture sur fond de rap qui montre en un clin d'œil le quotidien des guetteurs qui CHOUF pour voir si la police ou un gang concurrent ne vient pas sur leur territoire, et une scène d'exécution dans les Calanques de Marseille (je n'en révèle pas plus) avec en arrière-plan le coucher du soleil.
J'ai ainsi repensé à des grands classiques comme "Scarface" (l'argent facile malgré la mort omniprésente qui veille sur chaque personnage tel l'épée de Damoclès), "L'Impasse" (l'engrenage qui conduit au cercle vicieux et à la spirale infernale de la violence) et "American Gangster" (le trafic de drogue marseillais, amélioré par l'antihéros principal qui mène des études en école de commerce à Lyon (« Le même principe que le Drive de chez McDo : on place un charbonner qui prend les commandes, un autre qui encaisse et un autre qui donne le shit »), est montrée de façon très réaliste et avec une grande minutie), et comme l'a souligné un spectateur lors du débat, le film de Karim Dridi fait beaucoup penser à "La Cité de Dieu", ou comment des adolescents qui grandissent dans la violence grandissent très vite, trop vite, et apprennent très vite, trop vite (le personnage principal : Sofiane (remarquable Sofian Khammes, qui m'avait déjà beaucoup plu dans "Le Convoi" dans lequel il interprète également un trafiquant de drogue, convoyeur dans un go fast) m'a beaucoup fait penser à Malik El Djebena dans "Un prophète" : un jeune garçon qui apprend (trop) vite et qui va mettre son intelligence au service du crime.
Je conseille donc ce film à tous les amateurs de films de gangsters et de films sur le trafic de drogue. "Chouf" est bel et bien l'un de mes films favoris de 2016.
J'ai ressentie une très forte émotion en regardant le film, un film très fataliste, qui donne l'impression que les protagonistes sont coincés dans le milieu. Mais en réalité c'est ce qu'il se passe, l'impression devient réalité quand le personnage n'arrive pas à prendre le train pour quitter la ville. La descente aux enfers se fait petit à petit, on a aucune prévisibilité jusqu'à ce qu'un des personnages principaux dise : ' la marche arrière est cassée'. Ainsi, les évènements vont se succéder. Le film permet de redécouvrir la loyauté, la trahison et l'amitié mais surtout la réalité à Marseille. J'étais très déçu des films français jusqu'à maintenant, c'est un film que j'ai découvert aujourd'hui, même si on ressent l'amateurisme des personnages, étrangement cet amateurisme dans le rôle apporte une très grande qualité au film, car dans la vraie vie et dans ces milieux populaires, tout le monde est amateur et rien est structuré.
Quelle histoire dramatique ! Le film est bien réalisé et bien amené. On est en plein dans les trafics de cité et c'est pas facile. Aussi le personnage principal est attachant et cela sauve le film.
Un film quasi documentaire tant on semble placé en immersion dans la terrible, cruelle mais hélas banalité du quotidien de la vie de nombreux jeunes et familles, quartiers et surtout d'une ville Marseille qui au delà des clichés comporte hélas une réalité accablante. Cette réalité c'est l'existence de quartiers de non droit, en marge de la république et de tout ordre civique, avec ses propres lois ’ses propres codes, le tout installé dans une banalisation de la violence comme un fait inéluctable et une économie liée aux trafics de stupéfiants, autres casses ou combines qui se déroulent à ciel ouvert avec le consentement complice des familles qui au delà de contester moralement les faits en façade, profitent de l'argent de la drogue, chacun récupérant sa part ou son moyen de subsistance. Un système très bien huilé qui commence par les plus jeunes avec des tâches subalternes de guetteur en montant dans la hiérarchie jusqu'aux petits caïds et la rivalité entre bandes rivales qui finit toujours dans le sang. Le film montre combien cette violence froide, méthodique, est installée, comment la facilité de circulation des armes de guerre est ahurissante, combien la police est désarmée quand elle n'est pas corrompue par quelques ripoux qui se servent au passage. Ce qui est frappant dans ce film c'est que commençant à l'enfance cette délinquance ordinaire jusque dans les chefs de bandes, craints,admirés, qui décident de la vie et la mort, est en fait composée de petites frappes et que les gros bonnets qui contrôlent tout le trafic à la base sont quasi absents, inconnus et pas prêts d'être inquiétés. Le cheminement de ce jeune, garçon brillant, qui réussit ses études et qui a choisit un autre chemin, va par désir de vengeance après l'exécution de son frère, s'infiltrer dans le réseau jusqu'à en devenir un acteur comme les autres, sa vengeance ne l'empêchant pas de prendre le recul nécessaire pour malgré tout lui aussi entrer dans le système. Le film est réalisé avec un rythme, une réalité incroyables, admirablement interprété, entre autres par des acteurs non professionnels, véritables locaux si on peut dire, avec hélas par moments là difficulté de comprendre les dialogues par une prise de son directe en situation et une expression des jeunes rapide,avec fort accent et approximation orthophonique. Un sous titrage aurait été bienvenu pour certaines scènes. Un film fort un film vrai qui hélas ne servira pas les intérêts de l'office du tourisme de Marseille mais qui au delà des discours officiels formatés, habillés politiquement, avec éléments de langage et soucis de l'image et de la bien pensance montre tout simplement la réalité de la vie dans certains quartiers et l'enfer vécu au quotidien de nombre de victimes effrayés qui n'ont pas les moyens ou la volonté de vivre ailleurs. Un film nécessaire, vrai, édifiant.
Karim Dridi se frotte à la banlieue. À l'instar de son homologue Houda Benyamina il y a quelque semaines avec "Divines", on est ici au coeur de la cité phocéenne. Ce qui ressort de ces deux films, de façon marquante, c'est que ce monde du traffic et de l'inégalité contient des héros complètement décrédibilisés. On est d'accord, à aucun moment ils ne font peur, et c'est peut être ça leur force. Très jeunes, maigrichons ou à l'inverse bien en chair, on est loin de l'archétype du mafieux à la "French Connection". Ce que veut montrer le cinéaste français ici, c'est la proximité du réseau avec la population, voir carrément la coagulation. On y voit des quartiers comme La Joliette, Longchamp, le Prado... Proche mais à la fois très déconnecté de la civilité. Une organisation parallèle qui définie ses codes. Pour ce qui est de l'histoire, Sidney Lumet dans son derniers bouquin "Faire un film" dit la chose suivante à propos d'un scénario : "Ce n'est pas parce que c'est inéluctable que c'est prévisible". Une série de règlements de compte qui n'aura jamais aussi bien porter ce nom, tout comme l'adage : ne jamais mettre le doigt dans l'engrenage.
Très réaliste "Chouf" dépeint très bien se qui peut se passer dans les quartiers nord de Marseille avec la perte de contrôle totale de l'état sur ces zones gangrené par les trafiques en tout genre et notamment celui de la drogue.On nous montre bien cette escalade à la violence,l'envie de se venger ou de tuer pour imposer le respect et qui au final et un véritable cercle vicieux!Des petits délinquants qui se mélangent à de grands bandits et qui entame un processus d'apprentissage très rapide dans le milieu et qui se déshumanise aussi sec.Une triste réalité qui dérange mais qui n'est pourtant pas propre à Marseille de nos jours malheureusement, même si c'est peut être la ville de France qui en est le plus imprégnée.Les acteurs sont très convaincants aussi!peu être un rythme un peu lent par moment ou j'aurais espéré un peu plus de punch.C'est tout de même un bon film du genre qui mérite d'être vu!3,5/5
Après que son frère ait été abattu, Sofiane qui se consacrait jusqu'à présent à ses études essaye de se rapprocher du gang dont il faisait parti et va peu à peu s'intégrer au milieu du banditisme marseillais. Ce film décrit le milieu des trafiquants à Marseille en montrant une ville semblant fantasmée dans laquelle règnent la violence et où la police est corrompue. Tout cela est toutefois abordé de manière très crédible et j'ai trouvé l'histoire captivante.
Film proche de la réalité bien évidemment, le quotidien de ces jeunes banlieusards tiraillés par la haine et l'envie de faire de l'argent, ici on a une histoire bouleversante d'un jeune homme voulant à tout prix venger la mort de son frère, une réalisation réussie des jeunes acteurs qui jouent parfaitement bien, la fin par contre ma mis une boule à l'estomac.
Certes, Chouf n'est pas le premier film qui décrit la vie et le quotidien d'une banlieue française difficile dans ses aspects les plus désespérés – et les plus désespérants. Mais il mérite d'être vu pour plusieurs raisons. Tout d'abord, rares sont les réalisateurs a être allés aussi loin dans la description du système de trafic de drogue dans la cité – et surtout la façon dont toutes les familles en dépendent, même les aînés. Ensuite parce que Karim Dridi, qui s'est installé à Marseille pour le tournage, a patiemment formé ses jeunes acteurs, des mois durant, construisant un véritable projet artistique avec eux, pour un résultat totalement convaincant. Enfin, il faut noter l'honnêteté et l'ambition du long-métrage, qui au-delà du simple film de banlieue, se mue lors de plusieurs séquences en thriller très réussi, à la mise en scène soignée et à la photo très belle. À voir donc.
Rassurez vous, il ne s'agit pas du énième film sur les banlieues. Dridi nous plonge dans le Marseille des faits divers : règlements de compte entre caïds locaux, trafic de drogue organisé avec vie de la cité qui tourne autour. Tout un monde authentique, violent, corrompu par l'argent ou tout le monde est perdant. Fiction et à la fois film document ou rien n'est édulcoré. Un petit bémol quand même, les dialogues auraient pu parfois être sous titrés car il est difficile de comprendre l'argot arabo-marseillais utilisés par les comédiens.
Ce film, projeté durant le Festival de Cannes 2016, se veut réaliste. Déjà, les comédiens au casting n’étaient pas professionnels et pourtant cela ne les empêche pas d’être très bon. On sent une véritable authenticité. Depuis, l’acteur principal, Sofian Khammes, a pu commencer une carrière avec un rôle non négligeable cette année dans LE MONDE EST A TOI. J’ai beaucoup apprécié aussi la prestation de Foued Nabba, plus connu dans le milieu du rap sous le pseudonyme Kofs, et celle de Zine Darar. Ils vont nous plonger au cœur du trafic de drogue de ce quartier Marseillais. On verra donc toute la violence que cela engendre car oui ce film sera vraiment brutal. Le but est de dépeindre une réalité qui gangrène et détruit les quartiers de cette ville. Tout va s’axer autour de Sofiane qui n’est pas fait pour ce milieu mais qui va se voir être plonger dedans malgré lui. Cela nous ramène à une réalité aussi sociale. Ce jeune étudiant bien que brillant, un jour ou l’autre, va être ramené à ses origines, et les choix qu’il fera pourront soit le sauver de ce « ghetto » soit détruire son avenir prometteur. Ce film est donc vraiment complet. On aura d’un côté la dureté des quartiers et de l’autre, la psychologie et tiraillement de Sofiane. Malheureusement, je trouve ça dommage que le tableau peint soit aussi sombre sans aucune touche d’espoir. Il est toujours bien de faire des nuances mais ici ça ne sera pas le cas.
Chouf a du mal à se lancer. Par la suite, il montre bien la réalité de ce trafic qui gangrène les cités françaises : la complicité des parents, une absence totale de sentiments de la part des protagonistes de ce genre de business qui n'hésitent pas à liquider leurs amis d'enfance. Ils ont une unique préoccupation : une obsession morbide de l'argent qui se traduit par une course assoiffée et effrénée vers le métal blanc. Le twist final est magistral. Très bons acteurs amateurs.
C'est une immersion dans le trafic de drogue marseillais. Sans connaître ce milieu, cela paraît convaincant. Les acteurs sont plutôt crédibles. Le rythme est par contre inégal et certains rebondissements dans le scénario sont trop poussifs à mon sens. Il manque peut-être la patte d'un Audiard pour rendre le tout transcendant.
Cela parait tellement vrai ... que s'en est risible ... la violence atténue ce sentiment !!! Pour les non initiés au langage des cités et de l'accent marseillais ... il aurait presque fallu sous-titrer le film.