Un film plutôt intéressant que voilà...
Alors certes, c'est du Netflix, et certes, c'est dans le rayon "horreur" de la chaîne, rayon en général aussi mal achalandé en produits frais que celui du vendeur de kebab pakistanais au coin de la rue. Du coup, c'est une bonne surprise, car le produit, pourvu qu'on s'y attarde un petit peu, n'est pas si frelaté que ça au bout du bout.
Il s'en tire même avec les honneurs : malgré le fait (légèrement mais alors treeeees légèrement agaçant) que l'acteur principal surjoue le bouseux redneck mal dégrossi, et le fait que le motif principal du scénario (sans rien spoiler) soit un meurtre au mobile plus que douteux, et une alliance père /fils dans le même sens plus que tirée par les cheveux, globalement le film se rattrape sur d'autres points.
Ce qui le sauve en résumé, c'est, hormis une réalisation classique mais soignée, l'atmosphère que le réalisateur a su inspirer avec talent et qui transpire tout au long du film, grâce à une bonne gestion de la réalisation, une bonne lumière, une bonne musique, une direction et u à jeu d'acteurs corrects, ce qui en fait au final un excellent film de genre.
Moi, fan de Lovecraft et de Stephen King, j'ai été agréablement surpris par ce film qui certes, je le répète, ne révolutionnera fondamentalement pas le genre, mais qui vous donnera votre compte d'ambiance malsaine, de noirceur à demi révélée, un malaise crescendo, cette impression de lente descente aux enfers du personnage principal, dont le final va dévoiler une apothéose cauchemardesque. Le genre de film noir, qui vous fera plusieurs fois froncer des sourcils, voire dégommer à coups de griffes les accoudoirs de votre fauteuil en skaï s'y vous n'y prenez pas garde (et avez des ongles anormalement longs ? °-°
Après tout, on ne demande pas d'avoir tous les jours un Shining à se mettre sous la dent, ou du Grand Classique façon l'Echelle de Jacob-soyons réalistes- , mais un bon petit film qui instille le malaise crescendo, et qui vous fait passer un bon moment d'angoisse, idéal pour une fin de dimanche après midi, on ne crache jamais dessus non ?
Et de ce point de vue, 1922 remplit parfaitement le cahier des charges alors...