384 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
32 critiques spectateurs
5
2 critiques
4
13 critiques
3
10 critiques
2
3 critiques
1
3 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
ProjecteurTemporel
1 abonné
58 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 21 avril 2026
Avec Sur le chemin de la rédemption, Paul Schrader livre une méditation austère sur la foi, la culpabilité et l’angoisse écologique, dans une forme épurée presque ascétique. Ethan Hawke incarne un pasteur en crise, dont la dérive intérieure constitue le cœur du film. Schrader privilégie la lenteur, les cadres fixes et l’introspection, au risque d’une certaine rigidité formelle. Le film fascine par la radicalité de son propos, mais peut aussi sembler appuyer son symbolisme. Reste une œuvre exigeante et troublante, mais dont l’austérité peut tenir à distance.
Sur le chemin de la rédemption suit un pasteur en perte de repères confronté à une crise à la fois intime et morale. Un film austère et exigeant qui m’a intéressé par ses idées, tout en me laissant assez perplexe.
Avant de le voir, il faut avoir en tête que Paul Schrader propose ici un cinéma très introspectif, proche d’une tradition austère à la Bresson ou Bergman. Le film privilégie une plongée dans la crise intérieure d’un homme, avec une mise en scène minimaliste faite de cadres fixes, d’un rythme lent et d’un format resserré qui accentue l’enfermement.
Le récit explore la crise de la foi et la culpabilité à travers un personnage en plein doute. Il met en tension la religion face à un monde contemporain marqué par des enjeux qui la dépassent, notamment la question écologique, créant un déséquilibre où la foi ne suffit plus à apporter des réponses claires.
Le film aborde aussi le désespoir, l’isolement et les dérives possibles face à l’absence de solution. Il montre comment une angoisse personnelle peut évoluer vers une forme de radicalité, tout en interrogeant le rapport entre action, morale et responsabilité.
J’ai du mal à noter ce film tant il est complexe à appréhender. J’ai apprécié la performance d’acteur, très habitée, ainsi que la mise en scène rigoureuse, qui donne une vraie identité à l’ensemble. La richesse thématique est indéniable, avec un mélange intéressant entre écologie, culpabilité et spiritualité, et un ancrage contemporain qui fonctionne bien.
Mais c’est aussi là que je trouve ses limites. Le récit reste volontairement peu guidé et ne clarifie pas toujours sa direction, ce qui m’a parfois laissé dans le flou. Malgré sa maîtrise, la mise en scène connaît quelques écarts qui m’ont questionné. J’ai aussi ressenti une certaine distance émotionnelle, avec des personnages difficiles à saisir. Le propos peut sembler appuyé et très symbolique, et la fin, fidèle à cette logique, reste ouverte et déroutante. Cela dit, c’est typiquement le genre de film qui peut continuer à travailler après coup et résonner plus fortement avec le temps.
Au final, Sur le chemin de la rédemption est une œuvre dense et exigeante, qui propose une réflexion forte mais parfois difficile d’accès. Un film qui intrigue plus qu’il n’implique réellement.
C’est un très bon film, après lequel on ressort grandi et il nous pousse à nous interroger sur différents sujets. On peut y voir le personnage principal qui à la base est un fervent chrétien, venir douter que ce soit de sa foi où de la religion en général. Le film est plus qu’ actuel en abordant le sujet de l'écologie et de la crise climatique qui passe souvent au second plan dans notre monde capitaliste. Les deux personnages principaux sont un peu le ying et le yang entre un assez optimiste et l’autre assez pessimiste. Les deux acteurs ont un jeu qui vient sublimé le travail d'écriture. Pour finir la fin ma laissé assez perplexe et je me suis fait plusieurs hypothèses, mais cette fin laisse place à l'interprétation.
Une histoire captivante, qui se distingue des récits habituels par sa progression lente mais maîtrisée, menant vers un final particulièrement intéressant, ouvert à plusieurs interprétations. Les dialogues ont un véritable sens : ils portent des réflexions profondes sur des thématiques importantes et bien ancrées dans notre époque. La performance d’Ethan Hawke est impeccable. Habitée, sincère, et totalement engagée dans son rôle. L’alchimie entre lui et Amanda Seyfried est également fascinante, ajoutant une dimension émotionnelle forte au récit. Le rythme, volontairement posé, renforce la cohérence de l’ensemble et permet une vraie immersion dans la psychologie des personnages, dont l’évolution est crédible et touchante. C’est un film émouvant, intelligent, qui pousse à la réflexion et continue de résonner plusieurs jours après le visionnage. Une œuvre pertinente, cohérente et terriblement actuelle.
L’industriel qui vient en aide à une association caritative, ça grince obligatoirement dans les rouages , car rien n’est gratuit et il défend l’idée d’une planète sans souci. Ce n’est qu’une parenthèse dans cette histoire de rédemption, mais elle est assez ouverte pour indiquer le ton employé par Paul Schrader pour alerter sur le sort de la planète. Bien secondé dans sa critique écologique par Ethan Hawke, le cinéaste use d’un code très stricte ( on parle de film transcendantal ) pour aller au bout de sa démonstration. Le chemin de croix d’un pasteur presque défroqué, qui pour oublier sa propre histoire ( la mort récente d’un proche ) va tout donner auprès d’un jeune couple en doute sur l’avenir du monde. Un film désespéré peut-être, mais tellement vrai . AVIS BONUS Le scénario, explication de textes par Paul Schrader. Le regard d'un spécialiste du réalisateur : Laurent Vachaud Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
De ne pas voir la trilogie de Paul Shrader dans le bon sens n’est pas gênant puisque seules les thématiques, l’aspect visuel et la caractérisation du personnage principal se répondent mais que les histoires n’ont absolument rien à voir. Après le décevant, singulier et neurasthénique « The Card Counter », second du lot, et avant l’excellent « Master Gardener », dernier à sortir temporellement, « Sur le chemin de la rédemption » (titre français trivial et ridicule du bien plus logique « First Reformed » en version originale) traçait déjà les grandes lignes de cette entreprise artistique lancée par ce réalisateur à la carrière en dent de scie. En effet, Shrader a aussi bien tourné des œuvres cultes (comme « Affliction » par exemple) que des séries B oubliables dont certaines commises avec Nicolas Cage dans ses pires moments... On a donc ici trois récurrences formelles ou de fond avec cette trilogie entamée en 2018 : un homme au passé trouble et ou torturé en personnage principal, l’association de deux thèmes ou sujets aux antipodes l’un de l’autre et un ascétisme volontaire de la mise en scène où tout accessoire ou fioritures est proscrit (sans tomber non plus dans le Dogme95 de Lars Von Trier et consorts).
Dans celui-ci on a donc un ancien aumônier militaire devenu prêtre, divorcé et ayant perdu un enfant, vivant dans une petite paroisse américaine en tant que protagoniste principal. Un homme d’Eglise donc qui va devoir tester sa foi envers Dieu et ses croyances lorsque le suicide d’un activiste écologique et la maladie vont réveiller en lui des sentiments contradictoires. Shrader oppose ou associe, selon le moment et le point de vue, conscience écologique et religion de manière bien plus pertinente et fluide que le faisait « The Card Counter » qui, lui, faisait se répondre tournois de pokers et torture à Guantanamo (!). Mais ce sera « Master Gardener », dont on parlera dans quelques semaines, qui représente le plus abouti et réussi des trois films sur ce versant (et les autres). Ethan Hawke livre une composition intense et forte en prêtre tourmenté et bousculé dans ses convictions les plus intimes. Shrader utilise le format carré qui intensifie le côté très froid de la mise en scène, cependant bien adaptée aux sujets et à l’atmosphère. Des décors aseptisés, une colorimétrie volontairement terne, un accompagnement sonore discret et des plans fixes mais très travaillés rendent « Sur le chemin de la rédemption » très austère. Mais cela sert l’œuvre et le propos. La plupart du temps.
On a droit à une scène de rêverie ou hallucinée également comme dans les deux autres, mais qui s’avère peut-être la moins bonne des trois et dénote du reste. Comme si Shrader testait encore les possibilités de son projet. Quant à la fin, très sibylline, elle s’avère assez frustrante. La tension d’un final magistral retombant avec une conclusion au mieux mielleuse, au pire incompréhensible ou illogique. Les dialogues sont également très poussés et travaillés. On assiste même à de nombreux tunnels d’échanges verbeux rendant « Sur le chemin de la rédemption » par forcément très abordable malgré la puissance de ce dont on parle; ils sont donc le plus souvent passionnants. On s’accordera pour dire que le film est trop long et très plat, peut-être le plus plat des trois, mais pas le moins intéressant. La critique des puissances d’argent négligeant l’écologie et la présence de Dieu dans tout cela est vraiment originale et intéressante mais cela reste du cinéma ténu, pas forcément divertissant tout en étant pleinement assumé.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
On sait que Paul Schrader (connu à ses débuts comme scénariste de Pollack, De Palma et Scorcese), n' a jamais fait mystère de son attirance pour le cinéma européen.
Vraisemblablement inspiré du " journal d'un curé de campagne", roman de Georges Bernanos mis en scène par Robert Bresson, " sur le chemin de la rédemption " (2017) nous donne à voir un pasteur pris dans des tourments intérieurs d'une profondeur extrême.
Réflexion sur la radicalité religieuse et sur la force de l'amour, vu ici comme l'expression de la pulsion de vie, c'est une réussite indéniable de Schrader porté par l'interprétation remarquable de Ethan Hawke.
Si le film n'est pas sorti en salles, mais directement en DVD, cela ne préjuge en rien de ses qualités, mais peut-être de certains passages de la fin du scénario qui recèle des passages hautement polémiques.
Scénariste puis réalisateur reconnu, Paul Schrader a depuis ses débuts fait cohabiter au sein de son œuvre, regard lucide et désenchanté sur la réalité, éloge de la culpabilité et de la rédemption. Le tout quelquefois agrémenté d’un goût pour « le tape-à-l’œil » que lui reprochera souvent la critique. Sous sa plume et derrière sa caméra quelques chefs d’œuvre et grands films ont vu le jour. « Taxi Driver » (1976) et « Raging bull » (1980) dirigés par son ami Martin Scorsese, « Rolling Thunder » (1977) de John Flynn mais aussi « Blue Collar » (1978), « Hardcore »( 1979), « Affliction » (1997) ou dernièrement « The card counter » (2021) qu’il a lui-même dirigés. Sa manière si personnelle d’aborder son art a été très fortement façonnée par son éducation au sein de l’Eglise chrétienne réformée qui, alors qu’il grandissait dans une époque libertaire, lui a inculqué un sens profond de la culpabilité dont il n’a jamais vraiment su ou voulu de départir, y puisant peut-être une part de son inspiration et de son originalité créative. Lors de ses études cinématographiques à UCLA, il s’entiche de réalisateurs comme Robert Bresson , Ingmar Bergman ou Carl Theodor Dreyer dont l’orientation religieuse guidait le choix des sujets qu’ils abordaient, mais aussi leur direction d’acteurs et leur esthétique visuelle et sonore. C’est ainsi que des parallèles osés, mais bien réels car validés par Schrader lui-même, seront dressés entre le parcours du Travis Bickle de « Taxi Driver » et celui-ci du jeune curé d’Ambricourt du « Journal d’un curé de Campagne » (1951) de Bresson. De purs films de genre ont bien sûr balisé la filmographie de Paul Schrader. Mais alors qu’il aborde le dernier versant de sa carrière, il a tenu pour ses deux derniers films dont « Sur le chemin vers la rédemption » qui nous occupe ici, à se laisser aller une nouvelle fois à son tropisme religieux. Ceux qui connaissent le film de Robert Bresson ne pourront que remarquer la volonté de Schrader de mettre ses pas dans l’œuvre de celui qu’il continue de tant admirer (son choix est difficilement contestable). Les personnages occupent globalement la même fonction dans le déroulement d’une intrigue ramassée même si celle-ci a été actualisée et transposée en Amérique. En proie au doute après la mort de son fils, le révérend Ernst Toller, interprété par un Ethan Hawke encore une fois formidable, doit faire face à la même maladie qui emportera le curé d’Ambricourt et choisit comme lui de tenir un journal intime qu’il finira par abandonner. Comme chez Bresson, le révérend s’adresse au spectateur à travers une voix off jamais envahissante ni trop didactique. Comme toujours à l’écriture du scénario, Paul Schrader souligne la lourdeur de l’institution, mais aussi ses liens un peu troubles avec les généreux donateurs qu’il faut bien satisfaire pour pouvoir continuer à exister. Toutes considérations impossibles à sereinement prendre en compte pour le révérend Toller, empêché par l’urgence existentielle et médicale dans laquelle il se trouve. En phase avec son temps, le réalisateur/scénariste introduit opportunément à travers l’un des paroissiens que tente de sauver du désespoir le révérend, la problématique environnementale. Via sa présentation sans détour qui n’est pas sans évoquer le geste ultime de l’écrivain Stefan Zweig (il se suicidera avec son épouse) désespéré face au déroulement du conflit mondial en 1942, Schrader montre à quel point il a mesuré l’extrême gravité de la situation. C’est à travers la relation qui se noue avec la jeune veuve du militant écologiste, interprétée par la très gracile et convaincante Amanda Seyfried, qu’un nouveau doute inattendu s’installe dans l’esprit du révérend pour conduire le film jusqu’à une conclusion qui amoindrit quelque peu la force de son propos, voyant Schrader revenir à son incorrigible goût pour l’épate. Une conclusion qui oblige malgré tout Ethan Hawke à sortir pour la toute dernière scène de la rigueur « bressonienne » à laquelle il s’était astreint avec brio. Un Ethan Hawke désormais mature dont on a peine à recenser les faux-pas au sein d’une filmographie plutôt étoffée. Quant à Paul Schrader, on ne le refera pas et c’est bien le personnage tout entier qu’il faut accepter si l’on veut apprécier pleinement son œuvre
Les thématiques sont très intéressantes, beaucoup d'introspection et des acteurs très justes. Ce petit film passé totalement inaperçu ne restera certainement pas dans les annales mais il a le mérite, heureusement, de se démarquer du cinéma Hollywoodien actuel. Le bas blesse au niveau de la forme, Paul Schrader ne s'est pas particulièrement sublimé, sa mise en scène est très neutre.
Un film contemplatif, trop peut-être. Sur le chemin de la rédemption nous offre de longs plans fixe. Dès les premiers instants on est propulsé dans cette longueur interminable. Même le fond de l'histoire en devient chiant, devenant un sermon écologiste.
Pourtant le film peut se targuer d'avoir de bons acteurs, des dialogues réfléchis et puissants. Mais c'est tout. Si on pense se frotter au début à un drame poignant, on navigue dans des débats douteux avec l'Eglise. Peut-être que ma vision est étriquée, mais ce film ne me parle pas, ces luttes de pouvoir, d'écologie et de "rédemption" n'apportent rien.
Ce n'est pas un divertissement. C'est un appel à la prise de conscience sur l'autodestruction de notre monde. Je n'aime pas ce type de cinéma moralisateur.
Une véritable onde choc. Ce tableau chirurgical peint en 4/3, a la patience des grands. "First Reformed" peut être le tournant attendu, ou le cris sourd absorbé dans l'obscurité infinie. Jamais lors des premières minutes, nous n'aurions pu nous attendre à un tel revirement de situation. Ethan Hawk est magistral, une fois de plus.
Peu nombreux sont les films à atteindre une telle profondeur dans la description de nos conflits individuels les plus intimes. L'écriture, la réalisation et l'interprétation des acteurs : tout est impeccable et concourt à en faire un vrai chef d'oeuvre.
Une plongée très exigeante par sa noirceur et sa densité dans les méandres de psychés humaines troublées voire perdues au premier rang desquelles celle d'un pasteur sur le fil, entre reconstruction et destruction, pris entre ses douleurs, ses démons et ses espoirs. A ce drame intime s'ajoute une réflexion fataliste sur l'écologie ainsi que les corruptions politiciennes, syndromes d'un mal-être généralisé. Ainsi, même l'amour fantasmé ne peur sauver du désespoir. Douloureusement pertinent.
6 190 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
1,0
Publiée le 15 juillet 2020
Ce film n'est pas un exemple de génie cinématographique. En raison du réalisateur et des références à d'autres films les gens pensent que ce film tombe dans la catégorie génial. Mais non. Le film commence bien mais la fin n'a aucun sens. Si on n'a pas les références des films précédents à quoi bon la fin ?! Le film ou du moins sa fin est un énorme point d'interrogation. Chaque film doit pouvoir être jugé par lui-même et non sur ses références à des œuvres antérieures. C'est une bonne excuse pour beaucoup de scènes pseudo-intellectuelles et prétentieuses. Le réalisateur a joué une énorme blague a tout le monde. Je me suis forcé à finir ce film juste pour voir si ça allait jamais quelque part. First Reformer (non anglais) est un film prétendant présenter des juxtapositions sérieuses dans le monde d'aujourd'hui d'une manière significative et puissante. Mais le film au final n'a pas de sens. Ethan Hawke est merveilleux et si vous êtes parmi ses fan regardez-le. Sinon ne gaspillez pas votre temps à moins que vous ne soyez réceptif a la plaisanterie pseudo-intellectuelle et prétentieuse que ce film représente...