Happy End
Note moyenne
2,4
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100 critiques spectateurs

5
7 critiques
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19 critiques
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nadège P.
nadège P.

149 abonnés 538 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 octobre 2017
Je trouve que ce réalisateur fait toujours d'excellents films dramatiques.
Celui-ci c'est encore le cas.
Le scénario est solide, bien écrit et les acteurs sont parfaits.
C'est une histoire de famille avec tout ce que cela comporte : souffrance, égoîsme, faux semblants, mensonges...
J'ai été captivée et j'ai aimé.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juillet 2024
Il s'agit toujours d'un style sans concession, à la mise en scène très méticuleuse et clinique avec un fond philo-psychologique pour ne pas dire ethnologique... Sa critique acerbe de la bourgeoisie mortifère fait son effet, dans une mise en scène qui l'est tout autant on suit une famille inintéressante au possible, sans vie, sans envie, digne effectivement d'un besoin de suicide ! Quelques séquences valent pourtant le détour mais ça reste insignifiant quand Haneke râte ainsi sa cible. Malheureusement, cette fois le cinéaste allemand ne parvient pas à raconter quelque chose, sans âme et sans émotion, finalement son film est raccord avec cette famille.
Site : Selenie
Claudine G
Claudine G

229 abonnés 518 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 6 octobre 2017
Au départ, un éboulement de chantier peut donner suite à un intérêt certain, on imagine très bien la colère des ouvriers, la responsabilité de la direction, voire un procès. Que nenni !! L'action de ce film qui vient d'images d'un portable d'une fillette de 13 ans, mal dans sa peau et qui se sent mal aimée, obligée de vivre chez son père, à la suite de la disparition de sa mère, va nous faire découvrir la suite. Des plans sans fin sur des visages vides d'expression, d'une longueur infinie, un scénario d'une banalité affligeante, les adjectifs me manquent pour combler le vide qui était en moi lors de la séance. Il n'y a qu'à la fin où un sursaut d'intérêt m'est apparu. Comment une actrice de renom comme I. Huppert a t-elle pu accepter de jouer dans ce film qui est, je suis désolée de cette expression, un pur navet ?
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 octobre 2017
Une famille bourgeoise installée à Calais ignore les problèmes du monde actuel, trop concentrée sur ses soucis : une entreprise qui doit être gérée, une ex-femme dans le coma, un grand-père qui veut se suicider, un père qui vit une aventure sexuelle osée avec une maîtresse... Dans l'idée, c'est assez classique mais avec un cinéaste comme Michael Haneke aux commandes, c'est plus original : on se mange donc divers plans-séquences très longs qui ne montrent pas grand-chose, le regard est froid et toujours aussi misanthrope. Seulement voilà, on a connu Haneke plus acerbe. Ici, le cinéaste nous ressert un plat qu'il nous a déjà livré plusieurs fois. Sorte de best-of de ses films précédents (avec relations sexuelles perverses, envies de suicide, réflexion sur l'image), "Happy End" apparaît comme trop sage, presque trop guindé dans la filmographie du cinéaste. Si c'est long et parfois éprouvant, ce n'est pas mauvais pour autant. Le casting est évidemment impeccable et les thématiques sont intéressantes. "Happy End" semble cependant n'effleurer que la force de son sujet et verse dans quelques facilités venant parasiter un film que l'on aurait voulu plus irrévérencieux. Reste alors la justesse de la jeune Fantine Harduin et tout le charisme monstre de Jean-Louis Trintignant pour donner vie à quelques belles séquences dont une en particulier qui fait naître l'émotion et qui fait basculer le film vers quelque chose de tout à fait particulier jusqu'à la fin, assez réussie.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 5 octobre 2017
Le film nous montre le linge salle d'un famille bourgeoise de Calais. Celle-ci, qui pourrait paraître une proposition attirante, n'est pas du tout réussite. Chaque personnage est décrit d'une façon superficielle. Pendant deux heures on saute d'un membre de la famille à l'autre sans que le récit se développe. En plus, les soit-disant honteux secrets sont traités avec une supériorité morale qui provoque que le spectateur prenne distance du film. On retrouve des sujets abordés par Haneke auparavant avec plus de courage: le suicide dans Le septième continent, les fantasmes dans La pianiste... Même pas la crise des réfugiés, qui semblait le noyau du film, est représentée. Un seule scène vers la fin fait les immigrés entrer sur scène comme simple anecdote, pas un seule soupçon d'engagement ou implication de la part de l'autrichien. On parle du Calais actuel mais le film pourrait se passer dans une autre époque et n'importe où.

Le film le plus aseptisé de sa carrière, sans aucun doute. On ne retrouve plus l'homme qui nous torturait avec ses scènes de tension: Funny games et son plan fixe de quinze minutes, le mur taché de sang dans Caché, la fin de La pianiste, le fusil de Le temps du loup, la catastrophe qu'on voit arriver dans 71 fragments... la camarade de classe de Benny's video, les gifles à Susanne Lothar dans Le ruban blanc, même le monologue de la colonie de vacances dans Amour - évoqué sans pudeur dans ce nouveau film. Aucun des talents qui ont fait de Haneke un maître à suivre par des nouveau cinéastes comme Lanthimos font apparition ici. On regrette l'absence de son célèbre analyse de la violence, soigneusement filmée pour la montrer d'une façon crue et réaliste. Le fond du film ni fait aucun sens, ni a aucun intérêt.

C'est sur que les aptitudes de Haneke vont au-delà des différentes représentations de la violence. La signature de ses films les plus loués sera toujours la rupture avec les codes narratives grâce aux techniques visuelles: Funny games brisait le quatrième mur pour ironiser sur les schémas du cinéma commercial. Aussi, Caché jouait avec les plans pour qu'on se demande si on était des simples spectateurs ou si on faisait partie de la scène. Happy end, par contre, nous montre des messages sur Facebook de fort contenu sexuel: le secret qui met en évidence la double vie d'un homme respecté. Une nouveauté dans les séries HBO d'il y a quinze ans, peut-être, mais aujourd'hui ceci n'est qu'un cliché trop usé. En plus, ces scènes deviennent ridicules si on s'en souvient de l'introduction des réseaux sociaux que Jaime Rosales faisait dans La belle jeunesse: les nouvelles technologies comme évasion et moyen d'expression pour toute une génération des nouveaux prolétaires écrasés par le système. On n'est plus surpris de savoir que Haneke ait abandonné son projet Flashmob vu un portrait si pauvre de la communication numérique.

Je crains le pire en ce qui concerne l'art du réalisateur. J'ai peur que son irrévérence et sa rébellion des années 90 s'aient dissoutes à jamais pour nous laisser un réalisateur conformiste.

/////////////////// Encore plus de fautes et d'erreurs sur hommecinema.blogspot.fr
angelo F.
angelo F.

59 abonnés 129 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 octobre 2017
Ce que j'aime bien avec ce bon réalisateur, c'est que je suis sûr de voir un bon film.
J'ai vu presque tous ses films et je trouve que dans le genre dramatique, c'est le moins sombre et le plus léger en quelque sorte.
Alors oui ce film montre de la souffrance sous les apparences mais les autres films de ce réalisateur étaient encore plus tragiques.
En tout cas, si on aime les films bien construits, maîtrisés et fluides, c'est un plaisir.
axelle J.
axelle J.

129 abonnés 501 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 octobre 2017
Voici un drame familial dans la bourgeoisie.
C'est noir, cinglant, humain, très juste.
C'est une histoire maîtrisée, haut de gamme et assez bouleversante.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 octobre 2017
un film-somme du maître autrichien, réunissant toutes les obsessions du cinéaste et offrant une nouvelle partition à la grande Isabelle Huppert. Un chef-d’œuvre à la mise en scène saisissante.
colombe P.
colombe P.

144 abonnés 695 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 octobre 2017
C'est un film sombre, noir, dramatique.
Après avoir causé la mort de sa mère dépressive par surdose d’anxiolytique, une pré-adolescente débarque chez son père qui est chirurgien.
spoiler: Ce père est à nouveau en couple avec une jeune femme, ils ont un bébé mais il est infidèle, il a une liaison avec une musicienne (on voit d'ailleurs plusieurs échanges de mails entre eux). Dans la demeure familiale à Calais, il y a également le grand père de la pré-adolescente qui va essayer de se suicider, sa tante chef d'entreprise en plein tracas professionnels, le fils de sa tante (donc son cousin) qui travaille dans l'entreprise familiale et qui boit et est dépressif et aussi un couple de domestique.

On est dans le milieu très riche, bourgeois.
Tout le monde est en souffrance, chacun pour diverses raisons.
Le film est de grande qualité et c'est très intéressant.
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 4 octobre 2017
Désolé… Franchement, pour tous ceux qui me lisent régulièrement, je suis vraiment désolé… Troisième purge que je me bouffe en une semaine. Je vous jure que je ne fais pas exprès. Je ne suis pas en train de virer maso. C’était juste une sortie avec un pote et il a choisi le film… Il n’avais pas vu « Amour » ; il ne savait pas ce qui l’attendait le pauvre… Ainsi donc ai-je donc subi cette nouvelle œuvre signée Michael Haneke et, faute de plaisir, au moins en ai-je tiré un enseignement. On a coutume de dire en sciences que c’est au regard des répétitions qu’on peut juger de la pertinence d’un modèle théorique. Eh bien là, en enchaînant cet « Happy End » à la suite de son précédent « Amour », j’ai désormais suffisamment d’éléments en main pour confirmer aujourd’hui ce que je soupçonnais déjà hier. Ce que j’ai donc appris en voyant ce film, c’est à quel point Michael Haneke est devenu une caricature outrancière d’un type de cinéma qui est lui-même outrancier… Deux minutes de plan fixe à filmer une gamine ranger ses affaires, fermer la fenêtre et dire « ça y est je suis prête ». Une minute d’un autre plan fixe à regarder des gens commander des Cornetto’s à la plage. Trente secondes d’images immobiles à écouter un gars aller pisser et tirer la chasse d’eau en hors-champ. Trente autres secondes à regarder la soubrette fermer la porte au milieu d’un repas où tout le monde attend bien trois secondes entre chaque prise de parole… Ce temps, il sert à quoi ? Il apporte quoi ? Parce que c’est vraiment tout le concept du film : trois-quarts du temps utilisé dans ce film se résume à cet usage là : faire durer ces choses qu’on coupe pourtant traditionnellement au montage… Pourquoi le faire donc ? le fait-il parce que ça génère un espace sensoriel particulier ? Bien sûr que non. C’est fait justement parce que ça ne se fait pas. C’est fait parce que ça désincarne et ça aseptise tout. C’est fait parce que ça rend le film aride. Masochisme ? Non. Elitisme… Elitisme, parce que oui, pour ceux qui ne seraient pas (encore) convaincus que la culture sert parfois d’outil de ségrégation sociale pour la « classe dominante », je vous conseille fortement d’aller voir « Happy End » afin de parfaire vos convictions. (…Et oui, désolé : j’ai osé parler de « classe dominante » : ça doit être une réaction à mon récent visionnage du « Jeune Karl Marx »… Mea culpa !) L’aridité : le meilleur moyen pour faire fuir le bas peuple des salles. L’aridité, c’est l’outil ultime pour assurer l’entre-soi social. En cela, la seule bande-annonce a su à elle toute seule fournir son lot de garanties. Phrases vides de sens, tons inexpressifs, plans fixes apathiques : un must du genre. D’ailleurs, à bien chercher un propos dans ce film, il pourrait être celui-ci : le bas-peuple, au fond, c’est méprisable. La vitesse, le rythme, le montage, la musique : tout cela ce sont des artifices qui ne sont bons que pour les jeunes Youtubeurs qui n’ont rien à dire si ce n’est parler d’eux-mêmes de manière superficielle. La vitesse c’est le m’as-tu-vu. Internet ce sont les échanges grossiers où on ne sait plus faire de poésie… Alors qu’en face, il y a le vrai monde. En face il y a l’élite. Cette élite qui sait prendre le temps ; cette élite qui vit dans l’exposition longue ; cette élite qui traduit son raffinement par son articulation lente des mots, par ses silences de trois secondes entre chaque phrase… Le « chic so chic », c’est de savoir rester bourgeois – même à Calais – et de jouir de son confort et de ses laquais arabes comme au bon vieux temps de la noblesse d’Empire et des colonies. Parce que oui, avec « Happy End », on en est à ce niveau de caricature là. C’est tellement grossier et insistant que ç’en est juste… affligeant. Et dire que lors de la promo de ce film, Haneke a osé dire : « je laisse les clichés aux autres… » Mais pauvre garçon… Dire cela, c’est vraiment voir la paille dans l’œil des voisins et ne pas voir le séquoia qu’on a dans le sien. Parce qu’en termes de clichés de cinéma bobo-parisiano-élitiste, là on atteint des sommets. Pousser à ce point le curseur de l’aridité, persuadé qu’ainsi on se raccrochera au sommet de la culture d’élite, non seulement ça touche à l’absurde, mais en plus ça témoigne d’un mépris hallucinant pour les gens, pour le cinéma, et même pour la culture en général… Mais bon, le pire dans tout cela, c’est que je ne dis même pas ça sur un ton agacé ou colérique. Non, je suis juste consterné de constater jusqu’à quel niveau de médiocrité est tombé cet auteur qui – pourtant jadis – avait su réaliser « Benny’s Video ». C’est triste franchement, même si au fond j’avoue que ça ne m’en tirerait même pas une larme de crocodile… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 octobre 2017
Le réalisateur M. Haneke est fidèle à son style.
Quand on connaît ses films, son style, on sait en gros à quoi s'attendre en allant voir ce qu'il réalise.
Ce sont toujours des très bons films bien réalisés, bien interprétés, chics, sobres et évidemment toujours dramatiques.
Voilà à nouveau une histoire dramatique dans une famille bourgeoise à Calais.
Tous les protagonistes, de la jeune ado de 12 ans au vieux patriarche de 90 ans, sont très justes, bref tout le monde est bien croqué.
Il faut savoir que c'est un film lent, tout en psychologie.
Malgré le côté dramatique de l'histoire, j'ai passé un très bon moment devant ce très bon cinéma.
L'Info Tout Court

464 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2017
Ce long-métrage d’Haneke se révèle assez drôle si on apprécie l’humour (très) noir. Porté par un casting somptueux (Huppert, Kassovitz et Trintignant) et une direction d’acteurs à faire pâlir un maître en la matière comme Robert Altman, le cinéaste trouve le ton juste à tous les niveaux, montrant une nouvelle fois qu’il est l’un des plus grands cinéastes vivants.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 4 octobre 2017
Peut-on imaginer filmographie plus sinistre, plus glauque et, en fin de compte, plus insignifiante que celle de Michael Haneke ? Pour qui ce cinéaste prend-il les spectateurs ? Une scène du tout début de ce nouveau film me paraît symptomatique. On y voit, filmé sur un écran de smartphone, un cochon d’Inde, le film étant accompagné de commentaires écrits qui nous apprennent que son auteur a mélangé une bonne dose de médicaments dérobés à sa mère à la nourriture de l’animal. Résultat : celui-ci finit par se figer dans une raideur qui semble fatale. La suite de l’histoire nous apprend que ce n’est pas seulement aux animaux que l’auteur de la vidéo fait absorber des médicaments. Quoi qu’il en soit, cela révèle le projet que poursuit absurdement, de film en film, un cinéaste qui ne tourne pas pour son plaisir ni pour transmettre quoi que ce soit, mais plutôt pour tester les spectateurs qui ne sont, à ses yeux, pas davantage que des cobayes devant ingurgiter des doses de morbidité, d’inanité et de dépravation afin d’analyser leurs réactions !
Misérables spectateurs que nous sommes, que nous a donc concocté cette fois-ci le terrible docteur Haneke ? Rassurons-nous, son petit ballet de personnages frustrés n’a rien de ragoûtant et l’on aura tôt fait de n’y plus songer ! Que nous importe ces pantins aux instincts à la fois suicidaires et meurtriers dont l’un se complaît à échanger des propos salaces avec sa maîtresse sur Facebook et l’autre reconnaît qu’il a étouffé son épouse malade (comme dans le sinistre « Amour » de 2012) ! Tous ces personnages ne sont que vacuité, ils nous indiffèrent, ils ne sont que prétextes à essayer de sauver les apparences. La seule vraie tentative de donner un peu de caractère au film arrive tout à la fin, quand surgissent, au cours d’un repas de fête, quelques migrants qui semblent aussi incongrus qu’un chien dans un jeu de quilles. Or cette scène, comme par hasard, tourne court, Haneke ne sachant que faire de ces intrus ! C’est bien la preuve, si besoin est, que ce cinéaste n’a rien à nous dire, ses films n’ayant d’autre raison d’être que de lui permettre d’exorciser ses pitoyables démons ! 1/10
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2017
Happy End a été fraîchement accueilli à Cannes. Haneke ne peut tout de même pas remporter une Palme d'Or à chaque fois qu'il concourt. Le film a tout pour déplaire à ceux qui n'aiment pas habituellement son cinéma puisqu'il en est une sorte de condensé, un Best of ou Worst of, c'est selon les goûts. A la façon d'un rongeur, et derrières des images douces et calmes, Haneke instille son venin (son cynisme diront certains) dès le début de Happy End dans une radiographie sombre d'une famille de grands bourgeois de Calais. Ce sont soit des monstres, soit des désabusés voire des suicidaires (les trois, c'est possible aussi), de la plus jeune (Fantine Harduin, une révélation) au plus âgé (Trintignant, impeccable). Une belle galerie de perturbés que fidèle à son habitude le cinéaste autrichien dissèque froidement, cliniquement, en lâchant quelques ricanements sardoniques, de temps à autre. Un humour dont on chercherait vainement un qualificatif pour le caractériser, au-delà de noir. Ce portrait de groupe avec failles est vaguement déplaisant par le plaisir évident qui est pris par Haneke à traquer la part animale de chacun des humains qu'il met en scène. C'est un éternel recommencement pour un réalisateur qui se recycle en permanence même si certains n'y verront que redite. Dans ce grand bal de l'hypocrisie, l'habituée Isabelle Huppert excelle et le nouveau Mathieu Kassovitz semble comme un poisson dans l'eau trouble. La violence, longtemps souterraine, se montre davantage dans les dernières scènes, elle n'en reste pas moins comme tamisée comme par une sorte de politesse assassine. On peut ne pas aimer du tout mais il faut reconnaître au cinéaste une maîtrise absolue dans cette façon d'enfoncer un clou sans relâche jusqu'à la saturation (et la libération ?). Cruel, même avec anesthésie !
Gko
Gko

36 abonnés 64 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2017
Une comédie accablante pour notre plus grand plaisir. La communicabilité et le désespoir comme ressorts comiques. Des plans fixes subtils, des cadrages remarquables. Des plans séquences de haute volée, et une direction d'acteurs impec. Et même un petit coté nouvelle vague pour le travail du son. Moi qui ne suis pas un inconditionnel de Haneke, j'ai savouré ces déboires de personnages affligeants. Superbe.
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