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Attigus R. Rosh
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3,5
Publiée le 10 octobre 2016
La Mouche est un film pas mal du tout, pour voir que l'idée de base est assez loufoque (un homme qui mute en drosophile, disons qu'il y a plus terrifiant comme monstre). L'atmosphère glauque est bien retranscrite. Les effets spéciaux / costumes sont assez impressionnants, ils n'ont pas tellement vieilli depuis 30 ans. L'évolution physique du personnage principale est toujours aussi effrayante. Les acteurs jouent très bien. Geena Davis est très bien. Mais la meilleure performance vient de Jeff Goldblum qui fait évoluer son personnage d'un homme gentil vers une créature plus animale et flippante. Le film fait plutôt peur, j'en déduis que ce film d'horreur est plutôt réussi de la part de David Cronenberg.
Le cheminement est plutôt intéressant même si ça cabotine un peu au début et que les persos comme le scénario ne sont pas super convaincants. Hélas c'est trop étiré en longueur au point où il faut attendre la fin pour voir un peu d'action et être dans le vif du sujet. En plus on reste surtout dans le fantastique, moi qui m'attendait à une mouche qui butinerait quelques cranes et foutrait la panique en ville.
The Fly commence assez mollement le temps de poser les bases de l'intrigue: on sent bien qu'il va se passer quelque chose avec cette machine mais le twist semble ne jamais venir. Une fois passé le moment charnière, le scénario patine et ne parvient pas à exploiter correctement l'intrigue qui, sur le papier, est pourtant intéressante. Il ne se passe, au fond, pas grand chose, les enjeux manquent et l'histoire qui se déroule un peu en roue libre ne parvient jamais à captiver totalement l'attention. Le film prend même, dans sa dernière partie, une tournure glauque assez ridicule et franchement dispensable. En fait, The Fly ressemble presque à une série B ou un mauvais téléfilm, et cette sensation est accentuée par la photographie quelconque au rendu très cheap, les dialogues insipides et le jeu des acteurs loin d'être transcendant.
Un des meilleurs remakes,livré par David Cronenberg,qui croise les multiples voies de la SF,du fantastique et de l’horreur pour un résultat bluffant.Avec Jeff Goldblum parfait dans le rôle titre,le film suit une évolution croissante du suspens jusqu’à un final terrifiant.Efficace et juste mythique.
Le réalisateur ne donne aucun fil conducteur à son histoire,la mise en scène est décousue et on se demande alors quel est vraiment l’intérêt du film.De plus je trouve les acteurs assez mauvais tout comme les dialogues.David Cronenberg a l'air bien plus à l'aise dans les films de mafieux ( history of violence, les promesses de l'ombre).
Je poursuis mes investigations dans le cinéma de Cronenberg, et je m’attaque à La Mouche, un de ses films les plus connus. Une franche réussite de l’épouvante-horreur, sûrement l’un des meilleurs métrages du réalisateur, bien plus abouti que ses précédentes productions horrifiques. Déjà le film impressionne par la qualité de sa narration. Toujours un souci un peu perceptible chez Cronenberg, là le film est excellent, avec une gradation d’une redoutable efficacité. Commençant comme une comédie, le glissement cauchemardesque est spectaculaire et mémorable, et se conclue dans un final explosif. Rien à dire cette descente aux enfers est tonitruante, et permet sans grand souci de passer sur quelques lacunes scénaristiques, quelques facilités, et surtout un début un poil longuet. Mais bon, il fallait bien cela aussi pour précisément montrer tous le contraste avec la suite du film. Le casting a lui aussi été très bien choisi. Si Geena Davis a une solide présence et tient bien son rôle, celui qui explose c’est Jeff Goldblum. Mémorable en savant lunaire, il l’est tout autant en mouche, et fait preuve d’un charisme impressionnant. L’acteur s’en tire vraiment avec les honneurs, et méritent les récompenses qu’il a obtenu avec ce rôle, qu’il porte d’une manière incroyable par moment. John Getz complète le casting principal et ne se débrouille pas mal du tout avec le personnage un peu ingrat du film, mais pas si caricatural qu’on aurait pu le supposer de premier abord. Formellement ce qui vaut à La Mouche sa réputation ce sont les effets spéciaux. Et c’est vrai, ils sont spectaculaire. Surtout vers la fin. C’est du Cronenberg tout craché, avec quelques effets gores percutants, beaucoup de fluide et de suintement, et des transformations mémorables. La Mouche atteint un très haut niveau dans un style artisanal du plus bel effet. Pour le reste l’ambiance aurait peut-être pu être un peu plus travaillée (malgré la musique d'Howard Shore), mais on reste sur du très correct, avec une mise en scène sobre mais efficace de Cronenberg, auquel je reprocherai quand même toujours un peu de ne pas se manifester assez, et de ne pas introduire dans ses plans, ses cadrages, assez de personnalité. Mais enfin, La Mouche est indéniablement un film à voir. Doté de scènes impressionnantes, offrant une plongée cauchemardesque, les amateurs du genre apprécieront à l’évidence, et j’ai moi-même fort apprécié. 4.5
Je m'attendais à un chef d'oeuvre hors norme au vu de la renomée du film et de son casting, mais au final on a un bon film d'horreur qui priviligie la psychologie du personnage à la terreur, mais seulement la fin frôle la série Z
Avec La Mouche, David Cronenberg nous offres là un film marquant. L'histoire ne perd pas de temps et rentre immédiatement dans le vif du sujet pour monter en intensité au fil des minutes. Au départ le film parait assez sobre et le rythme est lent sans pour autant que ce soit ennuyant puis une fois l'expérience mené ça part de plus en plus dans la folie et le trash. L'intrigue est prenante et l'on a envie de savoir qu'elle en sera la conclusion. Au niveau du casting, Jeff Goldblum signe là une très bonne performance et j'ai beaucoup aimé sa relation avec Geena Davis et le trio qu'ils forment par extension avec John Getz. Les personnages sont réussis notamment Seth qui est le plus travaillé. On comprend son obsession pour son invention qui peut révolutionner le monde et on suit son changement après être passé dans la machine. Les dialogues pour leur part sont bons et la réalisation se veut dynamique et de grande qualité. Mention spéciale aussi pour le maquillage et les effets spéciaux lorsqu'il marche sur les murs et le plafond qui sont bluffant. D'ailleurs plus la fin avance et plus ça devient gore avec des scènes repoussantes lorsqu'il se décompose petit à petit. A noter une b.o. qui accompagne bien l'ensemble et une fin satisfaisante et à la hauteur du reste. Pour conclure, La Mouche est un film simple mais efficace qui vous marquera et que ne peut que vous conseiller de voir.
Quoi! T'as pas vu "La mouche"!? Et bien voilà une phrase que je n'entendrais plus. Un classique à ce qu'ils disent tous. Et en effet, si l'on n'oublie pas que le film à bientôt 30 ans, on peut comprendre pourquoi cette mise à jour de "La belle et la bête" de Cronenberg reste un classique de la science-fiction. Mais en ce qui me concerne, un classique n'est pas forcément un chef d'œuvre. A part les coupes de cheveux qui me font dire qu'à cet époque les coiffeurs étaient de vrais imposteurs, le film n'a pas mal vieillit. Les effets spéciaux bien que dépassés restent agréables à l'œil et ne tombent pas dans le kitch. Le scénario exploite habilement son postulat de départ et le "corps" qui a toujours été la matière de Cronenberg est ici mis à rudes épreuves. Jeff Goldblum (très bon) et Geena Davis se donne la réplique avec justesse et en v.o, le film ne souffre aucunement de dialogues ringards et banals. Avec le recul des années et le cinéma d'aujourd'hui, on ne peut que se rendre compte du talent de David Cronenberg que j'ai découvert bien tard avec Existenz. On est loin de ses dernières œuvres que sont Les promesses de l'ombre ou A history of violence mais La mouche reste une fable de série B toute à fait honorable qui ne laisse entrevoir aucun défaut sans pour autant nous éblouir complètement. Un bon film qui me permettra de ne plus passer pour LE gars qui n'a pas vu La mouche.
Derrière sa fascination pour un glauque omniprésent et devenu presque boulimique tant il accapare l'attention, The Fly est de ces objets d'art qui convoquent et provoquent un nombre si grand d'émotions (dégoût, peur, pitié, mélancolie, tendresse) pour ne pas s'enfermer dans l'un d'entre eux et révéler l'absurdité qu'il y aurait à regarder une histoire pourtant si répugnante avec l’œil unique et rassurant de celui qui croit un peu trop en ses certitudes. Parce que les thèmes qu'il aborde (le dépassement de soi, l'étrangeté de l'amour, la présence morbide de la chair) sont complexes et impossibles à simplifier, Cronenberg les traitait comme tels et réussissait à mêler les impressions de façon complètement désarmante, rendant impossible de se protéger vis à vis d'un récit qui peut alors frapper librement, profondément. Le dégoût pour la créature est mêlé de pitié, une pitié qui passe de façon absurde mais irréfutable par l'amour qui demeure chez Geena Davis pour ce qui a un jour été Jeff Goldblum. Si je parle d'absurde, c'est bien parce que, devant une telle abomination, seul un rejet absolu parait envisageable, et pourtant... Cronenberg s'applique bien trop, tout du long, à nous rappeler comme les émotions sont insaisissables et spontanées pour que l'on ne croie pas, à regarder ses yeux, que le personnage ressente toujours malgré lui cet amour douloureux et complètement fou. Même le personnage de l'ex-petit ami, arrogant, égoïste et manipulateur, sert cette annulation de tout confort, cette recherche d'abolir tout repère sécurisant chez le spectateur. Longtemps détesté ou méprisé, ce personnage finit en effet par partager une complicité inattendue avec le spectateur par l'horreur que lui inflige le final, et l'impensable dont il a été témoin autant que victime. Dans son regard complètement éberlué, on sent que lui-aussi a abandonné sa morgue pour comprendre viscéralement que l'histoire dont il est devenu acteur dépasse, en matérialisant ce qu'on savait impossible, sa mesquinerie et toute inimitié puérile. Car le scénario de The Fly condense, plus que jamais chez David Cronenberg, des thématiques primitives et viscérales qui remettent en question la nature même que nous pensons inviolable, en franchissant un seuil dans l'altération possible de l'être humain au-delà duquel plus rien n'a aucun sens. La plus radicale de toutes les œuvres de David Cronenberg, et à mes yeux la plus marquante de sa période S-F. Toujours aussi impactant aujourd'hui, The Fly est si trivial que naît en lui, par réaction, une poésie élévatrice et plus que jamais garante de la poursuite d'une vie digne de l'idée d'être humain.
Le dixième long-métrage de David Cronenberg, sorti en 1986, fait figure de film culte. Il aborde la mutation progressive en mouche d’un homme ayant utilisé la téléportation. Si l’histoire débute par une romance insipide entre un scientifique et une journaliste (Jeff Goldblum et Geena Davis), le thème de la mutation génétique prend progressivement place. Le réalisateur canadien explore la lente transformation physique du héros à l’aide d’une mise en scène comportant des effets horrifiques plutôt réussis. Seule la dégradation psychique aurait mérité un développement plus consistant. Bref, une œuvre de science-fiction sacrément originale.