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py314159
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3,5
Publiée le 20 mars 2017
Un jeune couple doit changer d'appartement. Un fait divers fait lié à l'ancienne occupante des lieux va bouleverser leur vie. Le scénario, bien construit, nous montre les questionnements moraux des personnages.
Je ne vais pas faire une analyse psy des ressorts de ce film. Mais : - On ne s'ennuie pas une seconde malgré une fin qui aurait pu être plus courte. - On est immergé dans cette société Iranienne et plus spécifiquement ce petit monde culturel décrit par Farhadi. - On croit aux situations pourtant imbriquées et qui sont l'intérêt de ce film - On croît aux personnages, à leurs pudeurs, leurs réactions, leurs peurs ...
J'ai lu ici ou ailleurs que ceci ou cela (voile, difficulté de parler de l'agression, etc...) est difficile à comprendre pour un occidental. Sérieux? Tout est facile à comprendre et à appréhender pour un spectateur qui a envie qu'on lui parle de la société et de ses tabous, de ses violences. Iranienne ici mais qui touche l'universel. . Monsieur Farhadi nous offre là un beau moment de Cinéma. Merci.
L'immeuble semble bouger, les habitants courent sans vraiment paniquer, la caméra tourne à l'épaule dans l'appartement et dans les escaliers, elle croise les visages, les regards affolés. Le film n'a pas encore commencé mais on est déjà dedans, totalement emporté dans ce tourbillon d'images et d'émotions. Et puis il y a cette fissure, la vitre qui éclate... Et une tension qui ne vous lâchera plus pour les 2 prochaines heures. Du cinéma rare, un scénario ciselé, une interprétation magistrale, un film éblouissant, exotique et fascinant. Un chef d'oeuvre à la hauteur des 2 précédents films de Farhadi. Du grand et beau cinéma, celui qui vous vous laisse étourdi jusque sur le trottoir. A ne surtout pas manquer !
Il suffit parfois, par inadvertance, de se tromper de salle pour découvrir un chef d'oeuvre (enfin presque). Se retrouver ainsi projeté devant un des films contemporains les plus juste et les plus aboutit sur le thème du pardon et de la vengeance par hasard est une expérience inédite. Ce film est tout à la fois une critique sociale, une morale humaniste et un thriller dramatique rondement menée. Une critique sociale d'un pays en perte de repères, qui voit se lézarder les murs de son histoire pour laisser place à l'incertitude et pour finir à l'abîme. Une morale humaniste car ces deux personnages principaux mises à rude épreuve vont devoir faire face à l'adversité, à la peur et à un destin tragique qui les verra se révéler. Un thriller dramatique rondement mené dans lequel on se laisse happer sans imaginer une seule seconde la chute et dans lequel tour à tour l'empathie prend le pas sur la colère et vice versa.... Finalement, si l'on ajoute à cela une mise en scène entre théâtre et cinéma, des acteurs totalement investis dans leurs rôles et une jolie photographie, on obtient la recette d'une oeuvre aboutie, sincère et juste.
beau film, très bien interprété. même si la situation de certaines scènes ne peuvent se dérouler dans la précipitation pour s'imprégner de la situation et des sentiments il y a certaines longueur qui aurait pu être évitées.
Ce film est encore mieux que l'ancien film de askar farhadi la complexité des personnages et surtout comme toujours chez lui le fait qu'on sait pas de donner raison à qui car chaque personnage à sa propre raison .ce film parle d'une société sans pitié dans le quel votre image aux des autres est très important ...
un film qui m'a choqué, un incident très fort qui fait ressurgir plusieurs complexes qui se transforment en haine. Une enquête qui se termine par une conclusion très surprenante, en sait plus où se placer, du côté de l'héros ou bien celui de l'antagoniste.
Avec Le Client, Asghar Farhadi poursuit son travail d’orfèvre moral. Même terrain miné, celui de la cellule conjugale, même méthode, celle d’un scénario d’apparence limpide qui devient peu à peu un champ de mines éthiques. Mais ici, le film emprunte au thriller domestique sa promesse de révélation et d’enquête, pour mieux la dévoyer vers une autopsie de la honte. Ici, un immeuble menace de s’effondrer à Téhéran. Emad et Rana, couple d’enseignants et comédiens amateurs, doivent quitter leur appartement précipitamment. Ils emménagent dans un nouveau logement, anciennement occupé par une femme à la réputation douteuse. Un soir, Rana est agressée dans la salle de bain. Le crime se déploie comme une onde de choc qui recompose les rapports, déplace les regards, infecte le quotidien.
Le plan-séquence inaugural où la caméra accompagne l’évacuation de l’immeuble fissuré, descend les escaliers avec les habitants, traverse la cour, perd Emad, retrouve Rana. Le bâtiment se lézarde, les murs tremblent. Ce mouvement inscrit une idée directrice : la crise viendra de l’extérieur mais elle révélera une fragilité déjà présente. Puis vient l’ellipse de l’agression, porte entrouverte et sang dans l’escalier. En refusant l’image, Farhadi fabrique du doute. Le hors-champ travaille les consciences, celle d’Emad surtout, qui comble le vide par un récit de vengeance. Le théâtre, où le couple joue Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller, agit comme miroir : sur scène, la faillite masculine s’avoue ; dans la vie, elle se nie. Emad prétend chercher justice pour Rana mais en réalité ce qu’il poursuit est ce vide de savoir. La violence qu’il traque à l’extérieur s’installe en lui. Ainsi la victime s’efface presque du centre du cadre. Cette décentration est troublante. Elle révèle combien le traumatisme féminin devient, dans l’économie sociale du film, un enjeu de prestige masculin.
La mise en scène resserre l’étau par plans fixes, cadres clos, escaliers et paliers où l’intime se frotte au social. Le spectateur ressent l’étau se resserrer autour d’Emad, non par accumulation d’événements, mais par répétition de confrontations inachevées. Lorsque l’agresseur est enfin identifié, il n’a rien d’un monstre, seulement la banalité tremblante d’un homme vieillisant.
La confrontation finale refuse toute catharsis. Plus Emad insiste, plus la justice qu’il invoque se teinte d’humiliation. La scène s’étire alors inconfortable. Emad humilie et menace. Le face-à-face renverse subtilement les positions. Celui qui voulait incarner la justice révèle une brutalité nouvelle.
La dernière image du couple, maquillé pour remonter sur scène, est à la fois ironique et mélancolique. Ils rejouent une fiction pendant que leur propre récit reste irrésolu. En somme, Farhadi montre des êtres pris dans un réseau de contraintes culturelles et affectives, capables du pire sans cesser d’être humains.