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cortomanu
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3,0
Publiée le 3 décembre 2017
Joachim Trier revisite Carrie avec toute la rigueur Luthérienne de la Norvège. Son personnage découvre en même temps que nous les pouvoirs inexpliquables dont seraient capables ses désirs, dans un monde trop bien ordonné et désincarné. Le film est beau et froid comme du design scandinave. L'aspect étrange et inquiétant très réussi. Les acteurs parfaits. Les latins aimeront peut-être un peu plus de chaleur.
Une jeune fille, très croyante, comme ses parents se rend compte qu'elle est douée de pouvoirs qui lui permettent même de faire disparaître des personnes qui entrent dans sa vie. Elle comprend qu'elle le détient depuis l'enfance. Parallèlement elle retrouve également sa grand-mère qui a également été dotée des mêmes pouvoirs. Le père très présent veut préserver l'ordre naturel et quotidien de la vie.
Film lent, sur une étudiante qui se libère pour la première fois du carcan de sa famille ultra catho et découvre le monde réel. Son intégration est difficile, d'autant plus qu'elle est prise subitement de convulsions violentes dont l'origine fait l'intrigue du film
N'est-ce pas réjouissant de voir revivre le cinéma de genre en Europe? Après l'excellent "Grave" de Julia Ducournau, voici "Thelma", film norvégien aux thématiques sensiblement ressemblantes mais avec une pointe de fantastique et une réflexion sur l'émancipation pas piquée des hannetons. Ici aussi, l'héroïne entre à l'université et se retrouve confrontée à des émotions qui feront naître en elle quelque chose d'enfoui et de maléfique. On peut se dire qu'à ce niveau, peu de choses différencient les deux films mais là s'arrête la comparaison car, contrairement à "Grave", "Thelma" n'est absolument pas cynique ni ne bénéficie d'un twist final aussi tordu que dans le film franco-belge. Car outre le fait d'être une chronique touchante sur le passage à l'âge adulte, il est aussi un véritable film fantastique nimbé de mystère qui égratigne au passage une morale chrétienne cultivant le rejet de la différence. A l'image d'un film d'horreur dont l'intensité aurait été contenue, "Thelma" trace un chemin sinueux qui nous interroge sur le véritable visage du mal. La première séquence du film n'est pas anodine et conditionne le spectateur à être effrayé par chaque mouvement de caméra menaçant ou apparition étrange sans pour autant jouer la carte de la surenchère. Là où le film n'aurait été qu'une étrangeté présentant quelques scènes sensationnelles (certains passages sont vraiment éprouvants tout en restant gracieux et appétissant pour la rétine, un vrai tour de force!), il devient, grâce à cette introduction, terriblement captivant. D'autant plus que le réalisateur, Joachim Trier, se réserve le droit de bouleverser les codes lors d'un final magnifique, déclaration d'amour magistrale au pouvoir de l'inconnu et du surnaturel. Images lissées, tempo parfait entre approfondissements des personnages, avancée de l'intrigue et séquences fantastiques ultra-sensorielles, "Thelma" est une véritable surprise qui fait du bien dans un cinéma européen souvent peu audacieux dans ce registre.
La première partie instaure un climax tendu et mystérieux, qui nous place dans un thriller psycho-fantastique dans lequel Thelma reste une bonne élève sous forte dépendance religieuse qui se croit donc punit de ses péchés par des convulsions aux origines mystérieuses. Malheureusement le final est un peu mollasson et on aurait surtout aimé une montée en puissance plus pregnante. Néanmoins ce film lancinant, à l'atmosphère pesante offre quelques séquences fortes (serpent symbole du péché originelle, théâtre,...) de grande qualité avec en prime une belle performance de la jeune Eilie Harboe. Site : Selenie
Voyage intense et passionnant au coeur de la rupture entre une adolescente et son père. Une histoire de liens et d'amour. Un thriller étrange et captivant.
Première incursion de Joachim Trier dans le cinéma de genre, "Thelma" nous fait suivre l'arrivée dans le monde étudiant d'Oslo d'une jeune fille issue d'une famille catholique. En plus d'être timide et renfermée, elle va pour la toute première fois de sa vie découvrir la passion, et pour une fille qui plus est. Du doute et de la culpabilité vont s'installer en elle, en plus de l'apparition de crises psychogènes assez inquiétantes.. Ce qui frappe avec ce film, c'est la manière avec laquelle le cinéaste explore les tourments de l'inconscient de cette jeune fille perdue qui a été enfermée dans une cage pendant longtemps (la critique de l'intégrisme religieux catholique est ici évidente). Elle a d'un côté envie de céder à ses tentations, d'écouter ses désirs mais d'un autre elle est apeurée par ce qui lui arrive et craint de décevoir.. Le surnaturel n'apparaît pas simplement comme élément de divertissement mais bel et bien comme conséquence de la répression du personnage. Le réel côtoie alors le cauchemar comme le fantasme dans des séquences qui montrent tout le savoir-faire de Joachim Trier pour porter à l'écran sans surenchère visuelle ou sonore les tourments intérieurs de Thelma (certains passages sont de véritables œuvres dans le film qui restent dans la tête après le visionnage, notamment spoiler: l'étreinte du serpent, allégorie du péché, ou encore la chute au fond d'une piscine dont la profondeur semble abyssale ..). Pour ce qui est de la fin du film, on peut dire que "Thelma" rejoint une tendance de beaucoup de films d'horreur ou de fantastique actuels, à savoir laisser volontairement des non-dits et laisser le spectateur se faire sa propre interprétation à partir des éléments et symboles laissés dans le film. Cela fonctionnera pour certains (dont votre serviteur) tandis que d'autres trouveront la symbolique parfois trop appuyée et le dénouement trop rapide. Malgré quelques longueurs narratives en fin de film et cette pluralité des pistes d'interprétation possible spoiler: (Antéchrist? Renaissance du Christ ?) , "Thelma" est un film de genre puissant et poétique qui ne laisse pas indifférent. Mention spéciale pour l'actrice Eli Harboe qui livre une composition absolument irréprochable (les scènes de crise sont d'un réalisme tétanisant).
Un très beau film sur la découverte de soi, entre incomprehension, revolte colère, amour, revolte. Tout ce qu il faut parfois laisser derrière soi pour devenir sereinement qui l on est. Se décrocher de ses propres croyances , de ses carcans parfois même de sa famille pour avancer . une allégorie de la découverte de l homosexualité représenter par des crises , l incontrolable , le cerveau et le coeur qui s entrechoque , les nerfs qui lachent par ce trop plein d émotion qu on desire mais qu on renie. Un film n a jamais aussi bien représenté cette difficulté d admettre qui on est quand ce qu on est à l opposé de ce qu on croyait etre. C est pas du tout un film fantastique , c est un drame psychologique... qui n en est finalement pas un. Quelle belle interprétation de ces deux jeunes filles, quelle émotion ! Les scandinaves ont cette façon d aborder les choses avec tant de distance et de pragmatisme que la moindre regard , le moindre souffle en décuple les sens. Ce film est lent mais les plans nous emportent au plus profond. Chaque détail compte.
Après s’être fait remarquer avec l’éblouissant et en apesanteur Oslo, 31 août (qu’on avait ré-estimé après coup), Joachim Trier n’avait pas autant séduit critique et public avec Louder Than Bombs, et ce malgré un casting international, dont l’élégance de la mise en scène faisait tout de même toujours figure de proue du film. Il revient sur sa terre natale, la Norvège, avec Thelma, pour un premier thriller fantastique envoûtant à l’esthétique aussi soignée qu’ambitieuse où l’économie de moyens en compensée par une réussite visuelle autant par la mise en scène qu’à travers la sublime photo naturelle des décors scandinaves, personnage secondaire mais essentiel du film. On pourrait trouver plusieurs adjectifs pour définir Thelma, sombre, captivant, étrange, sonore, conte fantastique, portrait et étude humaine, le film est vaste tout en sachant en permanence la direction à prendre. Cinéma des sens pour les sens où tout se joue la plupart du temps par la recherche d’un minimalisme puissant de ce que l’image et le son peuvent procurer à l’intérieur d’un cadre toujours soigné et très esthétique, sans jamais verser dans un aspect clipé, donc toujours cinématographique. L’histoire en elle-même cache avec subtilité bien plus d’arborescences que ce que la surface montre et toute la subtilité de mise en scène sert ce thriller psychologique de haute tenue. La beauté d’une séquence répond continuellement à une autre, quand le plan de fin vient faire écho à celui du début pour refermer un cycle/cercle narratif. Des commentateurs y verront un maniérisme appuyé et peut-être trop léché là où la force du récit s’inscrit avec force et impact dans l’esprit du spectateur. Les deux comédiennes principales viennent ajouter une pierre à l’ensemble et renforce la solidité du récit pour nous faire croire en bien des points à la possibilité de ces séquences fantastiques en forme de thriller, voire l’inverse. Avec Thlema, Joachim Trier change un peu son fusil d’épaule pour le fond mais conserve sa visée impeccable pour la forme afin de faire de son dernier long métrage un film attirant et captivant, plein de symboles, et fortement suggestif ; qui dans un onirisme assumé, propose en filigrane une légère critique de notre société. Brillant.
La première séquence, magnifique, donne le ton du film. Par son sujet, le film réussit à bien tenir la route grâce à sa réalisation de qualité et à son ambiance très particulière. L'actrice principale est très convaincante et on se laisse surprendre par cette histoire et son côté fantastique.
Un film envoûtant étrange et bien joué une adolescente élevée dans un milzultra catholique enfermé dans des croyances dépassées découvre les interdits l alcool le sexe et règle avec beaucoup de difficulté son oedipe
Thelma vient de quitter sa famille pour poursuivre des études de biologie à Oslo. Mais elle peine à s'accoutumer à sa nouvelle vie. Alors qu'elle tombe amoureuse d'une camarade de classe, des troubles inquiétants menacent sa santé et son équilibre psychologique. Leur cause est peut-être à chercher dans son enfance.
Une jeune fille se découvre des pouvoirs surnaturels. Le pitch vous dit quelque chose ? C'est celui de "Carrie au bal du diable", le livre de Stephen King porté à l'écran par Brian De Palma en 1976. Le jeune réalisateur norvégien Joachim Trier, remarqué pour "Oslo 31 août" et "Back Home", offre une relecture très scandinave de ce thème universel.
Chez Brian De Palma, Sissy Spacek était la fille d'une mère confite en religion. C'est aussi le cas de Thelma dont les deux parents sont des chrétiens fondamentalistes. Ce n'est d'ailleurs pas la meilleure idée du film, qui aurait très bien fonctionné sans cette dimension religieuse là, inutilement surlignée par l'affiche.
On se souvient dans "Carrie" de la scène terrible où la jeune héroïne, que sa mère n'avait pas prévenue, a ses premières règles sous la douche au lycée. Sa terreur devant son sang n'a d'égale que l'hilarité qu'elle provoque chez ses camarades de classe, plus dégourdies. Thelma, de quelques années plus vieille, vit la même expérience en découvrant sa sexualité. Cette découverte réserve à cette jeune fille prude d'étonnantes surprises. À rebours de ce que son éducation strictement religieuse lui a enseigné, c'est vers une fille que ses premiers émois la portent. Tiraillée entre les impératifs de sa foi et les élans de son cœur voire de son corps, elle ne sait que choisir. Les scènes saphiques joliment transgressives et la romance entre Thelma et Anja ne sont pas non plus les parties les plus réussies du film.
Alors, me direz-vous, pourquoi lui mettre trois étoiles ? À cause surtout de la maîtrise de la mise en scène. Joachim Trier réussit quelques scènes d'anthologie : un spectacle de danse contemporaine d'une étouffante sensualité, une piscine déserte, un lac gelé... À cause surtout de l'habileté du scénario qui conduit Thelma à un retour sur elle-même et sur sa famille. Comment s'explique la scène d'ouverture où son père la menace de sa carabine ? Pourquoi sa mère est-elle en fauteuil roulant ? Qu'est-il advenu de sa grand-mère ? Autant d'énigmes qui tiennent le spectateur en haleine et auxquelles on aura la réponse comme dans tout bon polar.
Voilà un film qui est vraiment de la balle de thriller. Savoir jouer sur le sens caché des images et sur l'épreuve que constitue l'entrée dans l'adolescence, permet au réalisateur de fantasmer sur ce que pourrait réaliser son actrice. Beaucoup de références au film "les oiseaux" de Hitchcock, ou la famille et la pression de la religion ferait passer les films de Bergman pour des bluettes. Le sens de la famille n'est pas oublié : entre amour et haine. Sans compter sur les désirs charnels spoiler: et fratricides (ultra-flippants) qu'éprouve l’héroïne, le fantasme s'incarne et se désincarne au gré des rêves et des cauchemars. Voilà un film dont l'essence même est cinématographique, où, la mise à distance, au vu du premier plan, permet une plus grande implication émotionnelle du spectateur. Par ce processus, Joachim Trier se rapproche de Thomas Alfredson avec son très fameux "Morse", grand prix et prix de la critique au festival du film fantastique de Gérardmer en 2009. Souhaitons le même succès à Thelma. au
Quelle belle surprise ce film Thelma ! Amateur de science-fiction, ce logo m'a immédiatement attiré. Toutefois, le film utilise le resssort de la science-fiction qu'a la dose la plus juste, les principaux arguments du film étant la beauté de l'image, la qualité du jeu des acteurs, et un scénario fin et ciselé a souhaits. je vous le conseille donc vivement !