Malgré une volonté démonstrative affichée au fur et à mesure de l’évolution du récit, ce film demeure d’une extrême urgence sur le comportement scolaire de certains individus qui via internet et téléphone portable ont fait du harcèlement un mode de vie par procuration. Deux garçons ne se sont encore jamais avoué leur amour quand une bande d’imbéciles leur tombe dessus, les provoque, les ridiculise, terrorisant à tour de bras une communauté fragile par excellence. La loi du silence institue un no man’s land dans lequel vont se perdre nos héros dont Antoine Olivier Pilon qui après « Mommy » porte une belle attention dans son interprétation et la retenue viscérale de son personnage meurtri. Un autre jeune comédien donne lui aussi beaucoup de lui-même en salopard patenté : Lou-Pascal Tremblay joue excellemment ce méchant et cruel canard . Pour en savoir plus
on découvre dans ce film que le harcèlement est partout aussi bien en Europe qu'en Amérique du Nord chez les pauvres comme chez les plus huppés. très bien interprété avec de jeunes acteurs prometteurs. on reste quand même stupéfait des conséquences de ces actes infâmes.
« C’était juste une blague« disaient les bourreaux à la fin du film. Pourtant cette simple blague a entraîné un drame sans précédent pour Tim, un adolescent de 16 ans qui a toutes les capacités pour devenir un athlète de haut niveau mais qui a une attirance pour les garçons. Quelque chose qui ne passera pas inaperçu auprès des autres garçons de son lycée qui s’amuseront quotidiennement à lui pourrir la vie jusqu’à un point de non-retour. Ou comment le harcèlement scolaire peut mener au pire. Ne vous arrêtez pas à sa bande-annonce car 1:54 est un grand film, un vrai film que la société et les jeunes doivent voir pour peut-être enfin saisir l’importance et les dangers que comportent le harcèlement scolaire. Et cette dernière scène où un des amis de Jeff à l’origine de ce qui va faire déraper Tim déclare : « C’était juste une blague« , donne tout son sens et toute son ampleur à ce film d’utilité publique.
Je ressors de la salle tout chamboulé, c'était juste magnifique ! Une très belle surprise car je ne m'attendais pas du tout à ça. 1.54 est juste imprévisible. Ca parle d'actualité puisque les thèmes abordés ici sont l'homophobie, le harcèlement scolaire, et le harcèlement sur les réseaux sociaux en parallèle de la course. L'acteur est juste brillant, sa performance impressionnante. En gros, on suit le quotidien d'un jeune homme ayant du mal à s'accepter et qui essaie de trouver sa place dans la jungle du lycée. Émotionnellement, tout y est. Les personnages sont aussi charismatiques que détestables au plus au point. J'ai tout simplement adoré et je pense que ce film doit être vu tout simplement car il fait réfléchir et nous ouvre les yeux sur certaines choses.
Vu à Lille en présence de Yan England suivi d'un débat très intéressant sur les thèmes du film. J'ai tout simplement été bouleversée par cette histoire. Maman de 2 adolescentes, je ne pouvais pas rester insensible. 1:54 parle avec beaucoup de justesse du harcèlement à l'école mais également le deuil, l'homosexualité, la compétition ... Le jeu des acteurs est parfaite et Bravo à Yan pour cette très belle première réalisation. J'y retournerai avec mes enfants. Ce week-end c'est le printemps du ciné c'est une bonne idée de film à aller voir. Je vous le conseille fortement.
Un scénario qui assemble trois parties. D'abord des scènes de harcèlement, sur fond ou plutôt à cause d'orientations sexuelles. Les ados d'aujourd'hui ne sont pas les plus tolérants, même dans le Québec supposé plutôt libéral. Cette première partie nous fera suivre le personnage principal en situation de souffre-douleur. Hélas, on reste un peu froid. Je m'en excuse car il ne faudrait pas mais il s'agit avant tout de cinéma (même si sans nul doute inspiré de la vraie vie) et il appartenait au scénariste, au réalisateur, au metteur en scène et aux acteurs de faire passer davantage d'émotion. Fin de ce premier acte par un drame. Le second reposera sur la manière du personnage principal de reprendre pied, de se venger peut-être, en espérant retrouver ses titres de gloire à la course du 800 mètres, contre un adversaire peu ou prou responsable du malheur qui précède. On change alors un peu de registre pour passer au film glorifiant le surpassement physique de soi. Le titre "1:54" évoque ça. Un temps à réaliser dans une compétition nationale de course à pied sur 800 mètres. Pas facile pour le sportif reprenant la compétition qui, bien que déjà champion plus jeune, ne réalise au début de la reprise de son entrainement qu'un temps de plus de 2 minutes. Les choses ne se termineront pas comme pressenti. Notre personnage principal retombera dans ses tourments. C'est la dernière partie qui nous mènera à ce qu'on nomme un fait divers. Le spectateur suivra tout ça, d'un peu loin. La faute à vouloir traiter plusieurs choses dans un même film sans rien aborder à fond.
Une excellente direction d'acteurs , sur un sujet non révélé par la bande annonce (homophobie) un exploit !!! les protagonistes ne sont pas caricaturaux , et leur chemin de croix dans ce lycée est très plausible , même à notre époque tolérante , il suffit d'une bande de brebis galeuses pour faire l'année de bahut un calvaire. Pour un premier film le réalisateur a fait montre de maitrise , merci pour ce petit bijou .
Film qui n'est ni excellent, ni franchement mauvais...qui est juste sauvé par ses thèmes forts : l'homosexualité, le harcèlement au lycée, l'attentat à la bombe... autrement c'est un peu plat, ça manque de conviction (surtout les scènes d'athlétisme qui ne sont pas folichonnes !) et au bout on ressort un peu frustré mais choqué par le scénario !! Mi figue mi raisin !
Un film de la trempe des films de Gus Van Sant et Xavier Dolan. D'ailleurs l'acteur principal est la révélation de Mommy. Antoine Olivier Pilon est décidément aussi surprenant ici que dans Mommy. Un jeu juste et empli de retenue et d'émotions maîtrisées. L'homosexualité y est abordée avec toute la cruauté et la stupidité qui peut être l'apanage des adolescents avec en plus les dégâts occasionnés par l'utilisation des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. S'il est facile de vivre son identité de gay lorsque l'on a 40 ans et plus ; il demeure très difficile de s'assumer au lycée et parmi les autres adolescents. L'apprentissage de l'amour y est cruel. Un film remarquable dont on ne sort pas indemne. A voir et à revoir.
Le réalisateur-acteur-producteur-animateur de télévision de ce film québécois, son premier, a voulu courir deux lièvres à la fois, mais il n’en atteint finalement aucun, car ces deux thèmes, sans aucun rapport entre eux, ne fusionnent pas !
Ces deux thèmes sont les suivants : les conséquences parfois mortelles du harcèlement anti-homosexuel dans les lycées et collèges, qui peuvent, comme ici, spoiler: pousser un jeune au suicide ; et le désir de prendre une revanche en gagnant une compétition sportive, par un concurrent qui n’a aucune chance au départ, mais finit, comme toujours au cinéma, par gagner – avec, une fois de plus, l’habituel déluge de niaiseries proférées dans le monde sportif@: donne tout, va jusqu’au bout de tes rêves, et autres platitudes.
Bref, Tim et Francis s’aiment sans se le dire, c’est établi dès le départ lorsque Tim a la velléité spoiler: d’embrasser sur les lèvres son camarade qui dort, mais il n’ose pas , et lorsque Francis lui crie spoiler: “Je t’aime” juste avant de sauter du haut d’un pont . Donc, incontestablement, ils spoiler: n’ont rien fait ensemble . Mais, harcelé par un groupe de camarades du lycée qui ont découvert – ou souçonné, ce n’est pas certain – son homosexualité, Francisspoiler: se suicide , et Tim ne cherche plus qu’à se venger du chef des harceleurs, un nommé Jeff, qui le harcèle aussi, sans plus de raison que sa camaraderie avec Francis. Or il se trouve que Jeff est le champion du lycée pour la course à pieds de deux cents mètres, qu’il a parcouru en une minute et cinquante-quatre secondes, d’où le titre du film. Mais Tim est aussi bon coureur, quoique moins rapide, et il décide de battre Jeff lors de la prochaine compétition. Naturellement, comme toujours au cinéma, il triomphe, mais Jeff se venge à son tour en mettant en ligne une vidéo où l’on voit Tim et le défunt Francisspoiler: copulant dans un coin sombre. Et là, le scénario sombre dans le ridicule : d’où sort donc cette vidéo ?
La fin parachève ce ridicule : Tim a quelques notions de chimie, et il spoiler: fabrique une bombe qu’il dépose dans la boîte de nuit où Jeff et ses copains font la fête, mais il se ravise au dernier moment, se pointe sur les lieux pour sauver tout le monde, et c’est lui qui est tué dans l’explosion !
Iil paraît que ce fabuleux navet est projeté dans les écoles du Québec. Pas les écoles de cinéma, on espère !
Pour moi, l'histoire principale du film n'est pas du tout celle d'un grand sportif mais plutôt celle d'un ado mal dans sa peau qui a du mal à affronter le regard des autres et la crainte de voir sa vie exposée sur les réseaux sociaux. C'est un film assez noir qui tend à démontrer comment on peut sombrer dans la folie à force de se sentir persécuté. L'acteur principal est convaincant, le sentiment d'injustice dérangeant. Je trouve que le film aurait pu comporter davantage de petites notes humoristiques. Le personnage central aurait pu avoir un peu plus de combattivité pour nous faire pencher de son côté. Dommage que certains moments clés du film ne soient vraiment pas clairs. Sinon, on se laisse assez embarquer par l'histoire.
1:54 permet en premier lieu de revoir Antoine Olivier Pilon, le héros de Mommy. Son interprétation, dans ce premier film québecois, à l'instar de l'ensemble de ses camarades, est relativement moyenne mais il est vrai que son rôle d'adolescent tourmenté ne lui permet guère d'offrir que peu de variations de jeu. Le film prend pour thème ce que nos cousins canadiens appellent "intimidation" que l'on nomme plus volontiers harcèlement chez nous. La vertu pédagogique du long-métrage de Yan England est incontestable et nul doute que de nombreuses discussions à l'école pourront y être associés avec et pour les adolescents. Le scénario est cependant riche en raccourcis et en clichés qui amenuisent quelque peu son intérêt cinématographique. C'est un peu comme si il y avait un certain nombre de cases à cocher pour que le cahier des charges soit rempli : homophobie, quête identitaire, compétition via la course, lâcheté des réseaux sociaux, et on en passe. Dénoncer toutes les brimades de l'adolescence et les injustices en 1 heure 45 oblige le réalisateur à empiler les tracas sans trop de nuances dans une histoire qui débouche sur un dénouement dramatiquement excessif. Admirateur de Gus van Sant et sans doute de l'extraordinaire Polytechnique de son compatriote Denis Villeneuve, Yan England dispose d'un matériau trop schématique et pourtant rendu artificiellement complexe pour convaincre pleinement. Reste, une fois encore, à souligner que le film permet d'entamer le débat et peut-être à libérer la parole, ce qui n'est pas rien.
« 1:54 » est un petit bijou du cinéma canadien, un drame intense qui sonne vrai, porté par un acteur principal littéralement possédé par son personnage.