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Michaël
8 abonnés
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4,0
Publiée le 17 octobre 2025
D'un côté un Français, Hervé, qui perd son emploi car son entreprise se délocalise et qui veut devenir pêcheur, de l'autre, Foued qui vient d'obtenir le boulot du premier car l'entreprise s'est installée dans son pays en Afrique du Nord et qui a un ami qui aimerait ouvrir une poissonnerie.
Le réalisateur a eu le génie de tourner en arabe les parties qui se déroulent au Maghreb, car oui on n'y parle pas que français comme on aimerait nous faire croire. Et ça rend le tout bien plus authentique.
Philippe Rebbot est toujours le même grand dégingandé qui surjoue, mais qui surjoue juste. Difficile à expliquer mais je le trouve tellement sincère à chaque fois. Corinne Masiero ne force pas son accent pour une fois, ça fait plaisir et ça fonctionne bien. Mohamed Amine Hamzaoui enfin est très bon, notamment dans ses silences et ses regards; j'ai beaucoup aimé.
Sans oublier dans des rôles moins importants Abir Bennani et Kacey Mottet-Klein, très convaincants eux aussi.
Le sujet a été très bien traité, bien réalisé (notamment le plan lorsque le bus et le train avancent parallèlement, ou quand Foued suit des yeux les médicaments de sa mère qui s'entassent).
Bref, une super découverte que je recommande vivement.
Deux histoires se mêlent dans de ce petit film sociétal de qualité correcte. La première est celle d'une famille française au sein de laquelle le père se retrouve au chômage et choisit de se mettre à la pêche d'une façon plus ou moins illégale. La seconde est celle d'un jeune homme maghrébin qui travaille dans une usine. Leurs histoires sont liées car l'usine où travaille le jeune homme maghrébin est celle où travaillait le père de famille français, avant qu'elle ne soit délocalisée au Maghreb. On a un aperçu de certains problèmes sociétaux français, notamment en ce qui concerne l'auto-entreprenariat. Tout est très compliqué en France, notamment au niveau administratif. Le film nous montre aussi que la police défend toujours les intérêts des plus forts, et que finalement la devise républicaine "Liberté, égalité, fraternité" n'est que du vent... Nous sommes tous sous contrôle avec très peu de libertés.
J'ai bien aimé ce film... c'est très réaliste, très social et j'aime ce genre de fictions ! En plus ça se passe entre la France et la Tunisie et j'ai bien aimé découvrir une facette de ce pays (car des gens qui me sont chers sont originaires de là bas) et c'était plaisant de suivre ce jeune ouvrier qui galère à avoir une vie décente dans la zone portuaire de Tunis ! En prime il y a Corinne Masiero et ca m'a fait grand plaisir de la retrouver... j'ai passé une bonne soirée ! Voilà...
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5,0
Publiée le 7 août 2020
Un très bon film de Walid Mattar probablement influencé par Kenneth Loach. Il dépeint les outsiders de la classe ouvrière et il alterne les vies d'Hervé et de Foued d'une manière qui mêle de façon cohérente sa vision de leurs difficultés en fait les scènes de Foued amplifient celles d'Hervé et vice versa. Une usine est relocalisée en Tunisie en France Hervé perd son emploi avec une indemnité de départ de 30 000 euros ce qui n'est pas beaucoup quand on n'a une cinquantaine d'années. Ainsi, Foued trouve un travail dans sa terre où les ouvriers peinent pour un salaire de famine. Le fils d'Hervé passe son temps à jouer aux jeux vidéo avant de rejoindre l'armée mais il accepte d'aider son père dont le plan le séduit : pêcher et vendre leur produit à un prix absolument imbattable. Quant à Foued qui a des projets pour l'avenir se rend compte qu'il est exploité et il abandonne au bout de quelques semaines. Hervé et Foued ont quelque chose en commun tous deux refusent de faire partie de la meute qui continue manifestant en se résignant car les deux ont gardé leur fierté. Vent du Nord peut être à la fois optimiste et pessimiste. Hervé a trouvé un emploi à temps partiel, il régule la circulation à proximité des écoles espérant de meilleures choses. Son fils ayant passé avec succès son examen physique peut avoir trouvé son chemin dans le marine. Foued émigre en France espérant voir des jours meilleurs. Quand il arrive il aperçoit un feu d'artifice au loin comme le feu d'artifice d'Hervé au début...boucle complète ? Bon ou mauvais présage ?...
Ce film est une belle description d’un drame social. Il va nous montrer la difficulté de perdre son emploi puis de rebondir alors que l’on n’est pas qualifié. Philippe Rebbot, parfait dans ce rôle, montre un homme perdu face à l’administration qui lui bloque ses envies. Un véritable parcours du combattant pour lui alors qu’il veut juste travailler, mais qui voit ses rêves annihilés. Comme dans COMME DES ROIS, Kacey Mottet Klein joue le rôle du fils en conflit avec son père. La force de ce film est aussi la seconde histoire qu’il nous conte, celle du jeune Foued. Trouver un emploi sous-payé dans cette usine qui a quitté la France, ne va pas l’aider à résoudre ses problèmes financiers. Le lien entre ses deux histoires se fera donc naturellement. On va voir deux personnes, qui vivent dans deux pays différents mais qui ont tous les deux des espoirs brisés. On en arrivera donc à la conclusion de quel que soit le pays où on vit, c’est le rang social qui dicte les règles. Les ouvriers, qu’ils soient Français ou tunisiens, ne font que subir un système qui les exploite
Deux univers reliés par un regard au travers d'une fenêtre. Mais reliés aussi par la volonté de s'en sortir et la dureté de la société. C'est en même temps terriblement triste comme film social mais également pour les relations humaines qui en pâtissent. Fort
Malgré la présence de Philippe Rebbot ce drame social entre la France et la Tunisie a du mal à démarrer et nous donner envie de suivre cette histoire assez triste et monotone.
Un film social sur l'impact de délocalisation avec un personnage qui se débrouille tant bien que mal pour survivre tandis que son homologue du pays receveur du matériel galère aussi. PLV : un film qui ne vous donnera pas la pêche
Film social intéressant qui raconte les galères et les rêves de deux ouvriers l'un en France et l'autre en Tunisie. Le français perd son emploi et le tunisien après la délocalisation de l'usine en trouve un. En France le chômeur ( Philippe Rebbot très réaliste ) s'en sort en faisant de la pêche illégale avec son fils et sa femme mais se heurtera a une administration trop rigide et en Tunisie notre travailleur continuera son rêve d'exil en France qu'il finira par réussir. Cette comédie trouve souvent le ton juste .
Déjà que le film est très ennuyeux mais, comme si cela ne suffisait pas, on nous dispense de la traduction des 2/3 du film en arabe. Probablement pour nous épargner la pauvreté affligeante des dialogues !! Où alors c'est un acte militantiste ? Dans ce cas allez demander vos subventions au Maghreb et projetez y vos films.
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2,0
Publiée le 8 septembre 2018
Pour son premier film, Walid Mattar fait le parallèle entre deux ouvriers qui occupent le même poste, mais pas au même endroit. Du moins, c'est le point de départ de chacune des histoires puisque Foued "hérite" du poste de Hervé quand son usine est délocalisée tandis que lui tente de devenir pêcheur. Deux personnes humbles et travailleuses qui vont se heurter au système et à ses absurdités. C'est surtout Hervé qui va en faire les frais, lui qui veut travailler et qui a tout pour notamment le matériel et la clientèle, mais l'administration et ses lois vont finir par lui tomber dessus. On peut dire que la loi est la loi, mais avec la façon dont s'est montrée, on peut facilement trouver cela injuste. Je ne parle que de cette histoire, car pour celle à Tunis, il n'y avait pas les sous-titres pour comprendre ce qui a clairement eu une influence sur ma vision du film. Néanmoins, "Vent du Nord" est un drame social tout ce qu'il y a de plus classique. Philippe Rebbot est génial et sa petite famille attachante, mais ce n'est pas suffisant. Le montage est désagréable, j'aurais préféré deux histoires qui se croisent réellement plutôt que deux histoires en une qui donnent l'impression de voir deux films en même temps. Bref, si le film ne concernant que la famille Lepoutre, j'aurais mis la moyenne, mais là, je suis obligé de mettre la note en dessous.
Dans le Pas-de-Calais, Hervé, la cinquantaine, travaille dans une usine de chaussures sur le point d'être délocalisée. L'usine rouvre en Tunisie. Foued, la vingtaine, y est embauché.
"Vent du nord" colle deux histoires que rien ne rapproche sinon une usine qu'on délocalise, un train de banlieue et un bus de tourisme qui circulent sur deux voies parallèles durant quelques secondes et un feu d'artifice (tout s'éclairera en regardant le film). C'est sa principale force. C'est sa principale faiblesse aussi.
Car il y avait sans doute quelque chose à tirer de ce parallèle, une sorte de "convergence des luttes" pour reprendre une expression à la mode en ces temps de grèves SNCF et d'occupations d'université. D'un côté, l'histoire d'un lumpenprolétariat vieillissant dans le Nord de la France - comme on l'a déjà filmé cent fois. De l'autre celui d'un lumpenprolétariat beaucoup plus jeune dans la Tunisie des zones franches - qui, lui, l'a moins souvent été. Le premier est au chômage, mais ne vit pas si mal : Hervé habite dans un petit pavillon, s'achète un hors-bord avec sa prime de licenciement et se paie même des vacances low cost en Tunisie avec sa femme. Le second vient de trouver un emploi, qui lui permettra de payer les frais de santé de sa mère malade et de se rapprocher de la fille qu'il aime, mais ne vit pas si bien faute de pouvoir réaliser ses rêves.
"Vent du nord" aurait pu entrelacer ces deux histoires. Mais le montage opte pour un parti pris différent. Pendant la première demie heure, la caméra reste à Boulogne. C'est seulement dans la deuxième qu'on part, sans transition, en Tunisie. Le temps d'y prendre ses marques, on revient en France. Du coup, au lieu d'avoir un film construit en miroir autour de l'opposition/ressemblance entre les deux situations, on a plutôt deux historiettes, deux nouvelles filmées bout à bout. Le résultat est tout autre. Pas sûr qu'il convainque.
Je vous incite à aller voir « Vent du nord », le premier long-métrage de Walid Mattar, jeune réalisateur tunisien. Grâce à une astuce (le suivi d’une machine à emboutir le cuir pour fabriquer des pièces de chaussure qui est « délocalisée » d’une petite ville côtière du Pas-de-Calais à Tunis), l’auteur nous trace le parcours de 2 compagnons d’infortune. D’un côté Hervé (Philippe Rebbot) qui après 32 ans de travail dans cette petite usine, va accepter une prime de licenciement avant la délocalisation de l’usine, et acheter un petit bateau pour s’adonner à sa passion, la pêche, dont il va progressivement essayer de tirer profit jusqu’à ce que la gendarmerie … De l’autre Foued, (Mohamed Amine Hamzaoui), qui pour payer les médicaments de sa mère va travailler sur la même machine et vite désenchanter de son salaire de misère (270 Dinar soit environ 90 €uros) et de la promesse d’une promotion comme chef d’atelier pour rêver d’une autre vie en France … et dans la dernière scène Foued de contempler avec sourire le feu d’artifice tirée sur cette petite ville du Pas-de-Calais, même feu d’artifice qualifié un an plus tôt « de merde » par Hervé lors de la première scène du film. Les 2 héros ne vont jamais se rencontrer en dehors d’une très belle scène où l’autobus qui ramène à l’aéroport de Tunis Hervé et sa femme qui ont pu s’offrir une semaine de vacances all inclusive en Tunisie, va côtoyer pendant quelques kilomètres le train que Foued emprunte tous les jours pour aller à son travail. Ce film « social » sans fioritures techniques montre 2 chemins de vie d’expériences et de désillusions hélas « prévisibles » vu les conditions économiques que ce soit près de la mer du Nord ou de la méditerranée, mais un film qui a l’intelligence de pas baigner dans le pathos ou de tomber dans la revendication politique avec pour chaque « héros » une vie personnelle assez riche et même pour Hervé, un peu « décalée » typiquement cht’i avec un jeu d’acteur assez exceptionnel que ce soit pour Philippe Rebbot (dont certaines mimiques évoque Patrick Dewaere), sa femme (Corinne Masiero) et son fils (Kacey Mottet Klein), oisif et fada de jeux vidéo qui va finalement s’engager dans l’armée … comme fusilier marin. Ce film comporte en effet des notes d’humour certes amer mais bien vues : le nom du bateau d’Hervé, les grandes foulées d’Hervé sur la plage, la séquence de Pôle Emploi, le club-hôtel où le couple français séjourne, la scène de la mouche dans le verre de thé … Un film politique et humain, bien mené même si le rythme est peut-être un peu trop lent au début, mais qui fait de Walid Mattar un jeune cinéaste à suivre !