Phantom Thread
Note moyenne
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325 critiques spectateurs

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Koalahama
Koalahama

11 abonnés 198 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 décembre 2018
Beaux costumes, belle photographie, belle musique, bons acteurs... mais aussi très lent. Je n'ai pas été emporté par l'histoire.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 décembre 2018
Mouais. J'avais volontairement zappé le dernier Paul Thomas Anderson parce que The Master et Inherent Vice m'avaient je dois le dire assez ennuyé, c'était loin d'être la folie et j'avais même trouvé Inherent Vice mauvais. Mais vu que tout le monde se tirait sur la tige à propos de ce film j'ai quand même voulu le voir en espérant retrouver quelque chose qui avait la puissance de There Will Be Blood, mais non, à la fin j'en pouvais plus, j'étais juste exaspéré.

En fait ce cinéma là de manière général est bien trop maniéré pour moi, alors oui ça va avec le sujet du grand couturier qui est un perfectionniste et un maniaque du contrôle, mais moi visuellement ça ne m'intéresse pas. Disons que lorsque je vois ce genre de film, je vois des gens qui filment mollement la tapisserie. Alors oui, c'est magnifique visuellement, les couleurs, les cadres sont splendides... Mais ça ne suffit pas, tout ça c'est mort, c'est du décor, ça ne vit pas...

Les acteurs sont très bons et j'avoue que Vicky Krieps est parfaite pour le rôle, elle a ce côté vraie personne, elle est jolie, elle a cette beauté qu'ont les gens ordinaires et ça fonctionne très bien.

Cependant ce qu'ils racontent n'est pas très intéressant. Je veux dire qu'on se tape quand même 2h10 de film où on se demande quand même ce que font les deux ensemble. Alors oui au début c'est pas mal du tout, on comprend pourquoi elle le suit, sa technique de drague est sympa, il doit être un peu intimidant... Mais franchement directement tu as la Cyril qui débarque, qui vient noter les mensurations de la jeune femme... Du coup elle tire la gueule, ce qui est logique, elle vivait un moment privilégié avec un homme, un peu décalé pour un premier rendez-vous, mais ça gardait une sensualité, mais là tu as la tête de harpie qui débarque directement... et lorsque le mec lui demande si elle veut continuer à essayer une autre robe elle dit oui avec un grand sourire comme si de rien n'était.

Franchement ?

Moi j'ai arrêté d'y croire.

D'ailleurs toutes les chamailleries ne sont pas attendrissantes, c'est juste agaçant, le mec l'envoie bouler violemment et elle reste bien sagement, c'est insupportable parce que jamais on ne sait pourquoi elle reste. Alors oui, elle dit qu'elle l'aime, mais c'est pas montré, visuellement je ne sais pas qu'elle l'aime, on me le dit mais je ne le vois pas.

Alors oui la toute fin aurait pu être sympa, mais ça arrive trop tard, je me suis déjà tapé trop de faux semblants, trop de manières pour que je puisse en avoir quelque chose à foutre. Elle aurait pu tuer le mec à la machette et manger son cadavre avant de réciter l’œuvre intégrale de Mao que le film m'avait perdu depuis une bonne heure.

Bref c'est un cinéma que je n'aime pas, je ne dirais même pas que c'est austère, parce que j'adore l'austérité, c'est juste que c'est vide... Pas mal fait hein... Mais sans saveur... Et en sortant de là je ne comprends pas que tout ce beau monde soit allé perdre son temps à faire ce film et moi à le regarder.
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2018
Très beau film à tout point de vue, un peu long sans doute. Belle réalisation, des acteurs excellents, un film raffiné puisqu'il s'agit ici de haute couture. Le scénario se développe sans problème et les personnages montrent la complexité de leur caractère et de leurs sentiments. Un film riche en qualité esthétique et musicale. Les 3 acteurs principaux sont d'une extrême justesse.
NarnoNarno
NarnoNarno

49 abonnés 718 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2018
“Phantom Thread“ est à l’image de la création d’une robe d'un grand créateur: la réflexion est longue, le choix des étoffes judicieux, la conception délicate et précise, et le rendu magnifie la personne qui la porte comme celui qui la crée. La relation entre le personnage R.Woodcock et le réalisateur P.T.Anderson est finalement très étroite, tant le savoir-faire millimétré de l’un se mimétise avec le talent de l’autre. On a beau être très loin de la disco rythmée et colorée de “Boogie Nights“ (1997), de la rage d’un “The Will Be Blood“ ou de la folie ambiante qui parcoure la filmographie du grand réalisateur, mais il y a encore dans ce “Phanton Thread“ une force hypnotique qui impose au spectateur une attention constante. Contrairement aux autres oeuvres de P.T.Anderson, ici tout est feutré, calme, toujours rigoureux et précis, et en fait sans doute son film le plus « grand-public » et le plus accessible. Plus encore que la réalisation pointilleuse qui ne laisse aucun détail au hasard, “Phantom Thread“ brille également par son histoire d’amour qu’on estime impossible mais dont l’impasse tant attendue se fait attendre. Elle est magnifiée par 2 personnages au tempérament fort, jouée magistralement par D.Day Lewis (encore en lice pour être le meilleur acteur du monde) et celle qui lui tient tête avec une grâce étonnante et déterminée, l’étonnante surprise de V.Krieps. Les dialogues, les gestes et leurs regards: tout est calibré pour une intensité forte et mesurée. Le film s’apprécie avec le temps de sa vision, ce qui peut laisser certains spectateurs sur les coutures externes en lui reprochant ses lenteurs et la minceur de son histoire, Mais ceux qui se laisseront vêtir par ce film de haute-couture, s’apprêteront avec élégance pour passer un moment délicat de très beau cinéma.
tristan stelitano
tristan stelitano

72 abonnés 1 138 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 novembre 2018
Après son incroyable performance sous les traits d'Abraham Lincoln, dans le biopic de Steven Spielberg en 2012, Daniel Day-Lewis se glisse encore une fois dans un rôle fait sur mesure, cette-fois-ci sous les traits de Reynolds Woodcock, un couturier londonien à la fois enfantin, glacial et tyrannique. Sa rencontre avec Alma va bouleversée sa routine habituelle : Il ne pense qu’à son art et à sa mère, vit en permanence avec sa sœur, qui prend un malin plaisir à se débarrasser de ses conquêtes lorsqu’il s’en lasse. Mais la jeune Alma (Vicky Krieps), diffère de toutes les autres. Leurs dualité est au cœur du film : entre la séduction, la muflerie et chaque humiliation provoqué par Reynolds ne fait que renforcer la résistance d' Alma ce qui lui vaut des attitudes et des répliques de plus en plus blessantes. Et se qui fonctionne et qui rend cette idylle particulièrement touchante, ce sont chaque décision qu'elle prend pour ne pas perdre cet être à la fois irréprochable, figé et si troublé par la vie. C'est un étrange couple que forme avec complexité un célèbre couturier et une serveuse d'auberge que le cinéaste réussit à mettre en scène remarquablement. Il reconstitue avec minutie cette Angleterre fortunée des années 50, les choix de cadrage et les effets de lumières font de ce long-métrage une véritable œuvre picturale, en hommage à un cinéma romanesque so british mais aussi parfois à celui d' Alfred Hitchcok : cette insistance à filmer la nourriture qui joue aussi un rôle essentielle, avec des couleurs parfois assez sombres(notamment les omelettes aux champignons) qui transforme ce qui ressemble magnifiquement à un postulat romantique des plus classiques en thriller psychologique bien plus retors qu’il n’y paraît. Il y a presque une dramaturgie " criminel " dans cette surprenante histoire. Mais ce couple que l’art réunit et que le quotidien sépare, il a l’insolence de célébrer la passion, la démesure, l’amour fou qui se nourrit de tout, même du sadomasochisme, pour exister encore et toujours. Daniel Day-Lewis est sans aucun doute le pilier du film dans le rôle de ce couturier monomaniaque et obsédé par les codes de la haute bourgeoisie, et qui fait face à une Vicky Krieps qui se révèle avec talent dans ce passionnant long-métrage. C'est peut-être le dernier film de Daniel Day-Lewis puisqu’il a récemment annoncé prendre sa retraite. Rien à dire là-dessus, après tout il a un très beau parcours, il a remporter de nombreux oscars, donc si sa carrière doit finir ainsi, elle est juste bien méritée. " Phantom Thread " possède une direction artistique à la fois asphyxiant et soignée, qui rend souvent hommage à l'art expressionniste, mais possède un suspense fulgurant qui retient notre souffle pendant deux heures. Un grand film romanesque et dramatique qui offre un spectacle à la fois sensuelle et passionnant, qui fait souvent preuve d' audace, faisant de cette œuvre un tournant magistral supplémentaire dans l'histoire du septième art.
Last Action Zero
Last Action Zero

90 abonnés 278 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2018
On a du mal croire, que c'est fait par le même auteur, qui a pondu le pétaradant Boogie Night, que par ailleurs j'adore. Toujours de la virtuosité et de la maitrise dans la mise en scène. Mais que de raffinement et de subtilité, dans ces discrètes images d'esthète. Une grande maturité. Presque de l'humilité. Le rythme est tranquille et millimétré, pas intensément passionnant. Surement à l'image de la vie austère et maniaque, que mène ce vieil artisan quasiment ascète. Pourtant, malgré la nonchalance de la narration, jusqu'au "twist" final, je n'ai pas vu passer les deux heures. Un film certes calme et tout en sobriété. Mais pas réellement ennuyeux. Un concept original. Une d'histoire d'amour romanesque et romantique, pourtant traité avec réalisme et froideur. Mais surtout, avec tension et suspens, comme un thriller psychologique, à travers une espèce de dramatique et dangereuse lutte de pouvoir. Le scénario joue avec notre cinéphilie des clichés, nous prenant régulièrement à contre-pied, lorsqu'on s'imagine face à des situations attendus. spoiler: Et cette idée de jouer la surprise, sur un duo de névroses qui se complètent, pour servir de base intime aux fondations d'un couple, jusqu'à la fin, je ne l'ai pas vu venir. Un homme du monde ultra sensible, immense artiste snob et narcissique, atteint d'un syndrome de Münchausen, qui rencontre son âme sœur dans sa muse du moment. Une belle prolo ingénu, ignorante, et un peu gauche. Mais aussi un peu sorcière, et qui apprend vite. Et qui développe un Münchausen par procuration, seulement pour lui plaire et par amour pour lui. Il fallait y penser. C'est plutôt tordu, malsain, et perverse. Mais très bien vu.
à l'époque de sa sortie en salle, on a loué les qualités d'interprétations de Daniel Day-Lewis dans ce film. J'en aurait fait tout autant, si ce n'est plus encore, pour celles de Vicky Krieps, qui restera pour moi, la découverte la plus épatante de ce malicieux film de grande classe. à voir au moins une fois. Pour ma part, ce film étant assez loin de ma cinéphilie habituelle, ça sera la seule. Bien que, au vu des nombreux non dits et détails floues de cette histoire, je reste persuadé qu'il ne soit pas inintéressant en deuxième lecture. Je connais des films qui cachent des indices, dans leurs flot soutenu d'image ou de dialogue, que l'on peut aisément louper par manque d'attention. Mais un film tellement économe et posé, qu'on en arrive à passer à coté d'importants détails d'intrigues, distrait par une fausse impression de banalité, c'est pour moi une première.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 4 novembre 2018
Très déçu par ce Paul Thomas Anderson.

L'histoire est d'une lenteur et d'un ennuie sans égal. Pour faire simple, il ne se passe rien. Tout le long, on a le couturier qui est simplement insupportable et sa femme qui s'ennuie et essaye de le motiver un peu. Cette phrase a elle seule résume 2h de film ; pas une seule note d'humour ou même de quoi que ce soit de positif, littéralement aucun rebondissement, aucune intrigue digne de ce nom.. Un court-métrage étalé sur 2h. Et pour couronner le tout, la fin est simplement ridicule, elle n'a aucun sens.

La musique est difficile à supporter, aussi léthargique que tout le reste, tout en gardant un côté oppressant, comme seule la musique classique sait faire.
Ce qui se traduit par une atmosphère pesante au possible, dépressive et fade.

Les acteurs sont bons, rien à redire, mais c'est loin d'être suffisant pour sauver le film du naufrage.

0.5/5 Je regardes un film chaque soir et ça fait très longtemps que je n'avais pas vu un navet pareil.
Didier L
Didier L

38 abonnés 222 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 septembre 2018
Telle la fascination exercée par un tissu en soie, son chatoiement, la finesse de son grain, sa douceur, sa solidité, "Phantom thread" tisse inexorablement sa toile dès les premières images, les premiers échanges de dialogue éblouissants et fascine le spectateur. Paul Thomas Anderson livre son film le plus abouti tant au niveau de la richesse et la perversité de son scénario que par l'élégance racée de sa mise en scène, la splendeur de ses plans et de sa lumiere, le raffinement de la musique. Si Daniel Day Lewis prouve, une fois de plus, qu'il est assurément le plus grand comédien au monde, Vicky Krieps (qui n'est pas sans rappeler quelquefois l'immense Meryl Streep) et Lesley Manville, dont le duo atteint des sommets de trouble et de perfidie, sont les véritables découvertes de ce film spectral et l'un des sommets de l'année cinéma 2018.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 1 septembre 2018
Terriblement long et sans intérêt, c'est un drame de perdre plus de 2h pour ça... Je ne comprend pas la bonne notation...
Théo Pouillet
Théo Pouillet

7 abonnés 184 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 octobre 2019
Malgré une réalisation et une mise en scène poussé au plus réaliste,
le dernier film de Paul Thomas Anderson n'a pas su m'embarquer comme il se doit dans une histoire d'amour à la fois chic et torturé par le manque d'une mère.
On notera quand même l'immense souci du détail et une mise e scène quasi parfaite qui nous immerge au plus près de la vie dès ses personnages atypiques.
fooker95
fooker95

10 abonnés 87 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 août 2018
L’histoire est peu intéressante et les personnages principaux pas très attachants, mais par une réalisation impeccable qui soigne les moindres détails du tableau et par le jeu de Daniel Day Lewis, le film arrive à captiver et nous entraîner progressivement dans son curieux univers. Il y a là dedans bien plus d’humour qu’il n’y parait au premier abord, et de tendresse, c’est une agréable surprise. La précision de la réalisation traduit magnifiquement la maniaquerie obsessive du styliste. Et puis sa vulnérabilité touchante. Car la relation sado-maso n’est pas dans le sens auquel on s’attend tout d’abord
A G.
A G.

2 abonnés 36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 août 2018
Film parfait, assez lent, mais réussi. Le personnage du couturier est en fait un sacré pervers narcissique!!!!! Personne ne soulève ce point, c'est bizarre. Il a un égo énorme, est imbuvable, aucune empathie, est abject avec les autres, méprisant, glauque, destructeur... Evidemment sa victime est une jeune femme qui ne s'aime pas, qui cherche à exister, tant pis si c'est à travers les yeux d'un "artiste" certes talentueux, mais dont le côté humain est détestable. Le fait d'être excellent dans ses œuvres donne-t'il le droit d'être odieux? Non. Beaucoup de grands personnages sont admirés pour leurs œuvres mais il faut différencier le "génie" de "l'humain". Si cet homme là n'était pas grand couturier, il ne serait qu'une ordure qu'elle ne considèrerait même pas une seconde. J'espère.
Elle retournera quand même un peu les choses, trouvant peut-être son compte finalement dans cette relation cannibale et parasite. C'est tout sauf de l'amour.
Uncertainregard
Uncertainregard

140 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 août 2018
Oscar amplement mérité pour les costumes et excellente dernière et regrettable interprétation de Daniel Day Lewis. La mise en scène de Paul Thomas Anderson est douce et la musique de Jonny Greenwood nous entraine merveilleusement dans cette drôle d'histoire d'amour d'un costumier renommé avec cette jeune serveuse à la silhouette parfaite. Un très beau film qui dénote un peu dans la filmographie de ce réalisateur mais mérite toutes les félicitations pour tout le travail accompli...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 novembre 2018
Une réalisation de chef d’orchestre que j’ai assisté, mené à la baguette tel un concert d’opéra et de musique classique millimétré. L’homme présenté est exigeant dans son travail professionnel de haute couture et intransigeant envers ses proches, il montre sa capacité à aimer les choses de la vie, l’amour frénétique pour ralentir la cadence longuement attendue. Le cinéma de Paul Thomas Anderson est contemplatif dans une mise en scène pas si ennuyeuse que ça, un chef-d’œuvre envoûtant.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 juillet 2018
Auteur et réalisateur exigeant au caractère indépendant qui n'oublie toutefois jamais ce qu'il doit aux maîtres qu'il s'est choisis (Stanley Kubrick, Robert Altman et Jonathan Demme), Paul Thomas Anderson livre sans doute avec "Phantom Thread" le film qui lui ressemble le plus. Reynolds Woodcock, couturier renommé vaguement inspiré de Cristóbal Balanciaga interprété par Daniel Day Lewis porte en lui tous les stigmates de l'artiste entièrement tourné vers son art dont la vie personnelle est ordonnée autour de la peur panique que la source si fragile de la créativité finisse par se tarir. Daniel Day Lewis qui doit son deuxième Oscar à sa collaboration avec Paul Thomas Anderson sur "There will be blood" (2008) et qui a annoncé que "Phantom Thread" serait son dernier film ne pouvait rêver sortie plus représentative de l'expression artistique qui fut la sienne tout au long des 21 longs métrages qui jalonnent sa prestigieuse carrière. La méticulosité liée au métier de couturier pouvait aussi résonner à l'esprit de Day Lewis qui après "The boxer" de Jim Sheridan en 1997 avait pris une première retraite pour se former à Florence au métier de cordonnier. Dans la grande maison bourgeoise de Londres transformée en atelier se pressent en ces années 1950 toutes les célébrités et têtes couronnées d'Europe afin que le génial couturier ajuste à leurs corps les somptueux tissus qu'il découpe et assemble pour en faire des pièces uniques. Sa sœur Cyril (Lesley Manville) veille depuis les débuts aux détails logistiques mais est aussi en charge de la précieuse tranquillité d'esprit évoquée plus haut. Elle est aussi à la manœuvre pour initier les nombreuses jeunes conquêtes de son frère à ses manies et obsessions mais aussi pour leur montrer la sortie quand celui-ci commence à montrer des signes de lassitude qui succèdent rapidement à une nervosité possiblement nuisible au travail. Quand il tombe sous le charme d'Alma (Vicky Krieps), jeune serveuse d'un restaurant où il a ses habitudes, Reynolds met sans le savoir le pied dans une relation qui va profondément bouleverser sa trajectoire au moment même où son aura commence à être grignotée par de jeunes couturiers plus novateurs. La relation de Pygmalion qui s'instaure tout d'abord selon un rituel parfaitement rodé est magnifiquement exposée par Thomas Anderson qui montre dans une scène fascinante de sensualité comment Alma avant toute relation charnelle doit d'abord en passer par l'atelier de travail du maître qui sous les yeux complices de sa sœur façonne le modèle à sa convenance. Mais "Phantom Thread" comme son titre l'indique nous parle d'un fil invisible, celui que tisse patiemment Alma pour ramener Reynolds dans le monde des vivants, l'aidant à son insu à accepter l'indicible déclin de son inspiration que lui et sa sœur n'ont pas su voir approcher. Toujours soucieux de maîtriser le maximum de paramètres de chacun de ses films, Thomas Anderson occupe exceptionnellement le poste de chef opérateur. Ainsi la relation entre son acteur qu'il accompagne pour son dernier travail ne sera trahie par aucun filtre. Le résultat est saisissant de perfection esthétique encore renforcée par la musique de Johnny Greenwood, le guitariste et compositeur de Radiohead fidèle au réalisateur depuis "There will be blood". Certains ont parlé de conte pour décrire l'atmosphère de "Phantom Thread", Paul Thomas Anderson n'a pas démenti tout comme il n'a pas contesté la parenté avec le "Rebecca" d'Alfred Hitchcock. Par contre l'allusion au couturier espagnol Cristóbal Balanciaga (1895-1972) évoquée par le réalisateur lui-même est sans doute un subterfuge utilisé pour ne pas nous dire directement que Reynolds Woodcock n'est en réalité personne d'autre que Paul Thomas Anderson.
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