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Jean-luc G
89 abonnés
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4,0
Publiée le 16 mai 2020
Zviaguintsev propose un drame d'une sèche beauté et d'une force insoupçonnée. La musique minimaliste de Galperine, un scénario simpliste-la fugue d'un ado rejeté par des parents au paroxysme de leur divorce-, sont suffisants pour permettre que cette réalisation soignée, presque hypnotique, toujours plus élaborée qu'elle n'en a l'air, nous happe dans cette revisite de la Russie moderne. La brève apparition de Alyocha est début de film est bouleversante,spoiler: le passage final dans une morgue tout autant . Certes la Russie moderne n'est pas épargnée - des adultes accros à leur téléphone et leur petit bonheur personnel, la règle tacite dans certaines boites de ne pas divorcer-, mais le propos vise à l'universel, l'homme ayant besoin dans n'importe quel pays d'un minimum d'amour pour accepter sa propre vie de mortel. Décidément, sans crier pour autant au chef d'œuvre, revoir Faute d'amour permet de mieux appréhender cette tragédie à l'état pur, le respect de Zviaguintsev, voire son empathie pour ses personnages issus de la classe moyenne, indéfiniment englués dans leur solitude, leur incapacité à aimer autre chose qu'eux même. Les parcs de la banlieue moscovite sont inquiétants sous le ciel plombé de l'hiver qui arrive, mais à nouveau, le refus de tomber dans la facilité de belles images pour s'attarder sur des sites bétonnés voire des sites industriels en décrépitude, confère à Faute d'amour la quintessence d'un cri d'alarme, brut et sans fard, inextinguible quand un enfant disparait. TV2 vo - mai 2020
Un film froid à tout point de vue, déjà avec les décors, gris, pluvieux ou neigeux, ensuite avec l'ambiance : un couple qui se déchire violemment, égoïstement, jusque’à oublier qu'ils ont un enfant, pas désiré, pas aimé qui, quand il comprend que ces parents qui vont divorcer, se disputent pour n'en avoir pas la garde, décide de disparaître ... s'en suit un traitement froid de l'affaire par une police en manque de moyens, un redoublement des disputes, de l'angoisse, certes, mais pas partagée, du remords non, même pas.... Une équipe de bénévoles au sein d'une association va prendre les choses en main;, sans succès...les nouveaux partenaires qui partagent plus ou moins la vie des deux époux, sont eux aussi froids, égoïstes, distants, .. les mères de deux des personnages sont imbuvables .... Et tout se déroule dans une Russie en plein mutation.... Le film est esthétiquement réussi, mais froid, il ne prend pas partie, il montre en longs plans-séquences le plus souvent, avec des cènes terribles comme celles de la morgue, ou de la bâtisse abandonnée...les scènes de sexe ou d'amour sont toutes tournées soit à contre-jour, soit dans la pénombre En tant que spectateur, je me suis quand même beaucoup ennuyé, car le film est lent, peu de musique, plus d ecris que de dialogues, et j'avoue que l'évocation dramatique m'a laissé plutôt froid
Film terrible sur l'enfance bafouée par des adultes qui errent, eux-mêmes infirmes héritiers de parents ne sachant pas aimer. La toile de fond d'une Russie moderne déshumanisée ne donne pas plus d'espoir...
Mouaif.... Je veux bien comprendre que techniquement c'est pointu, que l'ambiance froide est restituée, les acteurs jouent très bien, etc... Pas de défaut particulier. A part peut être des scènes dont la présence et ou la longueur questionnent. Mais je n'ai pas réussi à être touché par ce film. Pourtant j'ai été intéressé par l'histoire, par les questionnements sur l'individualisme, le couple, la relation aux enfants, une vision de la Russie, etc... Mais ce film ne me laisse pas grand chose en mémoire. Difficile de comprendre les éloges à son sujet.
Film ennuyeux,avec des scènes inutilement longues(couple faisant l'amour au début pendant 10min.) ou des plans sans intérets pour la compréhension du sujet.Le pire est la fin car on se demande tout de même s'il vont retrouver l'enfant..mais non,on n'en saura rien.Je n'ai pas vraiment apprécié,on peut facilement passer a autre chose
Dans une ambiance grise et froide, dans un décor tantôt urbain, tantôt rural, ce film raconte l'histoire de deux parents en plein divorce, confrontés à la disparition/fugue de leur fils. Un film lent mais agréable à suivre. spoiler: J'ai aimé la métaphore de la déshumanisation et de l'égoïsme des parents : le squat dans un bâtiment abandonné, quasi détruit, en ruine.
Je m'attendais à mieux. En fait ce film décolle pas du tout. Il est lent et mou. C'est un peu dommage car j'ai beaucoup aimé l'histoire. ça aurai pu être mieux. Dommage !! Les personnages jouent néanmoins pas si mal.
Un drame poignant. D'une mise en scène somptueuse et d'une photo à tomber, le film n'en demeure pas moins un portrait acerbe sur notre société individualiste où l'amour pour son enfant est devenu opaque. Il faut l'absence de cet enfant pour que celui-ci soit présent dans l'esprit de ses parents. Magnifiquement interprété, les acteurs jouent avec une certaine retenue assez glaçante et qui en fait pour une fois des personnages principaux ni tout bons ni tout mauvais. La fin ne donne pas forcément les clefs de cette disparition mais apporte un subtil message par un dernier plan de toute beauté poétiquement cinématographique. Bref ce film est une pépite !!
Un couple se déchire dans la Russie d'aujourd'hui. Leur enfant disparaît. Avec une froideur effrayante, le film dresse un sombre portrait de la société modernisée d'une nation bouleversée en trois décennies. Cet homme et cette femme, obsédés par leur égo, leur confort, leur statut font froids dans le dos. Ils en oublient leur enfant, ou plutôt leur enfant devient un instrument pour obtenir ce qu'ils veulent sauvegarder. Plus que des individus matérialistes, il s'agit de personnages qui ont perdu leur humanité. Calculateurs et égoïstes. C'est magistralement filmé: on pense souvent à Haneke pour ce côté clinique et distancié des horreurs sourdes qui se trament sous nos yeux. Pour autant, jamais on ne se dit que c'est un constat de misanthrope aigri. Au contraire, le tragique n'a pas l'exclusivité de la Russie: le sentiment est universel. Un grand film qui met mal à l'aise.
j'ai vu FAUTE D AMOUR parce qu'il était primé à Cannes même si je devinais que le sujet serait lourd . Dès le début on est plongé dans l'ambiance "morose" du film donc il faut être prêt à passer un moment presque "désagréable" . il faut perséver car le sujet est grave mais très réaliste , la mise en scène & acteurs très bons , bref un film qui marque .....et fait réfléchir . A éviter quand même le soir juste avant de se coucher
Encore un très joli drame de Zviaguintsev qui démontre une fois de plus un talent incroyable pour tourner des scènes de dialogue d'une grande intensité et maintenir une tension remarquable pour nous interroger sur la disparition de ce gamin. Réalisation et interprétation magnifiques, du grand art comme on commence à être habitué avec lui...
Encensé d’autant plus en Occident qu’il n’est pas vraiment en odeur de sainteté dans son propre pays, Andreï Zvyagintsev est un observateur passionnant de la Russie contemporaine, une pays qu’il aime, de cet amour proche du mysticisme que les artistes russes ont toujours éprouvé pour leur patrie mais dont il ne cesse de déplorer qu’au delà de ses rodomontades de grande puissance déchue, elle éprouve de plus en plus de difficultés à assurer la cohésion de sa société et le bonheur de ses citoyens. C’est toujours par le petit bout de la lorgnette que Zvyagintsev entame sa psychanalyse de la société russe, pour mieux étendre petit à petit, le tableau et les constats qu’il tire de l’observation approfondie d’un micro-phénomène. Pris dans la tourmente d’un divorce difficile, alors qu’il découvre que son père et sa mère, qui ont déjà refait leur vie chacun de leur côté, ne souhaitent plus s’occuper de lui, un enfant disparaît : il faudra trente six heures pour que ses parents remarquent son absence et, devant l’impuissance cynique de la police, fassent appel à un organisme spécialisé dans les disparitions. On découvre alors cette homme et cette femme, aussi égoïstes et détestables l’un que l’autre, retrouver un semblant d’humanité alors qu’ils recherchent désespérément leur enfant, au fil de plans contemplatifs que n’aurait pas renié Tarkovski, même si Zvyangintsev, après en avoir été un imitateur studieux, trouve ici peu à peu sa propre voie artistique. Ces tableaux, d’une beauté toujours aussi hiératique, transcendent la banalité et la pauvreté architecturale des paysages urbains russes...mais aussi le luxe vulgaire du cadre de vie de ceux qui ont les moyens d’imiter les classes aisées mondialisées. Héritier des grands cinéastes européens de l’après-guerre, Zvyagintsev propose un récit à deux niveaux : au-delà des actions pragmatiques qu’elle initie, la quête pour retrouver l’enfant, qui peut prendre ici la forme d’une confrontation houleuse avec une grand-mère dépourvue d’affect ou de l’exploration minutieuse d’un bâtiment en ruines perdu dans la forêt, se double d’une déambulation intérieure, qui devient plus lisible à mesure que les espoirs de retrouver le disparu s’amenuisent : toute culpabilité évacuée, la disparition du petit procure à ses parents, à un niveau inconscient, un vif soulagement : elle est le catalyseur qui leur permet d’asséner le coup de grâce à leur relation, de la vider de tout ce qui lui donnait encore le moindre sens. On aurait tort de n’y voir qu’une critique de la petite bourgeoisie russe, mesquine et individualiste : le réalisateur parle de ce qu’il connait le mieux bien sûr, de certaines spécificités locales, comme ces entreprises menées par des orthodoxes pour qui la moralité et la vie maritale de leurs employés priment sur leurs compétences...mais son propos englobe l’humanité au sens le plus large, une humanité qui a perdu la notion de transcendance et ne voit plus l’avenir que par un prisme carriériste et pratique, puisque la vie privée se mène aujourd’hui, à peu de choses près, comme une carrière. ‘Faute d’amour’ n’est en rien le film déchirant que son sujet laissait présager : en fin de compte, la disparition de cet enfant triste et mal-aimé n’a qu’une valeur métaphorique, qui laisse toute la place à une vision glaçante et pessimiste d’une humanité où chacun est muré dans sa souffrance, ses besoins, ses rêves et ses ambitions, et où il n’est plus possible ni même désirable de partir à la rencontre de l’autre.
Quand l'égoïsme des adultes à la recherche d'un soit disant bonheur détruit les enfants, c'est parce que la société n'est autre que pourrie de l'intérieur. Chaque détail de ce film nous montre que les Hommes peuvent être maudits de génération en génération ou attachés à des envies destructrices. Le rythme y est lent mais tellement prenant, les acteurs détestables mais attachants et les décors moroses et pourtant si beau. Ce film secoue le spectateur dans tous les sens malgré ce calme absolument qu'il règne dans l'histoire. Je le conseille fortement aux mauvais parents! ;-)
Le film passe difficilement sur un écran de télévision, sombre et lent, sans musique, sans chaleur, déprimant. Ce qu'il montre de la societe russe est intéressant vu de l'occident, une Russie aisée équipée d'i phones et peuplée de jolies femmes très froides, bien loin de la Russie soviétique et industrielle. Ce film dépeint les ravages universels de l'indifférence et du désamour. En tant que mère, il me fait froid dans le dos.