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AdriBrody
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2,5
Publiée le 13 mars 2023
Lars Von Trier, le genre de réalisateur face auquel on adhère ou non. Bah j'adhère pas. Avec "The house that Jack Built", on a droit à un imaginaire bien trop étrange pour être crédible et un tueur en série dont le caractère est peu développé. Si la volonté de vouloir faire un film hors des sentiers battus est louable, c'est difficile d'adhérer entièrement au propos. Entre cette scène finale ridiculement absurde dans le mauvais sens du terme, le montage face auquel il faut s'accrocher et le scénario parfois sympa à suivre parfois franchement con, toujours dans le mauvais sens du terme, ce film est loin d'être une grande réussite. Matt Dillon s'en sort malgré tout très bien et est le seul atout du film.
Cinq ans après un Nymphomaniac diversement apprécié, Lars Von Trier reprend le cours de sa carrière cinématographique là où il l'avait arrêtée. Nous passons de la longue confession d'une Charlotte Gainsbourg autodestructrice aux aveux réjouis d'un tueur en série (Matt Dillon) se voulant grand esthète. Le traditionnel découpage en chapitres propres au cinéaste danois (ici nommés « incidents ») ou la caméra naturaliste façon documentaire viennent agrémenter un échange pointu développant quantité de considérations artistiques, ésotériques ou philosophiques sur la nature humaine comme sur les créations architecturales. On nous dépeint un tueur brinquebalant, presque pied nickelé par moments, et néanmoins empreint d'un sadisme affolant. Les métaphores, sophismes et provocations affluent à mesure de ce récit horrifique, de prime abord drôle (un premier meurtre dédramatisé au possible) ou absurde (les non-arrestations du tueur malgré de grossières erreurs) avant de devenir franchement perturbant. Car Von Trier ne se contente pas d'alimenter une joute verbale entre ses deux interlocuteurs principaux, il installe un jeu avec le spectateur et établit une passerelle de plus en plus évidente avec l'ensemble de son œuvre, semble répondre à toutes les accusations subies par les médias. Sans doute pouvait-il accomplir cet objectif en évitant de basculer une nouvelle fois dans le point Godwinn ou d'illustrer son propos par des images issues de tous ses précédents long-métrages…Or il ne peut procéder autrement, alimentant encore les accusations de mégalomanie ou de fascination pour les dictatures (voir Dogville et surtout Manderlay) dont il fait l'objet. Conclusion : un film-somme qui parlera autant aux aficionados du maître qu'il pourra intriguer un public démarrant l'aventure avec cet opus. Hermétiques aux longues séquences dialoguées s'abstenir.
Dans un rare et précieux entretien de Lars von Trier dans le 18ème numéro de La Septième Obsession, le maître danois déclare diviser ses films en chapitres comme dans "Winnie l'ourson", un livre pour enfant. Ne vous méprenez pas, The House That Jack Built n'a rien d'un film pour enfant. THTJB n'est pas non plus un énième film sur un serial killer, il s'agit plus d'une comédie noire, très noire, qui termine - littéralement - en enfer.
THTJB est un film sur l'art, sur Lars von Trier lui-même, sur son oeuvre, ses détracteurs, sur la folie, sa folie, sur le mal, sur l'enfer, les symboles, la chasse (et ses ravages), la nature, la violence, la mort, la morale, le mystique... Bref c'est un film SUR ABSOLUMENT TOUT, un film fleuve, malsain, dérangeant mais hilarant, porté par un Matt Dillon dantesque et une mise en scène, comme toujours, remarquable.
Pour conclure, un petit message aux détracteurs invétérés de LVT qui iront voir le film, comme il est dit dans le film : "pour certains, les atrocités commises dans la fiction sont les désirs qui ne peuvent pas être concrétisés dans notre civilisation sous contrôle et qui sont exprimés dans l'art".
Un film trop long, trop mou, qui tourne à l'ennui. Divisé en 5 chapitres et 1 épilogue, il retrace le parcours d'un psychopathe dans les années 70-80, améliorant ses techniques de prédateur et de tueur. Il ne faut pas s'attendre à un thriller. Il s'agit plutôt d'un drame qui se rapproche du documentaire : caméra à l'épaule (qui donne le mal des transports par moments), silences, séances explicatives sur l'architecture ou l'art avec des images en 4/3 de dessins ou d'Hitler, etc. Tout ceci m'a laissée de marbre. Je n'ai rien ressenti, ni l'humour noir, ni dégoût ou peur face aux scènes macabres (suis-je moi-même une psychopathe ?!), car une fois passé le 1er chapitre, on comprend qu'il continuera. Seul le 3e chapitre m'a paru efficace et sans temps mort. On notera que c'est Bruno Ganz qui joue le rôle de Verge apparaissant à l'épilogue. Est-ce voulu ou pas, car c'était cet acteur qui interprétait Hitler dans "La Chute" spoiler: (la dernière scène montrant la chute du psychopathe dans les flammes, une fois son passage en enfer accompagné de Verge après avoir été tué par un policier)spoiler: . "The House that Jack built" se veut donc un film misanthrope. La misogynie que certaines ont pu ressentir en est forcément un composant (un peu comme Schopenhauer qu'on dit misogyne alors que ses écrits n'épargnent pas les hommes). Les policiers, quant à eux, quels que soient l'époque et le pays, sont toujours dans les parages lorsque c'est inutile et ne font rien quand on leur demande de l'aide. On en retiendra finalement qu'il n'y a rien à sauver de l'humanité.
j'ai aimé ce film sur la profondeur, le côté comique de certaines scènes ainsi que sur le jeu de Matt Dillon en dépit de certaines longueurs et d'une fin spoiler: illustrant la descente aux enfers déjà kitch à l'instant où on la regarde pour la première fois. . Ce film montre une violence au premier degré comme un acte quotidien, un besoin primaire sans raison aucune. La partie de chasse; les dialogues avec Uma Thurmann sont truculents. Quelques personnes sont sorties de la salle durant la séance mais j'encourage les gens à se faire leur propre avis. âmes sensibles des scènes choc, s'abstenir!
Excellent film, remuant, perturbant... Un film qui m'aura prit aux tripes comme rarement . Il aurait très largement mérité un 5, si Von Trier n'était pas, comme à son habitude, partis, au dénouement, dans un délire en désaccord total avec le reste du film... Selon moi le film aurait été bien meilleur s'il s'était arrêté au plan des chaussures de Jack, juste avant d'entreprendre sa "traversée".
Jusqu’à l’épilogue, The House that Jack Built était pour moi un sans fautes. Les plans sont magnifiques, la réalisation du film est originale, la bande-son, l'ambiance créée et entretenue tout du long... Un film vraiment impressionnant qui nous tient en haleine, nous surprend, et nous horrifie, mais aussi nous fait rire pendant 2 heures. Cependant, je ne sais pas quoi penser de la fin, qui contrairement au reste du film ressort beaucoup plus fantastique, en opposition avec le reste.
Et Uma Thurman qui n’apparaît qu’au début par contre...)
Chaque film de Lars von Trier est avant tout une expérience. Il est très habituel de voir dans les critiques de ses œuvres un clivage important entre ceux qui adore et ceux qui déteste. On peut d’ailleurs reconnaître que c’est un scénariste qui se joue des polémiques que ses films peuvent apporter. Son seul but est de bousculer le spectateur, de jouer avec la provocation. Ce sentiment se fait par ailleurs sentir tout le long car il est agrémenté d’une bonne dose d’humour noir sur des sujets plus que sensibles.
Personnellement, je suis un peu mitigé quant à ce film. En effet, j’ai bien aimé la première partie du film (qui est disons-le, plutôt classique). L’ambiance est angoissante, on se retrouve à éprouver du stresse pour les futures victimes tout en sachant pertinemment qu’elles ne survivront pas. Malheureusement, j’ai fini par décrocher de l’histoire lorsque celle-ci s'oriente un peu trop dans la métaphore et le subjectif, spoiler: jusqu'à prendre complètement le pas sur l’histoire à la fin.
D’un autre côté, le film est truffé de références littéraires, musicales, picturales et cinématographiques. Lars von Trier à un talent certain pour la narration. Il arrive à mettre en avant un anti-héros censé être ridicule et bourré de TOC, ayant une obnubilation extrême pour l’art et ce qui la compose. Je ne pourrais étonnement que vous recommander de voir ce film si l’envie vous en prend. En effet, les avis sont tellement différents qu’il se pourrait que vous appréciez cette œuvre, même si à mon sens “The house that Jack built”, est un film qui restera longtemps en mémoire, mais qui, au final, restera plutôt moyen.
Peut-on faire une oeuvre d'art à partir d'un thème mille fois scénarisé dans le cinéma ? Il semble que oui. Avec Lars Von Trier, le tueur en série ne se résume pas à cette réalisation déconcertante maintes fois visitée, et éculée jusqu'à l'excès du méchant s'en prenant à d'innocentes personnes. C'est un peu plus complexe que cela, et un peu plus esthétique aussi. Lars Von Trier nous réconcilie enfin avec ce qu'on nous a servi jusqu'à la nausée, sans d'autre but que nous faire peur. Dérangeant, choquant, terrifiant, mais questionnant aussi, bref, la nature humaine dans toute sa splendeur, exploitée à son paroxysme, accompagnée de périodes de l'histoire lesquelles nous interdisent d'être horrifiés par un seul homme. Ce serait trop facile. NOUS avons notre part.
Film puissant et malsain, qui plonge immédiatement le spectateur dans l'histoire. Excellent prestation de MATT DILLON, c’était d’ailleurs sa présence qui ma attiré vers ce Film. On peut comprendre certains critiques sur le point que c'est immoral mais du point de vu cinématographique c'est très réussi. Ce Film mérite l'appellation CULT.
Matt Dillon est excellent, y’a bcp de scènes marquantes et une grande inventivité de LVT mais les personnages ne sont pas assez fouillés et je trouve qu’il veut tellement impressionner et provoquer par sa mise en scène qu’au final il en oublie de peaufiner le scénario et de donner un sens à son récit, avec une vraie ligne directrice…
Un film intrigant, bourré de références, à la fois à l'Art mais aussi, il m'a semblé, à la vie du réalisateur.
Un ventre mou au milieu du film m'empêche de le noter mieux que cela, mais il m'a donné envie d'aller en lire plus sur lui, une fois que j'aurai digéré le visionnage.
Pertinent ? Oui, complètement, étonnamment j'ai réussi à revoir The House That Jack Built une seconde fois, et qua j'ai bien fait ! Mon premier visionnage m'avait tellement choqué que je n'arrivais pas à me concentrer et à saisir les symboles du film, mais le revoir m'a toujours fait frissonner mais j'ai pu admirer le travail de l'image et du montage que Lars Von Trier a fait car c'est un travail brillant. Visuellement, le film est absolument incroyable, vers la fin, ces plans qui sont presque des tableaux, cette caméra portée ultra-réaliste, certains plans viennent pour moi d'une autre dimension. Mais ce travail n'aurait pas d'intérêt sans le montage qui est lui aussi incroyable, mettre en relation des images d'archives (dont le film est bourré) avec le film en lui-même. Lars Von Trier expérimente aussi en utilisant de l'animation à la craie, qui donne un rendu très beau et a un sens avec ce que représente cette animation. En revanche je ne crois pas avoir bien saisi qui était Verge exactement, je pense qu'il est une sorte de juge des Enfers, il questionne la vision de Jack mais l'encourage aussi à finir son oeuvre, et décidera de lui offrir une tentative de rédemption à la fin. Le film questionne la morale du spectateur, allez-vous accepter de suivre un tueur en série et serez-vous de son coté ? Ce qui est complexe car on le voit commettre les pires atrocités sans une once de remord, mais malgré tout on arrive à comprendre ce personnage, car il explique ses objectifs durant tout le film. Mais le premier et le deuxième incident nous font aussi ressentir de l'ampathie pour Jack tellement il est pathétique.
A partir du moment où Jack va aux Enfers, le film se métamorphose : de caméra épaule réaliste il passe à plans fixes au ralenti ultra-esthétisés, les décors deviennent magistraux et c'est à ce moment que Verge offre à Jack une possibilité de rédemption. Et Jack tente, on peut se demander pourquoi vu qu'on ne l'a pas vu douter de ce qu'il faisait depuis le début, mais ça a bien évidemment un sens. Au moment où Jack regarde les paysans qui coupent de l'herbe (un plan venu d'une autre dimension), on le voit avoir des remords pour la première fois, et c'est la Maison (son oeuvre) qui lui à offert un accès aux Enfers. La séquence qui m'avait glacé le sang à mon premier visionnage est encore pire que dans mon souvenir, le troisième incident. Cette scène est pour moi la plus dure du film, voir un homme tuer sans trembler ses enfants et sa femme, c'est d'une puissance émotionnelle folle, car cela prouve que rien ne l'arrêtera dans la construction de sa Maison.
J'aime beaucoup comment Jack explique son état émotionnel quand il tue, en animation à la craie donc, car il fonctionne comme si le meurtre était une addiction (comme Verge lui dit d'ailleurs). Je ne comprend pas très bien le choix de couper si brusquement à la fin, et de mettre Hit the road, Jack, à part pour le nom bien sûr. Je reproche seulement au film de parfois citer inutilement, comme avec l'avion ou le raisin, même si j'ai compris le rapport qu'il trouve entre ça et son oeuvre, je pense qu'on aurait pu s'en passer. PS : j'ai explosé de rire quand Lars Von Trier met un extrait de Melancholia, il vient jusqu'à s'auto-citer. Donc The House That Jack Built est un film brillant, qui questionnera votre morale tout du long, le rapport entre la morale et les normes (la discussion en voix off de Jack et Verge est très intéressante durant tout le film), certains plans sont à couper le souffle, ce qui est sûr c'est que le voir ne vous laissera pas indemne.
LE chef-d’oeuvre de Lars Von Trier, le film où il atteint un summum absolu d’humour névrotique en développant le parallèle metteur en scène / tueur en série. Il fait de son tueur un obsédé du geste artistique, un ultra-perfectionniste perclus de TOC, un un ingénieur parfois verbeux poussant loin ses théories particulières…
Matt Dillon est extraordinaire dans ce rôle, subtilement drôle et inquiétant en même temps, cumulant sur son visage toutes ces nuances de charme et de menace mêlés, fascinant par sa voix distinctive.
L’appréhension intime de ce personnage effarant et son environnement est permise par une mise en scène ultra-tactile, sensible, utilisant beaucoup de caméra portée et un montage étourdissant, ainsi qu’un sound design extrêmement précis et riche.
Le sens de l’ellipse dans la narration, découpée en chapitres, et conclue par une dernière partie ahurissante, achève d’en faire un film profond, qui parvient à rester toujours jouissif à travers son constant humour noir sous-jacent.