Jouvet a repris depuis peu sa carrière au cinéma après la fin de la Guerre et la polémique née de sa tournée théâtrale controversée en Amérique du Sud pour accointances avec Vichy quand il se lance dans cette pure comédie sous la direction de Jean Dréville cinéaste éclectique plutôt orienté vers les films à costumes. C’est peu de dire que le film repose entièrement sur les épaules de l’acteur qui tient ici un double rôle qui servira de prétexte à des quiproquos nés de la "copie conforme" entre un escroc de haut vol et un petit employé d’une fabrique de boutons. On s’amuse souvent même si à la longue la cohabitation entre les deux personnages finit par tourner un peu en rond. Jouvet cabotine tant qu’il le peut et prend un malin plaisir à nous offrir deux facettes opposées de son immense talent. Suzy Delair est toujours aussi mutine quant à Carmet on a du mal à imaginer en le voyant si juvénile le tour que prendra sa carrière dans les années 60/70. Une petite diversion agréable et sans conséquence dans la carrière de Monsieur Jouvet.
Agréable comédie filmé assez platement par Jean Dréville. Le scénario est amusant (sosie), les dialogues sont de qualité et souvent pleins d'humour, les acteurs, même secondaires, sont excellents, et surtout bien sûr Jouvet dans un double rôle. L'époque juste-après-guerre est bien décrite, décors extérieurs parisiens, cabarets, policiers, etc. Le dénouement est moral : tout est bien qui finit mal ! (Janson).
Un modeste vendeur de boutons est accusé des escroqueries de son sosie. Plus tard, ce dernier, sorte d'Arsène Lupin cynique, convaincra son double de spoiler: s'associer avec lui pour faciliter ses forfaits en toute impunité.
Le film de Jean Dréville permet à Louis Jouvet une double interprétation spoiler: -et davantage même, lorsque l'escroc se déguise pour abuser ses victimes- et sans doute le comédien s'est beaucoup amusé. Ses transformations physiques son saisissantes où tour à tour Jouvet est un homme distingué et arrogant puis un pauvre bougre. Et, en admirateur de Jouvet, je ne peux que saliver d'avance. Cependant, le talent de Jouvet ne suffit pas à imprimer une dynamique à cette comédie policière qui imagine des situations assez ternes pour s'amuser des contrastes entre les deux sosies. D'une part l'intrigue est médiocre, sans ingéniosité; d'autre part, les quiproquos qui s'y glissent nécessairement sont bien pauvres. Le récit se traine, sans ressort ni surprises, au point que Louis Jouvet, livré à une mise en scène trop sommaire, semble se diriger lui-même. Pour s'exprimer pleinement, il lui manque ici des séquences véritablement cocasses.
Le scénario est imaginatif, bien mené, bien construit, bien monté même si la fin se devine assez vite. Louis Jouvet excelle dans ses multiples rôles. Un bon film de brigand, avec quelques bonnes répliques. A voir par les amateurs de policier et les fans de Jouvet.
Filmée avec les moyens limités de l'époque, Jean Dréville nous livre une comédie policière qui emprunte les voies de la légèreté. C'est un régal de retrouver le grand Louis Jouvet interprétant plusieurs rôles. D'un côté, on retrouve l'homme de théâtre dans la peau du cambrioleur et manipulateur, Manuel Ismora, de l'autre, le comédien cocasse dans le rôle amusant de Gabriel Dubon, un employé naïf d'un commerce de boutons et parfait sosie du cambrioleur mondain. Il est accompagné de la charmante Suzy Delair et de la tendre Annette Poivre. Tous les acteurs sont merveilleux de simplicité et nous offrent une superbe prestation dans cette petite comédie pleine de fantaisie. Les dialogues d'Henri Jeanson font mouche. A noter la présence de Jean Carmet que l'on aura du mal à reconnaître dans l'un des complices du malfaiteur, tant il est jeune et mince. La pellicule a vieilli mais l'histoire demeure un vrai régal.
Pour son retour au cinéma après six années d'absence (ayant choisi l'exil pour éviter la présence de l'occupant), Louis Jouvet choisit un film marathon dans lequel il interprête pas moins de cinq rôles. Du grand art ! Les dialogues d'Henri Jeanson sont écrits sur mesure, et si Jean Dreville avait monté son film de manière plus preste, on aurait frôlé le chef d'oeuvre... Dommage. (à noter la présence du tout jeune Jean Carmet dans un de ses tous premiers rôles)