Le Client
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128 critiques spectateurs

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SebLefr3nch
SebLefr3nch

220 abonnés 691 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 décembre 2016
Asghar Farhadi frappe fort encore une fois avec son dernier film. Les deux prix à Cannes sont largement mérités. Tout d'abord, l'histoire nous raconte le point de vue d'un homme suite à l'agression et le viol de sa femme, comment il le vit, ses sentiments de culpabilité, de vengeance, de connaissance et le respect qu'il éprouve auprès de son épouse. Interviennent les points de vue des voisins qui ont eu connaissance de l'agression et leurs manières très personnelles d'y répondre donnant l'état d'esprit de la société iranienne. C'est très bien ficelé et on ne s'ennuie pas une seule minute. La réalisation correspond au style du cinéaste : caméra à l'épaule, collée au personnages, lumière naturelle. Shahab Hosseini mérite son prix d'interprétation. Il est extrêmement touchant mais aussi grâce à sa partenaire Taraneh Alidoosti qui est fabuleuse. Un très bon film qui nous met face à la sensibilité des hommes suite aux viols de leurs épouses.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 novembre 2016
Le dernier film du réalisateur iranien Ashgar Farhadi a frôlé la Palme d’Or à Cannes, obtenant le prix du meilleur scénario et celui de la meilleur interprétation masculine. Il suscite une impatience d’autant plus grande qu’il succède à deux chefs d’œuvre : « Une séparation » (2011) et « Le Passé » (2013).

Le plus russe des réalisateurs iraniens creuse le sillon tracé par ses précédents films. On y retrouve les mêmes personnages issus de l’élite intellectuelle libérale iranienne. Ils sont confrontés à des dilemmes moraux similaires. Ils sont filmés dans les mêmes intérieurs étouffants dont la caméra ne s’évade quasiment jamais, métaphore à peine voilée (c’est le cas de le dire) de la société iranienne au bord de l’implosion.

Comme dans ses précédents films, Fahradi recherche une vérité aux multiples facettes. Dans « Le Client », cette quête prend des allures d’enquête policière. Il s’agit de découvrir l’identité du client de la précédente locataire de l’appartement où Rana et Emad viennent de s’installer.

Féministe sans le savoir, Fahradi égratigne chacun des personnages masculins tandis qu’il épargne chacun des personnages féminins. C’est un trait commun qu’il partage avec le réalisateur coréen de « Mademoiselle ».

Comme ces précédents films, « Le Client » met mal à l’aise. C’est un feel bad movie. Mais qui a dit que les bons films devaient faire du bien ?
Éric De Larmor
Éric De Larmor

20 abonnés 96 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 décembre 2016
Emad et Rana sont en couple et partagent une vie commune. Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran à cause de travaux menaçant l’immeuble, ils démarrent une nouvelle vie. Un nouveau lieu synonyme de nouvelles joies mais très vite, un incident important va venir chambouler leur quotidien.
Agressée par un inconnu à leur domicile, Rana se retrouve désemparée et profondément traumatisée. Son époux étant absent lors de l’incident, on devine une trame psychologique intéressante : celle de la vengeance, couplée à celle de la réparation. Sa femme aurait pu mourir, la situation aurait pu être bien pire et bouleverser leur destin tout entier. Rongé par le remords et la colère, Emad décide de partir à la recherche de l’agresseur.

Le point fort de ce film semble être bel et bien la puissance et la justesse d’interprétation des acteurs. Shahab Hosseini et Taraneh Alidoosti, incarnant respectivement Emad et Rana, sont les piliers du film.
Une histoire pleine de rebondissements qui tend la main à ses spectateurs avec une mise en scène a priori réaliste.
Quel est le premier silence coupable qui va amorcer le piège ? Celui du loueur qui tait le métier de la locataire précédente ? Celui de Rana, qui, lorsqu'elle se fait agresser sous la douche, ne va même pas porter plainte ? Celui d'Emad, qui s'enfonce dans une forme de mutisme héroïque et décide de venger son orgueil mal placé ? Celui de la troupe qui fait semblant de ne rien voir ? Il y a tant d'autres silences encore… Mais peut-être est-ce, dans le fond, un seul et même silence, celui d'une société tout entière, fuyante, oppressée par le poids des règles qui imposent un rôle aux hommes comme aux femmes, jusque dans leur intimité, et dont il faudra un jour ou l'autre s'émanciper. En attendant, chacun, solitaire, fait comme il peut et affronte ces carcans qui corsètent les âmes et font que jamais ne tombent les voiles qui occultent parfois des plaies profondes.

Après tout, qui serait incapable de se venger par amour ? Pour restaurer la dignité et la santé d’une victime dont on est si proche ? Malgré les particularités du contexte socio-culturel et du scénario, on ne peut que se laisser toucher par un homme éperdu d’amour pour sa femme, qu’il cherche à « retrouver ».
LeMagduCiné
LeMagduCiné

71 abonnés 626 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2016
Avec le Client, Asghar Fahradi creuse le sillon du neo-réalisme iranien : un film ancré dans le quotidien et pour lequel, comme pour ses autres films, il a pris le choix de se soumettre à la censure, au risque d’un certain affaiblissement du propos.

Sans être le chantre de l’Iranian way of life de la République islamique, bien au contraire, le réalisateur Asghar Fahradi a choisi de parler de l’Iran sous les feux de la censure, contrairement à son compatriote Jafar Panahi qui filme désormais en contrevenant à l’interdiction qui lui en a été faite, interdiction d’une durée de vingt ans.
De fait, dans Le Client, il y a une très courte scène qui se passe dans un taxi, qu’on a envie de voir comme un clin d’œil amical à Jafar Panahi, et une référence malicieuse à son Taxi Téhéran. En même temps, dans ce taxi, souvent collectif dans ce pays, une femme agresse le protagoniste, Emad (Shahab Hosseini), au point de demander au chauffeur de changer de place avec un autre passager. Ce dernier, un élève d’Emad qui l’apprécie beaucoup, lui déclare avoir eu honte du comportement de cette femme alors que manifestement, Emad ne lui avait rien fait. Une occasion pour Emad d’expliquer au jeune homme que sans doute cette femme a été agressée par un homme dans un précédent voyage en taxi, ce qui peut expliquer son comportement.
Ainsi va le film d’Asghar Fahradi, comme il en est allé de tous ses films précédents. Avec des petits riens du quotidien, il arrive à créer un sous-texte beaucoup plus signifiant, ici cette agression faite aux femmes. Le Client, dont le titre original, Forushande (vendeur, commis-voyageur) est une référence explicite à la pièce d’Arthur Miller, Mort d’un commis-voyageur (Death of a Salesman), est rempli de ce genre de petites allusions qui font l’intérêt du film.
Nicola A.
Nicola A.

28 abonnés 31 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 mars 2017
Ca redonne tout de suite envie de revoir Une Séparation et Le Passé. C'est la grandeur du simple, d'un scénario parfaitement écrit, d'histoire complexes mais venant de nos simples faiblesses. Farhadi nous montre la zone grise qu'il y a entre le mal et le bien, il fouille nos sentiments, fait toujours appel à la justice humaine, et pas à celle artificielle construite pas les lois. Son oeuvre rappelle les tragédies grecques. Magistral.
rogerwaters
rogerwaters

168 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 novembre 2016
Prenant comme d’habitude son temps pour poser ses personnages, Farhadi nous livre une réflexion toujours aussi pertinente sur les conséquences de nos actes sur autrui. Ainsi, à partir d’une situation banale, le réalisateur montre à quel point l’être humain peut s’enfermer dans une série de décisions désastreuses, mais qu’il ne peut aucunement contrôler. Au passage, le cinéaste s’en prend également aux mœurs d’un pays – l’Iran – ou le non-dit est devenu un mode de vie à part entière puisque tout est interdit. Ainsi, les hommes sont frustrés et cherchent à voir des femmes de mauvaise vie, tandis que les autres femmes n’ont le droit de rien dire. On ne se confie à personne puisque les autorités peuvent vous faire plus de mal que de bien. Enfin, le voisinage représente aussi une menace. Bref, comme à son habitude, Farhadi décrit avec brio une situation inextricable qui dresse un portrait peu reluisant de la société iranienne, tout en rendant son propos universel puisqu’un tel drame pourrait également arriver n’importe où. C’est la grande force de ce drame humaniste. A voir.
JEANRENE43
JEANRENE43

11 abonnés 154 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 novembre 2016
Le Client, film d'Asghar Farhadi, récompensé au Festival de Cannes 2016, Prix du scénario et prix d'interprétation masculine pour Shahab Hosseini est un film à ne pas manquer. Le scénario est des plus originaux dans la catégorie fiction, non seulement en 2016, récompense bien méritée, sans doute également depuis nombre d'années. Deux acteurs de théâtre jouent une pièce "La mort d'un commis voyageur" dans les rôles de mari et femme, sont mis dans leur propre vie à une situation comparable. L'acteur principal, dans la pièce décède par suite d'échec professionnel. Dans leur vie bien réelle ces acteurs, également mari et femmes, vont être à l'origine du décès d'un vieux Monsieur vendeur occasionnel mais aussi client d'une prostituée, qui s'est rendu coupable envers l'épouse, par un excès de stress cette fois non plus fondée sur un échec professionnel mais sur la déchéance de son honneur. Le scénario non seulement fait une sorte de symétrie des situations mais en outre joue avec les artifices du théâtre, notamment des têtes à têtes grandioses et émouvants. Comme au théâtre, la mesure dépasse les intentions... tant du vieux Monsieur qui n'a pas recherché une agression que du mari qui voulait se limiter à donner une bonne leçon... Un grand moment de cinéma.
titicaca120

432 abonnés 2 179 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 novembre 2016
me languissais de voir ce film et finalement comme hier
avec l'histoire de l'amour j'en sors déçu.
l'histoire est assez simple et malgré le jeu extraordinaire des comédiens
il n'y a jamais le déclic qui nous fait
nous émerveiller.
au pays des mollahs on sent quand même de la retenue sur certaines scènes
(censure oblige) scènes qui pourraient être plus fortes.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 novembre 2016
Farhadi, que l'on commence à bien connaître en France, nous ramène encore à sa petite musique habituelle sur les rapports hommes-femmes, sur la confrontation de la modernité avec la tradition ou sur le poids du machisme dans la société iranienne. Le scénario est particulièrement travaillé et les scènes s'enchaînent mécaniquement pour nous mener peu à peu sur la piste d'une sorte de thriller mollasson auquel le spectateur a rapidement du mal à s'intéresser.
Le parallèle avec le théâtre aurait sans doute pu être riche, mais la métaphore - obscure ? - nous est passée au dessus de la tête.
Le principal intérêt de ce film est documentaire, sur la société iranienne de ce début de siècle, sur le poids des traditions ou de la religion, sur la censure politique ou la police des mœurs...Un peu juste pour justifier les médailles et autres colifichets attribués à ce film.
Shinny
Shinny

42 abonnés 248 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2016
une belle surprise. j'avais peur de voir un film déjà vu où tout est attendu. Finalement un doute reste en sortant sur notre propre réaction face à une agression de ce type. d'ailleurs elle reste volontairement floue car ce n'est pas le sujet ce qui compte c'est son impact sur le couple sur la victime et la double victime le compagnon. le jeu des acteurs est subtil et on se laisse entraîner dans les péripéties avec plaisir. je sais également qu'il s'agit d'un film à revoir en restant bien observateur pour comprendre davantage le parallèle effectué par la pièce de théâtre dans laquelle ils jouent.
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 novembre 2016
Un film certes intéressant d'un point de vue sociologique (la prégnance dans la société iranienne de l'humiliation publique en tant que vengeance privée), mais qui patît d'un scénario aux rouages assez arbitraires, alors même que la rigueur implacable du scénario était le point fort d'Une Séparation. De fait, on ne croit pas toujours aux ressorts de l'intrigue et à certaines coïncidences. Voir ma critique complète sur mon blog :
Roger O.
Roger O.

15 abonnés 37 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 14 janvier 2017
L'histoire est intéressante: le film a remporté le Prix du Scénario à Cannes. Les acteurs sont épatants: Shahab Hosseini a reçu le Grand Prix d'Interprétation masculine à ce même festival. Et pourtant, on ressort de la projection du Client assez déçu. On n'arrive pas à s'attacher à des personnages trop désincarnés pour nous émouvoir. Les symboles sont démonstratifs: l'immeuble métaphorique qui manque de s'écrouler et les fissures comme autant de failles souffrent de lourdeur. A moins d'être un lecteur de Miller, la mise en abyme du théâtre dans le cinéma ne paraît guère pertinente. Que veut dire exactement le film? Que tout le monde traîne sa culpabilité et que personne n'a le droit de s'ériger en juge? Le personnage principal qui se sent humilié par ce qui est arrivé à sa femme (que s'est-il passé précisément dans la salle de bain?) humilie en retour un de ses élèves et un vieil homme pitoyable. Le fait que le film se passe en Iran n'a pas une grande importance et on est loin de Taxi Téhéran. Un film presque aussitôt vu qu'oublié.
Hotinhere

790 abonnés 5 467 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 octobre 2023
Un drame conjugal intrigant mais ronronnant un peu trop, qui explore la complexité de l'âme humaine face à un dilemme moral. 3,25
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juillet 2019
Contraint d’emménager dans un nouveau logement, Rana va se faire brutaliser lors d’un moment de solitude. Petit à petit, la quête de l’agresseur menée par son mari va se transformer en crise de couple. Asghar Farhadi traite à nouveau les rapports entre femmes et hommes dans la société iranienne.
Uncertainregard
Uncertainregard

140 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 février 2019
Asghar Farhadi continue d'explorer le drame familial dans un scénario toujours finement écrit et réalisé. On retrouve ses acteus habituels qu'il s'amuse à filmer dans des personnages totalement différents. On ne se lasse pas d'entrer petit à petit dans cet univers jusqu'à découvrir l'élément déclencheur qui va provoquer toute cette tension et toutes ces séquences de déchirement qui ne laissent pas indifférent. Puissant et magnifique à voir...
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