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Un visiteur
5,0
Publiée le 4 mars 2018
D'ors et déjà le meilleur film de l'année, rien de moins ; ou le plus utile de l'année. L'onirisme du film est prenant, faisant intégralement partie du propos sur, disons le vite, les sexes. Remarquable d'actualité, il ose traiter le sujet loin des clichés de l'homme ou de la femme, loin des représentations ordinaires des rapports de séduction vu revus pour ne traiter que de ce qui se trame en deçà, du corps, quoi, de la matière qui nous constitue. Dans son univers très personnel, le réalisateur arrive à proposer une pensée sur les sexes pour peux qu'on arrive à dépasser le malaise qui, je n'en doute pas, saisira plus d'un rabat-joie malgré enthousiasme captivant et un brin délirant de ce premier long-métrage.
Film incroyable à l'esthétique troublante. Comme toute oeuvre presque culte, elle divise la critique. Une bonne vingtaine de personnes sont sorties de la salle au bout d'une quinzaine de minutes. D'autres ont applaudi jusqu'à la dernière seconde du générique de fin.
Les Garçons sauvages déploie une fable trouble et sensorielle qui désoriente autant qu’elle fascine. Un film radical et charnel, dont la puissance visuelle continue de travailler longtemps après la projection.
Mieux vaut aborder Les Garçons sauvages sans attente de récit classique ni de réalisme. Premier long métrage de Bertrand Mandico, le film s’inscrit dans un geste volontairement expérimental, hérité du court métrage et de l’art contemporain. Il adopte la forme d’un conte cruel et archaïque, plus proche du mythe que de la fable morale. Décors artificiels, noir et blanc très composé, fabrication revendiquée : tout concourt à faire du film une expérience sensorielle à traverser plutôt qu’un récit à suivre.
Sur le fond, le film explore la violence masculine comme une pulsion primitive et collective, débarrassée de toute psychologie réaliste. La virilité y apparaît comme un bloc rigide et destructeur, incapable d’évoluer autrement que par la domination. Mandico met en scène la dissolution de cette masculinité normative, non pour proposer une rédemption, mais pour faire vaciller les certitudes identitaires et les rapports de pouvoir qui les accompagnent.
Le désir et le genre y sont pensés comme des forces instables et mouvantes. Les corps se transforment, se brouillent, échappent aux catégories fixes. Le féminin n’est pas une simple opposition au masculin, mais une puissance mythique et sensorielle. Le film refuse toute lecture didactique : il n’échange pas une norme contre une autre, il installe un trouble durable, parfois libérateur, souvent inconfortable.
De mon côté, j’ai été profondément troublé par ce film, une œuvre qui ne ressemble à aucune autre. J’ai été saisi par son identité visuelle, par le geste de cinéma radical et sans compromis, ainsi que par la cohérence totale de son univers. L’approche sensorielle, qui privilégie le ressenti à l’explication, transforme chaque image en expérience plutôt qu’en message, et laisse une empreinte durable.
Cette radicalité a toutefois son revers. Le rythme volontairement déroutant et l’absence de repères narratifs clairs peuvent créer une distance, donnant parfois au film un caractère hermétique. Fascinant dans son audace, Les Garçons sauvages exige une adhésion qui n’est jamais totalement acquise.
Les Garçons sauvages s’impose ainsi comme une œuvre audacieuse et dérangeante, plus soucieuse de la puissance de ses images que du confort du regard. Un film rare et radical, qui accepte pleinement de diviser pour mieux marquer.
Ce film aura un impact sur son spectateur, c'est vraiment de l'art, la recherche des acteurs et du directeur se sent. Les garçons sauvages s'inscrit en plus dans un contexte politique actuel plutôt spéciale, avec l'affaire Weinstein... Je pense qu'il marquera l'histoire du cinéma.
Bienvenue sur l’île mystérieuse des garçons sauvages. Ici, vous êtes prévenu(e.s), tout est étrange, versatile, les apparences sont trompeuses… Résumons: une bande de cinq adolescents, d’environ 13 à 15 ans, sont jugés pour avoir violé et assassiné leur prof de français (!). Leurs parents décident de les confier à un mystérieux capitaine, qui tient en laisse (!) un jeune garçon docile. Ce capitaine connaît une méthode infaillible pour éduquer les garçons sauvages… Il les emmène sur son bateau, leur inflige un traitement plus que spartiate (ou alors retrouvons le vrai sens de spartiate / agogé disons). Enfin, il les emmène sur une île mystérieuse, qui n’apparaît sur aucune carte: une île des plaisirs…
Voilà un film qui sort de l’ordinaire, à n’en pas douter. Sous la forme d’un conte fantastique, le réalisateur explore le thème de l’ambiguïté du genre. C’est assez bien vu d’aller chercher une bande de cinq mauvais garçons garçons à l’âge charnière où ils sont en train de se transformer en “hommes”. A cet âge, les garçons ressemblent encore à des filles mais font tout pour s’en distinguer. Ils éprouvent leur masculinité sur le mode de la violence et de la sexualité. Et comme dans tout cauchemar freudien, le film décuple cette violence et cette sexualité. Pas un seul plan du film sera dépourvu d’une image renvoyant très sexplicitement à la sexualité, la violence, ou les deux. Que ce soit la domination du capitaine à un sein, qui les enchaîne au bateau par le cou, ou les fruits poilus qui seront consommés constamment (ou l’île qui sent l’huître)… Sexualité et violence, critique de la masculinité toxique, on n’échappe pas à des nombreuses scènes de viol (un peu lassant, pas très agréable à mon sens). Cet agacement relatif n’empêche pas de vrais moments d’hilarité. Parce qu’au fond, il vaut mieux ne pas prendre trop au sérieux un film en grande partie provocateur. Surtout que rien n’est fait dans la subtilité: quand les garçons se jettent sur un cactus aux extrémités phalliques pour se désaltérer des grands jets de lait, par exemple… c’est drôle.
Et en même temps, on se demande où le scénario veut en venir. Renvoie-t-il aux métamorphoses antiques? A la psychanalyse? Un peu tout ça? Les personnages sont-ils sauvés… grâce à leur féminité? Je suis sortie en me disant que tout cela était un beau gloubi glouba psychanalytique, ni très fin, ni très clair… mais très “dans l’esprit du temps” (‘Zeitgeist’ comme on dit chez nous). Dommage que le film soit trop long, un peu trop prétentieux (et aussi borderline ridicule en grande partie). Avec trente minutes de moins, j’aurais sans doute été plus amène avec lui. Aucune scène n’a vraiment provoqué chez moi de franche adhésion. Je suis restée assez extérieure, ricanante, contente d’être là et pas ennuyée au point de partir… Mais pas fascinée non plus.
Quant à la mise en scène… Expérimentale, elle aussi, elle emprunte beaucoup de ses effets à la préhistoire du cinéma. Majoritairement en noir et blanc, les décors sont très très visibles, les effets de fantastique sont provoqués par des machines à fumée, des masques, des superpositions d’images (un décor de club berlinois comme un autre). De temps à autre, Bertrand Mandico opte pour des plans en technicolor, sans que l’histoire le justifie vraiment… Pour autant, cette mise en scène est pour le coup très en accord avec le fond de l’histoire: fantasque et charmante. Elle rappelle Jodorowsky, Cocteau (mais sans le génie à mon avis).
En bref: c’est drôle, très perché, pas passionnant (mais intéressant), et… beaucoup trop long.
Retrouvez la critique sur https://legoutducine.home.blog/page/3/
Un film très étrange qui nous emmène dans un univers onirique mais très angoissant. David Lynch aurait pu aussi créer une telle histoire semblant être issue d'un bad trip. Je ne l'ai vu qu 'une fois un peu secouée par la violence cruelle de ces jeunes. Leurs métamorphoses relèvent du sadisme. Quant aux décors, une merveille.
Horrible film !! Violent et dégoutant pour rien !!! C'est hyper sexiste, ça véhicule des clichés très problématiques sur le genre. Non les garçons ne violent pas juste parce que c'est des garçons, mais parce que le patriarcat leur permet....Rien de biologique là-dedans ! Pareil c'est pas pare qu'on a des seins qu'on est douce. A FUIR et A DENONCER
Un film très ambitieux , c'est certain, mais ne tenant au final aucune de ses promesses, au point d'en devenir orgueilleux. Si certains salueront la direction artistique, certes cherchée, la théorie de films érotico-fantastiques sortis dans les années 60 et 70 ne l'aurait pas reniée (on pense notamment aux images ultra kitsch de Barbarella (1968)). En effet, si Bertrand Mandico semble détenir une grande technicité, il lui manque un certain sens du dosage essentiel pour qu'une esthétique baroque ne sombre pas dans le trop, dans un kitsch indigeste et lourd. Malheureusement, "Les garçons sauvages" n'y coupent pas : trop c'est trop. Quant au s*xe, omniprésent dans le film, aucune sensualité, aucun érotisme ne s'en dégage. Loin d'être un propos, la sexualité n'est qu'un prétexte. En effet, le film, sous couvert de phrases pseudo-philosophique à la bêtise abyssale, se veut être une fable onirique et métaphysique, poussant son spectateur aux limites de l'acceptable et de la moralité. Mais ça ne prend pas. Le film ne développe aucun propos, ne critique rien, ne propose aucune réflexion. C'est, au final, un film qui se prend déjà pour un grand mais qui a oublié tout sens de la mesure, en plus de son propos tout simplement absent. Bref, un film au dessein aussi inexistant que les images sont lourdes. J'ajouterai cependant que, les films fantastiques français se faisant si rares, leur seule existence est déjà louable en soi...
Si vous aimez les films de Guy Maddin, vous ne pourrez qu’aimer les Garçons Sauvages, qui au-delà de cette filiation, séduit par son esthétique qui passe du sublime à la série z. Si vous pensez que le cinéma est fait pour décoller de la réalité, voyez ce film porté par la musique magnifique de pierre Desprats.