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2,0
Publiée le 26 février 2019
Si "Vox Lux" a quelque chose de fascinant comme pouvait l'être "The Childhood of a Leader" le précédent film de Brady Corbet, il est tout aussi inégal et surtout bien plus frustrant, car par rapport au film avec Bérénice Bejo, celui-ci commençait très bien. "Vox Lux" est un film qui comprend deux actes totalement différents et de qualité inégale qui commencent de la même façon et se déroulent à plusieurs années d'intervalle. La première partie qui s'intéresse à la naissance d'une star est vraiment réussie et surtout forte avec une introduction d'une rare violence qui vraiment surprend, car on ne s'attend pas forcément à un tel début. Rien d'original au niveau du thème, car le sujet a déjà été traité maintes fois, mais le point de départ rend la situation particulière, et ce même si le réalisateur n'utilise pas vraiment le fait que Celeste fasse carrière à la suite d'une tragédie. Une bonne première partie qui méritait un traitement plus approfondi surtout quand on voit ce qui se passe après. Après ce bond dans le temps, on retrouve une artiste excentrique qui est lassée du métier et qui n'a plus rien à raconter. Et c'est bien le problème de cette seconde partie qui est insignifiante et ennuyeuse. Près de 40 minutes de néant jusqu'à un final poussif et lassant qui est très mal amené. Il manque à ce film un acte intermédiaire entre les deux pour nuancer ce changement brutal, car je n'ai pas retrouvé dans le second ce que j'avais aimé dans le premier. Au-delà de l'histoire, ça vaut également pour le casting. Si Jude Law reste crédible tout au long du film, c'est moins le cas des autres personnages. Stacy Martin est quasiment absente de la seconde partie, mais on a quand même du mal à croire qu'elle soit toujours la grande sœur... Raffey Cassidy est superbe en incarnant Celeste adolescente (et son interprétation dans l'église est magnifique) au contraire de Natalie Portman qui en fait trop lorsqu'elle prend le relais. Pour moi, c'est un vrai gâchis... Il y a de bonnes choses comme le sujet de départ, les costumes, l'ambiance et même la musique, mais le réalisateur passe à côté de l'essentiel avant de se perdre avec quelque chose de barbant.
L'histoire est franchement peu intéressante. On a du mal à voir le lien entre les 3 parties. certaines histoires secondaires ne sont pas développées et on se demande donc à quoi elles servent. A la fin, la chanteuse, qui est le personnage principal - bien joué par Natalie Portman - donne un concert. Cela dure 15 min et, pas de chance, la musique est vraiment nulle. On attend la fin avec impatience. Le son est mauvais mais je donne 2 étoiles pour la photographie qui est assez belle.
Et dire que Télérama ose comparer ce téléfilm bas de gamme et prétentieux au magnifique "A Star is born". Non mais des fois, il y a des claques qui se perdent comme mon temps d'ailleurs. Bon, le début est intéressant, mais au bout de 15 minutes, c'est la loghorrée verbale et les personnages hystériques sont vraiment insupportables. On a vu Nathalie Portman dans des très bons rôles, mais là, c'est du n'importe quoi!
Cela part pourtant bien. La première partie est violente et sombre promettant quelque chose de fort. Et puis le tout s'étiole petit à petit. On se désintéresse progressivement de cette histoire et de personnage plus hystérique qu'autre chose. Natalie Portman fait ce qu'elle peut mais elle n'a pas l'air d'y croire vraiment. Stacy Martin et Jude Law ne font pas mieux. Même Sia qui compose et chante les chansons ne convainc pas. Sans parler de la voix off (même si c'est Willem Dafoe...). Finalement on préférera Brady Corbet acteur (mais pas vu son premier film). Sorti directement en DVD chez nous, un signe...
L'ascension d'une pop star suite à une tragédie. La première partie est assez prenante, mais par la suite le film s'enlise dans des longueurs, pas aidé par une musique plutôt naze. Malgré le talent des acteurs, rien n'y fait : on n'arrive pas à s'intéresser au destin de ce personnage.
quel étrange idée de réaliser un biopic sur cette jeune "star"! le point de départ et les 1ères minutes du film sont certes un choc mais le personnage de Céleste n'est guère intéressant ou inspirant. puis les longs moments de bavardages, qui masquent un certain vide, finissent d'achever le sentiment d'inutilité d'une telle démarche!
" One for the money. Two for the show "... Je suis tombé sur ce film un peu par hasard, sans trop savoir à quoi j'avais affaire. Et effectivement, je trouve aussi que, c'est une expérience narrative fascinante, qui, sans être vraiment totalement originale, dans son fond ou dans sa forme, sort quand même agréablement du lot commun, de ces 30 ou 40 dernière années. Un vrai film d'auteur à l'ancienne, littéraire, inspiré, et appuyé par une belle direction d'acteur. Une mise en scène joliment sobre, solide, léché et signifiante. Et pleine de long et fastidieux plans séquences, déambulant comme je les aime. Une réflexion poussée sur plusieurs niveaux de lecture. Mais sans prétention écrasante et élitiste, de réserver son discours à l'écoute d'un public, trié sur le volet du snobisme. Une œuvre sur le but et le sens de l’existence. La vanité et le consumérisme d'une époque, qui se cherche de plus en plus une bonne raison, de vivre et être heureux. Le casting est impeccable. Mais dans ce film, Nathalie Portman est juste fabuleuse. Et pour cette interprétation, à mon humble avis, elle mérite une distinction honorifique.
Après une ouverture prometteuse, le film s'effondre de lui-même. La faute à un scénario coup de force (Céleste a écrit une chanson, a été repérée par un producteur puis devient une rock-star en 5mn) et à des acteurs qui en font des tonnes. Réalisation par ailleurs très ampoulée (la voix off, le découpage en chapitres) qui nuit à l'ensemble. Impression d'un cinéma rococo et fake à la fois.
Les pop-stars, des terroristes (presque) comme les autres
Film générationnel, film sur la violence, Vox Lux se laisse difficilement appréhender. Derrière la fausse simplicité d'une biographie factice de popstar, se cache une réflexion sur la violence de notre époque.
Pas de hiérarchisation, les informations et les scènes sont balancés pèle mêle. Générique de fin après quinze minutes de film, clip lechés avec strass et glitter, court extrait de petits films de famille avec la voix off de Willem Dafoe en narrateur omniscient, long plan séquence de conversations éreintantes, extrait de spectacle, caméra fixe et resserée pour montrer l'enfermement de la star, caméra mobile proche du corps de la jeune artiste en devenir. Le film est un véritable fourre tout visuel, toujours pensé, toujours très beau mais surtout très versatile.
Cette violence visuelle accompagne le propos du film qui cite (sans forcément les nommer en tant que tel) Columbine et 9/11. Deux événements marquant une façon de conceptualiser le terrorisme, la violence et surtout la façon de les montrer et de les médiatiser. La seconde scène de tuerie est très parlante et renvoie clairement à la notion de "spectacle du terrorisme." (Henry Giroux) Elle nous est montrée deux fois, d'abord comme un clip musical avec des couleurs vives et claires, un cadrage précis, une esthétique léchée et une mise en place des tireurs chorégraphiés. On ne peut pas s'empêcher de la trouver agréable au regard ce qui crée un malaise. La scène est ensuite montrée par l'intermédiaire du téléphone de l'un des tueurs. Ils avaient donc décidé de filmer le massacre. L'ensemble avait été pensé pour être médiatisé. On se sent alors encore plus mal à l'air face au premier ressenti.
Le film continue de démonter cette violence inhérente à la surmédiatisation par le personnage de Céleste. Il n'est pas anodin que le générique de fin se soit lancé pile au moment où l'on comprend que la jeune fille a survécu à l'attaque. Son corps a survécu, mais sa vie, telle qu'elle aurait pu être, est belle et bien terminée. Céleste se retrouvera emporté dans un tourbillon de fous furieux. Sa célébrité reposant sur son aura de survivante plus que sur son talent en tant que tel, elle se retrouvera écrasée par sa propre médiocrité et un système médiatique qui l'empêcherait presque de respirer.
On ne peut pas dire que le visionnage soit plaisant puisqu'il nous laisse vides et éreintés comme après une session de scroll intensif sur instagram, mais puisqu'il y a des paillettes, tout va bien.
Alors, autant la première partie pendant la jeunesse de Celeste est vraiment excellente autant la seconde en 2017 sous les traits de Nathalie Portman est beaucoup moins convaincante au niveau écriture et du déroulement. Puis que dire de cette fin... Mais c'est beaucoup, mais alors beaucoup trop abrupte. J'ai eu l'impression d'avoir un bout du film manquant. Puis cette musique sur le concert j'ai du mal à comprendre si cela a été volontairement ridiculisé ou non tellement c'est horrible. Niveau visuel ça reste par contre fortement plaisant avec un vrai travail artistique soutenue tout au long du film. La photographie est superbe tout le long. Les acteurs sont eux aussi convaincant, voir même très bon. Le côté exubérante de la personnalité de Celeste est très bien rendue par Portman. Un film que je re-regarderais pour me forger une opinion définitive.
Du grand n'importe quoi. Natalie Portman déguisée en Jeanne Mas sous speed ne peut se comparer avec "A star is born'" ou "The Rose" dans le genre. Musique nulle, images stroboscopiques, voix off ridicule...tout est grotesque. Ratage monumental.
Céleste, 14 ans, est rescapée d'une énième fusillade en milieu scolaire aux USA. Lors d'une cérémonie en hommage aux victimes, elle entonne une chanson dont la justesse touche le pays entier. Bien vite, elle est propulsée dans une carrière prometteuse... L'erreur à faire en abordant ce film serait de croire regarder une "success story" de star de la musique. Si certains des éléments sont là : ascension fondée sur des "valeurs", relations avec manager et producteur, alcool et drogue au tournant, ils ne me paraissent pas être le cœur du film. Le propos, comme la voix off le surligne (trop ?), se veut un parallèle de l'Amérique au début du XXIème siècle. Le découpage du film est assez déconcertant (3 parties : la genèse, la renaissance, le concert) mais n'est pas sans intérêt : si on assiste aux débuts timides d'une jeune fille pleine de sincérité dans le milieu de la chanson, propulsée et en même temps gênée par les raisons de son succès, on découvre navrés que vingt ans plus tard elle est devenue une star : névrosée, droguée, sans relations véritables avec sa fille, incapable de parler d'autre chose que d'elle, faisant siennes des valeurs positives de confiance en soi en réalité lisses et sans identité, storytellant jusqu'au dégoût son drame passé, se jetant dans la musique pour ne pas regarder ses responsabilités. Le film porte un regard à la fois critique et compréhensif sur la pop, ou en tout cas la caricature qui en est faite ici d'une pop grand public tout en néons et clips surmarketés, et sa production : une musique lisse, consensuelle, porteuse de valeurs d'oubli du monde et d'exaltation de soi, mais aussi réconfortante, joyeuse, propre à faire passer les mauvais moments. Selon sa propre appréciation du genre musical, on appréciera diversement j'imagine. Formellement, le film est très efficace, les prestations des deux actrices (Céleste ado et adulte) sont très convaincantes. Forcément, Natalie Portman pâtit de la prestation de justesse de sa pendante ado, puisqu'elle livre une prestation de l'exubérance, mais c'est bien le personnage qui l'exige et étant donné que c'est le personnage quasi-unique de la seconde partie, je pense qu'on peut dire que Portman porte à elle seule cette partie du film. La musique enfin, composée par Sia, est d'une très grande justesse. La première chanson est belle à pleurer, tandis que les dernières, celles du concert, reflètent à merveille le côté "pop lisse", mais dont la prestation dansante qui l'accompagne et ce que l'on sait de Céleste donnent une véritable fragilité, une certaine beauté. Si je conçois que le découpage du film soit surprenant ou même décevant (on a envie de suivre la jeune Céleste dans ses aventures, mais le film nous dit "non non, on va plus loin c'est ce qui m'intéresse), je pense qu'il est bien au-dessus de ce qu'ont pu y voir d'autres critiques qui ont pensé avoir là juste un récit de "success-story" un peu plus dark que d'habitude.