The House That Jack Built
Note moyenne
3,6
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184 critiques spectateurs

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32 critiques
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28 critiques
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15 critiques
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20 critiques
Trier par :
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Marc T.

312 abonnés 615 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mars 2019
Pas de secret, c'est du Von Trier, on adhère ou pas, et les critiques ici en sont le parfait reflet, on adore ou on déteste. Et bien personnellement je suis un peu plus mitigé car j'ai été capté par les deux premières heures de ce film, avant d'hélas décrocher lorsque l'histoire s'oriente un peu trop dans la métaphore et le subjectif (la descente aux enfers avec Verge). Matt Dillon est tellement excellent qu'on arriverait presque à avoir de l'empathie pour ce monstre et à même comprendre son cheminement et ses motivations, c'est pour dire...
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 octobre 2018
Le cinéma doit montrer le monde et la complexité des relations humaines, faire ressentir l'amour, la joie, la tristesse et le désir. Il est un divertissement et une fenêtre sur l'ailleurs. Il nous instruit et nous réconcilie avec l'humain... Alors merde ! Pourquoi faire un film de 2h30 sur un serial-killer qui inscrit ses crimes dans une quête artistique ???
C'est la Divine comédie mise en scène par Lars von Trier. Ce film est un pur chef d'oeuvre, ignoble, magistral, dantesque !

NB : ce film est truffé de références littéraires, musicales, picturales et cinématographiques jubilatoires. Est-il utile que ceux qui ne les voient même pas s'autorisent une critique pour dire que c'est moche et que Lars von Triers ferait mieux de filmer des chatons sous un coucher de soleil ?
Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 268 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 octobre 2018
Lars von Trier est un génie malade, cet incroyable autoportrait du cinéaste en serial killer est un film qui joue brillamment sur tous les registres du baroque au kitsch, de la violence sèche et malaisante aux délires gores grotesques. Provocateur, le cinéaste va jusqu à s'autociter, se moque de ses détracteurs tout en réfléchissant aux critiques qui ont pu lui être émises. Parfois drôle, souvent grinçant, non dénué de poésie, le dernier Lars von Trier est un mélange étrange entre l'Eneide et american psycho, un film malade, testamentaire, structurée mais fragmentaire. Un paradoxe fascinant et en perpétuel mouvement et une réflexion sur la nature humaine et l'art qui ne peut laisser indifférent. Too much parfois mais grandiose toujours et servi par un excellent Matt dillon, the housse that Jack built est une œuvre majeure de von Trier.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 octobre 2018
Entre films passionnants et d'autres médiocres, voire carrément insupportables, difficile d'y voir clair avec le cas LVT. Or, "The house that Jack built", en plus d'être un étrange et jubilatoire thriller où l'humour noir côtoie une terreur glaçante, jette un nouvel éclairage sur l'oeuvre du cinéaste, explique en partie son rapport à la violence et à la provocation. Même si le film fait parfois une confusion volontaire entre le point de vue de Lars et celui de Jack, tel ce passage sur les dictateurs perçus comme des artistes à part entière (idée du serial killer) qui renvoie aussi à la conférence de presse cannoise de 2011 et l'intervention peu intelligible sur Hitler, il fait l'effort de bien dissocier ce qui relève de la création d'un cinéaste et la vision artistique des meurtres par un tueur dont la bêtise égale l'atrocité des crimes. Beaucoup de spectateurs ont rejeté en bloc les scènes ultra-violentes qui parcourent le film, sous prétexte qu'elles seraient gratuites et trop dérangeantes. À toutes ces personnes, on serait tenté de répondre qu'un film de serial killer peut en soi ne pas être agréable à voir et surtout, c'est là l'important, que Lars met toujours une distance conséquente avec l'action, à travers la mise en scène (la scène de chasse filmée du point de vue de la mire du fusil, donc celui de Jack), l'écriture (l'humour qui penche parfois vers le grotesque) et un système dialectique dans lequel s'inscrit Verge, mystérieux personnage dont on ne connaît l'identité que dans le dernier segment du film. Non seulement cette figure crée de l'ironie en se moquant de Jack mais elle met en évidence le ridicule de ce tueur qui se prend pour un artiste alors qu'il est un architecte raté bourré de TOC : ne pas saisir les passages du premier degré – qui font réellement froid dans le dos – à une drôlerie sardonique qui discrédite totalement son principal protagoniste, c'est passer à côté du film et sa richesse de tons. La puissance dégagée par "The house .." est de prendre en charge le paradoxe de Jack, personnage somme toute peu intelligent mais qui parvient pourtant à ses fins de manière ignoble, par un montage ludique s'inscrivant dans la droite lignée de celui de "Nymphomaniac". Voir la mise en scène ultra-réaliste de la fiction s'interrompre et laisser place à des digressions inventives et savoureuses, notamment sous la forme d'images d'archives, procure un plaisir total, stimule quelque soit l'intérêt du contenu – la comparaison entre le pourrissement des cadavres et celui du raisin ne vaut que parce qu'elle est incongrue et parce que l'image soutient la voix-off. Que le "fond" du film soit "intellectuellement élevé" ou pas (notions très vagues) n'a aucune importance dans la mesure où la structure employée dénote d'une curiosité envers les images et leur utilisation que trop peu de réalisateurs ont aujourd'hui. Le film fait comprendre que LVT n'est pas un cinéaste réflexif mais un expérimentateur tantôt rigoureux tantôt désinvolte, qui s'amuse à créer des associations insolites et instructives désamorçant ici l'horreur de l'histoire racontée. Cette manière d'être frontal et détaché, cet intérêt pour les images hétérogènes et pour les tonalités contraires, nous permet d'affirmer une bonne fois pour toutes que Lars von Trier est un cinéaste qui ne peut s'épanouir qu'en mettant un pied dans le grotesque et un autre dans le sublime : David Bowie cohabite avec Glenn Gould, les reproductions kitschs de tableaux alternent avec des images filmées à la GoPro dans l'épilogue, l'humour noir peut enfin laisser place à l'émotion dans ce qui s'apparente au plus beau moment du film spoiler: et les larmes de Jack devant un pré des champs Élyséens qui lui rappelle un souvenir d'enfance, seul véritable instant de bonheur dans sa vie.
On ne reviendra pas sur certains films ratés de Lars von Trier, on en réévaluera d'autres, mais ce qui est sûr, c'est que si le cinéaste tire sa révérence avec "The house that Jack built", alors il nous laisse avec l'une des propositions formelles les plus fortes et originales vues ces dernières années.
ffred

1 987 abonnés 4 254 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 octobre 2018
Chaque film de Lars von trier, au-delà des polémiques qu'ils suscitent tous, est une expérience. On ne sait jamais à quoi s'attendre. Je n'avais strictement rien entendu sur ce film. J'en suis ressorti complètement sonné. Le réalisateur danois ne m'avait pas bousculé comme cela depuis Antichrist. Difficile de parler de ce nouvel opus. C'est à la fois tellement foisonnant et tellement foutraque. On y trouve pêle-mêle des œuvres d'art, de l'architecture, Hitler, Glenn Gould, la vinification du raisin...et j'en oublie. Matt Dillon est parfait, Bruno Ganz impeccable et tout le reste des seconds rôles au diapason (Uma Thurman en tête). Réflexion sur l'art et la création, sur le mal et l'enfer, mise en abime délirante d'un metteur en scène, avec extraits de ses précédents films à la clef. Un des seuls à se permettre ce genre de film aujourd'hui ? Bref, ça se bouscule mais voilà une expérience exigeante aussi visuelle que sensorielle, dérangeante, dur, violente, souvent insoutenable. Sans aucun doute, l'ovni cinématographique de l'année. Dans ma liste des films qui se méritent. Fascinant.
brunetol
brunetol

208 abonnés 179 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 octobre 2018
Un grand film malade. Sûrement pas son meilleur ou le plus maitrisé, ni le plus cohérent, mais grand film quand même. Pour ceux que la violence graphique écœurent, il sera probablement insupportable. L'humour noir et le second degré omniprésents ne suffiront pas à faire passer des séquences aussi drôles que spoiler: la "chasse à la famille"
pour autre chose qu'une nouvelle provocation sadique insoutenable de la part du maître danois. On pense immanquablement au "Funny Games" d'Haneke, mais Trier est à la fois beaucoup moins cynique et surtout moins moralisateur et tellement plus drôle que l'austère autrichien. Erudit sans pédantisme, "The House..." est écrit comme "Nymphomaniac", avec omniprésence d'un dialogue en voix off. D'un bout à l'autre, le héros (Matt Dillon, magnifique) s'entretient avec "Verge" (transfuge du Virgile de la Divine Comédie), magistralement interprété par Bruno Ganz, dont on comprend immédiatement le rôle et la situation. Descente aux enfers, mais aussi réflexion sur les rapport entre l'œuvre d'art et le crime bourrée de digressions stimulantes et de "visions" (l'épilogue est un catalogue de séquences époustouflantes), c'est bien un auto-portrait que Lars Von Trier réalise avec ce film, dont on espère, vu l'état de délabrement physique dans lequel il apparait aujourd'hui, que ce ne sera pas son dernier.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 septembre 2018
Il existe des films qui attirent l’attention au début mais dont l’intérêt s’émousse petit à petit. The House that Jack built fait hélas partie de ceux-là. Le film de Lars von Trier séduit (si on peut dire) d’abord par son étrange mélange d’humour et de violence, mélange très rare pour les films de serial-killers à l’exception notable de C’est arrivé près de chez vous. Hélas, au bout d’une heure et demi, le film semble commencer à s’étirer inutilement. Le cinéaste, s’en rendant sûrement compte, modifie petit à petit son récit vers un aspect plus fantasmagorique mais continue hélas à diluer l’intérêt du public au cours d’une dernière heure devenant de plus en plus agaçante et pénible à suivre. The House that Jack built est donc un film d’abord intrigant qui perd hélas petit à petit son intérêt.
HamsterPsycho
HamsterPsycho

147 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 octobre 2018
Ca part plutôt pas mal, dans une introspection de tueur en série qui réfélchit à sa "condition" et son "art". Matt Dillon est glaçant et flippant à souhait. Le tout est mâtiné d'un humour noir corrosif. Lars Von Trier n'a aucun mal à nous faire nous sentir mal à l'aise en étant aussi intime avec ce psychopathe et son "art". Intercaler la narration avec des extraits d'autres programmes pour illustrer les propos de Matt Dillon donne un rythme et un effet intéressants. Mais la longueur et LES longueurs plombent sévèrement le fil qui au final n'a aucun rythme. Je ne comprends pas les avis dithyrambiques qui louent un rythme extraordinaire et une vision géniale du réalisateur. Passé un certain point, le rythme du début disparaît et on se noie complètement dans des élucubrations visuelles: ok, elles sont là pour illustrer l'esprit du tueur et son délire, mais Lars Von Trier finit par nous perdre complètement dans le dernier quart d'heure qui vient brouiller tout ce qui précède. Au final on ne sait pas ce qu'on a vu : une illustration malsaine de la notion d'art, ou une critique de la notion que "tout" est art ?
L'Info Tout Court

464 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2018
Le cinéaste danois a une mise en scène redoutable lorsqu’il s’agit d’impliquer le spectateur dans le récit. Dès les premières secondes, on est émotionnellement impliqués et il ne nous lâche plus jusqu’à la fin. De plus, il réussit à mélanger des réflexions philosophiques à propos de la pensée du tueur – qui se voit comme un artiste – sur un format quasi documentaire sans que cela ne nuise au rythme de son récit. Comme dans American Psycho, on se sent littéralement dans la tête d’un tueur… Quel plais… Euh… quelle horreur !
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2018
Mis à pied du Festival de Cannes après une blague sur Hitler en 2011, Lars von Trier revient sept ans plus tard avec clairement le film choc de la croisette. Après « Les Idiots », « Dancer in the Dark », « Antichrist » et plus récemment « Melancholia » et « Nymph()maniac », le réalisateur nous plonge aux côtés d’un tueur en série dans les années soixante-dix. Vécue du point de vue de cet homme qui a tué plus de soixante personnes, l'histoire nous raconte cinq de ses meurtres qu’il nomme des incidents et qu’il considère comme des œuvres d’art. Sous les traits de son personnage, le cinéaste fait d’ailleurs bons nombres de références à l’architecture, à la peinture ou à ses propres films. Mais entre toutes ces beautés, « The House that Jack Built » cherche surtout à nous provoquer avec des séquences de plus en plus insupportables, comme le prouvera les nombreux départs de spectateurs de la salle. L’art de filmer du cinéaste nous rapproche au cœur du malaise que vivent les victimes. La voix-off, dont nous connaîtrons le visage dans l’épilogue, interroge alors sur les doutes que les spectateurs peuvent ressentir entre l’émerveillement et la culpabilité. En effet, le personnage d’Uma Thurman est absolument irritable et on se réconcilie en se disant qu’elle mérite ce qu’il lui arrive. L’humour noir est très présent et accentue ce défi moral dans notre conscience. Pourtant est-ce que chaque victime mérite son sort comme ces enfants qui vont vivre quelque chose d’horrible même après leur mort ? « The House that Jack Built » est une expérience sadique qui ne recule devant rien et nous laisse dans une fascination ignominieuse à la fin du récit.
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Ufuk K

617 abonnés 1 719 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2018
" the house that jack built " de lars von trier qui a choque la croisette du festival de cannes est une oeuvre fascinante mais aussi agaçante. En effet j'ai trouvé le film un peu long avec une violence parfois gratuite et des moments creux soulignons tout de même la performance de Matt Dilon incroyable dans ce rôle dans un film qui nous épargne rien, âmes sensibles s'abstenir.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 21 octobre 2018
Je ne comprends réellement pas cette manie de critiquer ce réalisateur...Peut être la jalousie...Lars Von Trier a cette facilité déconcertante à écrire de très bons scénarios ; écrire des dialogues réfléchis et ayant un message souvent philosophique ; et surtout savoir cerner l'être humain et ses comportements normaux ou déviants...Ce film pour moi n'a rien de misogyne ; violent ou quoi de ce soit...En fait ce qui dérange , ceux sont les actes commis par Jack qui ont déjà eu lieu dans la vraie vie...Les gens pensent que c'est de la violence gratuite...Ceux sont des actes qu'un personnage comme Jack pourrait réaliser dans une existence humaine...La force de LVT est également de confronter ses personnages à tout ce qui est relié à l'histoire philosophique de l'humanité...De comparer chaque action a un fait religieux et/ou philosophique...C'est la raison pour laquelle certaines personnes se sentent mal à l'aise à l'idée de voir la noirceur de l'être humain...J'ai passer un très bon moment en sachant prendre du recul sur certaines scènes que les médias ont rendu abominable...Pas pire que d'autres films violents et débiles...Un film sur un serial killer qui est tellement simple qui l'en devient encore plus crédibles...Après le fameux reproche sur les femmes naïves et idiotes que l'on fait à LVT...Je ne crois pas que le personnage de Kidman ; de Gainsbourg ; de Dunst soient des femmes serviles , naïves et idiotes...Il y a deux femmes que l'on peut cerner...La 1ère victime et la 4ème...Elles sont totalement différentes ; de classes différentes...La bourgeoise et l'américaine moyenne...Celle sûre d'elle et l'autre un peu paumée...Chacune a sa vison des choses et en aucun cas ne peuvent être considérées comme des femmes rabaissées par le réalisateur...En tout cas , un film qui mérite le détour sauf pour les gens fermés et influençables...
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mai 2026
Ce qui se dégage du film Lars Von Triers est sa profonde vacuité, et un certain talent de narration. Le discours du cinéaste y est inintelligible, et ses provocations alternent entre malaise et absurdité. Car comment ne pas trouver absurde l'histoire d'un homme qui veut nous faire passer ses crimes pour une oeuvre d' House That Jack Built montre un homme profondément dérangé théoriser sur ses exploits criminels qui le film montre avec gourmandise (plus de 2h30, ce fut long). LVT Nous met dans les pas de cette homme et son gout pour le meutre, ses obsessions. Si c'est parfois intriguant, ce n'est pas réflexif pour un sou, abject par moment, mais il faut le dire parfois hilarant comme cette scène ou Jack retourne sans cesse faire le ménage chez sa dernière victime mais encore une fois, ce film n'apporte rien au spectateur sinon du sarcasme.. L'épilogue final dans les entrailles de l'enfer, est assez impressionnant par la force et la beauté de ses images.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 novembre 2018
The House that Jack built se construit comme un négatif, une réponse-miroir dans laquelle la chaleur de l’orgasme se serait rangée parmi les corps inertes peuplant ce vaste congélateur humain. Car à la chaleur de l’alcôve se substitue la glace de la chambre froide avec, en point de jonction, une réflexion sur l’origine de la création artistique. Le négatif capte l’envers de la lumière, Lars von Trier absorbe Lucifer. Ici la violence n’est pas le propos, et s’égosiller sur l’épanchement putride avec lequel le réalisateur construit son récit est un leurre. La violence est, comme le corps, un matériau. Le matériau de l’artiste. Ce qui importe n’est pas là, ni d’ailleurs dans le résultat, notion purement matérialiste et des plus ternes. Tout réside dans le chemin suivi. C’est en cela que The House that Jack built est une route, celle tracée par le sang d’un cadavre traîné depuis une camionnette de la même couleur, conduite par le créateur-destructeur qui ne tardera pas à revêtir le chaperon rouge, rappelée sans cesse par un câble de téléphone tel le fil d’Ariane destiné à sortir du labyrinthe pour mieux lui donner vie et sens. Lars von Trier convoque un imaginaire qui emprunte à la religion et au conte dans un même traitement grotesque : des sept nains nous avons Grincheux défiguré et Simplet à la blondeur caricaturée, le rôle de Prof étant assumé par le bourreau, du Petit chaperon rouge demeure la cape et la lutte entre innocence et prédation, agneau et loup (ici tigre). La religion imprègne elle aussi l’œuvre puisque cette dernière se découpe en chapitres tels les sept cercles du Purgatoire dantesque. Car Trier réécrit Dante : le Virgile éclaireur devient la Verge, les sept péchés capitaux tous réinvestis dont le dernier, la luxure, ultime cercle du Purgatoire, n’a d’équivalent que dans la posture même de l’artiste qui laisse entrer en lui, chez lui, dans sa demeure par les crimes construite, le public ici représenté par les policiers et, avant eux, les spectateurs. Inutiles donc les mots de perversité, de complaisance, de violence gratuite, de provocation. The House that Jack built est une œuvre d’art sur l’œuvre d’art, didactique dans sa volonté de rejeter la didactique en se ponctuant de peintures et en se doublant d’une voix off, rhétorique dans sa volonté de rejeter la rhétorique pour mieux, dans ses paradoxes, épouser les paradoxes de la création. Soit l’incapacité de l’artiste à saisir ce qu’il sort de lui et met au monde, à escalader l’Enfer pour espérer retrouver la lumière et, avec elle, le bruit d’une plaine de l’enfance respirant tout entière par les faucheurs, l’être sensible et sa perception du monde, la mort. Aussi inaccessible que l’idée de naïveté originelle lorsque l’enfant amputa le caneton, symbole de la tyrannie artistique et de la volonté de contrôler, par l’art, le monde. "Hit the road Jack and don't you come back no more".
sebou36
sebou36

93 abonnés 386 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 novembre 2018
Le sujet semblait sympa, mais le résultat n'est pas à la hauteur. La faute a un scénario confus qui n'exploite pas les situations. Là où Henri (portrait of a serial killer) gagnait en intensité , Jack se perd en longueur à force de digressions et de manque de logique scenaristique. Et le dialogue avec le diable est tellement pompeux et ridicule!
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