Elle s’appelle Romy Schneider. Elle est la grande actrice que l’on connaît, du moins celle que la réalisatrice entreprend de nous présenter. C’est une femme désespérée, qui se contraint à un séjour dans un hôtel en bord de mer, où les plats sont rationnés et les drogues interdites. Et pourtant, elle boit, elle fume et quand elle ne fait ni l’un ni l’autre, elle se répand de pleurs ou de rires hystériques. Sa meilleure amie la rejoint dans cet hôtel de luxe, sans que l’on ne sache pas vraiment pourquoi. Puis, arrivent un journaliste et un photographe, qui semble-t-il a été l’amant de la comédienne.
C’est un film qui dure deux heures. Deux heures à les regarder boire, manger, rire, pleurer, et discuter. Autrement dit, deux heures totalement inutiles où l’on n’apprend rien de vrai chez cette actrice. Il y a même quelque chose de choquant de présenter un tableau réinventé d’une comédienne disparue, que la mise en scène affuble des pires tourments et des pires addictions. Au-delà même de l’aspect très discutable, la mise en scène rejette toute forme d’empathie à l’endroit de son héroïne, générant alors chez les spectateur agacement et désintérêt.
Pourtant, la photographie est belle. La mer bretonne est magnifiquement filmée, et le noir et blanc rajoute au mysticisme de l’image. Mais, hélas, il y a une contradiction entre cette volonté quasi poétique de filmer la mer et la présentation de Romy qui ne fait pas grand-chose d’autre que de boire, pleurer, se faire photographier et rire. Le personnage succombe à des tics qui la rendent horrifiantes et grotesques. On oublie l’actrice qu’elle a été, pour ce tableau pittoresque d’une alcoolique répugnante, désinvolte et égocentrée.