Une vie cachée
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weihnachtsmann

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4,5
Publiée le 26 décembre 2022
Un film fascinant. Il y a bien sûr l'histoire. Terrible. Mais le film ici. L'introspection, le dialogue permanent entre l'homme et la femme. Les plans somptueux même si l'on n'attendait pas moins de l'auteur.
L'histoire d'amour transcendée par la distance. Et la sentence finale évidemment. Très fort.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 janvier 2020
Ahhh Terrence Malick, un cinéaste tellement inclassable. De ceux dont le nom devient même un adjectif tellement leur style est unique et reconnaissable entre tous, à l’instar d’un Tarantino, d’un Lynch ou d’un Scorsese. Avec son nouveau film présenté en compétition au Festival de Cannes l’an passé, il livre un film à la croisée des deux voies empruntées par son œuvre. C’est-à-dire avec un retour à une chronologie et narration plus limpides comme dans ses premiers (et très anciens films, de « La Balade sauvage » à « Un nouveau monde »). Mais, en même temps, pas forcément accessible à tous car toujours aussi porté sur une narration en voix off monocorde, sur une durée clairement excessive et sur des envolées lyriques et théologiques quelque peu absconses. Mais on est tout de même heureux de retrouver ce cinéaste dans une veine moins proche de l’essai théorique et plus en phase avec ce qu’on appelle communément le septième Art. Car, avec des œuvres comme « A la merveille » ou « Knights of Cup », il avait perdu beaucoup de monde en route. Ici l’excellence côtoie le profondément pesant, la première se révélant sur le côté visuel et le second davantage sur le fond.



Sur le bon versant, applaudissons encore la magnificence de la mise en scène de Malick. Même si certains crieront à un film musée sur Mère Nature bloqué dans le passé, rares sont les cinéastes capables de nous émerveiller autant que lui. Chaque plan est une véritable peinture apposée sur la toile d’écran, un sublime tableau bucolique sur les merveilles que nous offre la campagne autrichienne. D’ailleurs, celle-ci n’a certainement jamais été mieux filmée que par ce réalisateur. Il la sublime, dans sa beauté la plus tellurique et profonde. Certes, les paysages et scènes choisies le sont avec soin, mais sa caméra rend l’image belle au-delà de toute espérance. Clairement, sur la forme « Une vie cachée » est proche du chef-d’œuvre pictural. C’est admirable à en pleurer et la musique qui accompagne les plans du cinéaste les rend d’autant plus poétiques et fascinants. Toujours à filmer en contre-plongée, comme par respect pour ce qu’il filme, nos yeux approchent donc de l’orgasme mais, malheureusement, il n’en est pas de même pour notre cœur qui reste en cale sèche.



Le propos entamé par « Une vie cachée » est intéressant mais pas forcément facile à retranscrire au cinéma. Ce sont des thématiques chéries par Malick. Il convoque donc encore les notions de Bien et de Mal, de Foi, de désobéissance et les convictions profondes de chacun. Mais il ne sait pas couper, ou plutôt se recadrer, d’où, encore, une durée fleuve. Paradoxalement, même si le film semble bien long, on ne voit pas non plus tant de séquences que cela à ôter sur les trois heures de bobines sauf, peut-être, celles récurrentes et redondantes qui voient la vie de tous les jours du couple central entre travail au champ et vie sociale au village. La densité narrative apparaît tout de même trop limitée pour une telle durée, le long-métrage nous paraissant tout de même interminable passé la première heure. Tout comme les échanges passionnants entre les personnages sur les thèmes cités plus hauts qui s’avèrent trop disparates. Quant aux seconds rôles, ils passent comme des ombres, des fantômes dont on suppose que pas mal de séquences ont dû être coupées au montage (par exemple pour Matthias Schonnaerts). Cela a pour conséquence de faire s’évaporer le côté envoûtant qui se diffusait grâce à la joliesse des images. Et de la même manière, l’émotion a du mal à nous étreindre malgré un tel sujet. « Une vie cachée » a le mérite de mettre l’accent sur l’héroïsme ordinaire et inconnu mais se révèle trop baigné dans un lyrisme parfois excessif et le panthéisme si cher au cinéaste. En résulte une fresque intime et un hymne au courage, à la persévérance et à l’intégrité face à ses convictions les plus profondes qui charme sur la forme mais ne s’est pas donné les moyens de convaincre sur le fond. Et, encore une fois, vraiment trop longue.



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Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mai 2021
Adaptée d’une histoire vraie, une méditation lyrique et humaniste sur l’intégrité d’un paysan autrichien pacifiste qui a refusé de prêter allégeance à Hitler, visuellement sublime, mais manquant d’émotion avec un acteur principal qui manque de charisme, et plombée par des grosses longueurs.
L'AlsacienParisien

686 abonnés 1 431 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 décembre 2019
Je me suis préparé mentalement avant de me lancer dans cette nouvelle épopée de presque trois heures. Pourtant, j'ai trouvé "Une vie cachée" bien plus accessible que "Tree of Life". Tirée d'une histoire vraie, cette fresque épique retrace le destin tourmenté d'un fermier autrichien qui s'oppose fermement au régime nazi en refusant de servir le Führer. On a abordé ce cadre temporel tellement de fois au cinéma que j'y suis allé un peu sceptique, avec une crainte du cliché et du déjà-vu. Mais le point de vue de départ, dans les hautes montagnes verdoyantes d'Autriche, paysage sublime d'un paradis perdu, nous transporte immédiatement dans l'intensité de cette histoire d'amour en pleine guerre. La caméra rend compte à la fois d'une immensité, d'un panorama serein et ressourçant mais aussi de l'urgence des corps, des émotions et des passions. Cette histoire vraie, mais pourtant restée sous silence, nous frappe de plein fouet par ses plans rapprochés, par la sensibilité violentée de ses personnages et par cette musique poétique, amenant alors un peu de distance. August Diehl et Valerie Pachner m'ont sincèrement ému ; l'amour qu'ils racontent est vraiment palpable. Ajoutez à ça le savoir-faire et le regard aiguisé de la caméra de Malick et vous plongez malgré vous dans les ténèbres réalistes d'une injustice cruelle, mais toujours accompagné d'un vent de philosophie et de poésie. Pas de pathos, pas de clichés, pas de manichéisme. S'il y a une chose à reprocher au film, c'est probablement sa longueur qui atténue quelque peu la pulsation rythmique de certaines scènes. Il y a facilement 30 minutes qui auraient pu être coupées. Pour ma part, ça m'a un peu sorti de l'effet "boulet de canon" que m'a provoqué le début. Mais en y réfléchissant, la durée apporte de la distance et contribue surement à une pensée plus universelle en questionnant notre rapport à l'existence. Malgré tout, ces images assez dingues et la vérité première des acteurs restent en tête. C'est une sacrée traversée, une sacrée réflexion que nous livre Terrence Malick.
bobmorane63
bobmorane63

246 abonnés 2 211 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 septembre 2020
C'est le troisième film que je vois du cinéaste poétique dans ses textes, faisant des plans vertigineux, discret des médias Terrence Malick après deux chefs d'oeuvres que sont "La ligne rouge" et "Le nouveau monde" et là, je ne cache pas qu'avec "Une vie cachée" j'ai été un peu déçus !! Le sujet se passe pendant la seconde guerre mondiale ou un paysan marié Autrichien, dont le pays est allié avec les Allemands à cette période là, refuse de servir Hitler et cela va poser de gros problèmes car refuser de tuer pour les Nazis des innocents est condamnable d'ètre emprisonner ce qui arrivera au personnage principal. Voila une histoire vraie en or qu'a entre les mains Terrence Malick mais mon problème est qu'il prend trop son temps pour la raconter, 2 heures 50 m'ont paru trop longues ou l'ennui m'est venu. Dommage, il y a de belles images remarquablement filmés comme l'Autriche, deux grands comédiens méconnus August Diehl et Valérie Pachner et une dernière partie donnant beaucoup d'émotions dans l'injustice. Il y a Matthias Schoenaerts et Jurgen Prochnow de passages dans ce long métrage.
ned123
ned123

209 abonnés 1 762 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 août 2020
J'ai vu un film... sur la puissance du courage, la force de la lutte passive, la manière d'imposer ses convictions, de lutter contre le courant, le reflet puissant du miroir de la morale, face à l'immoralité d'une époque, d'une idéologue, d'une croyance... Comment lutter jusqu'au bout pour ses convictions ? Comment s'opposer face à l'idéologie violente, dominante ? Comment être un Homme face à des fauves ? En s'appuyant sur les fondements de la foi chrétienne, on suit le chemin de croix d'un pauvre paysan Autrichien dans une époque faite de dogmes et de haine, où le pouvoir, les pouvoirs, corrompent jusqu'à l'âme des hommes, et cet homme, ce humble homme va lutter de toute sa foi, de toute son âme, de tout son être, jusqu'à la fin pour faire valoir sa morale, sa conception de la justice, son idée de l'idéal contre le nazisme... Tout dans ce film nous fait percevoir la force du cheminement de la pensée et de la lutte jusqu'à son exécution, par guillotine... Aurions-nous la même force de caractère, le même courage, la même capacité à s'opposer. La force et la beauté de ce film sont une ode à la lutte contre la machine nazie... On est entre le tableau de Maître et la posture contemplative. Chaque plan est travaillé avec soin, avec un goût du détail et de la précision, en s'appuyant sur la correspondance qu'il a eu avec sa femme. Ce film est littéralement un film de lutte, un film philosophique sur la lutte, un film méditatif sur le courage. Ce film rend hommage à Franz Jägerstätte, que sa mémoire soit rappelée, et jamais oubliée. Et bravo à Terrence Malick que je redécouvre au fil de l'eau avec des oeuvres, puissantes, originales et pour tout dire, complètement hors d'un cadre.
Bravo
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2024
Sur le plan des images, paysages, cadrage des personnages, ce film est une vraie merveille et rappelle un peu Tree of Life du même réalisateur, sans ses aspects fantastiques. Sur la façon de tourner, caméra mobile, plans séquences alternant le très bref et le long, sur les dialogues alternant en VF, le français pour les échanges ordinaires et l'allemand guttural pour les épisodes colériques ou haineux, c'est très original. L'histoire réelle de ce fermier objecteur de conscience, croyant (il fut béatifié) jusqu'u martyre qui préfère ses convictions à sa famille est narrée sans trop de fioritures, traine in peu en longueur et laisse le spectateur partagé entre émotion et déni
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 décembre 2024
Long film…dont on ne perd pas une minute, malgré une légère appréhension au souvenir des films précédemment vus de Malick et qui n'avaient pas provoqué en moi l'extase prédite par les critiques.
Autre fausse piste, spoiler: l'objecteur de conscience
Franz ne va pas aller se cacher lorsque l'appel à venir s'enrôler l'atteint - d'ailleurs sa femme Fani lui propose-, mais c'est son acte de résistance qui va rester caché, ignoré, dans un environnement social qui l'a rejeté.
Ne pourrait-on dire une vie gâchée? Ce que lui répète à l'infini, le maire, sa mère, ses amis cultivateurs, les flics, les gardiens, le juge militaire, etc…"Fait semblant, et tout ira bien en attendant la paix".
Franz et Fani ont existé en vrai.
spoiler: Franz, comme Mandela, n'a pas cédé un pouce une fois emprisonné. Sauf qu'il n'est jamais sorti vivant.

La ténacité de Franz est d'ordre mystique, et plane au-dessus de l'ordre humain. Mais un non-croyant ne peut qu'admirer ce roc solide, au milieu de la déliquescence de l'Autriche en 43.
La photographie du monde rural, des scènes de la vie rurale quotidienne est exceptionnelle, servi par des éclairages léchés, des cadrages dignes de peintures de grands maitres.
Un florilège de musique classique ou contemporaine élève le film au-dessus de la maelstrom de la guerre, et du labeur des femmes substituant les hommes dans les champs.
Qui est le plus fou dans cette confrontation?
Effectivement, c'est tellement inspiré, léché, composé, que l'on pourrait dire que Malick en fait trop et embellit exagérément ce destin hors du commun d'un anti-héros, enfermé loin de ses champs chéris, rempli de chants religieux, et oublié par la grande histoire.
Un montage au cordeau relie savamment sa vie cachée à sa vie passée. Malick a canonisé le destin d'un homme simple, et c'est juste un produit plein de grâce.
DVD vo - décembre 2024
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 décembre 2019
En suivant la trajectoire de vie et du cas de conscience de cet homme qui refuse de porter allégeance à Hitler et au régime nazi, Terrence Malick retrouve la narration d'un récit classique après quatre films hors normes et de valeur inégale. Une vie cachée, malgré sa langueur et quelques longueurs, émeut bien au delà de sa vision. Nous gardons en nous le sacrifice de cet autrichien. L'émotion jaillit souvent et submerge, portée par une croyance en la foi que sert le cinéaste. L'utilisation des plans larges limite anamorphiques et des gros plans sur les visages et les membres, image de marque de Malick, ne semblent jamais lourdes malgré son nombre important d'occurrences. Les images de la nature : montagnes, prairies, ruisseaux, nuages sont sublimes et sublimées par l'excellente qualité de la photographie qui évoque de nombreux peintres. La musique, qui n'est jamais dégoulinante, est parfaitement dosée entre moderne et baroque (Jean Sébastien Bach). Tous les interprètes sont parfaitement gérés et jaillit d'eux une grande humanité. Bruno Ganz, dans son dernier rôle, est d'une grande force émotionnelle et fait émerger tous les doutes du militaire allemand pris dans un conflit destructeur. Tous les gestes, fussent ils les plus anodins sont très importants et d'une grande finesse. Fort réussi, Une vie cachée n'atteint pas le niveaux des chefs d'oeuvres du cinéaste (dont Tree of life). La partie dans la prison est trop longue, sertie de scènes répétitives avec ses travellings interminables et parfois, le film assène quelques vérités sentencieuses. Cependant, Une vie cachée nous submerge souvent en émotions (les rapports de la femme du héros avec ses voisins ou sa belle mère).
SansCrierArt
SansCrierArt

58 abonnés 432 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 décembre 2019
Franz Jaggerstatter, paysan autrichien, fervent catholique, affiche ouvertement son anti-nazisme. En février 1943, alors qu'il est appelé sur le front, il refuse de jurer fidélité au fuhrer.

A travers ce magnifique portrait de Franz Jaggerstatter, Terrrence Malik interroge, notamment, sur la place dans l'Histoire de l'homme de rien porté par ses convictions, la force donnée par la foi et les doutes que l'horreur fait naître sur Dieu. Mais plus qu'un film sur la foi en Dieu, "La vie cachée" proclame la foi en l'homme. Le réalisateur alterne les scènes désespérées et mortifères avec celles de bonheur et de vie incarnés par la nature, l'amour et l'enfance.

Formellement très beau, le film impressionne autant par ses plans panoramiques que par ses gros plans ou cadrages décentrés sur les visages, les mains qui s'etreignent, les pieds d'un enfant... La beauté se cogne sans cesse aux conséquences de l'horreur de la guerre et du nazisme dans ce petit village tranquille. August Diehl et Valerie Pachner, sont tous deux magnifiques. Seul bémol, la seconde partie du film dédiée au martyr de Franz perd de sa force de par sa longueur.

On demeure touché par la beauté et la cruauté de ce sacrifice, et la grandeur de cette petite histoire dans la grande Histoire du monde.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 septembre 2025
En évoquant la vie d’un objecteur de conscience autrichien à l’orée de la Seconde Guerre Mondiale, le réalisateur Terrence Malick signe une œuvre forte dans le style caractéristique qui lui est propre. En effet, certains gimmicks de sa mise en scène sont toujours très présents ainsi que le ton contemplatif du récit. Pour autant, le cinéaste parvient à briller grâce à une inspiration retrouvée et surtout par l’entremise d’un sujet fort, le rejet absolu de la violence au prix de sa propre liberté voir de sa vie. La beauté extatique des images contraste avec le dilemme moral auquel est tenu cet homme au prisme entre son éthique et ses devoirs envers sa famille.
Ducerceau
Ducerceau

19 abonnés 693 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 mai 2024
C'est l'histoire vraie d'un martyre chrétien. Mais les Juifs l'appeleraient " juste" et les résistants "héros". Le tout avec beaucoup de sobriété et d'humilité, au sein des travaux et des jours d'un très beau village de montagne autrichien. C'est long et dur : j'ai dû m'accrocher pour rester jusqu'au bout...
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 mai 2020
Après sa trilogie urbaine sans réel intérêt, Terrence Malick parvient à allier sa forme contemplative à un récit concret à la puissance émotionnelle et psychologique en adéquation avec son style. C'est parfois long, mais le cinéaste s'est retrouvé.

https://www.justfocus.fr/cinema/critique-cine/critique-une-vie-cachee-de-terrence-malick-la-technique-au-service-du-recit.html
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 octobre 2021
Nous le sentions grandir depuis ses trois premiers long-métrages qui ont fait l’unanimité, mais Terrence Malick a lentement commencé par sortir du registre contemporain pour retourner à la source abstraite, qui témoigne de tout son lyrisme et sa passion pour la narration. Depuis “The Tree Of Life”, sa curiosité l’a poussé à expérimenter des sensations, présages d’un renouveau d’une splendeur indétrônable. Quand bien même il sait rester modeste, même dans la folie ou les prises de risques, il a toujours su ce qui le faisait vibrer. À présent, il a fini par construire l’œuvre intermédiaire afin de nous transmettre tous ces frissons, ces maux de tête et de ventre, jusqu’à nous impliquer moralement et consciencieusement. Non pas qu’il ne l’ait jamais fait auparavant, mais dans ce dernier récit, nous y trouverons plus d’arguments pour débattre de ce que l’artiste souhaite véhiculer. À l’opposé de “La Ligne Rouge”, Malick nous rappelle, loin du Pacifique, et nous livre une bataille moins musclée et plus sensorielle que jamais. C’est tout un ensemble qui fait que son intrigue, bien qu’inspirée de faits réels, respire de nouveau le dilemme de la foi contre la raison.

Autriche, 1940. Les champs murmurent, le vent caresse les faux, le blé frémit et les montagnes voilent ce paradis caché… Il faut peu de temps, dès les premières images, pour nous donner le ton dramatique et informelle d’une chute et d’un mauvais présage. La guerre et la Nazisme sont aux portes de cette campagne, où l’harmonie règne, toute comme le silence triomphant qui commande ces terres neutres pourtant riche en liberté. La Nature a une place bien propre dans ce récit qui surcutte des plans sans arrêt, mais qui jouent en faveur d’une expérience. Nous assistons donc à la descente de Franz Jägerstätter (August Diehl), mari accompli et père d’enfants innocents. Sa quête le mène à emprunter une destination qui rime avec résistance, mais sans conviction de changer le monde. Il s’agit avant tout de préserver le sien, car sa conduite morale lui dicte de se reposer sur son âme. Il n’est donc pas étonnant de le voir confronter ses idéaux avec l’Église, corrompu par la peur et le remord, sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit. Le sujet a beau avoir été développé dans bien d’autres œuvres, mais c’est justement dans ce rapport à l’humanité qu’on devine rapidement le sort de ce dernier, martyr de la liberté.

Il rappelle ô combien les épreuves de cette guerre et l’influence maléfique de l’Axe laissaient deux pôles se distinguer dans leur rang, les admirateurs et fidèles. Et bien que l’aboutissement d’un tel affrontement conduise à une vision de paix, elle reste inaccessible à ceux qui n’essaye pas de voir et il est important d’ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure, comme il faut savoir utiliser ses yeux pour accepter la tragédie de cette intrigue. Cependant, les décisions sont lourdes de sens et la responsabilité à porter est si grande pour des êtres qui n’ont pas plus d'impact que cela dans le monde. Et c’est sans nul doute la provenance de tout ce lyrisme qui s’affiche devant nous, nous qui nous n’avons rien d’autre à faire qu’à résister ou s’abandonner dans les limbes, loin de ce paradis que l’on voit se transformer au fur et à mesure que la conduite de Franz l’éloigne de son épouse Franziska (Valerie Pachner) et sa famille, qui endurent mille peines. Le lien fort qui les unis transcende pourtant l’écran, faisant des vas et vient vers le “nouveau monde” et “La Vie Cachée” dont nous comprenons la symbolique sur les dernières lignes de cette fresque de la foi.

Malick possède toujours un sujet salvateur pour ses personnages, qui luttent contre le monde qui va trop vite et qui en oublie ces individus qui le constituent. Et en arpentant le sentier de l’abstrait, il nous tend une nouvelle vue à chacune de ses réalisations que l’on peut rarement estimer maladroites, car il ne nous est pas toujours permis de lire en lui comme dans un livre ouvert. Ce film testamentaire prouve toutefois qu’il est possible de renouer avec son art, comme si nous en faisions déjà partie et c’est bien entendu cette sensation qui nous excitera davantage à analyser et à interpréter sa partition, en parfaite symbiose avec le grand James Newton Howard et le cadre du cinéaste qui vise naturellement la contre-plongée pour nous émouvoir toujours un peu plus.
eldarkstone

305 abonnés 2 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2020
Terrence malick signe encore un grand film, avec une histoire des plus prenante et des images et musiques toujours magnifiques ! Une ôde à la liberté et a l'amour !
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