Certaines Femmes
Note moyenne
3,0
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71 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mai 2025
Il faut du temps pour entrer dans Certain Women. Non pas qu’il y ait une énigme ou une clé. Au contraire : on y entre comme dans une pièce déjà habitée, sans qu’on nous ait présenté les lieux. La caméra s’attarde sur un virage de route, un chien qui dort, une table un peu bancale, et des voix qui résonnent trop bas pour qu’on les comprenne tout à fait.

Ce n’est pas un film choral, ce serait trop généreux. Plutôt trois lignes de solitude, qui ne se croisent pas. Trois femmes, et le monde autour d’elles. Laura Dern qui négocie, sourit, s’épuise à faire entendre une parole qu’on refuse d’écouter. Michelle Williams qui veut bâtir quelque chose mais dont les fondations sont minées par l’hostilité feutrée de son entourage. Et Lily Gladstone, la plus déchirante, la plus mutique aussi, dont l’amour ne trouve aucun endroit où s’échouer.

Ce n’est pas tant que les hommes leur font obstacle. Plutôt un climat. Une manière de ne pas regarder, de ne pas entendre, de ne pas répondre. Le patriarcat n’est pas un événement : c’est une texture.

Et puis il y a la matière. Les routes, les pierres, les chevaux, les ampoules à changer. Le cinéma de Reichardt est un cinéma de la surface, mais non pas dans un sens superficiel plutôt dans celui d’une épidermie du réel. Chaque plan semble caresser les objets pour en faire surgir le poids, la résistance, la durée. Les dialogues, eux, s’effacent. Ils ne résolvent rien, n’expliquent rien. Ils disent juste : « j’étais là », et c’est déjà beaucoup.

Il n’y a pas de dramaturgie à proprement parler. Elle filme la durée comme une forme d’écoute. On pense parfois à Bresson, à Akerman, mais sans la frontalité du dispositif. On y sent surtout cette chose rare : la possibilité que rien ne se passe, et que ce rien soit déjà immense.
Jonathan M
Jonathan M

164 abonnés 1 529 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 février 2018
Comme souvent dans ses histoires à pastiche, on se prête vite au jeu de quelle trajectoire à retenue le plus mon attention. 3 petits courts imbriqués sur le thème central de la capacité de résilience au féminin. Et pour ma part le choix est fait : la partition de Laura Dern est un cran au-dessus de toute les autres. Dans ce personnage d'avocate qui lutte contre la persévérance d'un client un tantinet relou, j'aurais pu suivre l'américaine pendant 1H30. Attachante, désabusée à la "Blue Jasmine" de Woody Allen, un mélo dramatique se tramait par là. Mais la cinéaste en a voulu autrement. Tous les autres portraits affaiblissent le film, et l'histoire reste au final très linéaire.
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mars 2017
Beau film qui raconte en trois histoires le courage de femmes seules faisant face aux difficultés du quotidien dans une petite ville du Montana. Reichardt montre un art du récit qui lui permet de faire passer ses thèmes par une narration posée. Chaque histoire recèle une morale à trouver. Voir ma critique complète sur mon blog :
Patjob
Patjob

44 abonnés 763 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 décembre 2024
Voilà l’art de la « nouvelle », au sens littéraire du terme, porté cinématographiquement à un très haut niveau d’expression ! En effet Kelly Reichardt raconte successivement trois histoires, qui n’entretiennent aucun lien narratif entre elles (on ne voit qu’un lieu ou un personnage secondaire commun). Les liens, ce sont l’ambiance du film, celle d’une petite ville du Montana qui semble perdue dans d’immenses espaces, et surtout le style de la cinéaste (comme ce plan saisissant du propriétaire des vieilles pierres entrevu à travers ses vitres). Chacune de ces nouvelles est traitée avec une délicatesse et une sensibilité telles que l’émotion est grande, alors qu’il ne se passe presque rien (de spectaculaire tout du moins) ; chacune fait ressentir la richesse et la complexité des relations humaines, avec une profonde humanité pour la première et la dernière ; et chacune culmine dans une séquence de dialogue (dans l‘épilogue du film pour la première) où des choses essentielles émergent de la simplicité des mots. Du grand art.
colombe P.
colombe P.

145 abonnés 695 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 mars 2017
Ce film m'a vraiment beaucoup plu.
Les portraits de ces femmes sont justes, touchants, émouvants et beaux.
Les paysages sont magnifiques et la mise en scène est parfaite.
Ce ne sont pas trois histoires différentes mais trois histoires qui ont un point commun.
C'est un film à la fois doux et dur et surtout très intéressant d'un point de vue psychologique.
Reverdy
Reverdy

27 abonnés 92 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 janvier 2018
Trois histoires, quatre portraits de femmes, qui sont liées par un détail le plus souvent : voilà la structure du film, par ailleurs contemplatif, épuré, qui ose des silences, et la lenteur. La dernière nouvelles est la plus bouleversante à mon sens. Une poésie se dégage de ces histoires un peu en dehors du temps, même si des traces de la modernité sont palpables. Un voyage sur un cheval dans la dernière histoire est un pur moment de grâce, ce n'est pas le seul moment du film touché par la grâce. Les quatre actrices sont extraordinaires, et plus particulièrement Lily Gladstone, touchante, juste.
Roger O.
Roger O.

15 abonnés 37 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 mars 2017
Quatre femmes, en fait, protagonistes de trois histoires successives, vaguement entrelacées. Trois récits minimalistes et épurés qui sombrent dans l'insignifiance. Se pose alors l'éternelle question: comment décrire l'ennui sans être ennuyeux?
La réalisatrice Kelly Reichardt campe d'abord deux personnages féminins peu attachants tant leur comportement et leurs préoccupations paraissent irresponsables ou futiles: dans le segment initial, une avocate ne parvient pas à se débarrasser d'un client procédurier qui la prend en otage avec sa complicité. La mollesse du filmage cadre bien avec la léthargie de Laura mais le tout n'éveille que modérément l'intérêt du spectateur.
Gina, la deuxième femme, interprétée par Michelle Williams, tient absolument à acheter un lot de vieilles pierres qui serviront à la construction, projetée avec son mari qui la trompe avec l'avocate, de sa future demeure. La transaction avec un voisin âgé n'en finit plus et l'on partage l'indifférence de la fille adolescente qui se voit mal vivre désormais dans ce trou perdu.
La dernière histoire met en scène un couple de jeunes femmes: l'une est une fermière fort occupée qui, au départ par hasard, assiste à des cours du soir prodigués par une stagiaire qui habite à quatre heures de route de l'école. La première est fascinée par la seconde, mais l'attrait n'est pas réciproque. Une scène alors vient illuminer le film: l'élève offre à l'enseignante une promenade à cheval dans les rues désolées de la petite ville.
Le film s'attache à la simplicité de ces quatre vies mais exige du spectateur une attention soutenue au sort de ces quelques femmes si peu intéressantes.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 180 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 mars 2021
3 tranches de vie féminines sur les thèmes de l'obstination et de la solitude. Lent et contemplatif sur les paysages du Montana souvent vus à travers les vitres d'une voiture. Il ne se passe pas grand chose. Le 3e sketch est le meilleur avec ses non-dits.
lpjdrdtv90
lpjdrdtv90

24 abonnés 55 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 avril 2024
L'image, le cadre concourent à donner une beauté formelle à ce film. Certains plans sont vraiment magnifiques.
Le problème, c'est le scénario. Trois segments de fiction reliés par l'apparition d'un personnage, sans grande signifiante. Tous se passent dans le Montana (il ya même un encouragement à visiter l'état à la fin du générique, alors que vu ce qu'on y voit, plutôt se tirer une balle). Ce n'est pas que tout ça est ennuyeux puisqu'on y croise d'excellentes actrices, mais c'est insignifiant. je me suis demandé à la fin ce qui m'en resterait dans 3 semaines. Il y a l'avocate qui méprise vaguement son client ; la mère de famille qui veut absolument obtenir le tas de grès du voisin et une indienne qui bosse seule dans un haras qui fait une finette sur une insipide prof qui ne la remarque même pas. Solitude, indifférence... C'est aussi un peu tout ça qu'on ressent devant ce film qui semble vouloir être à tout prix le contrepoint des films de bonhommes avec action, violence etc... Ici, c'est très beau, il ne se passe rien de spectaculaire mais le tout dégage un sentiment d'inutilité soporifique assez rare.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 avril 2018
Sans emphase et à travers la mise en images de trois tranches de vie, Kelly Reichardt brosse le portrait intime et sentimental de trois femmes. Sans psychologie explicative, les dialogues laissant volontiers la place au langage des regards et des corps, Certaines femmes forme une triple variation sur la solitude et les souffrances qui l’accompagnent. Avec ce film élégiaque, la réalisatrice américaine confirme ses aptitudes de portraitiste-paysagiste. Plus de détails sur notre blog ciné :
Allo Ciné
Allo Ciné

31 abonnés 10 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 mai 2021
Certaines femmes n'est pas en soi un mauvais film. Il traite en effet d'une manière intéressante l'ennui et la solitude des gens, dans des paysages quasiment lunaires. Le film donne donc un point de vue assez unique sur l'Amérique profonde, allant à l'encontre de la plupart des clichés que l'ont reçoit. Cependant, il entre un peu trop dans son propre jeu, à filmer le vide, ce qui le rend certaines fois ennuyant et quasiment inintéressant. Ce concept de destins entremêlés assez sympathique mais maintes fois utilisé au cinéma, ouvre ici la voie à des opportunités malheureusement jamais exploitées. C'est donc un bilan assez mitigé, avec de belles idées mais pas toujours bien transcrites à l'écran. On note cependant des actrices qui entrent bien dans leur rôle rendant le film plus attrayant.
mondidi
mondidi

2 abonnés 57 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 janvier 2018
Ce film est une merveille absolue, venez découvrir des moments de la vie de 4 femmes dans le décor somptueux du Montana et vous en ressortirez meilleur. On pense évidement aux nouvelles de Raymond Carver. Plein de moments chargés d'émotion pure. Le cinéma américain n'est pas mort, il y a un cinéma indépendant qui nous pond de tel film, ainsi que "The ghost story" ou "florida project" sortie récemment qui nous on régalés
Emma Schell
Emma Schell

11 abonnés 107 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mars 2017
Film aussi mystérieux qu'énigmatique...

Et pourtant pas si désagréable à suivre, mais qui m'aura laissée tout de même bien circonspect au moment du générique final.

Qu'ai je observé ?

4 -fines- tranches de vie de femmes -vaillantes- dans le Montana (sans lien les unes avec les autres)/
Pas de rythme/
Une impression d'atmosphère glaciale -au sens propre comme au figuré-/
Pas ou peu de musique de fond -pour faire la part belle aux bruits extérieurs ?/.
Qu'en ai je conclu ? après moultes réflexions et résumé de manière un peu simpliste :

Qu'une femme, si elle veut s'émanciper ou être indépendante, doit "ferrailler" deux fois plus qu'un homme pour arriver à ses fins.
Mais ça, c'était avant de lire toutes les critiques "presse" dithyrambiques et découvrir les nombreux prix que ce film avait récolté :

"Formidable Western Moderne" - Et moi qui pensais -naïvement- que les westerns étaient réservés aux seuls indiens et cow-boys ;-)/
"Film Métaphysique" : film dont la force du propos est sans limite - Je note/
"Film actif sur des femmes qui conduisent leur vie et travaillent dans un décor de plaine immense drapée de neige" - c'est bien ce que je disais ! - /
"Film sur le délitement intérieur" - ah ouais ?!?/
"Film métaphorique" - vu sous cet angle, pourquoi pas..../
Forte de ces différentes lectures, je vois le film différemment maintenant et aurais -presque- envie de le revoir...-.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 12 avril 2017
Le cinéma de Reichardt est un art reposé, calme, un art qui invite à s'envoler. Plus que l'effet immédiat, la réalisatrice arrive à faire fleurir ses films à l'intérieur de le spectateur, grandissant les heures suivantes, les jours suivants. Night moves pourrait être considéré son film le plus trépidant, trois activistes écolos qui commissent une très grave erreur. Le grand silence tout au long de l'oeuvre faisait d'une absence de dialogues une représentation vraisemblable des remords des personnages, traversant l'écran pour devenir une angoisse insoutenable par le public.

Retournant à son début, Old joy cache derrière un manque d'action un malaise évident entre les deux personnages masculins, des amis éloignés par le temps dont leurs affaires en suspens ressortent inévitablement. Le merveilleux La dernière piste, une promenade sous le soleil et la lune, n'était qu'une excuse pour mettre dans le moment clé du film une courageuse femme dans la prise d'une décision vitale. Reichardt a fait d'une expression arythmique et tranquille son signe distinctif le plus reconnaissable, devenant quasiment sûr la réalisatrice actuelle la plus intéressante.

Certaines femmes sont trois histoires indépendantes qui se déroulent dans le vaste Montana. Chaque épisode est conduit par une femme qui souffre les abus d'une société machiste: une avocate n'est pas prise au sérieux par son client et elle se voit obligée à mettre sa vie en risque. Conséquence d'être considérée la présence la plus aimable par la police. Sa tache, négocier avec un homme violent. On trouve une des scènes le plus violents de la filmographie de Reichardt dans ce film. Celle où le sergent lui montre en souriant la porte du bâtiment où elle doit aller calmer le criminel. Ici, la réalisatrice dénonce en toute lucidité l'injustice et le mal qui se cachent dans des gestes quotidiens qui attaquent les femmes, consciemment ou pas.

Ensuite, dans le deuxième chapitre, Michelle Williams passe pour une femme capricieuse et déconsidérée aux yeux d'un voisin proche à cause d'un approche négligent de son mari. Dans la dernière histoire, Kirsten Stewart enchaine un mauvais choix après un autre, tout pour échapper de la place que la société garde pour une femme de sa condition sociale. Mais rien ne se compare au personnage de Lilly Gladstone. Une femme marginalisé, habituée au rejet et à la solitude en tant que femme, pauvre et indienne.

Le schéma suivi par les trois segments est si atypique comme fascinant. Le prémier se déroule en ville, avec la femme face au public. La deuxième en banlieue, avec une femme face à son entourage. Puis le troisième part dans un village à quatre heures de route pour nous montrer la femme face à une autre femme. On dirait que selon Reichardt s'éloigne de la ville vers les hameaux cachés entre les montagnes enneigées on pourra toujours trouver une femme méprisée, la dernière par une déception amoureuse.

Mais la réalisatrice ne reste seulement sur le fond social de son texte ou le montage du film. Dans tous ses films les paysages du midwest américain nous bouleversent, ces endroits qu'elle enregistre: le bruit des ruisseaux dans Old joy, le désert dans La dernière piste, les bois de Night moves... ces cadres par lesquelles sa chienne Lucy, récemment décédée, star de Wendy et Lucy et Old joy, se promenait. C'est à ce chien que Reichardt dédie son film. Dans Certaines femmes, la chaleur humaine de trois histoires si intimes nous protège du froids de ses paysages si époustouflants. Là où les chevaux trottent entre les roches et la neige qui aveugle le spectateur. Là ou la nuit nous permet de voir les flocons de neige qui caressent l'asphalte.

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Encore plus de fautes et d'erreurs sur le lien ci-dessous
Serge_la
Serge_la

11 abonnés 815 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 juin 2018
Des femmes indépendantes comme ça, il y en a à la pelle au Canada, surtout au Canada français. Les femmes dépendantes sont rares. Voyez les films canadiens-français. Alors ce film est devenu très plate après le premier segment avec Laura Dern. Et je lui ai donné une étoile de plus à cause du jeu de qualité.
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