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LeFilCine
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4,0
Publiée le 3 novembre 2016
Ken Loach a donc décroché sa deuxième palme d’or lors du dernier festival de Cannes avec Moi, Daniel Blake. Il nous propose un long-métrage dans la même veine que La Loi du Marché, film français sorti dans les salles un an auparavant et qui avait consacré Vincent Lindon. Comme Stéphane Brizé, Ken Loach présente donc la misère sociale et les lourdeurs administratives qui pourrissent la vie des gens d’en bas. Sauf que les personnages survivent ici dans le cadre peu engageant de la ville de Newcastle, dans le nord de l’Angleterre. Ce contexte britannique nous laisse, en tant que spectateur français, un peu à distance, en tout cas au début du film. En effet, on se sent assez peu concerné par les problèmes de recherche d’emploi et autres formes de tortures administratives spécifiques à ce pays. Dans la première partie du film ce Daniel Blake nous ennuie plutôt qu’il ne nous apitoie. Puis soudain, au milieu du film, la carapace finit par se briser parce qu’il y a cette jeune femme, en grande difficulté avec ses enfants, qui emporte avec elle toutes nos émotions. Ce n’est donc pas l’interprète de Daniel Blake (Dave Johns) mais plutôt l’actrice Hayley Squires, l’interprète de cette jeune et bouleversante Katie, qui transforme le film. Cette dernière est plus convaincante que ce Daniel Blake, personnage qui suscite peu l’empathie. La deuxième partie du film ne peut donc que laisser une trace indélébile dans le cœur des spectateurs. Même si le final est attendu et un peu trop facilement larmoyant, Ken Loach réussit un film social fort, dans lequel le message de solidarité et de fraternité face à la pauvreté surpasse tout le reste, ce qui fait de Moi, Daniel Blake une palme d’or amplement méritée.
Un beau film sensible et juste. C'est une situation qui pourrait se présenter en France également, tant les politiques essaient de maintenir artificiellement le taux de chômage sous les 10%. Mais il est à 30%. Personne n'est dupe. C'est bien avec des artifices comme ceux démontrés ici que l'on triture les vrais chiffres. Et non, ce n'est pas du misérabilisme, et non, Ken Loach e s'est pas absenté lors des prises de vues. Il y a des jours ou les bobos des Inrocks, de Libé et du Monde mériteraient qu'on leur ferme leur clapet! J'en ai vraiment marre de ces imbéciles qui se permettent de juger de façon condescendante et pédante des réalisateurs qui les valent 1000 fois. La plupart des critiques devraient essayer de faire des films au lieu de pérorer du haut de leur perchoir. C'est dit!
A Newcastle, Dan Blake ne peut plus prétendre à son allocation de handicap car le service d'évaluation l'estime apte à travailler, alors que son médecin le lui interdit. Il va essayer d'effectuer les recours possibles et au cours de ses démarches, il va rencontrer une femme seule avec ses deux enfants ayant aussi des difficultés administratives. Ce long-métrage démontre très bien les difficultés qu'il peut y avoir en Angleterre pour faire valoir ses droits. Il traite plus précisément de la précarité des personnes âgées n'étant pas en âge de solliciter la retraite, des handicapés et des familles monoparentales. La vie quotidienne de ces personnes et les extrémités que cela peut entraîner sont très bien amenées. J'estime que des émotions positives sont aussi communiquées à travers la solidarité et la personnalité des différents personnages, sans que cela ne soit mélodramatique. Je trouve que Ken Loach a vraiment réussi son film car il traite son sujet très justement.
Nouvelle chronique sociale du réalisateur Ken Loach dénonçant l’absurdité d’un système rigoriste dans l’octroie des aides sociales, « Moi, Daniel Blake » retrace l’histoire de Daniel Blake, un charpentier sexagénaire ne pouvant plus travailler pour raisons médicales, souffrant d’une maladie cardiaque, sauf que l’administration britannique ne lui accorde pas de pension d’invalidité car il n’est pas invalide au sens qu’il peut utiliser ses bras et ses jambes. Il est donc contraint attendant le résultat de son appel de faire des démarches de recherches d’emploi alors qu’il ne peut pas travailler pour toucher une pension de chômage. On suit donc Daniel Blake dans ses démarches procédurales kafkaïennes non sans une pointe d’humour même si le film est avant tout un drame social. Ce personnage principal est vraiment intéressant par sa lucidité, son sens de la répartie et son humanité. On est également touché par une autre victime du système, Katie, jeune mère célibataire, dans la détresse avec ses deux enfants qui va avoir le soutien de Daniel Blake. La relation « père fille » est très touchante. Malgré quelques facilités dans l’écriture néanmoins (spoiler: la scène où Katie ouvre une boite de conserve pour se nourrir à la pension alimentaire, même si elle meurt de faim, est assez grossière, même si elle donne sur une des scènes les plus émouvantes ; le fait que Katie tombe un peu trop facilement dans la prostitution, ça manque de transition ; la fin est prévisible ), Moi, Daniel Blake est une œuvre très émouvante à voir au regard notamment de ses personnages principaux très attachants.
Ken Loach et son scénariste Paul Laverty, unis au sommet de leur art, nous offrent un film qui donne envie de ruer dans les brancards, invite à ne pas courber l'échine. Qui dresse un tableau à la fois terrible et magnifiquement humain du délabrement du modèle social anglais – mais on a tôt fait de comprendre que notre sort n'est pas tant éloigné de celui de nos voisins d'outre-Manche. Ils n'ont sans doute qu'une encablure d'avance. Après des mois d'enquête sur le terrain, le récit de Loach-Laverty est un condensé de situations si dramatiquement ubuesques qu'il a même fallu les édulcorer pour les rendre crédibles à l'écran. Nul besoin d'effets de style pour ce cinéma-là ! Le sujet est tellement fort, le propos si limpide qu'il ne s'embarrasse pas de fioritures. Ken Loach s'efface derrière ses personnages et les situations qu'ils traversent avec tact et grâce, humblement, faisant presque oublier qu'il y a derrière la caméra une équipe de choc et la patte d'un immense réalisateur. Daniel Blake, Katie deviennent peu à peu comme des extensions de nous-même, de nos parts lumineuses, de nos destins brisés ou de nos déchirures. C'est beau à tomber, puis à se relever pour lutter.
Un film à la fois magnifique et plombant, d'une puissance rare. Ken Loach croque l'absurdité d'une société qui, à force d'économies à tout va, précarise ses citoyens jusqu'à les pousser à la rue, et l'on prend peur en se disant que c'est exactement vers cela que l'on tend, en France aussi. Et puis il y a ces scènes extrêmement touchantes, portées par des acteurs formidables et d'une très grande justesse. La Palme d'Or était méritée. Ne passez pas à côté de ce grand film !
Magnifique !! C'est un "Ken Loach" et donc une référence... Il nous fait plonger dans les méandres administratifs... qui se passent outre manche - mais cela pourrait être de ce coté-ci sans problème. La difficulté des pauvres et démunis est poignante et l'interprétation de Dave Johns et Hayley Squires et la mise en scène sont tous simplement parfaites... Palme d'or tellement méritée.. rien à dire, sauf mon admiration pour un incontestable Chef d’œuvre !!**
Bouleversant. Et tellement réel. Préparez vos mouchoirs avant d'y aller. S'il fallait un film pour montrer une certaine absurdité de notre système actuel, c'est celui-là.
Il faut absolument aller voir ce film de toute urgence avant d'aller voter pour les candidats aux élections qui prônent la privatisation de pôle emploi qui conduit fatalement à la rentabilisation des services et donc à l'élimination des candidats difficiles à placer parce que plus assez performants, âgés et usés ou tout simplement dépassés par les technologies réputées incontournables aujourd'hui (smartphones, internet ...). Certes la violence sociale est sans doute plus grande outre-manche mais elle existe bel et bien aussi dans notre pays, il suffit de lire les témoignages dans les journaux de ce qui peut vous arriver lorsqu'un service social ou pôle emploi est défaillant ou dérape (voir en particulier la rubrique "faits divers" du canard enchainé par exemple). Ken Loach est (malheureusement) un nouvel Emile Zola de notre siècle!
Bouleversant. Ken Loach a un regard résolument juste sur ses personnages, et est bien loin de tout manichéisme. Sa mise en scène, intelligente, sans fioritures, qui ne tombe ni dans le pathos ni dans la froideur, rend le récit incroyablement fort. On pleure, on rit, et on songe beaucoup, car le film pose, sans lourdeur, énormément de questions sur nos sociétés contemporaines. Avec Moi, Daniel Blake, Ken Loach signe un chef-d'oeuvre. Un Palme amplement méritée.
Comme toujours Ken Loach nous livre un film coup de poing destiné à éveiller les consciences. Le sujet traité est celui des aides octroyées aux personnes en difficulté. C’est remarquablement joué, on partage la détresse et la galère des protagonistes.
Il y a longtemps que je n'avais pas pleuré devant un film. Toute la salle est ressortie mouchoir en main. Car oui, ce film illustre le combat de millier, million de personne anonyme de manière réaliste... Très réaliste. Vraiment, j'en chiale encore.
Ken Loach fait su cinéma sociale avec une constance et une authenticité qui force le respect. Le résultat est certes un film démonstratif, mais tellement réussi qu'on ne peut malgré tout qu'applaudir