Le Collier rouge
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Chris58640
Chris58640

261 abonnés 835 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 avril 2018
Il y a dans le film de Jean Becker quelque chose qui me gêne, quelque chose qui à mes yeux ne fonctionne pas et j’ai beaucoup de mal à mettre le doigt dessus. C’est vrai, je le reconnais, je partais avec un a priori un peu négatif étant donné que les films de Jean Becker ne m’ont jamais tellement « parlé ». Son côté « France profonde » et « bon sens paysan » me gonflent, je n’ai pas honte de le dire. Pour « Le Collier Rouge » je me suis dit que ce serait peut-être différent, étant donné le contexte historique du film, il y avait matière à faire quelque chose de bien. Je dois reconnaitre que, dans sa forme, le long-métrage de Jean Becker se laisse suivre sans déplaisir, surtout qu’il a la bonne idée d’être court, et même très court au regard de la durée habituelle des films aujourd’hui. Du coup, grâce à une réalisation assez dynamique et à une narration en forme de puzzle, l’attention est maintenue sans problème. Le film est parsemée de flash-back, à des époques différentes, le récit se déroule en 1919, puis on retourne en 1914, puis en 1917, puis de nouveau en 1914, etc… C’est une narration complètement éclatée façon puzzle et qui nous permet, spectateur, de voir se dessiner au fil des indices le tableau final : Qu’à donc fait Morlac le 14 juillet et pourquoi ? La reconstitution est assez soignée, du moins dans la forme (pour le fond on y reviendra), les scènes de guerres sont filmées de façon un peu expéditives, que ce soit les tranchées en France ou en Grèce, souvent en plan serré (faute de moyen ?) mais dans l’ensemble, elles fonctionnent et montrent bien ce qu’il y a à montrer, c'est-à-dire l’horreur d’une guerre post révolution industrielle où on se bat au corps à corps, mais avec une sauvagerie décuplée par la technologie. Dans la forme, je ne trouve pas grand-chose à redire au « Collier Rouge », et je ne trouve rien à redire sur son casting non plus. François Cluzet, immense acteur, montre encore une fois à ceux qui en doutaient encore qu’il ne lui faut pas grand-chose pour composer personnage, dans toute sa complexité et dans toute sa sobriété. Il incarne un juge militaire lui aussi, d’une manière différente (et plus subtile), abîmé par le conflit. Nicolas Duvauchelle est plutôt crédible en soldat révolté et sa compagne Sophie Verbeeck ne dépareille pas, en paysanne lettrée et politisée. On appréciera le fait qu’il y ait quelques second rôles un peu effacés mais intéressants, comme celui de l’avoué un peu « concierge » qui prends un plaisir mal dissimulé à juger ses contemporains, ou Louis, l’idiot du village, inoffensif (quoique…) et parfaitement incarné par Gilles Vandeweerd. Je souligne sa performance car ce n’est jamais facile de jouer ce genre de rôle sans tomber dans la caricature ou le mauvais gout. En fait, c’est le scénario qui me laisse une impression un peu étrange, mais ce n’est pas facile d’expliquer pourquoi. En réalité, en prenant du recul, je me suis rendue compte que, tout simplement, je n’y avais pas cru, à cette histoire de soldat accusé d’outrage (l’outrage en question, on le devine d’ailleurs assez vite) dans une France de 1919 décrite bizarrement. L’immédiat après-guerre est un moment très particulier en France, d’abord c’est une classe d’âge entière qui manque à l’appel, c’est une saignée inouïe qui fait que tout le monde, absolument tout le monde, pleure un mort. Ensuite, c’est un moment de grand patriotisme teinté de pacifisme, un mélange un peu schizophrène. Sans préjuger des faits historiques décrits par le film, notamment sur le front grec qu’on connait bien mal ici, en France, on se retrouve souvent dans le film de Jean Becker devant des personnages et des situations très monolithiques. En fait, c’est comme si Becker et son scénariste Jean-Christophe Ruffin (écrivain de talent mais pas historien) avait filmé la guerre de 1914-18 et son immédiat après-guerre avec le regard d’un homme de 2018. Le scénario calque sur cet épisode historique un filtre moderne. Pour faire court, l’homme pacifiste de 2018 ne peut pas comprendre pleinement l’homme de 1914, qui part à la guerre en chantant et en voulant « trucider du boche », l’homme qui en 1917 ne se mutine pas, l’homme qui en 1919 de devient pas un pacifiste forcené. Le personnage de Morlac, sur lequel il y a beaucoup à dire, me laisse dubitative. C’est un paysan qui n’est jamais sorti de son village, qui n’a probablement aucune culture politique avant la guerre, et j’ai du mal à croire à un engagement marxiste pur et dur qu’il aurait « contracté » sur le front des Balkans. Même si je veux bien croire que les idées marxistes aient pu « infuser » dans les tranchées entre un monde ouvrier et urbain d’un côté et un monde paysan et conservateur de l’autre, même si je veux bien croire à des tentatives de fraternisations (probablement anecdotiques ) en 1917, j’ai du mal à accepter un personnage si entier et qui parle en 1919 comme s’il était un de mes contemporains. Et que dire de Valentine ? Elle est à moitié allemande et en 1914 comme en 1919, ça n’a l’air de poser de problème à personne dans le village ? Bizarre et peu crédible à mon avis. Le film veut faire la démonstration que la guerre abîme les hommes (quel scoop !) et qu’elle les rapproche dangereusement de l’animal qui sommeille en lui, et pour ce faire Jean Becker sort ses gros sabots et ne fait pas tellement dans la dentelle ni dans la nuance. Quant à la fin, bien morale, elle tend à démontrer qu’on ne fait jamais de grandes choses sans motivations profondément personnelles, une sorte d’explication psychologique qui là encore, tombe un peu à plat. Même si « Le Collier Rouge » n’est pas un mauvais film, c’est malgré tout à mes yeux un film qui rate la cible.
Yves G.

1 875 abonnés 4 106 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 mai 2018
Devant une prison, un chien aboie. À l'intérieur, Morlac, un soldat démobilisé (Nicolas Duvauchelle), attend d'être jugé. Son juge, le commandant Lantier du Grez (François Cluzet), instruit son dossier. Il rencontre sa femme Valentine (Charlotte Verbeeck).

Sous ses airs de drame historique, "Le Collier rouge" tire plutôt du côté du roman policier façon "L'Eté meurtrier" dont il emprunte le cadre : un petit village du Sud de la France, écrasé par la chaleur de l'été, endormi au chant des cigales.

Son titre et son affiche sont trompeurs. on imagine un roman dont le chien serait le héros. Sans doute ce chien qui accompagna Morlac au front joue-t-il un rôle moteur dans l'intrigue. Mais les vrais héros en sont les trois humains qui jamais ne se réuniront dans le même plan.

"Le Collier rouge" est l'adaptation fidèle du roman publié par Jean-Christophe Rufin en 2014 chez Gallimard. L'académicien en a co-signé le scénario avec Jean Becker, son réalisateur. Le vieux cinéaste - qui fit ses premiers pas il y a plus de cinquante ans aux côtés de son père Jacques dans "Touchez pas au grisbi" - s'est fait une spécialité des films de la ruralité, sans sexe ni violence, qui font un bide à Paris et un tabac dans nos provinces : "Les Enfants du marais", "Dialogue avec mon jardinier", "La Tête en friche"...

"Le Collier rouge" a les mêmes défauts et les mêmes qualités. Il se caractérise par une direction d'acteurs impeccable (à noter dans les seconds rôles le toujours parfait Patrick Descamps et la révélation Sophie Verbeeck qu'on retrouve dans "Mes provinciales"), une reconstitution soignée d'un village français en 1919, une mise en scène effacée et un peu fade. "Le Collier rouge" est un film intemporel. Il aurait pu être tourné en 2018 ou trente ans plus tôt. Un spectacle à savourer en pantoufles, le dimanche soir devant sa télévision avec sa vieille maman.
bobmorane63
bobmorane63

251 abonnés 2 240 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 avril 2018
J'ai beaucoup de sympathie pour le cinéaste Jean Becker qui tourne beaucoup de films qui se passent dans les campagnes Françaises, que ce soit dans la comédie ou dans le drame, bons ou moyens, c'est dans cette deuxième catégorie que je situerais "Le collier rouge" malheureusement !! L'action se passe avant, pendant et après la première guerre mondiale ou un militaire avocat se charge d'une affaire d'un soldat prisonnier en pleine chaleur d'été avec son chien de toujours, dans les bons et mauvais moments, aboie jours et nuits dehors pour son maitre. Le long métrage aura des flashbacks pour savoir pourquoi il est prisonnier. Sur le papier le casting annonçait du bon au départ avec François Cluzet qui a un role d'avocat que j'ai trouvé un peu en retrait, pas très à l'aise dans ce role ce qui est tout le contraire de Nicolas Duvauchelle qui amène de la vivacité dans le personnage du prisonnier. Il y a aussi Sophie Verbeeck étincelante dans la peau de la femme paysanne du prisonnier. Le chien aussi, un beau toutou bien dressé. La mise en scène de Jean Becker est parfois soignée, parfois trop éclairé. Le film dure 1 heure 23 ce qui est un peu court. Moyen.
Alasky

464 abonnés 4 736 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mars 2022
Le style téléfilm ne m'a pas déplu, au contraire j'ai aimé le format "court" du film et j'adoré la reconstitution des décors et les costumes d'époque, tout est vraiment convaincant. Bon casting. Un peu restée sur ma faim cela dit, mais cela n'enlève rien au charme de l'ensemble.
Henrico
Henrico

233 abonnés 1 458 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 février 2019
Jean Becker transcrit très agréablement à l’écran cette histoire sympathique, racontée avec tous les éléments socio-culturel, de l’univers de Pagnol, et avec son style dans les dialogues. Si l’écriture de J-Christophe Ruffin est fort belle, on pouvait attendre une fin un peu plus fouillée. Petit défaut que n’aurait pas laissé passer Pagnol. La gestion des acteurs est irréprochable, comme toujours chez Becker.
gabdias
gabdias

128 abonnés 2 052 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 janvier 2022
Adaptation fidèle du roman de Jean-Christophe Ruffin, comme souvent avec Jean Becker c’est du cinéma simple voire simpliste et minimaliste. Il sait mettre en valeur ses acteurs et notamment F.Cluzet qui est brillant encore une fois mais niveau mise en scène c’est pataud sans frasque notamment avec les flashbacks qui alourdissent.
Flowcoast
Flowcoast

74 abonnés 1 209 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 août 2018
J'ai vraiment eu du mal à suivre ce film : tout d'abord car le film s'appuie la relation Duvauchelle Cluzet de manière trop approximative; jamais les deux acteurs sont sur la bonne longueur d'ondes, pire, je n'ai jamais vu un Cluzet aussi perdu dans un rôle. Compliqué aussi de revenir sur un cadre hyper fermé pour nous emmener sur des flashbacks de la guerre 14-18 du prisonnier ; ça brouille l'esprit mais surtout ça prouve que la ligne directrice du film ne tient pas la route. J'attendais aussi du rôle du chien qui dans le synopsis pouvait avoir un rôle phare mais finalement rien ne ressort. Je saluerais la très courte apparition de Maurane dans ce film.
ronny1
ronny1

59 abonnés 913 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 mars 2021
« Le collier rouge » est un patchwork composé d’une enquête policière sans intérêt, de réflexions sur la guerre 14-18 bien dans le sens du vent qui souffle depuis le « Path of Glory » du grand Kubrick, et d’une histoire d’amour qui, grâce à Sophie Verbeeck, est le seul intérêt du film, malgré sa banalité. En traitant ces trois volets, par absence de choix, le film n’en approfondit aucun. Un bon Cluzet et le joli travail d’Yves Angelo à la photographie, n’empêchent pas l’ensemble d’atteindre l’intensité d’une sieste méridionale, seulement perturbée par l’accent des banlieues de 2018, que prend par instant un Nicolas Duvauchelle sur jouant. Par contre le chien est parfait.
chrischambers86

16 219 abonnés 13 170 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 septembre 2018
Ce n'est pas le meilleur de Jean Becker! Le face à face entre deux hommes très diffèrents qui, humainement parlant, trouvent des points de dialogue bien èvidemment! Un anarchiste en taule condamnè pour ses faits et gestes (Nicolas Duvauchelle, remarquable de sobriètè) et un juge militaire plein d'empathie, fatiguè par ses annèes de guerre stupide et meurtrière (François Cluzet, assez terne). Les deux acteurs montent au front! Le chien, lui, est au milieu de cette oeuvre humaniste! Qu'est-ce qu'on dècerne chez une personne qui prend part à un combat ? Sa part humaine ? Sa part animale ? C'est tout le dèbat! Dans ce drame historique d'après le roman de Jean-Christophe Rufin qui participe à l'ècriture et aux dialogues du film, on voit bien que ce chien incarne les limites de la guerre 14-18! Becker sait mieux que personne utiliser au maximum toutes les ressources du cinoche à l'ancienne! Mais cette fois-ci, la mayonnaise ne prend pas! Le rèalisateur de "L'ètè meurtrier" avait sûrement d'excellentes intentions mais le rèsultat s'avère classique et trop simpliste! De plus, "Le collier rouge" souffre aussi de son côtè acadèmique et une actrice comme Sophie Verbeeck ne dègage aucune èmotion à l'ecran! D'une durèe courte et inhabituelle, le film aurait pu finalement faire un bon petit tèlèfilm sur France 3! Dommage...
Cinéphiles 44

1 698 abonnés 4 685 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 novembre 2018
Nicolas Duvauchelle est un héros de guerre décoré de la légion d’honneur qui est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte dans une petite ville en 1919. Dans la cour, son chien aboie jour et nuit. François Cluzet arrive avec sa casquette de juge de l’armée et tente de comprendre le geste de ce soldat avant de prendre sa retraite. Au milieu de tout ça, une femme usée par le travail, attend et espère la libération de cet homme qui ne souhaite pas s’excuser de son acte. C’est dans une réalisation sans éclat que Jean Becker tente d’adapter cette histoire de confrontation amicale entre deux hommes sur fond d’histoire d’amour parallèle. Si les nombreux flash-back peuvent éclairer l’énigme, ils suppriment toute intensité à ce drame déjà fragile. Les comédiens du « Collier Rouge » sont pourtant excellents mais l’hommage à nos poilus est bancal car trop intimiste.
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I'm A Rocket Man

396 abonnés 3 877 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 juin 2025
Je dois avouer que je suis assez déçu par ce film... vu le réalisateur, vu le casting, je m'attendais à un film poignant, beau et émouvant sur la 1ère GM mais au bout du compte, je me suis ennuyé... déjà j'ai trouvé Duvauchelle mauvais dans son rôle de soldat rebelle mais en plus on voit trop peu le pitou et j'ai trouvé ça terne et sans saveur. Seul Cluzet tire (un peu) son épingle du jeu mais ça ne suffit pas pour nous accrocher.. un beau film mais très décevant vu le thème
conrad7893

354 abonnés 1 679 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 avril 2019
Un film classique avec un duo d'acteurs qui fonctionne bien.
Une bonne reconstitution d'époque.
A part cela rien de détonnant.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 22 mars 2019
Une réalisation très classique, un tantinet old school, simple et lisible. Une variante de plus pour nous narrer la Guerre 14-18. Rien de transcendant, rien d’épique. Tout est sobre voire même plan-plan malgré les scènes de guerre. Même les colères un peu surfaites de Morlac (Nicolas Duvauchelle) sont lénifiantes ! Reste que le récit est prenant avec ce chien en ligne de mire. Un récit concis, ramassé, limpide qui n’engendre ni frustration ni ennui.
Georges P.
Georges P.

97 abonnés 871 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 septembre 2018
Un film émouvant qui pose les bonnes questions (sans jamais que celles ci aient trouvé une réponse depuis un siècle). Le film est fidèle au roman et Cluzet est vraiment un bon acteur.
bouddha5962
bouddha5962

78 abonnés 801 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 avril 2018
Un très joli film sur l’histoire d’un héros de guerre « grande gueule », emprisonné pour déshonneur de la nation, un juge venu en province démêler l’affaire et une femme cultivée mais qui se tue au labeur de la terre...

Les acteurs Nicolas Duvauchelle et François Cluzet sont admirables et charismatiques.

Le décor d’une France profonde, oubliée, écrasée sous une chaleur accablante et un chien qui porte un mystérieux collier rouge...

Un bon film court et réussi !
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