Voici le film que David Robert Mitchell a présenté cette année à Cannes, son troisième, qui arrive après avoir été découvert au public avec son précédent, It follows. Ceci était un excellent film d'horreur qui comptait sur un pitch original - une présence qui suit sa victime très lentement, changeant de victime quand un rencontre sexuel a eu lieu - renforcé grâce à une réalisation impeccable. Mitchell se montrait comme un jeune talent qui savait adapter les codes du cinéma des années 70, surtout le maître Carpenter, pour les présenter à un jeune public contemporain sans renoncer à un style personnel. En plus, la métaphore d'une menace constante comme angst adolescent mettait en évidence le talent de Mitchell comme scénariste puisque il évitait les répétitions et les révélations trop évidentes.
Dans son nouveau film, Mitchell adopte à nouveau des codes classiques, années 50 cette fois-ci, pour les présenter aux nouvelles générations. Notamment Hitchcock est présent tout au long du film, et non seulement pour la pierre tombale qui nous confirmera la référence au roi du suspense: la lente poursuite en voiture, avec un plan qui se juxtapose au suivant, nous rappelle à celle de Vertigo. Mais on a aussi la fille disparue qui imite Marilyn Monroe dans la piscine et un protagoniste défiant dans le dernier plan du film qui semble à James Dean. Janet Gaynor est également souvent nommée puis dans tous les appartements du film des affiches de films sont accrochées. Des innombrables références se succèdent sans arrêt et malheureusement elles prennent autant de place qu'elles étouffent l'âme du film.
Malgré un couple protagoniste très charmant, Under the silver lake deçoit. C'est une histoire de l'amour platonique et sa perte, mais c'est surtout un portrait atypique de Los Angeles. Un parcours touristique qui nous mène d'une légende urbaine à l'autre;
des messages sataniques dans les chansons, des cartes cachées dans les cartons de céréales, un seul homme qui écrit tout les hits de la radio, l'esprit d'un acteur du cinéma muet qui tue les chiens, la femme chouette qui tue des homme dans leur sommeil, des grands caïds disparus qu'en réalité habitent des bunkers deluxe...
Même si ce mélange d'histoires semble attirant, le résultat finit par être saturé jusqu'au point de nous faire perdre le fil et de la trame et son intérêt.
Le film rappelle énormement aux complications des récits de Pynchon. On ne peut pas nier l'influence de Inherent vice et la réalisation de Paul Thomas Anderson chez Mitchell. Par contre, quand les romans de Pynchon utilisait les subtrames extravagantes pour diviser le récit en plusieurs chemin, nous guidant par celui le moins attendu, Under the silver lake incorpore ces trames parallèles dans le fil principal de manière trop insistante. Comme conséquence, à la fin du film on a l'impression que le scénario n'est pas bouclé et on ignore si c'est voulu ou pas. Un faux-pas de Mitchell.
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