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Un visiteur
2,0
Publiée le 10 août 2018
Le futur fiancé de Cameron la surprend flirtant avec son amie dans une voiture. Oh my god ! Elle est donc envoyée illico dans un centre de rééducation très pieux où des jeunes sont remis dans le droit chemin de l’hétérosexualité.
Desiree Akhavan a voulu par ce film dénoncer ces thérapies de réorientation sexuelle, un ensemble de traitements pseudo-scientifiques. Il n'existe bien sûr aucune preuve fiable que l'orientation sexuelle peut être changée, et des organisations médicales signalent que ces thérapies inefficaces sont dangereuses.
Ces centres existent encore de nos jours souvent tenus par des religieux. En France, aucune loi ne les exclut explicitement ou prévoit de réponse pénale contre les «thérapeutes» qui les pratiquent. Le sujet du film est donc grave et méritait grandement d’être soulevé.
Pourquoi donc pour dénoncer cette ignominie avoir situé le film en 1993 et non pas de nos jours ? Par ce choix Desiree Akhavan s’éloigne de la dénonciation de ces centres laissant supposer que c’est de l’histoire ancienne. Les ados passent ici un séjour convivial et mettent beaucoup trop de temps à se révolter contre ce qui m’est présenté comme un centre de vacances un peu spécial, avec deux organisateurs un peu barges mais pas bien méchants, alors que je devrais me sentir oppressé par ce qui se trame. Mais teen-movie oblige, il ne faut pas trop charger l’histoire pour ne pas trop affoler l’ado américain.
L’histoire est centrée sur le seul personnage de Cameron, les autres ados sont des faire-valoir et nous ne savons pas grand-chose d’eux. Or le personnage de Cameron n’évolue pas durant le film ; l’actrice qui a peu de dialogues n’arrive pas à faire passer la moindre émotion, sa réflexion sur son sort ne progresse pas et se termine par une fugue avec deux compagnons sans qu’elle ait participé à la préparation de cette évasion.
Et pourquoi avoir truffé le film de tant d’invraisemblances : ces ados qui devraient être révoltés sont finalement bien sages au regard de ce qu’on leur impose ; bien peu de personnel pour encadrer et rééduquer une vingtaine d’ados et tout se passe bien, au moins les premiers trois quart du film ; deux filles dans la même chambre ç’est contradictoire avec ce type de thérapie ; spoiler: qu’à la fin un ado se suicide en se coupant le sexe ça ne pose pas plus de question que cela sur ce qu’il a voulu dire ; qu’il faille attendre la fin du film pour que trois pensionnaires fuguent sans difficultés en autostop, mais pourquoi n’y ont-ils pas pensé plus tôt ! ; et on pourrait passer tout le scénario au « mais ça ne tient pas debout cette histoire ».
Car il y a de quoi s’impatienter devant leur passivité face au lavage de cerveau qu’ils subissent ces pauvres ados : ces émissions télé d’aérobic catho, ce folk-pop kitch de cantiques : cela m’a fait penser au chant « Jésus revient » dans La Vie est un long fleuve tranquille chanté à la guitare par l’aumônier Patrick Bouchitey, un souvenir hilarant, dur de prendre le film de Desiree Akhavan au sérieux avec cette référence en tête !
En voulant faire un teen-movie d’ados pour les ados la réalisatrice affadi son propos, son film est beaucoup trop sage, prévisible et platement filmé et ce sujet grave se transforme en bluette gentille avec rebondissement final feuilletonesque : comme tant de niaiseries « pour ado ». Tout est lourdement démonstratif. Le genre « tenn-movies » ne devrait pas exister : les ados peuvent voir des films faits pour tout le monde.
Come as you are est catalogué « art et essai » : bizarre ! je n’y ai vu ni « art » et encore moins « essai ».
Le cinéma indépendant américain est assurément un des cinémas les plus intéressants du moment. On aime ses audaces, sa profonde originalité, le choix de ses sujets, bref tout ce que l'on ne trouve pas dans le cinéma formaté. "Come as you are" nous arrive, nanti d'un Grand prix - et non des moindres - obtenu au Festival de Sundance. Une référence par conséquent. Comment se fait-il alors que l'on ait éprouvé tant d'ennui devant ce film dont on attendait beaucoup ? Le sujet avait de quoi éveiller l'intérêt : une jeune fille américaine est accusée de "l'horrible péché d'homosexualité", elle est en conséquence envoyée dans un camp de redressement ou pour être plus précis dans un centre chrétien de thérapie au nom "prometteur", God's Promise. Commence ainsi un parcours visant à faire prendre conscience à la jeune Cameron de la déviance qui est la sienne et de la rédemption qui lui sera accordée moyennant force prières et repentances. On pouvait attendre beaucoup d'un tel film, en particulier un réel engagement de la part de la réalisatrice, Desiree Akhavan. Mais l'approche du sujet est toujours fort timide et superficielle et plutôt que de nous introduire au cœur de l'intrigue la cinéaste fait du surplace en permanence, ce qui peut conduire - ce fut notre cas - à un profond ennui. Seule la fin a de quoi réveiller - douloureusement qui plus est - le spectateur plongé dans sa léthargie. Dommage car la distribution est excellente : c'est un point indubitable. Le rôle de Cameron est tenu par la jeune et talentueuse Chloë Grace Moretz qui passe avec une étonnante facilité du blockbuster au cinéma indépendant le moins racoleur. Par ailleurs, force est d'apprécier la distribution dans son ensemble, de Sasha Lane à Jennifer Ehle en passant par Forrest Goodluck : sur ce point rien à redire. Dommage par conséquent que le film, malgré un casting en or, ne tienne pas ses engagements. Il eût suffi d'un souffle et surtout d'un rythme qui fait ici cruellement défaut.
Un film plutôt pas mal sur l’ineptie d’un camp de redressement religieux pour jeunes gays au début des années 90. L’interprétation des personnes est juste. Les talents d’actrice de Chloé Grâce Moretz se confirment. La fin, est un peu décevante... mais bon... l’ensemble reste largement correct.
Come as you are est un film passionnant qui prend aux tripes des les premières secondes du film! C'est un film avec un rythme impression, et et de sublimes images. A voir absolument !!!
Film qui mérite une note plus élévé. Sujet tres intéressant avec un mouvement évanglique grandissant dans la société US. Bonne musique, Belle photographie.
Film fin et délicat, probablement que la plupart des spectateurs trouveront le film plus simple qu il ne m a semblé.
Pour moi une chose importante dans un film est que raconte t-I’ll ? Quelle trace, souvenir, idée, image, ... laisse t-il ? Une fois le film fini, il m a semblé que le sujet du film est bien moins clair, évident que je ne l ai cru durant sa vision. Habituellement, pour connaître le sujet d un film, il faut prendre la situation de départ et la situation d arrivée. Le sujet du film réside dans la transition entre les deux, pourquoi on passe du départ à la fin.
Or, pour moi, je ne vois pas bien d évolution du personnage quand à sa sexualité. Je n ai pas non plus l impression que le sujet soit la religion, le sectarisme, la psychologie, etc. Il y aurait à un moment ou un autre une révolte avec des propos tenus qui auraient été la pensée du réalisateur. Le film est bien plus feutré que cela.
Il faudrait que je le revoit pour le vérifier, mais je crois qu en fait, il s agit d un film sur l adolescence, comment quelques adolescents grandissent ensemble jusqu à devenir des adultes précoces. C est la le plus grand changement que je vois dans ce film.
Pour le personnage principal, on passe d’une adolescente obéissante, soumise aux apparences, avec probablement peu d ami, une meilleure amie et la tentation d en faire un premier amour à une adolescente qui s assume, prend des décisions, a de bons amis (probablement du genre pour la vie, avec qui elle peut tout partager, sans confusion avec le sexe), s interrogé et est capable d analyser et de s analyser.
Quelques illustrations : soumise aux apparence = le bal de promo, deux photos sont prises, les deux fois où son cavalier l enlace pour la photo, on la voit hésiter, sursauter, en défense, une marque de déplaisir. C est très visible mais fugace et intelligemment non appuyé. Il y a la seconde photo pour qui a raté la première. Du beau travail de cinéaste. Soumise aux apparence, on le voit beaucoup pour tout ce qui a trait au centre et en particulier à l iceberg. Je crois qu elle ne commence a vraiment s en détacher que au centre, lorsque elle a son tête à tête avec rick et que pour une fois elle dit ce qu elle pense. Obéissante, c est ma perception du personnage, c est moins explicitement dit. Il me semble qu elle veut se donner une chance que ça fonctionne. Lorsqu’elle est réveillée une nuit par une fille qui l embrasse, elle lui dit “mais c est toi qui m a réveiller�, sous entendu de mon point de vue, qu elle n a pas exprimé le désir que cela arrive. Ses rêves, pensées, aspirations sont ce qu ils sont, mais dans le centre, elle contrôle ce qu elle s autorisé à faire/dire et c est la qu elle est obéissante, en essayant d avoir les paroles, attitudes qui permettent d arriver à ses objectifs et non pas en conformité avec ses croyances. Sachant que pour moi, son objectif est de se débarrasser de ce centre ET de ses pulsions pour être plus conforme, moins tourmentée.
Encore un petit film étasunien permettant d'observer une nouvelle tranche de vie parmi les plus paradoxale de ce pays qui parait toujours plus insolite de décennies en décennies... On retrouve ici le besoin de "convertir" les homosexuels pour les faire revenir dans le droit chemin de dieu... Très belle étude qui a été faite ici, on en aurait voulu encore davantage sur le dénouement malgré tout, mais quand même, c'est réussi ! A conseiller, et pas seulement parce qu'il faut se trouver un endroit où il fasse moins de 25°... ;-)
Des programmes de conversion sexuelle pour gays et lesbiennes sont toujours autorisés dans 37 des 50 Etats américains. C'est le sujet de ce film très politique. Pourtant, Desiree Akhavan a su éviter la dénonciation au vitriol. Elle se contente de suivre son actrice, la formidable Chloé Grace Moretz, dans la peau de la jeune Cameron, lesbienne soumise à la violence psychologique exercée par les animateurs de ce centre. Certes, on aurait souhaité en savoir plus sur l'histoire des protagonistes, que le sujet soit davantage creusé, mais en gardant de la distance, la réalisatrice a évité l'écueil du jugement prémâché, laissant le spectateur observer et comprendre comment la religion clôture les normes sociales et sexuelles.
Parce qu'elle a été surprise par son petit copain en train de fricoter avec une de ses amies, Cameron Post est envoyée à God's Promise, un centre où l'on apprend aux homosexuels à ne plus l'être et à reconnaître leurs erreurs de jugement quant à leur attire pour le même sexe. Là-bas, livrée à elle-même face à des discours bourrés d'inepties, Cameron va faire la rencontre de deux jeunes un peu comme elle, ne rentrant pas vraiment dans le moule... Typiquement calibré pour plaire à Sundance, "Come As You Are" représente une bonne partie des défauts du cinéma américain indépendant actuel avec sa narration elliptique, son image granuleuse, son grand sujet, sa musique mélancolique et son mélange de gravité et de légèreté. Le problème c'est qu'au lieu de se concentrer sur la force de son sujet, à savoir la façon dont ces centres ridicules nuisent à la vie des jeunes gens qui y vont, "Come As You Are" pose un regard plus aérien sur les choses sans jamais les creuser en profondeur. On se retrouve donc avec une œuvre prometteuse, portée par une actrice talentueuse (Chloë Grace Moretz, toujours aussi bonne dès qu'elle s'éloigne un peu des gros calibres hollywoodiens comme "La 5ème vague") mais qui peine à émouvoir sans jamais poser un regard fouillé sur ses thématiques. C'est d'autant plus dommage que le potentiel est là et qu'on aurait vraiment voulu y puiser de l'émotion.
un film à voir. la mise en scène, le scénario et le jeu des acteurs tout est super bien traité. quelle tristesse et quelle désolation de voir des choses pareilles. il est vrai qu’à cette époque l’homosexualité était « une grande dépravation » et une « grave maladie ». heureusement que le monde évolue.
Après une bonne exposition des faits et un sympathique galerie d'acteurs, il faut pourtant constater que le film patine et peine à trouver des idées et un rythme pour maintenir l'intérêt.
Chloe Grace M. nous offre ici un rôle loin de ce qu'elle fait d'habitude. Bien que l'on soit quelques peu dans un teenage movie, tout le monde peut y trouver son compte. LE sujet du film est un sujet fort qui risque de parler à un certains nombre de personne. Le tout étant traité avec subtilité. Ce qui le rend encore plus touchant. On y parle du malaise chez les ados, le tout avec finesse et justesse ; et sans jamais changer de regard pour partir dans une autre direction. Bref, on assiste à un film fort et qui peut être fera évoluer certaines mentalités. Un peu comme si le film auprès des jeunes pourraient faire office de début de thérapie^^. LE réalisateur a donc trouvé un sujet troublant en tout point (sans même oublier les centres ou les jeunes homosexuels Américains apprennent à "se remettre dans le droit chemin". Et cela est dit avec finesse, sans jamais montrer du doigt telle ou telle chose. Sur un sujet aussi percutant que d'actualité ; on pourra regretter que le film n'aille pas au-delà du film pour ados (ou on échappe pas parfois à un peu de mièvrerie…) Une partie un peu plus adulte, aurait pu être intéressant à exploiter et traiter. Mais n'enlevant en rien l'originalité de la chose et l'incroyable interprétation de Chloe Grace M. Un ensemble sans doute donc un peu simpliste par moment, mais qui au moins pourra viser un plus large public. Bref, un film touchant, actuel et brillamment interprété ; en mettant de coté le petit coté simpliste (teen movie^^) ; ou un "traitement" ; une mise en scène plus adulte (mais ici cela n'enlève en rien la qualité du film) aurait pu également donner quelques choses de bon, sincère et d'un autre point de vue. Sympathique surprise, même si quelques longueurs subsistent. Amateur de ce genre, ce film est pour le moment ; un dés films à voir. Et puis on ne tombe pas dans le pathos comme beaucoup de film font pour émouvoir, toucher au maximum le spectateur. Ici pas besoin de cela.
Grand prix du festival de Sudance, Come as you are traite sur le mode du teen movie d'un sujet aussi grave qu'original en évitant le pathos. En ressort un film assez léger, qui peine néanmoins à s'incarner tant les situations demeurent convenus. Le film fait du surplace ne prend pas le parti de la rébellion pour laisser planer un doux spleen plutôt agréable. Chloé Grace Moretz livre une performance remarquable et prouve qu'elle est une grande actrice en devenir. Elle fait vivre un film modeste mais touchant mais un peu trop propre pour convaincre.
Touchant et drôle à la fois alors que le sujet de l'identité est souvent mal traité ! Ce sont finalement les vices de la religion qui rendent fou... ces jeunes jouent très bien et on s'attache à leurs histoires.
Parce qu'elle a été prise sur le fait avec sa copine le jour du bal de fin d'année, Cameron (Chloë Grace Moretz) est envoyée par ses parents adoptifs soigner son homosexualité à God's Promise un établissement tenu par une psy born again et par son frère, homosexuel repenti.
Considérer l'homosexualité comme une maladie qu'on peut soigner est une croyance hélas tenace. L'action est censée se dérouler en 1993 ; elle pourrait aussi bien avoir lieu de nos jours. Des organisations évangéliques existent aux Etats-Unis, telles Restoration Path, qui proposent à leurs membres des programmes afin de les guérir ou de guérir leurs enfants de leurs "déviations sexuelles".
Adapté d'un roman pour ados de Emily Danforth, "The Miseducation of Cameron Post", "Come as you are" en a les qualités et les défauts. Du côté des qualités : des personnages positifs et attachants, à commencer par Cameron elle même interprétée par la délicieuse Chloë Grace Moretz qui réussit à donner un tournant bienvenu à sa carrière qui risquait de s'embourber dans des blockbusters répétitifs ("Kick-Ass", "Equalizer"...). Du côté des défauts : une situation pachydermiquement manichéenne qui oppose les "'gentils" ados rééduqués contre leur gré aux rééducateurs, aveuglés par une foi dévoyée, qui tentent, sans guère de succès au demeurant, de les soigner en leur inculquant la haine de soi.
Une fois Cameron installée à God's Promise, une fois le tour du propriétaire effectué et les différents locataires, dont chacun incarne stéréotypiquement une caricature (le Lakota transgenre, la rebelle fumeuse de joint, la fille en surpoids...), l'action fait du surplace. On est reconnaissant à Desiree Akhavan de ne pas l'avoir artificiellement dramatisée, qui refuse la facilité de dépeindre l'encadrement de God's Promise en dangereux tortionnaires. Mais on aurait aimé plus de nerfs à ce scénario qui en manque cruellement jusqu'à un dénouement téléphoné et prévisible que l'affiche du film nous a déjà révélé.