Un film qui met le temps à déployer ses personnages dans l'entre-soi d'une famille qui ne communique que par la contrainte des événements, reflétant belle et bien l'hypocrisie de la petite bourgeoisie de province, masquant les problèmes dans la mesure du possible, l'art du paraître. Haneke reste dans cette récurrence thématique de la brutalité ordinaire, par des non-dits, des allusions, en laissant même la place au voyeurisme des écrans interposés où viennent se glisser des images et des mots parfois trop abruptes pour être confiés à la caméra du metteur en scène. D'ailleurs je trouve qu'il y a une idée de passation dans la réalisation de la part de Haneke, ou du moins une tentative, comme pour intercaler des prises de vue "réelles" histoire d'encore plus faire entrer la violence brute des images et du sous-texte, le début et la fin parlent d'eux-mêmes. Entre temps le film dépeint l'intime des relations par des dialogues sans concession, comme on connait la patte de Haneke, il y a souvent un doux malaise qui s'installe, sans jamais être explicite, ou de profonds sentiments enfouis comme lors de l'échange superbe entre Trintignant et la jeune fille lorsqu'il lui explique que la mort n'est pas une simple représentation, toujours cette logique de transparence des écrans. Avec du recul le film a tendance à se suffire de sa posture d'auteur, un peu dans une certaine insistance parfois, mais je le trouve tout de même assez ingénieux et puissant dans sa dernière partie.
Ce film est d'un ennui du début à la fin, aucun scénario, des acteurs sans conviction, Hupert égale à elle-même , ennuyeuse à souhait, bfref ! un gros nanar ! on se demande comment des acteurs aient pu accepter d'y figurer ?
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1,5
Publiée le 21 mai 2020
Cette critique fèroce de la grande bourgeoisie dèçoit! Venant de Michael Haneke qui n'aime pas trop l'humanitè et encore moins la bourgeoisie, c'est quand même pas si courant! Le moins que l'on puisse dire c'est que sa vision de la famille a quelque chose d'ennuyeux et de dèsespèrè malgrè le renfort de Isabelle Huppert et Jean-Louis Trintignant! C'est à ce dernier que l'on doit les meilleurs scènes du film! Ce grand-père touchant, jamais loin de l'homme que l'on connaît, dans la douleur et la gravitè! On pourrait s'attacher à la forme, avec cette violence sourde, cette manière de regarder le monde, implacable et sans sentimentalisme! Mais le constat est sans appel. "Happy End" est bel et bien une oeuvre mineure du grand Haneke même si son cinèma est toujours particulier et très inattendu! C'est vain et peu passionnant avec un Mathieu Kassovitz ègarè en pleine farce familiale...
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2,5
Publiée le 5 février 2018
Avec "Happy End", Michael Haneke est fidèle à lui-même ce qui n'est pas une surprise, il ne va pas changer maintenant... Il dresse le portrait d'une famille aisée et met au centre de l'intrigue les rapports intergénérationnels compliqués entre les membres de cette famille. En plus de toutes ces relations difficiles, ils ont chacun une petite histoire qui va avoir un impact sur eux-mêmes ou sur les autres. Ce drame familial est raconté de façon cynique, mais aussi très froide. Ce portrait d'une famille bourgeoise m'a laissé indifférent. Il pouvait arriver n'importe quoi à ces gens que cela ne m'aurait fait ni chaud ni froid tant les personnages sont peu attachants et tant l'ensemble est dénué d'émotion. C'est bien mis en scène et bien incarné, mais c'est très peu intéressant et trop superficiel. Le film se laisse néanmoins regarder.
Tellement habitué à être encensé de toutes parts, Michael Haneke a dû finir par penser qu'il pourrait se moquer en tout impunité du spectateur, que personne ne le remarquerait ou que l'on trouverait à « Happy End » des qualités n'existant pas uniquement parce que c'est lui, le grand réalisateur autrichien, qui l'a mis en scène. Pas de chance, cela s'est vu, et pas qu'un peu : repartir bredouille du Festival de Cannes dont il est l'une des idoles absolues, c'est limite la honte. Même le minimum syndical que l'on pouvait attendre n'y est pas : certes, celui-ci sait filmer, c'est visuellement plus probant que la moyenne, toujours prompt à la critique concernant les nouvelles technologies et leurs dérives, chez les jeunes comme les adultes. Ses thèmes de prédilection sont là : famille, grande bourgeoisie, relations sado-maso, regard peu aimable sur ses congénères... Secondé par une troupe d'acteurs forçant légèrement la désincarnation mais néanmoins solide (au vu des noms, le contraire serait regrettable!), les bases sont là, encore fallait-il se donner la peine d'en faire quelque chose. C'est simple : il n'y a pas de scénario. Juste une galerie de personnages moyennement intéressants (dont certains à tendance suicidaire), que l'on suit sans enthousiasme dans leur quotidien tout aussi peu captivant, sur fond de travaux publics à gérer, de tromperie, d'émancipation difficile... Qu'a voulu raconter Haneke ? Sincèrement, je me demande s'il le sait lui-même. Sans être assommant, on s'ennuie un peu, nous demandant constamment où celui-ci veut en venir, quel est le but de sa démonstration. Encore assumerait-il pleinement une critique féroce de la bourgeoisie, mais même pas : certes, tous ces gens ne sont pas vraiment sympathiques, mais ils sont surtout tièdes, semblant plus ou faire de leur mieux dans leur logique de privilégiés. Cela aurait pu être intéressant : donner, justement, un regard plus nuancé à cette « haute » que l'on aime tant détester, mais comme le récit n'a rien à raconter, leurs actions restent vides, ne nous impliquant jamais dans cette « vie de château » souvent isolée du monde. Reste cette scène entre spoiler: Jean-Louis Trintignant et Fantine Harduin : elle aurait pu être meilleure, provoquer un malaise plus grand, mais a au moins le mérite d'exprimer quelque chose, de créer une tension, un lien entre deux personnages pas si différents . Peu, trop pour espérer une réelle indulgence, même si je ne ressens finalement ni colère, ni frustration : juste l'impression d'un cinéaste arrivé au bout de son processus créatif et n'ayant plus grand-chose à raconter. J'espère me tromper, mais si Haneke venait à quitter la scène sur ce « Happy end », nul doute qu'il n'en serait clairement pas un pour lui...
Autopsie d’une famille bourgeoise en pleine névrose, un film dans le plus pur style Haneke qui tourne un peu en rond et finalement trop inégal pour susciter plus que de la curiosité. Mention spéciale à Jean-Louis Trintignant, toujours impeccable.
Haneke rate son coup avec ce drame soporifique. Une famille bourgeoise du nord perd ses repères. Pourquoi ? rien n'est clair, mais le réalisateur autrichien donne quelques pistes. Hélas, il ne convainc guère: son film est une pâle mise à jour de son "Septième continent", portrait glaçant d'une famille autrichienne qui implose jusqu'à la mort. Il n'a pas grand chose à dire ni à faire jouer à ses acteurs, très bons au demeurant. On s'ennuie ferme devant cette dissertation étrangement vide. Venant d'un tel réalisateur c'est une surprise bien froide.
Happy End; la fin, Jean-Louis Trintignant va jouer jusqu'à la fin; en interpretant des rôles en chaise roulante. Je ne supporte pas ces artistes qui terminent leurs carrières en jouant des résidents de pensions de vieillesse. Et pour exprimer la froideur au cinéma, il suffit d'engager Isabelle Humpert. Après il y a pas mal de discutions à en plus finir. Il y a aussi des réunions familiales à en plus finir. C'est longuet et fatiguant. Pis ca mène nul part.
Ce film d'Haneke met en scène I. Huppert, M. Kassovitz et J. L Trintignant pour ne citer qu'eux 3. I. Huppert est parfaite en chef de famille ultra-fortunée de la ville et région de Calais. J. L. Trintignant, lui aussi par son charisme est très bien dans son rôle de vieux patriarche. Autour d'eux vont se dérouler des scènes que je qualifierais de la vie quotidienne. Malheureusement pour moi, il n'y a que peu de structure dans le film et on se sent un peu perdu des fois. Le début est d'ailleurs très déroutant, avec sa prise de vue type smartphone. Pareil pour la fin, elle nous surprend bien qu'elle soit plus "adaptée et en phase" que le début. Au milieu on évolue dans une petite guerre de famille ou chacun se protège et a ses secrets. Intéressant.
Des longueurs certes,mais la description des relations familiales est pleine de finesse.Les acteurs sont étonnants de justesse,pas un geste ,pas une parole de trop et l'introduction de sécances filmées par un téléphone ou présentées sous forme de courriel sont très intéressantes bien qu'un peu maladroites.