The Square
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Ernesto D.
Ernesto D.

14 abonnés 60 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 août 2017
J'ai eu la chance d'avoir vu ce film en avant première de sa sortie nationale prévue en octobre prochain et ne regrette absolument pas le choix de mon petit ciné d'Art et Essais d'Avignon . Nous sommes proche du chef d'oeuvre dans son genre et son style . Le précédent opus de Ruben Ostlund , Snow Thérapy , était une réussite mais The Square le surpasse encore en intensité , en rebondissements , en virtuosité . Du cinéma d'une rare intelligence . Film à tiroirs ou l'histoire principale ( le vol d'un téléphone portable ) est l’élément déclencheur d'un tsunami d'événements psychologiques , existentiels et professionnels dans la vie d'un jeune , brillant et séduisant conservateur de musée d'art contemporain de Stockholm . Tout sera remis en question , y compris , et surtout , ses convictions humaines mais aussi sa propre vision ( et doutes ) sur l'art contemporain dont il est pourtant le principal promoteur . A partir de là il entre dans une névrose d'échecs ou chacun de ses actes sera une succession de ratages les uns plus pathétiques que les autres . Ce film nous donne à réfléchir sur les limites du droit d'expression , les limites de l'art contemporain et de sa crédibilité ( avec une scène d'anthologie dans une salle à manger résumant à elle seule toutes les critiques et les doutes ) , les limites du paraître . Les limites du prêt à penser . Une sorte allégorie moderne de la caverne Platon . Après avoir vu ce film faites attention si on venait à vous voler votre portable . Meilleur film à Cannes ultra mérité .
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2017
C'est petit à petit, film après film, que le réalisateur suédois Ruben Östlund a réussi à imposer sa patte dans le cinéma mondial. Une ascension à laquelle le Festival de Cannes a beaucoup contribué, les 4 derniers longs métrages de Östlund ayant tous fait partie d'une des sélections les plus prestigieuses du Festival de Cannes : Un Certain Regard, Quinzaine des Réalisateurs, Compétition Officielle. Après avoir obtenu le Prix du Jury de la sélection Un Certain Regard en 2014 avec "Snow Therapy", le réalisateur s'est vu remettre en mai dernier la récompense la plus prestigieuse, la Palme d'Or, pour son film "The square". Une récompense qui est restée au travers de la gorge de nombreux critiques !

Ruben Östlund a manifestement une marotte : aller creuser au sein des familles et de la société suédoises afin de rechercher les travers qui viennent assombrir l'image d'un pays souvent donné en exemple et en faire un film dans lequel le drame voisine avec un humour très cynique. Dans "The square", le personnage principal s'appelle Christian. Il est le conservateur d'un musée d'art contemporain de Stockolm. Ses moyens financiers le placent parmi les nantis du pays et lui permettent de satisfaire sa bonne conscience en roulant en Tesla, la voiture écolo par excellence. Cette bonne conscience, il va également la cajoler dans le cadre de son travail, s'attaquant à l'organisation dans son musée d'une exposition intitulée « The Square », une exposition prônant l’altruisme et rappelant aux visiteurs leurs devoirs à l’égard de leurs prochains.

Cette bonne conscience a toutefois des failles et un événement somme toute anodin, le vol de son portable, va amener Christian à dévoiler ce qui est peut-être sa vraie nature. C'est ainsi que suite à cet événement, Christian n'arrive pas à comprendre que la fierté existe également dans les classes populaires et que, lorsqu'on en fait partie, on n'apprécie pas de se voir traité à tort de voleur. D'où la révolte légitime d'un gamin, habitant d'une cité HLM, que certains critiques ont trouvé le moyen de trouver déplaisant !

Dans "The square", Christian est loin d'être le seul à être raillé par Ruben Östlund :le monde des communicants et sa recherche permanente du buzz sont également dans le collimateur. Quant à la satire pas très méchante d'une certaine forme d'art contemporain, mal accueillie par certains (pamphlet inepte, critique facile, réactionnaire, déjà vue, etc.), on est bien obligé de reconnaître que souvent, très souvent, trop souvent, il y a vraiment de quoi se moquer. A contrario, c'est dans monde de l'enfance, celui des activités de pom-pom girls des filles de Christian, père divorcé, que le film trouve ce qui reste d'altruisme, d'esprit d'équipe, de confiance dans les autres dans un monde gangréné par l'individualisme.

Beaucoup de bons côtés, donc, dans "The square", mais également 2 défauts importants : le film est trop long (142 minutes !) et une scène de "happening" qui s'étire au delà du supportable au cours d'un repas mondain. Une scène qui a toutefois le mérite de vilipender la lâcheté des foules qui sont capables de ne pas lever le petit doigt face à une agression contre une jeune fille mais qui se déchainent lorsque l'agresseur a été mis hors d'état de nuire. En résumé, bien que faisant partie des 4 ou 5 meilleurs films d'une compétition officielle globalement faiblarde, "The square" ne méritait peut-être pas la Palme d'Or qu'on aurait bien vue attribuer à "Vers la lumière" de Naomi Kawase. Par contre, en absence de Palme d'Or, Claes Bang, l'interprète de Christian, pouvait légitimement prétendre obtenir le Prix d'interprétation masculine. Dernier point : on tombe des nues en constatant que le Figaro décerne à ce film le qualificatif de film de droite. On tombe encore plus des nues lorsqu'on voit Politis, hebdo vraiment de gauche, considérer que, en effet, "The square" est un film de droite. Que voulez vous : Ruben Östlund a osé se moquer de certaines formes d'art contemporain, son film est donc de droite.
Spe64
Spe64

26 abonnés 191 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 juillet 2017
"The Square", qui donne son nom au film, se veut être une exposition, un concept de dalles au sol, des dalles qui appartiendraient à tout le monde et où la bienveillance, l'altruisme et le bien commun régneraient. Bien à l'opposée de la vraie vie, que l'on suivra avec Christian, conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain.
The Square est une critique de l'humain, de son hypocrisie et de son individualisme, le film est exigeant, très riche d'informations, avec un rythme poussif. Il s’apprécie finalement bien plus après projection de par toutes les réflexions qu'il peut amener que pendant.
Un film très intéressant, qui amène réflexion mais qui peut paraitre un peu longuet et trop démonstratif.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 mai 2017
Le précédent film de Ruben Ostlund, Snow therapy m'avait enthousiasmé par son originalité, sa capacité à brouiller les pistes et ses audaces formelles.

Force est de constater que dans ce nouvel opus, tout juste couronné par la Palme d'Or, le prodige suédois reproduit la recette de son film précédent : un évènement fondateur dont le personnage principal ne sort pas grandi, suivi d'un enchaînement de circonstances induites qui montrent les compromis, les petitesses et les mesquineries de nos sociétés. Et au passage l'orgueil sexuel du mâle occidental qui en prend pour son grade.

Donc rien de bien nouveau sous le soleil de Stockholm, sauf qu'ici les sujets de moquerie me semblent bien moins originaux que dans Snow therapy (se moquer de l'art contemporain, c'est vraiment trop facile) et surtout moins maîtrisés. C'est comme si le cinéaste avait voulu ratisser le plus large possible pour maximiser ses effets comiques et toucher le maximum de personnes. Ainsi, Ostlund s'attaque à notre inaptitude à la bienveillance, à notre insensibilité à la violence, à notre aptitude au lynchage, aux méfaits du marketing, aux dégats causés par les réseaux sociaux, à notre sexualité atrophiée, à notre rapport aux mendiants, etc.

Le film veut ratisser tellement large qu'il m'a perdu en route, jusqu'à cet improbable happy end (les fifilles sont fières de leur papounet), bien éloigné de la sécheresse onirique des derniers plans de Snow therapy.

Ces réserves étant faites, il faut reconnaître à la Palme d'or 2017 une vraie capacité à faire surgir le rire grinçant au détour d'une scène (par exemple quand le cuisinier annonce le repas et n'est pas écouté). Il y a dans The square un enthousiasme dans la mise en scène de nos turpitudes qui pourra se révéler communicatif, surtout pour ceux qui découvrent le cinéma d'Ostlund à cette occasion. La scène du happening pendant le repas de gala est rudement bien faite, même s'il faut admettre qu'elle ne sert en rien le développement de l'intrigue.

Clinquant, souvent brillant (tous ces carrés qui envahissent l'écran : cages d'escalier, tapis de gym...), mais tout à fait inconsistant : The square est probablement le film le plus faible de son réalisateur, mais paradoxalement c'est celui qui lui apportera la consécration.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 29 mai 2017
Trop long et sans intérêt... En tout cas pour ma part je n'ai pas apprécié ce film. Il ne merite pas pour moi la palme d'or de Cannes de cette année....
tony-76

1 152 abonnés 1 410 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 février 2018
Ayant remporté la Palme d'or au Festival de Cannes 2017, The Square est clairement un ovni dans son genre et demeurait intriguant à ceux qui ne l'ont pas découvert aussi tôt. Le prix est-il mérité ? Tout le monde pensait que c'était 120 Battements par minute qui allait décrocher la Palme ! The Square est un projet ambitieux de Ruben Ostlund qui traite de la transmission des valeurs et d'une réflexion brûlante d'actualité sur les limites de la liberté d'expression. Ostlund n'épargne pas non plus le milieu de l'art contemporain sur un ton très provocateur et souvent drôle spoiler: - l'interview avec la présence de Dominic West ou encore la scène du dîner avec l'homme singe -
le dernier exemple s'avère un excellent passage de l'ouvrage, d'une grande force. L'homme qui l'incarne s'appelle Terry Notary, celui qui avait incarné des personnages d'animaux dans les récents blockbusters - La Planète des Singes de Tim Burton, l'adaptation du jeu vidéo Warcraft... - l'acteur offre une prestation incroyable que se soit dans les films précédents ou dans The Square ! Mais ont suit plutôt le conservateur de musée Claes Bang (qu'on verra bientôt dans The Girl in the Spider's Web, suite du remake de la trilogie Millénium de Stieg Larsson), qui après avoir perdu son téléphone et son porte feuille doit préparer une exposition intitulé Le Carré... La mise en scène est marquante doté de quelques plans judicieux dont le champ d'action s'avère très large. Une musique troublante et souvent répétitive dans lequel celle-ci reste dans nos esprits ! Une fin totalement insatisfaisante mais elle est à l'image de ce film, complétement absurde. Et trop imparfait pour convaincre entièrement parce que même si on trouve plusieurs longueurs, The Square est le représentant pour la Suède à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Il peut diviser mais l'originalité et ces quelques situations délirantes forment un ovni ! Particulier mais à voir.
deckard77680
deckard77680

4 abonnés 48 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 octobre 2017
une comédie déjantée, une bande son très sympatique (Justice, une version d'Avé Maria que l'on a à plusieures reprises). L'art contemporain est très décallé. En gros cela pourrait se traduire par : Les déboires de Christian. En bilan ce film d'auteur se laisse regarder.
Le film d'Ariane
Le film d'Ariane

87 abonnés 179 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2020
Voilà enfin la Palme d'Or controversée de Ruben Östlund, trois ans après le déjà très grinçant "Snow therapy". Elles sont rares les Palmes qui font l'unanimité. Je ne rentrerai donc pas dans cette polémique stérile car le film contient à mon sens suffisamment de qualités et d'intérêt pour figurer au palmarès, quel que soit l'échelon de sa distinction. Christian (très bel homme aux idéaux philanthropiques qui roule en Tesla) est le conservateur d'un prestigieux musée d'art moderne en Suède. Alors qu'il marche dans la rue, les yeux rivés à son smartphone dernière génération, une femme pourchassée se précipite vers lui pour chercher protection. Il s'oppose à l'agresseur pour laisser la victime s'enfuir. Fin de l'histoire. Sauf que quelques minutes plus tard, il s'aperçoit que c'était une parodie d'offensive, destinée à lui faire les poches : son portable et son portefeuille viennent de lui être subtilisés. Il conçoit donc un stratagème (assez douteux) pour récupérer ses effets. À partir de ce moment-là, sa vie (personnelle et professionnelle) va partir en vrille ! Personnellement, j'ai pris un pied monumental à cette farce satirique qui est moins une critique de l'art contemporain (qu'Östlund égratigne bien sûr) qu'une satire sociale acerbe qui fustige l'individualisme de nos sociétés occidentales inégalitaires. La bonne conscience bourgeoise en sort atomisée ! Car Christian (Claes Bang, une révélation) vient d'acquérir pour son musée une œuvre d'art "The Square" : un carré posé au sol qui oblige toute personne passant à ses côtés à porter secours à qui que ce soit qui y trouverait refuge, forcément les plus fragiles (SDF, migrants…). Il réalise au passage à quel point ce n'est pas aisé au quotidien de mettre son discours, qu'il érige en principes moraux, en accord avec ses actes. D'autant qu'il est confronté à des emmerdements en cascades qui vont mettre à mal ses valeurs humanistes. Tout ce qu'il entreprend dysfonctionne dans les grandes largeurs, donnant lieu à des scènes de profonds malaises : le point d'acmé étant cette performance simiesque au sein d'une communauté d'happy few en smokings et robes de soirée, sidérante et extrêmement dérangeante. Tout cela s'enchaîne sans véritable progression dramatique il est vrai, mais la charge est tellement juste, le propos si pertinent et le film si drôle que, Palme d'Or ou pas, le moment est férocement jubilatoire.
Mr. Renton
Mr. Renton

151 abonnés 95 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2018
Après le terriblement lent, long, inintéressant et pompeux Force Majeure, j'avais très peur de ce que donnerais The Square. C'est simple, j'ai ADORÉ! Ruben Ostlund gère parfaitement son cadre, la photographie est sublime, les acteurs excellentissime, le scénario passionnant, riche, bien construit malgré la longueur (2h30!). The Square a pour lui en plus de tout ça de proposer une véritable réflexion sur l'Art et la Société actuelle, Suédoise évidemment mais dans sa globalité également. Et je dis bien une réflexion, Ostlund ne se contente pas de montrer les dérives sociales, il les remet en question et donne des solutions. Et tout ça avec humour!

Clairement, Plame d'Or totalement mérité en ce qui me concerne, j'ai adoré The Square et j'espère que Ruben Ostlund continuera sur sa lancée.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 mai 2017
Ruben Östlund n’avait pas réalisé depuis son excellent Snow Therapy en 2014. Il obtiendra la Palme d'Or 2017 avec son Square, l’œuvre d’un musée d’art contemporain, qui incite les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Pour en arriver là, The Square nous plonge dans l’histoire de Christian, un père divorcé et conservateur reconnu de ce musée. Entre comédie commerciale et véritable satire sociale, The Square dresse le portrait d’une société d’apparence en mal de réalisme, de sincérité et de bonheur. C’est lorsque notre protagoniste se fait voler son téléphone portable qu’il va être confronté à ce qu’il souhaite dénoncer à travers l’œuvre qu’il va mettre en abyme. Pas si simple d’agir quand on a toujours été habitué à parler. The Square nous met face à notre lâcheté au travers de différentes séquences dérangeantes. Heureusement Ruben Östlund allège le ton grâce à des situations cocasses et absurdes. Mais il est étonnant de voir comment le cinéaste nous fait rapidement regretté d’avoir rigolé en allant toujours plus loin dans son procès. Dominic West, Elisabeth Moss et Terry Notary sont formidables d’autodérisions. Nous n’avions jamais rien vu de tel.
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Arnaud R
Arnaud R

99 abonnés 826 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2017
Un excellent film satirique qui critique à la fois la misanthropie de nos sociétés modernes et la décadence de l'art contemporain dans des concepts qui fuient la profondeur de sens pour une abstraction creuse. Le film a des longueurs mais aussi beaucoup de scènes d'une puissance rare.
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