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Un visiteur
2,0
Publiée le 9 avril 2017
Le licenciement déguisé en démission ou autre artifice (ex : aux torts exclusifs pour refus de mobilité), est une réalité dans les entreprises. Cette réalité méritait mieux qu’un film facile au scénario médiocre, centré sur la lâcheté d’une DRH ambitieuse et sans scrupules. Pas de rôles de nature à valoriser les acteurs de premiers rangs, notamment de WILSON qui est ici en position de produits d'appel. Pour rehausser ce film au niveau d’un docu-fiction, comme la TV en réussit de plus en plus, il aurait fallu dépeindre cette entreprise : type d’activité, clause de mobilité, mode de management, actionnariat, situation socio-économique, … ; spectateur aurait alors pu admettre, pour cause de petit budget, la pauvreté de la réalisation et, entre autres, de son décor tout fait de couloirs et de mobilier de bureau. Mais il est plus facile et juteux de faire du populisme anti-patrons que d’analyser le fonctionnement d’une entreprise, ce qui aurait demandé du travail et des compétences ! Peut-être le prochain film de ce réalisateur portera t-il sur une entreprise en difficulté dont tout le personnel, dirigeant en tête, se démène pour préserver les emplois ?! Les exemples ne manquent pas.
Vu dans le cadre du festival premier plan à Angers, deux mois après je n'en ai plus énormément de souvenirs, ce qui n'est pas la preuve d'un film marquant.
La mise en scène est très classique, limite téléfilm (a gros budget certes), le sujet abordé (burnout au travail) n'est pas aussi original que l'équipe tendait à le faire croire.
Le scénario qui tend un poil vers le thriller (avec l'inspectrice du travail) sans être mauvais est assez banal, pas de surprises pour qui connaît le monde de l'entreprise ultra capitaliste.
Les acteurs sont eux aussi assez moyens.
Bref un film très moyen, qui ne marque pas, sauf si le sujet vous intéresse vraiment, autant attendre un passage TV
D'ailleurs la séance de Q/R après la séance a réservé quelques moments gênants, les acteurs ne semblant pas trop ce qu'ils faisaient dans ce film, mis à part qu'ils "avaient eu un rôle".
Pour moi le cinéma c’est avant tout la mise en scène et dans Corporate elle se résume à une succession de gros plans et à des champs contre-champs incessants. Pire qu’un téléfilm, car pour donner un peu d’originalité à son style le réalisateur filme les gens de trop prés et en mouvement. C’est laid et fatigant. Les acteurs n’y peuvent rien, ils font pour le mieux. Le scénario est particulièrement bienvenu dans le contexte actuel. On sait ici ce que l’on va voir, on reste dans nos vies quotidiennes, aucun reproche sur ce sujet ne peut être fait mais son contenu laisse vraiment à désirer. Il y avait beaucoup plus à dire et à monter quitte à atteindre 120 minutes de projection, trop de zones restent dans l’abstraction. Sur la forme, Il y a aussi beaucoup de dialogues chuchotés, ce qui se comprend dans le contexte mais ne facilite pas l’écoute. Bref, c’est vraiment un thème à revoir, Nicolas Silhol aura montré le chemin.
"Coporate" s'attaque à un fléau de notre société trop ignoré par le 7ème art, celui de la souffrance au travail. En plaçant le spectateur du côté d'une responsable des ressources humaines aux méthodes volontairement insidieuse, le réalisateur évite les écueils d'un récit du côté des victimes, sans pour autant perdre la force du propos. Céline Sallette, remarquable - comme toujours ? - dans le premier rôle est entourée de comédiennes aussi en pleine maîtrise de leur art, dont Violaine Fumeau en inspectrice du travail à la fois ferme mais humaine. Hélas, le film ne gagne jamais en intensité par la trivialité de sa mise en scène. Loin d'un style alerte et direct comme "La loi du marché", "Corporate" s'avère plat avec son langage filmique des plus pauvres. C'est dommage, car il y avait tout le potentiel de livrer une oeuvre forte, entre le thriller et le drame, sur des situations qui ne devraient même pas exister dans le monde de l'entreprise.
Vraiment réaliste saisi du debut jusqu'à la fin très bien joué . Le rapport de force au sin d une entreprise entre cadre est très instructif je vous le conseil
Voilà un premier long métrage très réussi. Une fois n’est pas coutume, la bande-annonce du film reflète parfaitement l’ambiance qu’elle décrit (même si, comme d’habitude par contre, elle en dévoile un peu trop). D’entrée, on est pris aux tripes et l’angoisse et le suspens grandissent jusqu’au dénouement. Comme le dit l’avant-propos, « les personnages sont fictifs, les méthodes de management sont réelles », cela laisse songeur et fait surtout froid dans le dos. J’ai trouvé l’ensemble terriblement réaliste (un peu trop d’écho malheureusement avec l’actualité) et je suis resté scotché au siège tout le long. C’est mené de main de maitre par Nicolas Silhol, metteur en scène et co-scénariste, avec beaucoup de maitrise pour un coup d’essai. La direction d’acteur est...
Film super à ne rater sous aucun prétexte avec une Céline extraordinaire dans ce rôle de Corporate. Merci à elle si sympa et abordable dans la "vraie vie". Merci à Nicolas de dénoncer tous ces scandales dans nos vies professionnelles, au même titre que "la fille de Brest" ! Ce courage vous honore ! Pleins d'entrées à vous et peut-être une récompense ! Encore merci beaucoup ! J'ai passé une excellente soirée grâce à vous. Catherine d'Aix en Provence Mazarin
Un film d'une force incroyable. Céline Salette est éblouissante dans son jeu et le personnage incarné. Un Film d'une actualité réelle. Un film utile pour permettre une compréhension du vécu de nombreux salariés.
je vais rassurer le réalisateur, il n'est pas sydney Lumet, loin s'en faut....Après le film a autant de qualités que de défauts, la direction d'acteur n'est pas très glamour, ni très émotionnelle, un grand dommage.....La technique elle manque d'audace je crois et de tension surement, un bon film n'est pas qu'un discours social sans un soin apporté aux travellings, (absent, à la musique (absente) à la photographie (inexistante).......Voilà pour le côté pile du film????L'autre face elle est importante par son discours social plein de réalisme et de percussion, elle est nettement plus intéressante même si l'intrigue reste toujours en retrait à cause de la technique inaboutie......il y a quelques phrases choc, de bons comédiens (Lambert Wilson avec son look de catho trop coiffé ne m'a pas convaincu en DRG).....Le mérite du film est quand même de traiter la souffrance au travail....Manque hélas l'émotion.....A vous de voir
Un film social plein de tensions sur certaines méthodes de management. Intéressant mais ni le scénario ni la réalisation ne sont assez aboutis. Une critique plus détaillée et d'autres sur
Depuis quelques temps déjà les vagues de suicides en entreprise intriguent les réalisateurs français qui y trouvent l'occasion d'apporter leur pierre à l'édifice pour tenter de comprendre un phénomène terrifiant qui accompagne un libéralisme de moins en moins contrôlé, seule réponse possible face à une concurrence mondiale féroce selon certains penseurs avisés. "Rien de personnel" (2009) de Mathias Gokalp, "De bon matin" (2011) de Jean-Marc Moutout, "La loi du marché" (2015) de Stéphane Brizé, "Jamais de la vie" (2015) de Pierre Jolivet ou plus récemment "Carole Mathieu" (2016) de Louis-Julien Petit ont déjà abordé sous d'autres formes et d'autres aspects cette déshumanisation de la vie en entreprise à la laquelle les top managements jamais en mal d'imagination répondent le plus souvent par l'installation de salles de détente ou de gymnastique et de consultations gratuites chez le psy. Nicolas Silhol a pour sa part choisi la voie du suspense inséré dans un contexte vraisemblable pour donner sa vision de ce traumatisme. A travers Emilie le personnage de la gestionnaire RH joué par la trop rare Céline Sallette, ici parfaite, on suit la réaction face au drame d'un suicide sur le lieu de travail du côté du Corporate comme l'indique le titre du film. Regard assez nouveau qui interroge sur le libre-arbitre de celle qui a été recrutée pour "faire le sale bouleau" une fois qu'elle est tenue par une rémunération qui implique une dévotion totale à celui qui vous a recruté. Ici en l'occurrence le DRH froid et calculateur joué par un Lambert Wilson dont le talent protéiforme s'affirme désormais à chaque étape d'une filmographie qui laisse assez peu de place aux concessions. Nicolas Silhol très initié aux techniques de management (son père est professeur et consultant en management) articule son suspense autour de la réaction d'Emilie qui doit confronter sa conscience à son instinct de survie. Ce que le film gagne en intensité grâce à des acteurs très inspirés et un scénario très bien articulé, il le perd malheureusement en crédibilité. Tous ceux qui ont vécu des situations semblables en entreprise savent très bien que les bons soldats ou mercenaires qui ont été choisis pour de telles missions s'appuient très largement sur les éléments de langage mis à leur disposition par les services de communication pour se trouver des éléments de réconfort et de déculpabilisation face à l'indicible. De la même manière, la réaction des cadres intermédiaires n'est pas toujours si révoltée que "Corporate" nous le montre. Mais Nicolas Silhol veut sans doute croire que la part de l'humain n'a pas encore été totalement extirpée des multinationales. Espérons qu'il a raison. L'expérience de Milgram (de 1960 à 1963 à l'Université de Yale) nous enseigne malgré tout que face à l'autorité l'homme est largement enclin à la soumission.
Ce n’est pas de gaieté de cœur que l'on va voir un film qui parle du suicide et du mal-être en entreprise. D'autant plus qu'il s'agit d’un premier long métrage, celui du jeune réalisateur Nicolas Silhol. Mais son film est porté par de très bons interprètes et son scénario s’avère percutant. Et c'est plutôt bienvenu en cette période de débats politiques portant souvent sur cette épineuse question des conditions de travail. Pourtant le film démarre bien mal, avec une séquence visuellement ignoble semblant avoir été tournée avec un smartphone. La suite se révèle très académique sur le plan de la mise en scène, mais le film a heureusement pas mal d'autres arguments à faire valoir. En effet, le récit rentre très vite dans le vif du sujet et nous épargne les détails des méthodes sordides utilisées et leurs conséquences. Le scénario, malin, se concentre sur la prise de conscience (ou non) de leurs responsabilités par les différents protagonistes. Céline Sallette est, une nouvelle fois, brillante dans un rôle pourtant pas si facile de responsable de ressources humaines qui finit par réaliser, bien tard tout de même, toute l'inhumanité de sa tâche. Du côté des seconds rôles, Lambert Wilson et Violaine Fumeau (dans le rôle d’une inspectrice du travail passionnée) sont convaincants, alors que Stéphane de Groodt tient un rôle plus accessoire. Corporate est donc un film qui vaut pour son sujet passionnant et pour sa remarquable interprète. On aimerait d’ailleurs vraiment pouvoir retrouver cette grande actrice française prochainement dans un rôle de plus grande ampleur.