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Un visiteur
4,5
Publiée le 20 février 2017
Ce film est vraiment bien. Les dessins sont stylés, l'histoire est captivante. On suit plusieurs personnages qui sont vus comme des "déchets" de la société, ils vont se surpasser pour parvenir à survivre. Le final est poignant. Film politique, poétique et d'action, rarement vu.
Avant de réaliser son premier film live avec l'excellent Dernier Train pour Busan, Yeon Sang-ho avait 3 films d'animation à son actif dont Seoul Station qui se déroule avant les événements du Dernier Train pour Busan. L'histoire de ce film d'animation est assez simple mais on sent que le cinéaste a voulu insuffler à son film une critique politique et sociale de la société coréenne. Pas d'humour ni de tendresse dans ce film noir et violent qui achève toutes étincelles d'espoir. Seoul Station est un bon complément au Dernier Train pour Busan et est en plus disponible en bonus sur le bluray du film. A découvrir donc si vous avez aimé le film Dernier Train pour Busan.
Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond en Corée du Sud. Non, non, on ne parle même pas de la charmante petite épidémie transformant la population en infectés voraces mais bien de la société en elle-même car, de manière bien plus affirmée que sa suite-live "Dernier train pour Busan", "Seoul Station" se sert de la thématique zombie pour mettre en exergue le fonctionnement social d'un pays dit développé qui à un moment ou à un autre s'est mis à marcher sur la tête.
Ce n'est pas un hasard si le film se nomme ainsi (la gare de Séoul, finalement pas très mise en avant dans le long-métrage, est connue pour abriter de nombreux sans-abris) ou que l'infection démarre d'un vieil SDF anonyme. Pessimiste comme pas permis, "Seoul Station" met en son coeur des personnages issus des quartiers les plus pauvres de la ville. Yeon Sang-ho y décrit une jeunesse dans un tel état de précarité qu'elle en arrive aux pires extrémités (après l'avoir sorti de la rue, le petit ami de la jeune héroïne la prostitue à son insu pour payer un loyer qui ne cesse d'augmenter) et une main d'oeuvre utilisée puis rejetée violemment comme un simple bien de consommation par les castes supérieures. Démunis sur tous les plans, ces protagonistes seront ainsi les premiers touchés par cette épidémie les faisant évoluer en infectés (comprenez "révoltés") que les autorités n'hésiteront pas à tenter d'éradiquer de la pire des manières compte tenu de leur condition sociale.
Du côté de l'intrigue générale, "Seoul Station" se construit de manière assez classique autour de deux points de vue : celui d'un père prêt à tout pour retrouver sa fille dans le chaos ambiant et celui de cette dernière qui tente de survivre avec l'aide de SDF. Même ici, la restauration d'un lien familial promise comme une échappatoire dans ce déferlement de violence débouchera sur une fin d'une noirceur absolue, éteignant la seule lueur d'espoir qui avait animé le film. Jusqu'au bout et peut-être même encore plus qu'auparavant, "Seoul Station" accentuera le drame social pour dépeindre des personnages que l'avidité de s'en sortir a conduit aux portes de la folie, supplantant même leur peur de l'infection, cette habile toile de fond métaphorique qui reprendra ses droits dans les derniers instants du film.
En fait, les seuls véritables défauts du long-métrage proviennent des passages purement "zombiesques", même s'ils sont toujours vecteurs d'un vrai suspense, ils demeurent trop classiques pour marquer les esprits et ils sont en plus handicapés par une animation qui manque clairement de fluidité à l'écran lorsqu'il s'agit de passer à l'action.
Plus qu'une simple mise en bouche avant d'aller faire un tour à la gare de Busan, "Seoul Station" révèle une volonté bien plus noire de mettre en avant les contradictions d'une société développée alors que sa suite, elle, s'en servira comme points d'appui pour privilégier l'action avec une efficacité peu commune.
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3,0
Publiée le 8 janvier 2017
Je ne suis pas du tout habitué aux films d'animation, je n’en regarde quasiment jamais, mais après avoir vu "Train to Busan", c'était dur de passer à côté de celui-ci. Dans ce film, on retrouve une nouvelle fois une histoire centrée sur un père et sa fille sauf qu'ici, ils sont séparés et donc on va suivre leur parcours pour se retrouver à travers la ville infestée de zombies. Il n'est jamais question de l'épidémie et de comment elle a vraiment commencé, on assiste donc à un survival très classique qui parvient quand même à être captivant malgré quelques longueurs. Le film est long à se lancer, ça manque d'action et il n'y a rien de vraiment divertissant, mais c'est quand même pas mal grâce notamment à une très bonne dernière partie qui contient un twist inattendu et un final très sympa.