Cinéma, mon Amour
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Yves G.

1 845 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 mai 2017
Dans une petite ville du nord-est de la Roumanie, Victor Purice exploite le cinéma Dacia. Avec deux employées, il essaie contre vents et marées de remplir sa salle.

Alexandru Belc tenait un sujet en or : le combat pour la survie d'une salle de cinéma. Il pouvait compter, pour en assurer la diffusion et la promotion, d'un public captif : les exploitants de cinéma qui s'identifieraient à lui et les cinéphiles de tous poils. Giuseppe Tornatore en avait en son temps tiré une fiction inoubliable, "Cinema Paradiso" (1989).

Hélas, il gâche une belle idée par manque de travail. Il se borne à suivre pas à pas Victor Purice. On le voit accueillir des groupes scolaires, jouer au ping-pong avec ses employées, se battre avec la chaudière récalcitrante du cinéma, repeindre son enseigne... Au bout de trente minutes, la cause est entendue : cet homme est un Don Quichotte.

Mais le documentaire ne cherche pas les causes de cette situation. Les salles de cinéma roumaines ferment-elles du fait de la concurrence du DVD ou d'Internet ? La question est posée à Victor Purice qui la balaie d'un revers de main. Non. La responsabilité incombe à Romania Film l'exploitant public. C'est sans doute réducteur. De toutes façons, on n'en saura pas plus : spéculation foncière ? corruption ? Et c'est bien dommage.

Pas plus le documentaire n'explore-t-il les remèdes possibles à cette situation. À aucune moment n'est-il envisagé de réagencer cette salle immense, impossible à chauffer, en un complexe de deux ou trois salles plus petites. Rien n'est dit sur la programmation qui semble majoritairement constituée de films américains grand public. Pas un mot sur les actions menées vers des publics spécifiques, sur des cinés-débats, sur des présentations par les réalisateurs, dont les exploitants savent qu'elles sont susceptibles de faire revenir dans les salles obscures un public qui en a oublié le chemin.
velocio

1 538 abonnés 3 498 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mai 2017
En Roumanie, avant la chute du communisme, tout ce qui concerne le cinéma était sous le contrôle d’une entité unique en relation directe avec l’État, la « Centrala România-Film ». Des fonds avaient été alloués pour amener le cinéma à chaque habitant du pays, un important réseau de salles avait donc été créé et la Roumanie comptait alors 400 cinémas permanents plus un grand nombre de salles itinérantes.Aujourd’hui, România-Film a été privatisé et il ne reste plus qu’une petite trentaine de cinémas. Des cinémas dans lesquels les majors américaines règnent en maître et qui laissent très peu de place aux réalisateurs roumains, dont le succès est beaucoup plus grand dans les festivals du monde entier qu’auprès du public de leur pays.

Le réalisateur Alexandru Belc avait 9 ans lorsque a éclaté la Révolution roumaine de 1989 et il était déjà « accro » au cinéma lorsque cet événement s’est déroulé. C’est donc tout naturellement qu’il a voulu se pencher sur ce qu’étaient devenues, depuis, les salles de cinéma de son pays. Au départ, il avait prévu de faire le tour de tous les cinémas de Roumanie. Jusqu’au jour où il a rencontré Victor Purice, l’exploitant du cinéma de Piatra Neamt, une ville de 85000 habitants, située en Moldavie, au nord-est du pays, à 300 km de Bucarest. Victor Purice lui est vite apparu suffisamment attachant pour qu’il décide de consacrer son film à son histoire plutôt que de courir d’un cinéma à l’autre comme il en avait l’intention au début. Tout au long du film, c’est donc avec le sourire aux lèvres qu’on suit Victor Purice dans son travail quotidien. On le suit aussi en Allemagne où, grâce à un ancien apprenti employé par son cinéma et qui a trouvé du travail dans ce pays, il a été invité afin de réaliser un échange d’expérience. L’Allemagne, « un autre niveau de civilisation » pour Victor Purice.

Intéresser les spectateurs à un documentaire sur la vie d’une salle de cinéma d’une petite ville de Roumanie : voilà pour un réalisateur une forme de pari dont on peut penser a priori qu’il sera difficile à gagner. Eh bien, grâce à la véritable prestation d’acteur de Victor Purice, l’exploitant du cinéma Dacia de Piatra Nemt, grâce au montage très judicieux du film, on peut s’amuser à faire un autre pari : qu’une grande majorité de spectateurs abandonneront très vite toute forme d’a priori négatif pouvant provenir de la lecture du synopsis.
Loulouvaauciné
Loulouvaauciné

33 abonnés 6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 mars 2017
Portrait absolument magnifique d'un homme qui se bat contre le temps et qui ne se reconnaît plus dans la Roumanie contemporaine.
Poignant, bouleversant, on en sort plein d'amour pour Victor.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 mai 2025
A la fin des années 80, il y avait plus de 400 cinémas en Roumanie. Au milieu des années 2000, il n’en subsiste même pas 30 sur tout le territoire…

C’est à l’âge de 34 ans que le réalisateur Alexandru Belc s’est penché sur l’industrie cinématographique de son pays. Celui qui a été script sur le tournage de 4 mois, 3 semaines, 2 jours (2007), récompensé d’une Palme d’or au Festival de Cannes, connaît bien le sujet. A cette occasion, il a souhaité mettre en lumière la déchéance de l’industrie roumaine, alors même que cette dernière rencontrait un grand succès lorsqu’il était enfant. En effet, à cette époque, il n’y avait pas d’autre divertissement, tout le monde se rendait au cinéma, les séances affichaient complet et pour cause, la télévision nationale ne diffusait que deux heures par jour.

Comment en est-on arrivé là ? Comment expliquer ce déclin et cette désaffection du grand public pour les salles obscures ? A ces questions, nous n’en saurons rien et c’est bien dommage (si ce n’est que le réseau de cinéma appartient à l’État, que ce dernier ne fait absolument rien pour eux et que de nombreux cinémas ont été vendus puis rasés pour laisser place à des projets immobiliers). Plutôt que de nous livrer une cartographie de l’industrie roumaine et surtout, un topo pour nous restituer le contexte, le réalisateur préfère se concentrer sur un seul cinéma, le “Dacia Panoramic”, à Piatra Neamț. Alors certes, le portrait qu’il en fait est très intéressant, on y découvre un cinéma “dans son jus”, digne de la période de Ceaușescu. Dirigé avec passion par Victor Purice, son directeur et accompagné par deux de ses employées. Ce dernier se démène pour maintenir à flot son cinéma, on le suit dans son quotidien, allant jusqu’en Allemagne au cinéma "Breitwand" de Seefeld-Hechendorf, pour y rencontrer un confrère converti au numérique (alors que lui est resté au 35mm) ou lorsqu'il se rend aux bureaux de la Roumania Film à Bucarest (l’équivalent de notre CNC national) afin de demander de l’aide face à la précarité de son métier.

Cinéma, mon amour (2015) ne nous dit rien de l’industrie cinématographique roumaine et se contente de braquer les projecteurs sur un petit cinéma de quartier, dernier bastion de la cinéphilie. Après le visionnage du film et après quelques recherches, on sera ravi d'apprendre que, quelques années plus tard, le cinéma sera entièrement réhabilité, changera de nom pour “Cinéma, mon amour” et qu’il connaîtra une fréquentation à la hausse. Peut-être que ce renouveau sera porteur d’espoir pour les années à venir, c’est en tout cas, tout ce qu’on lui souhaite.

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Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 mai 2017
Victor et ses deux collègues femmes font tout ce qu’ils peuvent pour conserver une clientèle de plus en plus éparse. Les films peuvent être retenus à l’avance (ce sont des Blu-ray) et quand il fait trop froid dans la salle qu’il n’est pas facile de chauffer, on propose des couvertures. Mais bien souvent il faut les partager avec le voisin. Et quand les spectateurs ne sont pas vraiment pas nombreux, ce qui est de plus en plus fréquent, on leur offre une tasse de thé. Un exemple de la misère cinématographique roumaine qui en trente ans a perdu près de 400 salles. Victor passe de l’espoir à l’abattement devant l’inertie des pouvoirs publics. Il refait lui-même la façade et colmate les brèches par où le froid s’infiltre. Pour parler cinéma, bizarrement, Alexandru Belc ne met pas véritablement sa caméra au service de la cause qu’il défend. C’est uniquement à travers le portrait de ce directeur de salle qu’il brandit en monologues contenus l’étendard de la résistance. Beaucoup de fatalisme de part et d’autre, comme l’annonce d’un combat perdu d’avance.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 mai 2017
Film très touchant ! Sur le combat d'un directeur de salle pour sauver son cinéma, et sauver la culture ! Un film nécessaire et engagé ! Un acte militant de courir dans les salles le voir !!
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