Une famille bourgeoise, un gamin extérieur qui jette un trouble puis une menace, une catastrophe mystérieuse qui s'amorce, un choix tragique à faire... Lánthimos fait référence au mythe d'Iphigénie pour sonder une mauvaise conscience et quelques instincts primitifs derrière un beau vernis social. Le début est excellent, dans une veine décalée voire absurde qui titille la curiosité. Mais le dispositif mis en place tient mal la longueur. Dès que l'argument principal est posé, dès que la mécanique infernale s'enclenche, le scénario se réduit à un interminable jeu sadique, complaisant. Pour un résultat finalement assez vain.
Film très prétentieux qui pense naviguer en hautes shères ! Certes, l'esthétique est très travaillé mais c'est tout. Les acteurs sont sous employés au nom d'une ambiance glaciale, oû les relations entre membres de la famille sont vides de toute émotion. On peut y voir une satire de la famille aisée américaine mais dans quel intérêt ??? Quel est le fil conducteur ? Tout ce que l'on voit arriver, arrive Aucune surprise. Un film pour inconditionnels du réalisateur ou pour des pseudos intellos perchés qui y percevront une expression métaphorique à laquelle le réalisateur n'aura peut être pas pensé.. Même pas divertissant
« Mise à mort du cerf sacré » : c’est simple, aucune empathie pour les personnages. Le sacrifice est limite risible, toute cette mise en scène est ridicule et inutile à terme. Une fable dramatiquement… dramatique d’ennui et d’interrogations vaines.
Steven, chirurgien, a tué le père de Martin lors d'une opération. Le jeune homme se venge et jette une malédiction sur les membres de la famille de Steven. Le père devra tuer l'un d'eux, sinon ils mourront tous. La tragédie est enclenchée, il ne s'agit pas de savoir comment cela va se terminer mais comment on arrive à l'inéluctable. Alors, comment y arrive-t-on ? Comment Steve pourrait-il s'en sortir ? Il faut rappeler qu'une tragédie ne peut se contenter d'appliquer un programme mais doit régir des conflits offrant des moyens pour contrer l'issue fatale. Or, à aucun moment n'est offert aux personnages des possibilités de s'en sortir, jamais une dialectique ne se met concrètement en place pour qu'un débat ait lieu; le dilemme platement énoncé n'est même pas discuté, jamais remis en cause, excepté peut-être lors d'une scène ridicule où Martin explique à la femme de Steve les raisons de cette malédiction, qui semble lui être assez proche de la justice. Comment peut-on prétendre filmer une tragédie quand on est aussi superficiel alors que le genre, en tout cas dans son histoire littéraire, est beaucoup plus rigoureux et complexe dans l'élaboration des personnages et des problèmes mis en place ? Aux défenseurs de Lanthimos, qui aiment cette mise en scène outrancière qui singe celle de Kubrick, on peut répondre que le principal défaut du film ne réside pas dans l'idée d'une insolubilité – le final est, comme prévu, terrible – mais dans la vacuité totale d'une écriture qui demeure l'application d'une mécanique bête et inconséquente. Alors que sa présentation et sa conclusion nous plongent de longues secondes dans le noir, comme pour nous préparer au soi-disant chef-d'oeuvre à venir puis pour nous laisser le temps de le digérer, on est surtout pas loin de s'étouffer de rire à force de mesurer le gouffre entre la vision de Lanthimos sur son propre film et ce que ce dernier est réellement, à savoir pas grand chose, si ce n'est une attente de deux heures, joliment décorée, d'un massacre qui laisse indifférent.
C'est un film très Kubrickien dans la forme, les plans, l'utilisation du grand angle dans les lieu clos, la musique, ça peux paraître beaucoup, moi je trouve ça très élégant, très classe pour une fable macabre. Le problème c'est qu'il va jusqu'au bout de sa logique Il pouvait imaginer une bonne dizaine de solutions pour retomber sur ses pieds et ne pas tomber dans le piège tendu par son histoire
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2,5
Publiée le 15 novembre 2018
C'est le film qui ne va pas plaire à tout le monde! Le cinèma de Yorgos Lanthimos ne fait pas dans la dentelle! C'est indèniable! En seulement trois longs-mètrages, il s'est imposè comme un metteur en scène et un auteur qui a une ambiance bien à lui. "The Killing of a Sacred Deer" ne dèroge pas à la règle! Fascinè le spectateur en articulant son mètrage entièrement autour d'un chirurgien et d'un jeune ado qui s'immisce tout doucement au sein de la famille Murphy est une gageure que Lanthimos a relevèe avec brio même si certaines situations frisent de peu la correctionnelle! il convient de prèciser que Colin Farrell, Nicole Kidman et Barry Keoghan sont remarquables et qu'en terme de pure narration, l'histoire oscille entre la satire, le drame et le fantastique dont certains plans rappellent le grand Kubrick! Pas grand chose de plus à dire sur cette fable provocatrice de Lanthimos, filmèe avec mètier, ètouffante dans sa mise en scène et traumatisante dans sa conclusion, comme savaient le faire les plus grands (Haneke, entre autres) mais en chargeant un peu trop scènaristiquement parlant (le film a quand même reçu le Prix du scènario à Cannes). Comme dans "The Lobster" du même Lanthimos, les âmes sensibles sont prièes de s'abstenir...
Le parfait exemple d'un cinéma d'auteur, avec un style et des ambiances très particulières, et on entre dedans ou pas. C'est tellement dénudé, froid presque glacial dans les rapports humains et dialogues, le tout surtout en début de film sans bande son pour meubler les silences. Du coup s'installe inévitablement une sensation de malaise, de malsain, d'autant que les relations entre les membres de cette famille sont loin d'être chaleureux et spontanés. Tout semble codifié, stéréotypés, ritualisé ,sans émotions ni affects, même les scènes de sexe d'une tristesse affligeante. Aucune place pour la fantaisie, le plaisir, presque la vie elle même. Et puis il y a cette relation trouble de ce jeune garçon avec le père, chirurgien cardiologue de renom, jeune adolescent qui va peu à peu envahir cette famille, la harceler psychologiquement jusqu'à ce que le film versé quasiment dans le paranormal, la sorcellerie, la malédiction et même l'horreur. Rien n'est vraiment expliqué et cohérent mais on subit ce malaise et cette horreur qui s'installe, sans cris, presque tranquillement et surtout très cyniquement. C'est un film vraiment troublant et déstabilisant, totalement ovni et à part où on doit lutter pour essayer de comprendre les mécanismes psychologiques des différents personnages. Des acteurs de renom, Colin Farrell déjà dans The Lobster du même cinéaste et Nicole Kidman mais c'est bien ce jeune acteur irlandais Barry Keoghan qui est omniprésent, troublant, impressionnant, oppressant comme l'est son personnage. Sacré à Cannes ce film ne peut que déchirer et on ne peut objectivement que lui reconnaître des qualités évidentes de style, de scénario, d'interprétation. Après il faut aimer et apprécier et ça c'est une autre histoire et une question de goût et de sensibilité personnelle pour un film qui ne peut en aucun cas laisser indifférent ni se faire oublier façon film kleenex.
Tout comme dans le génial "Canine", la famille lambda explose et bascule après l'arrivée d'un jeune homme dans leur vie. Lanthimos utilise toujours des moyens peu conventionnels pour raconter une histoire et c'est ce qui fait la richesse de son cinéma: une narration, un scénario et des acteurs filmés sans commune mesure. Pas facile d'accès, certes, mais ludique, sinistre et passionnant. A la différence du récent "Mother !", pompeux et trop nombriliste, Lanthimos ne se regarde pas filmer mais observe ses personnages s'effondrer un peu comme le faisait Pasolini et son "Théorème". Une telle proposition de cinéma, cette volonté de perdre le spectateur sans le mépriser tout en alimentant un propos intelligent est remarquable.
Il faut parfois se fier à son intuition : dès la première image j'ai su que le film allait être très long... Je ne m'imaginais juste pas à quel point ! Prétentieux et suffisant, il semble n'être qu'un mode d'emploi "comment caricaturer le cinéma d'auteur pour les nuls": partir d'un postulat étrange, en faire quelque chose de vaguement métaphorique, mettre en scène de manière aseptisée, agrémenter de scènes dérangeantes voire glauques, ne pas oublier la musique grandiloquente supposée cultiver le mystère, multiplier les longs silences, prétendre y mettre des dialogues intelligents, surtout ne pas apporter le début d'une explication, proposer des rôles "à contre emploi" à des comédiens de renom et surtout avoir l'air trop intelligent pour le commun des mortels...
Plus absurde que la forme du scénario, son fond : une tragédie sarcastique...ça ne fonctionne pas. Un humour et une mise en scène à froids, convaincants et efficaces, bien que très lourds, desservent au final totalement le mythe que le film semblait souhaiter honorer. Le rire supprime la tragédie dans une perversité inepte...
film noir, malsain, qui met mal à l'aise ; le sacrifice d'Iphigénie par son père! On est repartis dans les anciennes tribus mayas, aztèques, avec les sacrifices, sauf que là c'est pas pour les dieux, mais pour un psychopate. Ca me rappelle le film "the mother"
Ce nouveau film du réalisateur du surprenant « The lobster » est lui aussi singulier. Commençant un peu comme « Théorème » de Pasolini avec Martin, un adolescent qui arrive dans cette famille bourgeoise dans laquelle on pense qu’il va séduire tous les membres, le métrage prend un virage à 180 degrés et bascule dans le drame horrifique avec ce père obligé de faire un choix cornélien. Finissant étrangement dans un restaurant, un diner américain, comme dans « The lobster », « Mise à mort du cerf sacré » est nanti d’un superbe casting avec des acteurs jouant froidement (c’est le but) et semblant ne pas communiquer entre eux illustrant sans doute notre société contemporaine où les individus paraissent évoluer côte à côte sans même échanger une parole et qui se remettront tranquillement d’un tragique événement. Métaphore triste et glaçante, comme le monde actuel, malheureusement.
Pas le super film espéré, mais un excellent film tout de même. L'histoire est un peu "courte", mais si on est de bonne foi et un tant soi peu cinéphile, ne pas croire les critiques négatives, rarement justifiées pour ce genre, mais voir par soi-même. Les acteurs sont excellentissimes, et j'ai bien aimé, c'est déjà pas mal en ce qui me concerne.