Derniers Avis : The House That Jack Built - Page 13
The House That Jack Built
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ElBlasio
38 abonnés
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4,0
Publiée le 7 août 2018
Là il faut trier ! Si Lars Von Trier vous a largué depuis sa dépression antéchristique, fuyez ce film qui cumule tous les traits du film triérien post-moderne. Récit découpé en chapitres, voix off sentencieuse et démonstrative, scène de mutilation difficilement soutenable et alors qu’on croyait y échapper, longs plans au ralenti tout droit sorti d’un cours d’histoire de l’art. Par contre, pour peu qu’on soit sensible à son cinéma, The House That Jack Built devient une œuvre fascinante, dense, provocante et dérangeante. Avec le personnage de Jack, le réalisateur signe un autoportrait en réaction à « l’incident » de Cannes 2011. Petit rappel : il avait été déclaré persona non grata suite à une conférence de presse dans laquelle il déclarait sa sympathie pour Adolf Hitler et son goût pour l’architecture d’Albert Speer, tout en cumulant des pirouettes ironiques sur le nazisme. Ce film est, entre autre, une explicitation directe de ses propos. Pendant 2h35, Jack explique à l’acteur qui interpréta Hitler dans La chute (Bruno Ganz) comment l’artiste qu’il est se doit d’être cynique pour garder sa liberté. Difficile de ne pas voir non plus une réaction du réalisateur accusé de misogynie et de harcèlement suite à la vague #metoo lorsque son personnage accumule les cadavres de femmes mutilées devant son objectif, déclarant que l’homme naît coupable et la femme victime. S’il ne fait pas dans la dentelle, le réalisateur questionne la démarche créative sans jamais l’affirmer, sauvant ainsi le film d’un nombrilisme complaisant. Il s’amuse également à parsemer son œuvre d’innombrables références artistiques, de Dante à Glenn Gould, en passant par Blake ou Bosch. Nous avons affaire donc à un film qui ne choisit pas la facilité et n’est pas de exempt de défauts. Néanmoins, à l’heure où le politiquement correct gagne du terrain, la projection d’un tel film sur la croisette est rassurante.
Mis à pied du Festival de Cannes après une blague sur Hitler en 2011, Lars von Trier revient sept ans plus tard avec clairement le film choc de la croisette. Après « Les Idiots », « Dancer in the Dark », « Antichrist » et plus récemment « Melancholia » et « Nymph()maniac », le réalisateur nous plonge aux côtés d’un tueur en série dans les années soixante-dix. Vécue du point de vue de cet homme qui a tué plus de soixante personnes, l'histoire nous raconte cinq de ses meurtres qu’il nomme des incidents et qu’il considère comme des œuvres d’art. Sous les traits de son personnage, le cinéaste fait d’ailleurs bons nombres de références à l’architecture, à la peinture ou à ses propres films. Mais entre toutes ces beautés, « The House that Jack Built » cherche surtout à nous provoquer avec des séquences de plus en plus insupportables, comme le prouvera les nombreux départs de spectateurs de la salle. L’art de filmer du cinéaste nous rapproche au cœur du malaise que vivent les victimes. La voix-off, dont nous connaîtrons le visage dans l’épilogue, interroge alors sur les doutes que les spectateurs peuvent ressentir entre l’émerveillement et la culpabilité. En effet, le personnage d’Uma Thurman est absolument irritable et on se réconcilie en se disant qu’elle mérite ce qu’il lui arrive. L’humour noir est très présent et accentue ce défi moral dans notre conscience. Pourtant est-ce que chaque victime mérite son sort comme ces enfants qui vont vivre quelque chose d’horrible même après leur mort ? « The House that Jack Built » est une expérience sadique qui ne recule devant rien et nous laisse dans une fascination ignominieuse à la fin du récit. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
J'adore Lars von Trier habituellement,mais la malgré des scènes assez marquantes psychologiquement et un coté humour noir qui vient s’immiscer par dessus et bien j'ai trouvé le tout assez ennuyeux dans l'ensemble et pas forcément cohérent en vu de toutes les maladresses que Jack accumule qui aurait du déboucher sur son arrestation bien avant la fin...Un style très particulier qui va de pair avec Lars von Trier mais cette fois je suis beaucoup moins conquis,j'ai regardé jusqu'à la fin mais quelques fois le temps m'a paru long.Donc 2,5/5
Dans un rare et précieux entretien de Lars von Trier dans le 18ème numéro de La Septième Obsession, le maître danois déclare diviser ses films en chapitres comme dans "Winnie l'ourson", un livre pour enfant. Ne vous méprenez pas, The House That Jack Built n'a rien d'un film pour enfant. THTJB n'est pas non plus un énième film sur un serial killer, il s'agit plus d'une comédie noire, très noire, qui termine - littéralement - en enfer.
THTJB est un film sur l'art, sur Lars von Trier lui-même, sur son oeuvre, ses détracteurs, sur la folie, sa folie, sur le mal, sur l'enfer, les symboles, la chasse (et ses ravages), la nature, la violence, la mort, la morale, le mystique... Bref c'est un film SUR ABSOLUMENT TOUT, un film fleuve, malsain, dérangeant mais hilarant, porté par un Matt Dillon dantesque et une mise en scène, comme toujours, remarquable.
Pour conclure, un petit message aux détracteurs invétérés de LVT qui iront voir le film, comme il est dit dans le film : "pour certains, les atrocités commises dans la fiction sont les désirs qui ne peuvent pas être concrétisés dans notre civilisation sous contrôle et qui sont exprimés dans l'art".