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Ceiner M
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3,0
Publiée le 20 mai 2019
On a l'impression de voir un documentaire en immersion sur un groupe d'amis skateur dans la moitié des années 90's. Cette chronique douce-amère de ce groupe est sympathique et nostalgique mais finalement c'est un peu court niveau scénario et final mais c'est très bien filmé et joué, surtout le jeune stevie ...On est pas encore au niveau de "Stand by me" mais j'ai passé un bon moment..je ne suis pas certaine qu'il me reste en mémoire longtemps même si les personnages sont attachants...à voir….A déconseiller aux mères de famille qui se font des cheveux blancs pour leur progéniture adolescente!
Sincérité est ce qui ressort de ce 1er film de Jonah Hill qui nous plonge dans les années de sa pré-adolescence. Ce n'est pas une autobiographie mais un récit d'une période, d'un jeune, d'une bande de jeunes, d'une époque. Pas facile de tout traiter mais c'est simple sans être simpliste. Ça nous replonge dans nos propres expériences et nous parle au Coeur. On n'est plus un enfant mais pas encore un ado. On se rebelle, on est curieux, on est ouvert . . . Sans être un film initiatique ou barbant.
À Los Angeles, au milieu des années quatre-vingt-dix, Stevie, treize ans, n'est plus tout à fait un enfant, pas encore un adolescent. Coincé entre une mère célibataire et un grand frère violent, il se rapproche d'une bande de quatre skateurs : Ray, grand frère de substitution, Fuckshit, bogosse et déconneur, Ruben, enfant battu, et Fourth Grade, l’œil vissé derrière sa caméra vidéo.
Sorti aux États-Unis en octobre 2018, projeté aux festivals de Toronto et de Berlin, "90's" (audacieuse traduction de "Mid 90's" que les distributeurs français ont sans doute considéré trop difficile à prononcer) arrive sur nos écrans précédé d'une solide réputation. Les critiques sont dithyrambiques. "Tout y sonne juste, authentique, avec son lot de discussions à l'emporte-pièce sur le sexe, la famille, le skate, " écrit "L'Express". "Cette brève chronique d'apprentissage parvient à saisir avec une justesse inouïe l'instant du passage de l'enfance à l'adolescence." renchérit "Ouest-France". "Le film aura finalement trouvé son ton, dans une vraie condensation, rendant à leur densité première les moments essentiels où un jeune garçon a transcendé son complexe d’infériorité pour en extraire une véritable poétique de petit homme." jargonne "Les Cahiers du cinéma".
On est désolé de ne pas partager un tel unanimisme. Même s'il a l'élégance de ne pas dépasser les quatre-vingt-dix minutes, "90's" nous a semblé bien longuet, étirant plus que de raison une trame étique. Ce "coming of age movie" traite d'un sujet mille fois filmé : la sortie de l'enfance. Il accumule les tics du cinéma indépendant : une caméra 16mm qui donne des images granuleuses aux tons fadasses, un format 4:3 dont on peine à comprendre la légitimité, des raccords brouillons, des angles de vue paresseux.
Les mânes de Larry Clark (des jeunes qui skatent) ou de Gus van Sant (des ados à la beauté angélique) sont invoquées. Autant revoir leur œuvre plutôt que s'imposer la nostalgie de la jeunesse fantasmée d'un acteur à succès (le rondouillard Jonah Hill, star de "21 Jump Street" et "SuperGrave", passé derrière la caméra pour son premier film).
Exceptionnel! Quelle justesse! Sans jamais tomber dans le mélodrame, Jonah Hill décrit à merveille une jeunesse en péril mais surtout lance un appel alarmant à tous les parents.
Je n'ai pas du tout accroché. Pourtant, j'avais lu les avis avant de me lancer et je m'attendais à être subjugué par ce film et par cette ambiance des années 90. Et bien pas du tout...
Peut-être que c'est parce que je n'ai pas de culture "skate" ou bien parce que je n'ai pas grandi dans les années 90. La plupart des scènes sont complètement irréalistes, les acteurs sont plutôt moyens, l'ambiance ne m'a pas plu.
Le film n'a beau durer que 1h15, j'ai eu le temps de m'ennuyer et de décrocher. Si vous n'êtes pas fan de cette culture, passez votre chemin car ce film n'aura aucun intérêt pour vous.
Jonah Hill a su capturer à merveille l’atmosphère des 90ies, les rêves des ados à l’époque et aussi les difficultés. J’ai cru replonger dans ma propre adolescence. Et les acteurs sont géniaux, ainsi que la bo.
Le réalisateur connaissait-il le pendant français autour du skateboard "Trocadéro bleu citron". Un vrai année 90!!! En vérité plutôt 80. Mais le groupe, la façon de grandir parmi les jeunes de son âge. C'était déjà là. Il y avait plus de poésie.. Ici le film est intéressant pour sa valeur de témoignage sur l'adolescence. Le besoin d'appartenir à un groupe. On voit qu'il s'épanouit mais il lui manque l'amour qu'il refuse de reconnaître...
Au fond, il y a deux sortes de films sur l'adolescence, soit pour évoquer la sortie de l'enfance, soit pour traiter de l'entrée dans l'âge adulte. Et les mêmes termes reviennent de manière systématique ; apprentissage, indépendance, rébellion, etc. 90's ne trouve pas son originalité dans ce qu'il raconte mais de la façon dont il le fait, sous forme de chronique nostalgique, mélancolique et auto-biographique. Son jeune héros est en skate de reconnaissance et son émancipation de sa famille passe par l'adhésion à un groupe, à ses codes et à ses rites, en cherchant surtout à glisser sur une planche avec la même vision de l'existence : en toute coolitude. S'il s'éloigne assez peu des canons du teen-movie, le premier film de Jonah Hill témoigne d'un grand talent et d'une vraie personnalité dans son découpage et son montage ainsi que dans son atmosphère générale. Outre sa sincérité qui crève l'écran, le film brille également par sa direction d'acteurs permettant de donner vie à des personnages qui ne sont pas que des silhouettes comme c'est souvent le cas dans ce type de longs-métrages. Par ailleurs, le côté impressionniste de 90's de même que son absence de misérabilisme ou de jugement et son humour caustique sont des plus appréciables même si, c'est vrai, l'on pourra toujours regretter que sa peinture sociale tient plus du survol que de l'approfondissement.
Un premier film indépendant attachant qui rappelle l'audace et la sensibilité des premiers Larry Clark et Gus Van Sant. Une qualité et en même temps une limite pour un cinéma référentiel et nostalgique. Les jeunes acteurs sont étonnants.
Voici un teen-movie détonnant, sec et âpre bien souvent, à l’image de son sujet : le délicat passage de l’enfance à l’adolescence et la violence de ce choc vécu par ces petits êtres juvéniles. Jonah Hill (habitué des comédies potaches de Appatow) livre un premier film très personnel sur cette période charnière et observe avec finesse la fougue d’un jeune garçon de 13 ans perdu entre sa mère démunie devant éduquer seule deux ados ; et un frère renfermé qu’il idéalise en secret et qui fait preuve d’une violence sèche avec lui. Aucun pathos, aucun ressort mélodramatique ni d’angélisme durant les 1h25 que dure le film ; mais que de coups s’inflige ou prend le petit Stevie ; démontrant par-là que grandir est compliqué et que c’est le fruit de coups encaissés et de savoir à chaque fois se relever. Le jeune garçon ne va esquiver aucun rite de passage. Et le réalisateur capte chacune des émotions dans le regard incroyablement expressif de son jeune interprète, Sunny Suljic. On suit donc ce jeune Stevie, lâchant couette « Tortues Ninja » pour s’affirmer et grandir au contact d’une bande de skateurs rencontrés dans la rue. Là aussi Hill a bon goût de ne pas jouer la carte nostalgie à tout va avec du placement produit estampillé 90’s à tout va ; juste la belle scène de Stevie entrant dans la chambre de son grand frère comme Ali Baba découvrant le trésor de la grotte. La caméra est toujours discrète et à juste distance, les seconds rôles sont aboutis, et la bande son est démente. Un film sur la préadolescence à ne pas montrer malgré tout aux préados, le montage sec et choc de certaines scènes noyés dans une certaine langueur pourraient être violentes à recevoir. Un beau film. tout-un-cinema.blogspot.com
Le film est constitué comme une chronique estivale d'un jeune garçon, Stevie, qui cherche refuge dans un groupe d'amis. Pas vraiment de son âge, il cherche le repère que son grand-frère a délaissé. D'un père absent et d'une mère inoffensive, ce n'est pas forcément "une excuse" pour l'émancipation de Stevie. Surtout que, voulant faire comme les grands, la bande de skatteur dans laquelle il se fait accepter est tout sauf régressif pour le jeune homme. Leur mentalité est bonne, et les vices dans lesquels ils tombent sont "normaux" pour des ados de leur âge. Beaucoup trop d'insouciance c'est certain, mais cet été au milieu des années 90's est rafraichissant. A l'air du tout numérique, une bande de potes se réunissant autour d'une passion commune qui ce pratique en extérieur est presque utopiste de nos jours. Jonah Hill fait des choix forts de mise en scène pour ce premier film, avec le 4/3 et la volonté de mettre en avant la culture populaire. Hâte du prochain.
Un bel et sincère hommage aux années 90. Par sa réalisation adéquate d'abord, mais surtout par l'atmosphère retranscrite aux travers de dialogues crédibles d'une jeunesse en proie aux doutes mais aussi à l'insouciance de cette époque... Problématiques toujours présentes aujourd'hui. Si le scénario avait été plus étoffé, nul doute que "90's" serait sorti du lot.
"On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans" : Rimbaud en savait quelque chose. Mais à treize ans non plus. C'est du moins ce qui ressort du parcours de Stevie, un gamin haut comme trois pommes qui vit avec sa mère et son frère et qui n'aspire qu'à devenir un grand et à connaître pour cela toutes les étapes imposées par cette nouvelle condition qu'il vivra comme une promotion. Pour ce faire, il s'insère dans un groupe de skaters plus âgés que lui et qui représentent comme des grands frères rêvés, tout le contraire de son grand frère réel, une sombre brute qui toutefois suscite en lui quelque jalousie. L'initiation passe par le tabac, puis la drogue, l'alcool - et bien sûr le sexe : une bonne soirée entre potes et filles faciles fera l'affaire. Tout cela pourrait relever du teen movie le plus banal et même vulgaire. Or il n'en est rien. Le propos de Jonah Hill n'a rien à voir avec la démagogie inhérente à ce genre de production destiné à un public d'ados peu soucieux de délicatesse et d'esthétisme. Au contraire, "90's" propose une évocation imprégnée d'autobiographie de ce milieu des années 90 ("Mid90's" est le titre original) où le téléphone portable n'existe pas encore et où de nombreux jeunes se retrouvent dans des lieux propices au skate, où toutes les rencontres sont possibles, toutes les prises de risques aussi, où il est bon de narguer la police et de jouer au chat et à la souris avec elle. Jonah Hill nous donne à voir un film plein de poésie, d'une poésie souvent rude, mais attachante et émouvante. L'ensemble des comédiens y est pour beaucoup : Sunny Suljic dans le rôle de Stevie ne peut que séduire avec sa bouille de gosse mais aussi ses colères de jeune adolescent ; de même les skaters - les "grands" - sont tous aussi convaincants dans leurs rôles de gamins incontrôlables qui peuvent offrir cependant des moments de grande tendresse ; enfin Katherine Waterston dans le rôle de la mère de Stevie nous donne un beau portrait de mère célibataire, aussi belle que dépassée par les événements. Il reste à souligner l'importance de la musique (du rap bien sûr, mais pas seulement) qui traduit avec beaucoup d'émotion une profonde nostalgie pour une Amérique qui appartient au passé même s'il s'agit d'un passé récent. Amateurs de skate et de musiques pleines d'allant, amoureux d'une Amérique urbaine ou bien encore esthètes qu'une séquence cinématographique solidement construite peut émouvoir, ce film est fait pour vous : vous y trouverez de quoi vous régaler.