Les Harmonies Werckmeister
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 novembre 2010
Bela Tarr est un cinéaste atypique, possédant une conception du Cinéma quelque peu singulière. Avec lui, tout - ou presque, passe par la forme. Les Harmonies Werckmeister est un film exigeant, lent, contemplatif, contenant très peu de plans et doté d'une durée conséquente (plus de 2h15). Au fur et à mesure que nos yeux et nos oreilles s'habituent à cette valse de mouvement et de silences assourdissants, l'on comprend un peu de quoi il en retourne. Bela Tarr est un réalisateur dont l'ambition est de filmer la vie, de façon insolente. Chez lui, le Temps est quelques chose de précieux, qu'il ne faut pas perdre, auquel on s'agrippe, quitte à en perdre quelques uns en cour de route. Telle une véritable conscience humaine. On peut voir chez Tarr un certain perfectionnisme proche de Kubrick dans chaque plan, qui se révèle être un travail de tout les instants, avec un jeu du mouvement, des lumières et des ombres. On entrevoit également un peu de mysticisme tarkovskien, tant par l'aspect philosophique du propos que par le montage très hypnotique et apathique. Ici, la forme est la sueur de l'idée, Bela Tarr est un cinéaste de l'abandon à la maitrise (dans la conception il serait proche de Kubrick, Pialat ou Wong Kar-wai).
Une des forces du film, est la façon dont Tarr filme l'homme, et surtout son visage. On peut y sentir toute la détresse du monde, et en cela, Tarr peut être vu comme un cinéaste humaniste, mettant l'homme au centre de l'univers (qui renvoie à la première scène du film où les hommes sont matérialisés comme des astres).
Les Harmonies Werckmeister est un film oscillant entre réalisme et onirisme métaphorique. La baleine, principal enjeu dramatique du film, pourrait symboliser un élément extérieur quelconque venant troubler un groupe de personnes (ici les habitants du village) vivant presque dans une forme d'autarcie. Métaphore de la mondialisation ? De la perte de l'innocence ? Du conditionnement ? Les pistes sont nombreuses, mais trop de virtuosité peut il essouffler le propos ? Peut être bien. Et Tarr, à l'image de son héros, explore ce monde, en posant sur lui la vision d'un philosophe simple et différent.
Les Harmonies Werckmeister est un film emprunt d'un lyrisme triste, à la mise en scène inspiré mais parfois trop exigeante malheureusement. Une belle oeuvre cinématographique du moins.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 mai 2015
Longtemps que l'on rôdait autour de Béla Tarr. On tâtonnait, tergiversait, on n'osait pas. et puis voilà... un film somptueux et magique à la lumière irradiante, à l'esthétique fulgurante (Alekan doit en fremir d'aise dans sa tombe), aux temporalités languissantes et aux Abymes métaphysiques périlleuses. Ce n'est pas un film : c'est une prophétie. écho assourdissant d'une société un désarroi. On frôle le chaos on effleure la joie. On en sort K.O, on ne s'en remet pas. un immense moment de cinéma. Dont on ne sort pas indemne.. Damnés ou sauvés..? Bref, Alleluia.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 septembre 2009
La force de ce film réside dans l'originalité du scénario et les extraordinaires plans-séquences agrémentés d'une musique totalement adéquate. Des plans longs et quelques longueurs sont de rigueur, mais ne sont là que pour augmenter l'intensité visuelle du film qui nous subjugue par sa force à captiver l'oeil. L'étonnant Lars Rudolph sied parfaitement à ce rôle si ambigü, et le vieux Peter Fritz est parfait. Hanna Schygulla y joue somptueusement (actrice expérimentée). Si vous êtes adeptes de cinéma traditionnel, n'y allez pas.
Personnellement je n'y connais rien au cinéma, mais c'est mon film préféré. Je conseille seulement aux gens très doués d'y aller.
Captain Ad Hoc
Captain Ad Hoc

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1,5
Publiée le 16 mars 2026
Janos Vanushka, distributeur nocturne des journaux, au long de deux longues journées sans sommeil et à la rencontre de ses amis et concitoyens, va traverser et retraverser sa ville désaffectée ; ville qui va progressivement s'enfiévrer à l'arrivée d'un montreur de baleine itinérant.
Ce film marque d'abord par sa photographie en noir et blanc qui vient parfaitement souligner les contrastes du décor et des personnages, et les magnifie. Les plans-séquence longs et posés finissent de former les contour d'un cinéma sûr de lui, qui se veut éloquent et envoûtant.
Rapidement, la beauté formelle des images est cependant perturbée par la bande-son : comme d'autres grands réalisateurs l'ont parfois fait, Béla Tarr a choisi d'engager en partie des acteurs étrangers (allemands en l'occurrence) qui ne parlent pas la langue du film, quitte à devoir les doubler en hongrois dans un second temps. Ce casting transfrontalier concerne carrément les 3 personnages les plus récurrents. De ce fait, il n'existe pas de réelle VO. Je respecte ce choix, je n'aime pas le résultat : trop visible et audible dans de nombreuses scènes (y compris si on ne parle pas hongrois, comme c'est mon cas), le doublage médiocre sabotant l'immersion du spectateur et la performance des acteurs.
Ensuite, ce film renonce à la clarté du propos : il ne cherche pas à parler au spectateur, il se réfugie la plupart du temps dans l'évocation. Non pour l'amour de la poésie, bien plus pour la dissimulation de l'inconsistance des idées, dans la tradition du mysticisme hypnotique, qui cherche à séduire et manipuler avant de convaincre. Le film multiplie les clins d’œils à la politique et la philosophie (ordre/chaos de la musique et de la cité, divinité du cétacé, totalitarisme des foules, collaboration des traîtres, absolu des aspirations de l'artiste, ...) mais s'en tient à des métaphores dont les objets sont tous plus indéfinis les uns que les autres. Soin est laissé au spectateur de comprendre ce qu'il veut s'il consent à s'adonner à une pseudo-révélation séduisante et vide de toutes bases solides.
Seul un discours est offert : celui du personnage Gyorgy Eszter, qui vient cette fois expliquer très clairement le nom du film au travers d'une "théorie" de l'harmonie franchement simpliste : les règles actuelles de la théorie musicale (définies par Andreas Werckmeister) l'ont éloignée de la nature et par là-même empêchent la musique d'atteindre l'harmonie. Tant qu'on inscrit ce discours de Gyorgy dans le dialogue, sa longue tirade reste éloquente et permettrait de définir de manière intéressante le personnage. Seulement, comme on devine que sa théorie musicale doit être la base d'une extrapolation à l'harmonie de l'art, à l'harmonie du film et à l'harmonie de la société, je me permets de souligner sa légèreté et la franche indigence de ses arguments. Encore une fois, charge au spectateur d'y adhérer ou non, et, s'il y adhère, d'accepter la révélation mystique ou d'essayer de produire le travail que n'a pas produit le film, c'est à dire, trouver de vrais arguments étayant la théorie.
Enfin, le film traîne en longueur et la beauté du vide a fini par me lasser, quand bien même je peux souvent apprécier ce type de film contemplatif. Je mentionnerais pour finir que la scène initiale, en jouant autour du concept d'éclipse solaire et en montrant ostentatoirement un feu dans un poêle puis un gros néon en premier plan, invite le spectateur à porter une attention particulière à l'éclairage dans la suite du film. Par la suite justement, le personnage principal, dans de longues séquences, va s'éloigner de la caméra ou s'en approcher, tout en s'éloignant ou s'approchant d'une source de lumière selon la scène. Le réalisateur semble ainsi souligner les énigmes intérieures de Janos. Dommage que l'éclairage soit irréalistes dans certaines autres scènes : il est beau, j'aurais pu en rester là, mais l'avertissement fourni dans la scène initiale m'a poussé à remarquer ces quelques incohérences.
En conclusion, une très belle image qui ne parvient pas à faire surgir à elle seule l'harmonie naturelle comme semblait le vouloir Béla Tarr.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 février 2013
Whao! Sans aucun doute 4 des plus beau plans séquences de l'histoire du cinéma sont dans ce films! Certainement l'un des plus grand film de tout le temps malgrès quelques longueurs certaines! Merci Mr Blea Tarr
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 juin 2007
Un film de l'an 2000/2001 vraiment incroyable qui m'a fait découvrir un très très grand cinéaste de notre époque. Avec sa mise en scène il explore l'espace et le temps de manière intrigante et exceptionelle pour nous faire vibrer devant cette histoire peu routinière. Harmonie des planètes, Harmonie musicale... et l'Harmonie des hommes, c'est pour quand? C'est de la poésie visuelle, c'est absolument remarquable, je l'ai vu et au fur et à mesure que les mois passaient j'ai senti à quel point j'ai été bouleversé. A voir absolument. Moi il me faut découvrir les autres films de ce réalisateur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 décembre 2006
L'oeuvre d'un génie. Un des rares films à avoir atteint le Sublime.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Chaque plan a été pensé dans une logique d'ensemble. C'est plus que parfait, ça frise l'exellence. Irréprochable.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Il est difficile de parler de certaines oeuvres, celles qui vous ont émus, désorientés, foudroyés. Imposible d'émettre une critique constructive... La première scène est d'une poésie à couper le souffle et celle de l'hôpital d'une force inégalée. Ah ! le plan sur le vieillard : "Il y a toute l'histoire de l'humanité dans ce satané plan !" J'adore et je conseille à tous ceux qui veulent faire l'expérience de la beauté.
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