Mise à Mort du Cerf Sacré
Note moyenne
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202 critiques spectateurs

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Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 270 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 novembre 2017
Après une the lobster décevant, Lanthimos revient fort avec cette fable macabre d'une radicalite surprenante. Esthétiquement, le film est une merveille avec ses grands cadres et ses longs travellings kubrickiens, sa froideur extrême sert parfaitement le propos d'un film autour de la vengeance et de la culpabilité. Les partis pris du cinéaste pourront rebuter bon nombre de spectateurs d'autant plus que les acteurs, Farell et Kidman en tête, apparaissent comme des êtres froids et dénués de sentiments. Leur prestation exceptionnelle sert parfaitement le scénario machiavélique de Lanthimos. On pourra trouver la symbolique un peu trop appuyée, le final a la Funny game un peu too much, il n'en demeure pas moins que Lanthimos est un cinéaste à suivre.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 novembre 2017
Après la claque The Lobster et le non moins étrange et dérangeant Canine, Yórgos Lánthimos remet ça. Prix du scénario à Cannes cette année cette Mise à mort du cerf sacré aurait mérité mieux. Le réalisateur grec nous offre une œuvre fascinante à la tension écrasante, aussi lente qu’hypnotique, aussi étouffante que troublante. Plus ancré dans la réalité que d’ordinaire (même si toujours empreint de fantastique), le scénario est une merveille d’écriture. Vengeance, amour, famille, culpabilité, manipulation, sacrifice, sur large palette de thèmes dont ceux de prédilection de Lánthimos. La mise en scène est toujours aussi virtuose et puissante. Le casting toujours impeccable. Après The Lobster Colin Farrell (parfait) retrouve le metteur en scène et sa partenaire du récent Les proies (aussi à Cannes). Nicole Kidman est au diapason. D’abord effacé, le rôle prend de plus en plus d’épaisseur pour finir à jeu égal avec celui de son partenaire. Le jeune Barry Keoghan (déjà vu cette année dans Dunkerque et A ceux qui nous ont offensés cette année) est une vraie révélation. Il est absolument bluffant et totalement terrifiant. Les jeunes acteurs qui incarnent les enfants sont aussi très bien. Techniquement, c’est superbe. La photo est sublime, les décors froids et la musique effrayante.
Mise à mort du cerf sacré est donc un film glaçant, angoissant, hors norme, aussi étrange et dérangeant que les autres films du réalisateur (et sans doute son meilleur), qui nous remue en profondeur et ne laissera pas indifférent (beaucoup de personnes ont quitté la salle en cours de projection). J’en suis sorti mal à l’aise, aussi perturbé que fasciné en me demandant bien ce que je venais de voir mais en étant sûr d’avoir assister à un grand moment de cinéma devant l’un des meilleurs films de l’année, si ce n’est le meilleur. Chef d’oeuvre.
Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 novembre 2017
Un ovni irrationnel et totalement immoral, j’adore ... Kidman et Farrell sont remarquables, la réalisation parfaite !
blacktide
blacktide

79 abonnés 795 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 novembre 2017
The Spaghetti Incident

Mise à mort du cerf sacré n’est pas un « film à critique » au sens objectif du terme. Car toute sa compréhension réside moins dans une rationalisation des faits que dans l’expérience subjective vécue par son spectateur: des sensations, un malaise, une paralysie… des effets non seulement corporels mais aussi psychologiques dans la mesure où chaque pas supplémentaire dans l’œuvre nous amène à nous réfugier à la fois dans une distanciation inconsciente et une pénétration cérébrale. Une œuvre nécessitant au final une certaine habileté d’esprit pour en distinguer toutes les facettes, toutes les subtilités et en apprécier intégralement le ton et les partis pris de son réalisateur.

Car, en élevant le malsain et le surréalisme au rang de religion, Lánthimos ose la confrontation entre l’immoralité et l’absurde, une sorte d’harmonie paradoxale où l’on contrebalancerait l’insoutenable cruauté par une singulière dérision. Une œuvre comparable en somme à une recette de Spaghetti mystère où Haneke se chargerait de la cuisson des pâtes (lourdement assaisonnées au Funny Games) et Kubrick de la bolognaise, pendant que le diabolique Lánthimos s’amuse à pimenter le plat avec son homard farci à la perversion. Et dire que Mise à mort du cerf sacré est un film marquant en serait presque un euphémisme.

Une sorte de claque chirurgicale (déjà amorcée en quelque sorte avec Alps) où le cœur intensément allégorique ne serait qu’un organe palpitant au rythme de la subversion. De quoi avoir le temps de faire de multiples infarctus, sans compter sur le défibrillateur que Lánthimos agiterait de manière aussi sadique qu’ordonnée. A l’image de cette ouverture sur une opération à cœur ouvert, comme un moyen de nous montrer que nous sommes (à l’instar de ses personnages) à la merci du bon vouloir du réalisateur: des pantins dont le sort tiendrait à une incision parfaitement exécutée (ou non). Un procédé qui ne serait que le reflet de ses thématiques : la responsabilité médicale, le dilemme de vie ou de mort ou encore l’obsession des remords, etc. Mais c’est en ne cherchant jamais à affirmer les choses que le film parvient à instaurer ce climat nébuleux.

Comme si rien ne nous était acquis, comme pour éviter de se retrouver avec une seule et unique vérité au lieu d’être confronté à une situation qui nous dépasse. Une non-explicitation conduisant à amplifier l’inquiétude et le mystère. En ce sens, il est nécessaire et appréciable de le découvrir vierge de toute information. Et à travers cette froideur et cette radicalité, Lánthimos renoue avec l’anormalité psychologique de Canine, là où la famille tenait déjà un rôle assez troublant et angoissant. L’occasion d’élever la malaisance à un délire constamment maîtrisé et esthétisé.

Car chaque artifice formel déployé ne fait que renforcer la narration dans ces instants ambivalents où rire et embarras se conjuguent : la discussion autour des premières règles de la fille, le léchage (récurrent chez Lánthimos) si particulier des mains, le débat autour d’un lecteur MP3 ou des poils de Colin Farrel et bien sûr la fameuse scène des spaghettis. Et de ces moments imprévisibles se fissure progressivement l’apparente perfection familiale. Une sorte de parabole noire d’un monde où l’humain serait incapable de choisir, d’améliorer sa condition et même d’éprouver de la compassion, comme si l’individualisme était à la base de nos vies ; d’où la distante relation entre les personnages dans le Cinéma de Lánthimos. Une réflexion d’autant plus « moraliste » qu’elle se base sur une certaine mythologie (à l’image du mythe d’Iphigénie) tout en y appliquant une variation du dilemme du tramway. Une justice invisible, quasi-divine, transcendante amenant nécessairement au sacrifice d’Autrui pour la survivance du groupe (comme une métaphore actuelle d’une Grèce se sacrifiant pour l’Europe). Et c’est en cela que la transposition de la situation dans notre esprit apparaît aussi tortueuse pour les personnages que pour nous.

Une souffrance constamment compensée par l’étonnante dédramatisation pesant sur chaque situation. Un calme proche de l’apaisement rendant d’autant plus absurde la gravité des événements. Sensation confortée par les comédiens, absolument géniaux dans leur invraisemblable insensibilité, et notamment le dérangeant Barry Keoghan. La mise en scène, elle aussi, parvient à donner un sens lumineusement lugubre au récit, paradoxe s’appuyant sur ces cadres soignés et ces plans incroyablement mobiles (tournés à la steadicam et en courtes focales) convoquant la virtuosité de Shining: les scènes de couloirs à l’hôpital en sont de somptueux exemples, faisant de ce lieu une sorte de labyrinthe où rampent désespérément des humains en attente de leur mort.

A l'affection paralytique, Lánthimos opère l'irrationnel à mœurs ouverts. Ici, tout n’est que suffocation et intense douleur. Et pourtant, la délivrance est dans chaque plan, dont la beauté et l’hilarité en désamorcent le malaise, néanmoins toujours vivace. Et en tournant ce spaghetti familial pour contempler une balle d'absurde, il nous amène à ramper vers nos peurs les plus malsaines. Mais dans cette oppression de chaque instant, le cynisme du récit et le savoir-faire de son réalisateur transforment cette contagieuse tension en quelque chose de viscéralement magnétique. Comme une lente, consciente et imprévisible progression vers notre propre mort.

Je saigne encore…
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 novembre 2017
Après s'être révélé au grand public avec "The Lobster", certainement le film le plus original de l'année 2015, Yorgos Lanthimos a décidé de poursuivre sa collaboration avec Colin Farrell avec un film encore plus extrême et sacrément moins drôle, aux accents de tragédie grecque même s'il subsiste çà et là quelques touches d'humour très noir. Dans "Mise à mort du cerf sacré", Steven, un chirurgien spoiler: voit le fils d'un homme décédé durant une de ses opérations s'incruster peu à peu dans sa vie. Martin, ce jeune homme perturbé, va (de façon totalement mystérieuse) paralyser les jambes des deux enfants de Steven et les rendre malade, demandant à Steven de sacrifier un membre de sa famille pour qu'ils puissent être quittes.
Lanthimos filme cette descente aux enfers avec une précision chirurgicale et une froideur qui en rebutera plus d'un, mettant toute distance entre les personnages dont on ne comprend guère les décisions et le spectateur, perdu au milieu d'un spectacle assez morbide. Il y a pourtant dans le film plusieurs qualités certaines, quasi-hypnotiques (comme ces longs travellings dans ces décors très clinquants et très froids), nous plongeant complètement dedans, nous forçant à regarder le spectacle, intrigués, curieux de ce que la suite va réserver. Si l'on pourra émettre quelques réserves sur certaines longueurs, nul doute que le jusqu'au-boutisme du film est une qualité que l'on voit finalement assez rarement, le réalisateur ne ménageant pas ses personnages, complètement perdus dans une spirale de vengeance qui les dépasse, le tout avec un humour tout à fait cruel et décalé (les jeux sexuels du couple, le ton badin adopté en toute circonstance). Colin Farrell, barbe poivre et sel à l'appui, et Nicole Kidman, déjà réunis cette année dans "Les Proies" trouvent ici un duo qui fonctionne beaucoup mieux et livrent des prestations fascinantes et glaçantes (véritables prises de risque pour des acteurs de leur trempe), à l'image d'un film qui fait tout pour distiller le malaise tout en livrant un vrai moment de cinéma.
islander29

1 028 abonnés 2 664 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 novembre 2017
heureusement la technique sauve le film....Son discours est très obscur, même si l'atmosphère créée (c'est d'ailleurs intéressant) est très porteuse. voire sensationnelle, au sens étymologique. j'ai vu trois films de ce réalisateur, celui ci à mes yeux est le moins bon, la création de névroses semblent bien artificielle, mais elle est le nœud du film. hélas.....Je vais être franc, je n'ai pas accroché, les personnages n'ont pratiquement pas de psychologie et l'on se demande vraiment d'où viennent leurs malaises, leurs névroses.....Par contre la musique est très réussie, avec des moments d'une noirceur étonnante, mais je ne crois que prendre des acteurs américains pour les films grecs soit porteur d'avenir pour ce cinéma.....J'ai trouvé cela très moyen sur le fond, et je n'avais pas envie de me prendre la tête......Je ne conseille pas spécialement
selenie

7 446 abonnés 6 656 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 novembre 2017
Dans une économie de décors comme de personnages on est prisonnier d'un plan démoniaque dont on ne comprend strictement rien. Car on ne sait jamais rien sur le pourquoi du comment qui permet à Martin de mettre en place son plan. Mais si c'est un système assez envoutant on reste malheureusement frustré par un thriller qui penche vers le fantastique de façon plutôt facile puisque jamais on a les réponses aux questions aussi essentielles que nécessaires. Intéressant et prenant comme un sortilège mais à la conclusion trop illogique pour convaincre pleinement.
Site : Selenie
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 2 novembre 2017
film du réalisateur grec Yórgos Lánthimos avec à nouveau Colin Farrell, "mise à mort du cerf sacré" confronte une famille à une malédiction provoquée par une vengeance qui va devoir nécessiter un sacrifice pour y mettre un terme. Dans la mise à mort du cerf sacré, il ne faut pas s’attendre à voir un cerf à l’écran, on est dans la référence mythologique et religieuse. Lanthimos est un anticonformiste, dans sa manière de filmer avec le choix des plans (plan large, etc.), dans la bande son (l’usage de musique angoissante non raccord à l’image), des dialogues et comportement décalés et inattendus (qui parfois font sourire). Il faut apprécier ce style qui flirte avec Lynch et Kubrick. J’ai cependant beaucoup de mal avec le jeu mécanique des acteurs, la mono expression, donnant un caractère irréel à l’œuvre. J’avais le même reproche à "The lobster" que j’ai préféré avec son scénario plus élaboré.
Sebastien C.
Sebastien C.

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 novembre 2017
Passe encore qu un film ait quelques invraisemblances. Ici, à la moitié du film on annonce une intrigue complètement impossible, qui ne tient pas la route et fait juste plaisir à l imagination du scénariste. Je regrette d avoir perdu mon temps sur ce film.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 novembre 2017
Est-ce parce qu'il est ressortissant grec que Yorgos Lanthimos ne filme que des tragédies, même sous-tendues d'un humour aux confins de l'absurde qui ne prête vraiment pas à rire ? Mise à mort d'un cerf sacré (ce titre !), à lui tout seul, dépasse la noirceur cumulée de Canine, Alps et The Lobster, ce qui n'est pas peu dire. Musique dissonante, grand angle et travellings funambulesques à l'hôpital : la mise en scène est grandiose et se met en opposition à une histoire passablement glauque, dominée par une vision terrible de la nature humaine. Par la force de l'atmosphère qu'il parvient à créer, Lanthimos réussit à nous accrocher à une intrigue dont même les aspects fantastiques deviennent sinon crédibles, du moins acceptables et assimilables. Maintenant, il est certain que Mise à mort d'un cerf sacré, comme les films précédents de Lanthimos, nous tiennent en haleine parce que l'on se demande sans arrêt : jusqu'où va t-il aller ? Jusqu'à la dégradation physique et morale de ses personnages avec quelques scènes où le cinéaste n'est pas loin de franchir les limites. Evidemment, on pourrait se gausser et trouver cet étalage de lâcheté ridicule et beaucoup trop complaisant. Mais avec son art clinique et glacé, le réalisateur grec coince les rires et sarcasmes éventuels dans la gorge. Avec en sus une direction d'acteurs au cordeau, illustrée par la partition remarquable de Nicole Kidman et de ColinFarrell sans oublier le jeune comédien irlandais, Barry Keoghan, absolument sidérant.
Danny N.
Danny N.

120 abonnés 305 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 novembre 2017
Étonné que ce film primé à Cannes en mai sorte aussi tard en salles et dans si peu de salles : il m'a fallu aller ce mercredi férié à UGC Confluence séance de 11H (seul cinéma UGC à Lyon, qui l'a pris) car pas de séance pour le film ensuite le reste de la journée !!! Quand on le voit on comprend : les 2H sont très longues mais aussi très intenses et on a l'impression d'avoir à faire avec du Kubrick et Shining : l'atmosphère étrange, la musique, l’atmosphère malsaine et perverse. mais on veut absolument savoir comment ça va se terminer pour cette famille harcelée et persécutée et la fin est surprenante car on a pas toutes les réponses et surtout on aura pas l'explication .. un film étrange et puissant, Kidman dont c'est le second film de suite avec Colin Farrell sont remarquables.
Kidman est entièrement nue à un moment ! Du grand cinéma !
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 novembre 2017
Chirurgien de l’irrationnel, Yorgos Lanthimos est un cinéaste faisant couler beaucoup d’encre depuis la sortie de son second film, « Canine », en 2009. Depuis, chacune de ses œuvres est un coup d’éclat, comme notamment « The Lobster », qui avait bouleversé le festival de Cannes en 2015, et désormais « Mise à Mort du Cerf Sacré », maelström absurde et malsain orchestrant une sublime nécrophilie pasolienne. Autant le dire d’emblée, on ne s’attendait à se délecter de « Mise à Mort du Cerf Sacré » avec un plaisir aussi dithyrambique, tant le film n’est autre qu’une véritable suprématie sublimée de la mise en scène, tout en mettant au premier plan les acteurs et la froideur quasiment burlesque du récit. Le film n’est pas sans faire penser à « Théorème », prodige cinématographique et littéraire de Pier Paolo Pasolini, bluffant de radicalité, de simplicité, et dévoilant les racines du sacré. Yorgos Lanthimos tente une approche assez similaire : dans les deux cas, un jeune homme charmant s’infiltre dans une famille bourgeoise et y sème le trouble.

On remarquait déjà dans « The Lobster » une précision formelle « à la Kubrick » et un scénario ressemblant à une hallucination de Buñel. « Mise à Mort du Cerf Sacré » est encore plus clinique que « The Lobster », tout en se montrant bien plus sauvage et allégorique, disséquant sans vergogne la famille américaine. Thriller virtuose, macabre et furieusement cynique, ce film, digne hériter des géants du malaise, grince entre l’humour noir et le drame familiale, allant franco dès qu’il s’agit de passer du rire au choc. Lanthimos parvient à un sommet de maitrise au niveau de sa réalisation. Il sublime ses personnages autant qu’il les démolit, passant à travers de nombreux cadres, dont le vide existentiel des protagonistes, illustré par le fait qu’ils vont jusqu’à simuler une anesthésie sur fond de rite sexuel. Par la seule force de sa caméra, Lanthimos fait de nous des voyeurs, des spectateurs impuissants de cette justice privée d’une rare subversion. Calme chaotique et force tranquille sont au rendez-vous, la cruauté devient un facteur comique, sublimant un contexte surréaliste ténébreux, interrogeant directement le squelette de l’esprit humain.

« Mise à Mort du Cerf Sacré » n’a de cesse d’entretenir son universalité, s’avérant totalement anti-spectaculaire tout en se targuant d’un vertige organique fascinant. Au delà de la claque esthétique, Lanthimos cadre une œuvre spectrale tutoyant le cinéma de genre sans jamais contredire son regard vilipendé. Dès que l’on s’imagine dans notre zone de confort, un son, ou une image, vient nous perturber, voire nous agresser (le premier plan nous laisse un souvenir impérissable), allant à l’encontre de nombreuses scènes touchant du doigt le sublime. La scène finale par exemple, utilisant une symphonie de Bach déjà présente à la fin du « Miroir » de Tarkovski, et ainsi, lourde en symbolique. Jouissant d’une inventivité venimeuse, « Mise à Mort du Cerf Sacré » met également en avant un propos politique. L’histoire n’est autre qu’une métaphore de la situation politique et économique de la Grèce, patrie de Lanthimos, ce qui fait passer le film pour une véritable catharsis cinématographique, allant donc bien plus loin que le film d’auteur copieux et fétichiste.

Avec « Mise à Mort du Cerf Sacré », Lanthimos semble enfin arriver à une apothéose, un chef-d’œuvre, modeste, clinquant, fort, éreintant, maladif, hypnotique et pathétique, révélateur de plusieurs possibilités d’exégèses. Poésie du désir, malaise fantasmé, « Mise à Mort du Cerf Sacré » va chercher dans nos sentiments des sentiers jamais explorés. À couper le souffle, et à se demander comment les cerfs se suicident. Un désir involontaire.
Sindy D.
Sindy D.

9 abonnés 48 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 janvier 2018
OMG ! Mais c est quoi ce film !! J ai rien compris, sans queue ni tête et glauque. Musique omniprésente et pénible. Je comprends pas les critiques positives. J ai dû passer à côté de quelque chose ...QUELLE DÉCEPTION
Clémentine K.
Clémentine K.

243 abonnés 1 430 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 mars 2018
Un film très particulier mais vraiment pas mal! L’aspect aseptisé, très froid et le jeu très robotique des acteurs créent une vraie atmosphère glaçante. D’où la réussite de ce film. Il ne fait pas peur mais fait froid dans le dos à sa manière. Malheureusement je n’ai pas forcément compris le message sous cette histoire alors que dans Mother ce message est dévoilé à la fin.
mx13
mx13

284 abonnés 1 963 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 février 2018
Tres départagé par ce film particulier de Yorgos Lanthimos qui revient en force après The lobster. Bien filmé mais lent et trop fictif. Je le déconseille aux moins de 16 ans. 3/5
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