The Square
Note moyenne
3,3
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311 critiques spectateurs

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angelo F.
angelo F.

59 abonnés 129 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 octobre 2017
A part une scène très pénible et difficile à visionner spoiler: (la grande réception avec l'homme imitant un singe)
, ce film s'avère dans l'ensemble très bon.
Ce réalisateur met bien en évidence l'humanité et la société.
L'acteur principal est excellent et c'est captivant de bout en bout.
La scène avec la journaliste spoiler: le soir au lit
est très drôle.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 20 octobre 2017
A fuir d'urgence !! 2h30 d'une histoire sans scénario sur une bande son tout droit sorti de l'enfer , ni drôle, ni nouveau , ni gênant .....

Le pire film de ma vie et de loin !
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 octobre 2017
C'était la surprise de Cannes 2017. Alors que tout le monde avait "120 battements par minute" en tête pour obtenir la Palme d'Or, c'est "The Square" qui l'a emporté. Un film impertinent portant un regard corrosif sur l'art contemporain et sur le fossé qui sépare les humains : leur richesse, leur culture, leurs préjugés, leur égoïsme. Christian, conservateur d'un musée d'art moderne, voit sa vie basculer lorsqu'il se fait voler son téléphone et son portefeuille. Dès lors, c'est tout son petit monde qui semble s'écrouler, la vie dévoilant son absurdité la plus totale... On avait découvert Ruben Ostlund avec "Snow Therapy" où il égratignait la notion de couple et de famille, le voilà qui égratigne l'humain dans une sorte de patchwork artistique impertinent et lucide, aidé par une mise en scène aux cadres très soignés. Seulement voilà : si "The Square" comporte de sacrées bonnes idées, brocardant un art qui mise plus sur le happening que sur le message qu'il fait passer, il finit cependant par dangereusement ressembler à ce qu'il critique : un objet d'art un peu vain qui se regarde et qui s'admire. Les longueurs du film (2h20 quand 30 minutes en moins auraient été bienvenues) alliées au manque de subtilité de certains passages trop démonstratifs finissent par nuire à la virulence du film et renvoient Ostlund à son image de cinéaste qui s'amuse à être impertinent mais qui ne semble pas se rendre compte de l'objet qu'il produit. "The Square" est donc à double tranchant et ne doit que son intérêt maintenu à une mise en scène extrêmement précise et à son acteur principal, Claes Bang, dont le charisme envahit l'écran dans un rôle si proche de nous que c'en est tout de même terrifiant. En cela, on peut dire que "The Square" met dans le mille.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 octobre 2017
Un GRAND film!
The Square reprend une société occidentale en mal où l'individualisme, la lâcheté et une dénonciation à deux vitesses ont pris le dessus.
spoiler: Parmi les scènes qui m'ont marqué: - l'Occident (Christian) va vers l'orient (un enfant typé turc, irakien...) l'accusent à tort et l'attaque (chute dans l'escalier, dans le silence, sans aucune caméra...), l'orient en mal frappe à toutes les portes mais pas âme qui vive... de l'autre côté (dans un carré où l'on est tous égaux) une enfant suédoise, démunie et à la rue, explose :(le cas de nombre d'enfants syriens.l'égalité dans le mal)Les médias dénoncent et la société demande des comptes aux directeurs de l'exposition... - L'homme sauvage (nos chers lascars, notre extreme droite?) humilie d'honnêtes citoyens (l'analogie peut s'apparenter à une station de métro), il commence par un homme de couleur, enleve son voile à une musulmane, harcelé une jeune demoiselle européenne quand tout le monde fait l'autruche...il a fallu qu'il passe au viol pour que l'ancienne génération (des hommes âgés dans la scène) réagissent...(l'image des quadragénaires véhiculée par fight club est très presente)...dehors, rien n'a changé...

Chaque scène est une dénonciation de la société moderne, une réflexion intense et orientée... Chapeau!
Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 octobre 2017
The square est un véritable collage de sketchs, certains très réussis, d'autres beaucoup moins. On ne sait pas trop où le réalisateur a voulu en venir. En ironisant sur l'art moderne et la publicité, il enfonce tout de même des portes ouvertes. D'autant que son film donne lui-même l'impression d'avoir été conçu pour faire le buzz. Son "morceau de bravoure", le dîner agrémenté d'un spectacle qui tourne mal, n'a ainsi aucun lien avec le reste de l'histoire. Recherche de l'originalité à tout prix, volonté de choquer, Östlund s'embourbe dans le système qu'il prétend dénoncer. Quant à la morale développée ici, elle semble se résumer à nous dire que les pauvres sont aussi des êtres humains dont les bobos ne doivent pas avoir peur. Ajoutons que c'est très long et que certains plans sont interminable, de sorte qu'on s'ennuie souvent. Très décevant de la part du réalisateur de Snow therapy.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2017
Voilà la palme d'or de cette année.
Quand on visionne la bande annonce, cela ne donne pas du tout envie de voir ce film.
J'y suis allée par curiosité et au final j'ai bien apprécié.
C'est une histoire originale, particulière et spéciale qui ne peut que diviser les spectateurs.
Ce n'est pas un film commercial ni tout public.
En Suède, un directeur de musée, la quarantaine divorcé et deux enfants, vit confortablement et prépare une nouvelle exposition.
On va suivre sa vie sur quelques semaines : à son travail, avec ses enfants, avec une journaliste avec qui il a une relation sexuelle, et surtout il a été victime en pleine rue du vol de son portable et de son portefeuille.
Il va faire en sorte de retrouver ses affaires volées et suite à cela il aura quelques soucis.
Il devra gérer sa vie quotidienne, son travail, ses enfants, la journaliste, et les soucis causés par le vol qu'il a subi.
Un bémol cependant qui me fait mettre 4 étoiles (et pas 5), c'est qu'il y a une scène horrible spoiler: (le grand dîner avec l'homme qui imite un singe, c'est vraiment très dérangeant cette scène inutile).
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 19 octobre 2017
Comment ce film a-t-il pu recevoir la plus prestigieuse récompense du Festival de Cannes cette année au nez et à la barbe du magnifique et poignant « 120 battements par minute », qui a du se contenter du Grand Prix du Jury ? Le mystère est insondable, surtout que le Président du Jury Pedro Almodovar n’a aucune sorte d’accointances avec ce type de film prétentieux. Mais souvenons-nous que le réalisateur espagnol avait cependant susurré aux journalistes sa préférence pour le film de Robin Campillo et donc que les débats avec son jury ont du être houleux. Rassurons-nous en nous disant que c’est le public qui tranchera et très certainement en faveur du second. Rüben Ostlund reprend à peu près le même procédé formel et théorique que ce qu’il avait entrepris avec « Snow Therapy » qui nous avait également laissé un souvenir glacial. Une mise en scène faite de plans fixes dénonçant l’égoïsme, la lâcheté, le manque d’altruisme de l’homme et l’incommunicabilité, ces deux dernières caractéristiques étant ici au centre de « The Square ».

Si l’on doit essayer de faire ressortir les points positifs de cet interminable film à thèse, il faudra surtout retenir la composition de l’acteur Claes Bang, très investi dans ce pensum intellectuel qui se croit plus intelligent que son spectateur. A se demander même comment il fait pour être crédible dans ce n’importe quoi permanent et auteuriste qui s’adresse davantage aux petits bourgeois facilement dérangés par quelques scènes chocs qui ont plus besoin qu’on leur remue la conscience qu’autre chose. Ajoutons également que le cinéaste suédois sait filmer et qu’il soigne ses plans et ses cadrages. A la limite, un Prix de la mise en scène eut été plus raisonnable et surtout plus adapté. Mais à quoi bon si la vacuité du contenu et l’ennui que procure l’ensemble ne servent en rien ce bel emballage ? Ostlund est loin, très loin, d’un Paolo Sorrentino dont les films éminemment beaux stigmatisent quelque chose avec finesse et surtout envoûtent par leur maestria visuelle. « The Square » est juste agaçant de prétention voire pire, soporifique. Les dialogues sur l’art débités ici font l’effet d’une berceuse !

C’est un film dont on se demande quand il va se terminer. Car en plus d’être désagréable et vaniteux, le long-métrage qui a reçu la Palme d’Or est long, très long. Près de deux heures et demie à supporter les atermoiements de ce conservateur de musée en proie à une remise en question existentielle suite au vol de son téléphone et ses papiers. Certaines scènes n’ont ni queue ni tête (la scène centrale et cruciale présente sur l’affiche) et d’autres sont complètement inutiles (celle de la relation sexuelle). Quant au milieu dans lequel se situe le film, celui de l’art contemporain, difficile de savoir si, au final, il est fustigé comme cela semble être le cas. En effet, dans sa déballe formelle, le metteur en scène réitère les mêmes choses que ce dont il se moque ou ce qu’il entend dénoncer. Quel paradoxe et quelle vaste farce ! A la manière du turc Nuri Bilge Ceylan, le suédois risque de faire partie des cinéastes cannois surestimés et qui fabriquent leur art dans une autarcie complète loin de se soucier des attentes de leur public. Un cinéma intello, vain et bourgeois sur lequel il fait bon de jaser et de s’exprimer en société bien qu’on en ait pas saisi grand-chose. Et bien ce sera sans nous !
orlandolove
orlandolove

169 abonnés 1 731 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 octobre 2017
"The Square" critique avec acidité notre société et la bourgeoisie, interroge notre confort et nos lâchetés. C'est un pur film du festival de Cannes : ample et intellectuel. On est en droit de trouver la démonstration un peu lourde et cérébrale bien que pleine de propos. On peut aussi se contenter de plaisirs cinématographiques tout simples, tels de nombreuses séquences très drôles (l'homme de ménage, la scène de sexe, ...) ou merveilleusement dérangeantes (le dîner et son "attraction"), ainsi que d'une mise en scène travaillée.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2017
Palme d'Or à Cannes 2017... 02h20 d'un drame qui aborde plusieurs thématiques terriblement actuel sur le fossé riche-pauvre, sur le capitalisme qui creuse un fossé encore plus grand entre pouvoir et le peuple, peur et individualisme, responsabilité des médias et liberté d'expression... etc... Un patchwork humaniste terriblement acerbe et pourtant d'une vraie acuité. Östlund réussit un formidable pamphlet psycho-sociologique et philosophique qui ne pêche finalement que par sa durée un poil excessive.
Site : Selenie
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 octobre 2017
Je ne sais pas si ce film méritait ou non la Palme d'or du dernier Festival de Cannes (polémique habituelle !), mais ce qui est sûr, c'est que c'est un film de très grande qualité et qu'il faut courir voir. La mise en scène et la qualité technique sont irréprochables. Si certains plans-séquences sont étirés jusqu'à la nausée, c'est pour interpeller le spectateur qui aurait pu prendre au premier degré telle marque d'empathie pour le héros ou de détestation à l'égard d'un personnage secondaire.
Métaphore du malaise qui peu à peu étreint le spectateur, la scène de l'entourloupe sur la place nous prend à contre-pied comme elle saisit Christian , le héros de cette manipulation, persuadé a priori de sa stature de héros, défenseur de l'opprimé.
On navigue sans cesse entre l’héroïsme et la pleutrerie, le rire et les larmes, la haine et l'amour, sans que les frontières soient bien étanches entre ces catégories, comme dans la vraie vie en fait ! L'humour est toujours présent et parvient parfois à désarmer certaines tensions (scènes avec la journaliste américaine, par exemple). La critique de l'art contemporain, de son petit monde, de son jargon, fait toujours rire, même si elle reste assez convenue.
PS : surtout, ne restez pas sur la bande-annonce ou l'affiche qui ne résument absolument pas le film ! Tout le reste est beaucoup plus fin et drôle.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 octobre 2017
Un événement particulier qui a de lourdes conséquences pour la vie d'un couple (Snow Therapy) ou d'un individu (The Square). Les deux derniers films de Ruben Östlund sont construits de la même façon dans l'accomplissement d'une certaine théorie du chaos, source de dysfonctionnements multiples qui intéressent au plus haut point le cinéaste suédois palmé cette année. The Square est plus radical que Snow Therapy, moins cadré et plus riche en thématiques diverses et c'est sans doute ce presque trop plein qui constitue ses limites. Le film est assez imprévisible, étirant parfois certaines scènes et pas les plus confortables (le happening de l'homme-animal) et faisant l'impasse sur d'autres, pourtant évidentes dans sa narration. Le qualifiant à l'envi de poseur et artificiel, les détracteurs du film ont beau jeu de critiquer un film qui a pourtant le bon goût de nous provoquer et de mettre le doigt sur certains travers de notre époque. Il ne s'agit pas seulement de la satire de l'art contemporain, hilarante et pertinente, que celle d'un monde où les rapports humains sont régis par les distinctions de classes et où le marketing et la com' peuvent tout dire et son contraire, avec pour seul impératif de créer le buzz. Ce sont des évidences ? Pas nécessairement. Des messages assénés avec lourdeur ? Pas d'accord non plus, l'art d'Östlund est plus subtil que ne l'affirment certains, étayé par une mise en scène d'une précision chirurgicale et une bande son travaillé aux petits oignons. Encore une fois, Snow Therapy, plus centré sur son sujet, est plus efficace que The Square qui n'en est pas moins une brillante étude de moeurs qui ne vaut pas seulement pour la société suédoise. Et aussi des comportements humains, la lâcheté et le courage entre autres, évoqués avec un humour percutant et un brin de cynisme. Dans le contexte d'une sélection relativement pauvre cette année à Cannes, The Square n'a pas volé sa récompense suprême que seul Faute d'amour de Zviaguintsev aurait pu lui contester.
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 octobre 2017
Lâcheté, égoïsme, individualisme et matérialisme : tout un programme ! Même sujet principal que Snow therapy, précédent film marquant mais encore plus étiré en longueur et dans une plus grande diversité de situations. Le film commence par une excellente scène introductive, bien gênante, bien malsaine et bien rythmée. La suite du film est bien trop longue et moins incarnée, avec des scènes étirées jusqu'à l'absurde, voire contre-productives. Exception faite de celle avec un préservatif usagé, hilarante d'humour à froid que les frères Farelly (Mary à tout prix) n'aurait pas osé. Je parie qu'elle sera reprise telle quelle dans de nombreux films, tellement elle est cocasse et gênante à la fois. Il y a clairement un problème soit de montage, soit de choix de scènes à conserver. Ne pas oublier que par principe le cinéma c'est du mouvement qui ne peut faire du surplace... Du coup, un sentiment mitigé se dégage de ce film, égale à la diversité des critiques. Ruben Östlund fait preuve d'un humour très spécial qui reste en travers de la gorge et qui du coup ne sort pas. Il est un peu le cousin misanthrope de Roy Andersson et le cousin dépressif d'Aki Kaurismäki !
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 octobre 2017
Un film plaisant, divertissant mais pas vraiment drôle et ne méritant certainement pas la Palme d'or. Le cinéaste nous entraîne dans le lent délitement de la vie d'un conservateur de musée branché d'une grande ville internationale. Le film porte bien plus sur les relations humaines que sur l'art contemporain. Sur ce dernier thème, reconnaissons que les œuvres et performances fonctionnent assez bien. C'est particulièrement vrai de l'intervention d'un être mi-homme mi-singe qui interroge les limites de notre tolérance à la violence. Plus généralement, les propos tenus sur l'art actuel n'ont rien de vain ni d'absurde ; la création artistique est une discipline complexe, qui appelle régulièrement des propos pointus, c'est normal. Des relations humaines, on retiendra notamment la scène étrange mais assez réussie du préservatif. Reste que le film présente pas mal de longueurs, que l'humour du type "Pub Krisprolls" c'est bien mais peut-être pas pendant 2h23 et q'au-delà de quelques observations fines sur notre monde, le récit n'a pas de réelle profondeur.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 19 octobre 2017
On voit des gens marcher à gauche, la caméra leur suit. Dans le bruit des rues, on croit entendre une femme crier "Au secours!". Seulement le protagoniste du film tourne sa tête, contrarié. Au même temps qu'ils essaye de trouver la source du cri, personne s'arrête, la caméra est toujours en mouvement, suivant les piétons. L'homme retourne la tête vers le front et il continue son chemin. "Au secours!", deuxième fois. Plus fort et plus claire qu'avant. Maintenant, plusieurs gens se tournent. mais personne s'arrête après le deuxième appel. C'est pour ceci que la caméra suit la direction des personnages sur l'écran, incapables de trouver ce femme qui crie, donc ils marchent encore comme si de rien n'était. Un troisième "Au secours!" si assourdissant que menaçant, fait que tout le monde s'arrête. Les gens regardent en dehors du cadre, vers leur droite, vers cette femme qui n'arrête pas de crier et qu'on entend de plus en plus fort selon, on suppose, qu'elle s'approche. Mais les gens se sent menacés et ils fuient la dame en détresse. Tous sauf notre protagoniste, paralysé par la frayeur, qui se trouve seul avec un inconnu à protéger contre son choix cette femme en danger. L'homme n'a pas exprimé une volonté d'aider cette femme, sinon qu'il se trouve piégé dans cette situation: il est obligé à l'aider.

Cet homme, victime d'une obligation morale dans cette scène si efficace, c'est le directeur du musée d'art moderne de la ville, qui travaille en ce moment dans la présentation d'une nouvelle oeuvre, The square. Il s'agit d'un mètre carré marqué en blanc par terre qui sert comme capsule de paix, justice et harmonie pour celui qui entrerait dedans. Östlund utilise ce carré comme métaphore dans cette satire sur les limites de l'éthique et de l'art, mais surtout aussi des limites de l'hypocrisie des bourges. Pour ceci, il compile des gags absurdes au rythme reposé et très froidement filmés. Pur style scandinave, mais beaucoup plus efficace que dans son précédent film, Snow therapy.

Pour inaugurer l'oeuvre du titre du film, une bonne promotion est essentielle. Le musée a besoin de créer une image puissante, qui apparaisse dans tous les médias pour attirer un nouveau public. C'est pour ceci que le département de marketing proposera une campagne publicitaire qui mettra en colère la société suédoise. Une campagne cruelle, violente et misérabiliste qui, en plus, va contre le but de l'oeuvre elle-même. Premier coup de poigne du réalisateur contre le marketing qui règne aujourd'hui le secteur de l'audiovisuel. Il fat que tout soit virale, qui provoque du buzz, qui fasse du hype, qui génère des likes, des followers, des shares et de commentaires. À n'importe quel prix.

La mauvaise gestion de l'affaire provoquera un tel chaos qu'une question sera posé par la presse, Ils sont où les limites de l'expression artistique? La réponse, ou le manque d'une, mettra en évidence une élite culturelle qui se vante d'un statut cultivé privilégié mais incapable d'analyser le fond morale pour se défendre de la rage du peuple heurté. Tout au long du film on voit des SDF par tous les coins de la ville, description d'un état d'urgence sociale ignoré par ces personnages trop occupés par leur fêtes dans leurs châteaux. Pire encore, ils attendent une médaille comme réponse aux gestes banales vers les pauvres et ce qui reçoivent dans leurs têtes surprises ce n'est que la colère des impuissants face à l'injustice. Une élite ignorante, inutile et incapable. Le manque d'empathie mène à la catastrophe. Comme exemple, le protagoniste met sens dessus dessous dans un immeuble de banlieue pour récupérer son smartphone. Les conséquences, inespérées, serviront au moins comme leçon, vu ses remords vers la fin du film.

Tous ces sujets: les limites de l'expression artistique, de l'hypocrisie et le manque de réaction de la bourgeoisie apparaissent dans la scène la plus remarquable du film: la performance d'un artiste imitant un gorille dans l'inauguration de la nouvelle saison du musée. Une bête qui répondra de façon agressive à tout mouvement dans la salle. Une image surréaliste où on voit les tout-puissant baisser la tête, sans oser respirer. Et d'un coup, comme au début du film, une femme demande de l'aide sans réponse. "Au secours!" Rien. "Au secours!" Personne. "Au secours!" Trop tard.

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CC30
CC30

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5,0
Publiée le 19 octobre 2017
Un véritable chef-d'oeuvre comme je n'en ai pas vu depuis longtemps. D'une densité thématique et philosophique impressionnantes. Drôle, intelligent... On pense à Paul Thomas Anderson et presque à Kubrick. Des scènes étirées durant lesquelles un changement de tonalité s'opère et où le rire fait place au malaise et à la tension.
The Square semble proposer une critique de l'art contemporain et des postures de bien-pensance derrière l'égoïsme qui est un combat de tous les instants. Certains spectateurs affirmeront que le film, de par sa mise en scène rigide, relève justement de l'élitisme qu'il brocarde. Pourquoi pas. C'est le génie de ce film de nous perdre, de bouleverser nos certitudes, à l'image de son personnage principal, altérité insaisissable comme chacun de nous pour le reste du monde.
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