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Un visiteur
4,0
Publiée le 11 juin 2008
Une belle histoire, avec de jeunes beaux acteurs particulièrement convaincants mais le film manque un peu de dynamisme et la fin est assez décevante. En outre, le tout est peu déprimant mais j'ai tout de même passé un bon moment.
"Presque rien" est une oeuvre mélancolique, triste et intense qui met en avant l'innocence d'un jeune homme et sa prise de responsabilités. Le sujet sur les non-dits est superbement traité grâce aux ellipses qui donnent vie au film. Lifshitz sait mieux que quiconque capturer le spleen du quotidien, la mise en scène est parfaite et travaillée, l'émotion quant à elle est intense. Les musiques de Perry Blake sont de pures merveilles et aident ce film a atteindre la grâce. Une réalité crue, mélancolique, poétique qui réussit haut la main à nous faire passer un moment unique.
Une histoire d'amour comme une succession d'instants. Des instants de partage, de la complicité, de la tendresse, de la sexualité... Au-delà de la découverte d'une orientation sexuelle, Mathieu, le personnage central de ce film, renvoie le spectateur au mal-être lié à la condition humaine. Un paradoxe : le contraste entre la luminosité des instants d'insouciance, de jeux de plage, de légèreté et l'aspect sombre des scènes de sexualité, de la dérive de Mathieu... Habité par l'ensemble de ses interprètes, il y a pourtant la grâce de la complicité qui unit Jérémy Elkaim et Stéphane Rideau. D'une virilité qui ne laisse pas de doute quant à l'orientation sexuelle de ses interprètes, Jérémy Elkaïm et Stéphane Rideau nous offrent pourtant une prestation de la découverte amoureuse qui laisse le spectateur songeur. Accompagné par une bande son minimaliste et efficace, "Presque rien" nous expose à la magie du silence. Il nous laisse avec ce silence. Celui qui nous habite durant le générique de fin, est de ceux qui font suite à la vision d'un grand film.
J'ai bien aimé ce film, sans m'extasier. Les acteurs sont bons - et beaux- mais il y a des longueurs et pas mal d'incompréhension (pour moi du moins) dans les relations entre les personnages secondaires. Je trouve que la construction un peu lâche aurait pu être améliorée. On ne sait pas toujours où on en est. Les photos sont belles, ce qui est un atout majeur.
Ce film est de la veine du cinéma français que je préfère ; il participe, en effet, d'une très grande subtilité, autant sur le plan des sentiments que de l'histoire. Il est rare de voir un film, touchant à l'homosexualité, qui ne soit pas forcément une quête vers la reconnaissance de celle-ci : le personnage principal est confronté à d'autres difficultés. Par ailleurs, de nombreuses scènes de familiarité familiale et amoureuse témoignent, encore, d'un souci de vérité et de simplicité : les personnages se raillent, rient, bafouillent, prennent le temps. Jérémie Elkaïme, qui ne m'avait pas fait grande impression, dans un film postérieur, où il joue l'amant ténébreux d'un lycéen homosexuel, est vraiment parfait dans ce film-ci. En somme, au-delà du sujet de l'orientation sexuelle, ce film intelligent dévoile des personnages en butte à la solitude, à la dépression, à la précarité sociale et imprime d'autant plus fort un sentiment de réalité, d'abord amoureuse.