« L'amour c'est comme le vin, il faut du temps. » Des longs-métrages sur le vin il y en a eu quelques uns, mais certains s'avéraient une semi déception, Saint Amour en était le cas. Ici dans Ce qui nous lie, on donne la tâche au cinéaste Cédric Klapisch, connu pour avoir réaliser sa trilogie de L'Auberge Espagnole ! Il aborde une multitude de thèmes nobles et fondamentaux
- transmission, réparation des erreurs du passé, trouver sa place, renouer avec la nature -
et parvient à les mettre en place de façon intelligente. Pour lui, le temps joue sur le vin et même sur les gens ! L'histoire de deux frères et une sœur qui se réunissent dix ans après, pour enterrer leur père, en voulant prendre en charge son vignoble, tout cela en ressassant des souvenirs de leur enfance. Un scénario qui se base sur la nostalgie et l'émotion apporte une poésie naïve dans lequel on assiste. Le ton y est dramatique et le rythme, posé, sont en phase avec le cycle des saisons. Quelques touches d'humour assez rafraîchissantes et amènent de la légèreté, on pense bien
- aux conversations que s'inventent les deux frères en regardant ceux qui discutent, après des verres bien remplis
Toute la section documentaire sur les vignes, les vendanges et la façon de pratiquer ce métier rare est une partie pertinente dans le récit de Klapisch. De plus, il y dégage un certain hommage senti aux artisans de la terre et aux amoureux du bon vin... Le spectateur trouve aussi une sensualité sur les images, où les paysages sont superbes ! Et puis ce trio d'acteurs est fabuleux ! Pio Marmai est un très bon acteur, qui nous le prouve encore ici, en interprétant avec finesse un personnage torturé par son passé, en revenant à ses racines. Ana Girardot (actuellement au cinéma dans Knock) est toujours aussi à l'aise dans les drames, elle transmet pas mal d'émotion. La soeur qu'il faut la réconforter dans les moments prenants... François Civil (vu dans l'hilarant Five) s'avère à contre-emploi, se débrouille bien dans la peau du frère voulant s'imposer au sein de la famille. La fratrie fonctionne allègrement ! Donc, Ce qui nous lie est un film dramatique qui touche, sans pour autant être mielleux et s'avère un bien meilleur cru que Saint Amour de l'année passée. Du bon Klapisch !